GÉNÉRALITÉS SUR L'ENSEMBLE DES TRAVAUX D'UNE MINE
lesquels on se propose soit d'économiser la main-d œuvre ou d'accélérer le travail par l'emploi de moyens mécaniques, soit delutter^ par les moyens que nous avons fait connaître en dernier lieu, contre les difficultés spéciales qui peuvent résulter de l'abondance des eaux et de la nature ébouleuse du terrain.
Nous devons actuellement supposer que la question d^exploitabilitéiu gîte a été tranchée dans un sens afBrmatif. Nous pouvons penser qu'avec nos moyens actuels, il est bien peu de difficultés matérielles, si même il en existe, que le mineur ne puisse arriver à surmonter ; nous supposerons au moins qu'il en soit ainsi, c'est-àdire que le gîte puisse être abordé sans difficultés financièrement ou matériellement insurmontables, et qu'il s'agisse d'en organiser et d'en poursuivre l'exploitation.
(547) Cette entreprise comporte des trayaux de diverses catégories: d'abord ceux de premier ^^ab/i^^emenf ou d'am^mi<jfem^^, qui doivent être faits une fois pour toutes, ou du moins pour une asse? longue période, et qui ont pour but d'atteindre le gîte une première fois, et d'organiser les moyens d'extraction, d'épuisement, de ventilation, etc., d'installer, en un mot, un centre de production; en second lieu, les travaux préparatoires, caractérisés par cette circonstance qu'ils doivent se continuer indéfiniment, ou dii moins se répéter périodiquement, pendant toute la durée de l'exploitation des diverses parties du champ d'exploitation créé par les travaux de premier établissement ; tels sont les approfondissements de puits, les prolongements de galeries à travers bancs, ou la création de nouvelles galeries à d'autres niveaux, elc, etc., toutes dépenses qui doivent être directement à la charge de l'exploitation, ou du moins y être portées annuellement ; eu troisième lieu enfin, les travaux d* exploitation qui se font sur le gîte lui-même, et dont l'objet ou le résultat immédiat est la production d'une certaine quantité de la matière utile que ce gîte doit fournir.
Ces diverses catégories de travaux comportent quelques observations générales, qu'il convient de résumer.
(548) Les travaux destinés à aller recouper le gîte en profori-
deur, consistent en puits oa en galeries^ ou en combinaisons diverses de puits et de galeries.
Les puits peuvent ôtre ou verticaux, ou inclinés suivant la ligne de plus grande pente du gîte ; on les nomme, dana ce dernier cas, des cheminées ou des fendues.
Les galeries peuvent être ou à travers banei , ou en direction mr le gîte. On les désigne souvent, dans le premier cas, sous le nom de goleries au rocher^ et dans le second, sous le nom.de gtUeries éCallonge^ ment.
Les galeries aboutissant au jour ont sur les puits l'avantage de supprimer les frais d'extraction et d'épuisement, du moins tant que l'exploitation a lieu en amont-pendage de ces galeries ; elles onl en outre, ou peuvent avoir, un autre avantage, parfois très-important, celui de fournir de la force motrice pour l'exploitation ultérieure de l'aval-pendage, en créant des chutes d'eau sur des hauteurs que le relief du sol ne permettrait pas d'obtenir.
Les galeries en direction servent, pendant leur exécution même, i reconnaître le gîte et à en préparer l'exploitation. Les galeries à travers bancs servent à reconnaître non le gite, mais le terrain encaissant, et à foire découvrir les gîtes, qui peuvent exister parallèlement au giie donné (voir n^ 28) .
Les puits verticaux correspondent aux galeries à travers bancs, comme les puits inclinés, ou fendues, aux galeries en direction.
Les puits peuvent être nécessaires,, quand le relief du sol est tel qu'il ne présente qu'un amonl-pendage insignifiant, ou bien, ce qui peut arriver souvent dans la reprise des vieux travaux, quand les anciens ont exploité l'amont-pendage au<-dessus du niveau des vallées environnantes.
Les puits ont un avantage assez important sur les galeries, en ce sens que leur orifice n*a pas de position obligée, et qti*on peut faire varier celle-ci dans une certaine mesure, pour obéir à diverses convenances, soit au point de vue de remplacement extérieur, soit à ^elui des travaux intérieurs, tandis que pnur une galerie la position de son orifice est généralement déterminée, ou du moins ne peut pas être prise arbitrairement, lorsqu'on s'impose la condition de le pla*
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cet aussi bas que possible, sans que la galerie atteigne. un trop grand 4évelop[feinent en longueur.
