‹ Cours professes à l' Ecole des mines de Paris, Deuxième partie. Cours d'exploitation des minesChapitre 30 sur 53 · DU COISAGË ET DU UUIUILLEMENT COURANT DANS LES MINES. S7S · texte numérisé non relu

DU COISAGË ET DU UUIUILLEMENT COURANT DANS LES MINES. S7S

porteur, ou roulisse, a pour objet, à la fois, de donner ce point d'appuis de fournir une surface bien régulière pour la pose de la première assise de cette maçonnerie, et enfin de répartir les pressions sur toute la surface de la corniche. Tantôt la roulisse est simplement posée sur cette corniche ; tantôt elle est coincée fortement contre le terrain, ou est ce qu'on appelle colletée au ferme j en opérant comme on le dira en parlant du cuvelage; tantôt elle est dite à pattes, c'est-n-dire que quelques-unes des pièces du cadre qui la forment, se prolongent et ont leurs extrémités engagées et encastrées aussi bien que possible dans le terrain.

Ces dernières dispositions ont pour objet de soulager la corniche lors du creusement ultérieur du puits. Du reste, cette corniche n'a pas en réalité à porter tout le poids du muraillcment, attendu que le bourrage exùculé par derrière la maçonnerie, et les petits mouvements que fait le terrain pour venir s'appuyer contre elle, empocheraient souvent le muraillemcnt de descendre, une fois que le mortier a bien pris, quand même la corniche viendrait à être supprimée. La roulisse se compose, tantôt de pièces de bois équarries formant un polygone circonscrit au rend du puits; tantôt de deux ou trois cours d'épais madriers, superposés à joints croisés, et reliés par des boulons, formant un anneau circulaire qui a le diamètre intérieur de la maçonnerie et une largeur au moins égale à l'épaisseur de celle-ci.

En second lieu, les hommes ne travaillent pas posés sur le sol, comme dans le muraillemcnt d'une galerie, et il faut un moyen de les mettre à portée de leur travail.

On peut employer deux systèmes, ou bien les descendre et les faire travailler dans ce qu'on appelle la benne aux réparations^ grand cuveau de forme elliptique, n'ayant pas plus de 80 centimètres de profondeur ; ou bien leur donner le soin de s'écliafauder à mesure que la maçonnerie s'élève, au moyen de pièce» de bois engagées dans des trous laissés provisoirement à la maçonnerie. Ces pièces reçoivent un plancher volant, sur lequel on peut faire travailler plus commodément un plus grand nombre d'hommes qu'avec la benne. On regagne ainsi, très-amplement, le temps employé à relever successivement ce plancher.

Enfin, il faut un moyen de se débarrasser des eaux qui suintent parfois avec abondance par les parois du terrain, et qui pourraient entraver beaucoup le travail delà maçonnerie, si, pendant ce travail, on les laissait se déverser par-dessus la dernière assise posée. On cherche donc à les écouler en dessous de la reprise en cours d'exécution. A cet efTet, on noie dans les assises inférieures de la maçonnerie un tuyau de fonte qui la traverse de part en part, ou bien on pratique, dans la roulisse elle-même, un gros trou de tarière horizontal, en communication avec un trou vertical qu'on a soin de ne pas recouvrir de maçonnerie.

L'orifice d'écoulement ainsi ménagé est mis en relation, soit avec un petit tuyau vertical en fer-blanc percé de trous, qu'on allonge à mesure que la maçonnerie s'élève, soit avec un petit vide triangulaire qu'on ménage, contre la paroi du rocher, au moyen de deux planchettes. On a soin, pendant le bourrage du béton derrière la maçonnerie, d'en tenir la surface toujours un peu en contre-bas des dernières assises, et inclinée vers le point où Ton a placé le tube ou les planchettes.

De cette manière, l'eau qui suinte sur toute la hauteur de la reprise en cours d'exécution, soit dans la partie déjà maçonnée, soit dans celle où le rocher est encore à jour, trouve à s'écouler par l'orifice ménagé à la partie inférieure.

La reprise terminée, lorsqu'il s'agit de recommencer le fonçage pour en exécuter une nouvelle, on peut, soit en fermant un robinet, soit en enfonçant une broche en bois, arrêter l'écoulement de Teau, ou, s'il y a encore convenance à la laisser couler pour ne pas charger prématurément la maçonnerie, on adapte à l'orifice une manche en toile qui conduit l'eau jusqu'au puisard, sans la laisser tomber en pluie sur la tète des ouvriers.

On emploie une disposition analogue pour se débarrasser des suintements qui peuvent traverser les maçonneries. On les ârsête à une roulisse sur laquelle on a eu soin de placer un peu en retraite les deux ou trois premières assises de la maçonnerie. Sur la partie de la face supérieure de la roulisse ainsi dégagée, on creuse une rigole qui recueille les eaux tombant goutte à goutte ; cette rigole correspond à un trou, percé obliquement, sur lequel on adapte la

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