Il est nécessaire, pour en déterminer l'emplacement, d'avoir la représentation graphique du relief du sol, et cet emplacement doit être cherché le long des lignes de thalweg des vallées les plus profondes.
Les puits verticaux sont préférables aux puits inclinés, quand on doit y installer de grands épuissements, les pompes et leurs attirails de tiges étant plus commodes à installer et demandant moins d'entretien, lorsqu'ils sont établis verticalement. Cependant on peut citer beaucoup de mines métalliques^ en Angleterre notamment, sur lesquelles de grandes machines d'épuisement font mouvoir des pompes dans des puits inclinés, ou dans des puits qui, foncés verti- €alement jusqu'au gtte,. se proloi^ent ensuite suivant son inclinaison. Cette disposition de puits inclinés se justifie lorsque le terrain encaissant est très-dur, et qu'il s'agit de l'exploitation d'un filon. Dans ce cas^ en effet, un puits incliné permet d'étudier le filon en détail, pendant le fonçage même. Mais s'il s'agit d'obtenir une très* forte production, la préférence doit être assurément donnée aux puits verticaux. Il fout, en effet, pour y arriver, élever des charges et surtout imprimer des vitesses, qui ne sont guère admissibles que dans des puits verticaux munis des meilleurs systèmes de guidages.
(^49) E& général, pour une mine importante, un seul orifice, puits ou gialerie, est considéré comme insuffisant. Ce système n*est adfmssible que dans deux cas : s^il s'agit de travaux souterrains peu étendus, dans lesquds on n'a pas à craindre Le dégagement du grisou, comme sont beaucoup d'exploitations de minerai de fer, de pierre à bâtir,, de pierre à plâtre^ ete., ou bien si les puits sont d'un établissement très-difficile et très-dispendieux, comme sur quelques points du bassin bouiller de Newcastle, dans les départements du Ncrd et du Pas-de^4Iaiais, dans le ei-devaut département de la Moselle, etc.» etc.
En dehors de ces cas, un centre nouveau de production qui a'est pas mis dès rorigina, ou n'est pas appelé & être mis asseï prochainement en retaiion aiM» d'autres expUiUtims,! doit coiamuniquer
au jour par deux orifices entièrement distincts. Un seul orifice divisé en deux compartiments par une cloison étanche, pAir former un retour d'air, n'est pas une solution acceptable.
On sait combien, en AngleteiTe, les industriels, et le public en général, sont peu disposés à accepter le régime réglementaire et protecteur, dont l'administration, en France, est toujours trop prêteà prendre l'initiative, obéissant d'ailleurs en cela le plus souvent, on doit le reconnaître, à l'opinion publique. Néanmoins, en Angleterre même, une exception a été faite à ce qu'on peut appeler le régime anglais, sur le point qui nous occupe. Un acte du Parlement de 1862, confirmé par une loi de 4872, oblige tous les propriétaires de houillères exploitées par puits à établir deux puits ou deux issues entièrement distinctes.
La nouvelle loi de 1872 précise les conditions d'établissement de ces deux puits.
Us doivent être séparés par un massif de rocher en place d'au moins 10 pieds (5 mètres d'épaisseur), et reliés par une communication d'au moins 4 pieds de large et cinq pieds de haut (soit 1",22 sur l'',53).
Chacun d'eux doit être muni d'appareils appropriés à la descenlc et à la montée des hommes, fonctionnant ou toujours prêts à fonctionner dans un délai raisonnable.
La justice peut, sur la requête de Tattomey général, faire injonction de suspendre le travail dans une mine où ces conditions ne seraient pas rigoureusement remplies, ou bien où les circonstances ne rentreraient pas dans quelques cas d'exception précisés dans la loi.
Ces dispositions se motivent par les désastres auxquels ont été exposées les mines munies d'un seul puits, lorsque quelque gros accident est venu détruire la circulation de l'air et les moyens de sorlagc.
On a vu, par exemple, de grandes explosions (Je grisou se faisant sentir jusqu'au jour, détruire, sur toute la hauteur de la colonne du puits, la cloison d'aérage, et remplir ainsi le bas du puits, jusqu'audessus des recettes intérieures, d'une masse de bois enchevêtrés fermant toute issue aux ouvriers renfermés dans la mine, et ne permettant pas de pénétrer jusqu'à eux en temps utile.
La destruction de la cloison peut être amenée, à défaut d'une ex-