‹ Cours professes à l' Ecole des mines de Paris, Deuxième partie. Cours d'exploitation des minesChapitre 40 sur 53 · GÉNÉRALITÉS SUR L'ENSEMBLE DES TRAVAUX D'UNE MINE · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR L'ENSEMBLE DES TRAVAUX D'UNE MINE

plosion de grisou, parla chute accidentelle de quelques corps lourds et de grand volume. On a cité Texemple du balancier d'une machine d'épuisement qui s'est rompu en deux et dont une moitié tombée dans le puits a tout démoli sur son passage, a remblayé, en quelque sorte, le puits sur plus de '20 mètres, et a entraîné la mort de tous les ouvriers, sans exception, qui étaient dans l'intérieur de la mine au moment de la rupture.

Le même désastre pourrait se produire si le feu venait à être mis aux boisages du puits et ne pouvait être éteint immédiatement. Nous en avons cité un exemple (n* 216).

Le centre d'extraction comprendra donc généralement deux puits distincts, et non un seul puits auquel on aurait donné une section sulfisante pour y installer tous les services, y compris celui de la ventilation.

C'est, je le répète, une mesure de sûreté qu'on peut regarder comme nécessaire, bien qu elle ne soit pas réglementairement obligatoire en France, et je n'admetspas qu'une mine à grison, destinée à une grande production et à un grand développement de travaux, , puisse être regardée comme étant dans une situation normale et définitive, fant que le puits d'entrée et le puits de sortie de Vair ne sont pas entièrement distincts, à leur orifice et sur toute la longueur de leurs colonnes.

(!S50) La forme et la section des puits dépendent naturellement 4u mode employé à soutenir les parois et du service plus ou moms complexe qu'on leur demande. Quant à la forme, nous avons vu qu'un puils appelé à une certaine durée doit être de préférence un puits rond muraille. Quant à la dimension, on peut le réduire à l'",50 et même à l^jSO de diamètre pour des excavations peu importantes, faites avec des petites bennes, ou eu veaux, de 1 1/2 à 2 ou 3 hectolitres.

Sur un diamètre de 2",50, on peut déjà extraire avec des bennes de 8 à 10 hectolitres; de grandes bennes, de 15 à 20 cctolitres, exigent 3»,30 & 5"',60.

Dans ces dernières années, on a souvent atteinte mètres et 4"',30 pour extraire avec des cages ; mais il parait inutile de aépasselre

SM COURS IKEIPLOITÂTION DES MIKES.

premier de ces deux chiffres^ tant qu'on ne veut pas installer un double service d'extraction, et lorsqu'on n*est pas obligé de ménager un large compartiment pour le retour d'air.

On doit d'ailleurs, dans chaque cas particulier, déterminer exactement le diamètre d'après l'étude de détail qu'on aura faite des appareils d'extraction, pompes, échelles mécaniques, etc., qu'on voudra installer sur le puits.

Une fois le diamètre du puits ainsi déterminét il n'y a pas utilité à l'augmenter, un excès de dimension étant sans influence sur le bon fonctionnement des appareils mécaniques employés à l'extraction, à l'épuisement et à la remonte des hommes, et ayant pour conséquence toujours d'accroître la dépense, et parfois ^ dans une mesure importante,, les difficultés du fonçage.

Cet excès de dimension n'aurait pas même habituellement un intérêt sérieux pour la ventilation, du moins dans une grande mine, la section du puits étant généralement assez grande et sa longueur à peu près négligeable, devant les mêmes éléments du réseau de galeries que le courant d'air doit parcourir, depuis le pied du puits d'entrée jusqu'au pied du puits de sortie.

(!S&f ) Relativement amx galeries à travers bancs, leur forme varie, comme nous avons vu, selon qu'elles sont boisées ou muraiilées. Il est intéressant, dans les terrains difficiles, de les faire à section étroite^ pour dimiiuier leurs frais de percement et d'entretien.

On ne leur donne alors que la dimensioiL nécessaire pour une voie de roulage, et Ton y pratique, de distance en distance, des gares d^évitcment pour le croisement des convois, (ki peut n'avoir ainsi que l'^ySO de largeur sur waoms de l'",80 de hauteur utile.

Mais, quand on n'a pas la sujétion, résultant de la diilficulté des terrains, il est préférable d'augmenter ces dimensions, soU pour pouvoir établir une double voie,, dans les parties où le roulage est le plus actif, soit pour faciliter la dscuàatioa àm courant d'air, quelquefois aussi pour former, sur la hauteur o» snr la largeur d0 la galerie, ua eompartimeni peur ]a retour d'air.

On pourra porter ainai kk largeur et la hauteur à 2'°,50, ce qjoi

GÉNÉRALITÉS SDR L'EKSEUBLK DBS TRAVAUX D'UNE MINE. M7

donne une section presque triple de celle qu'on obtient avec les di* mensions réduites indiquées plus haut.

Si la nature du terrain ne permettait pas de maintenir la galerie ouverte sur la largeur nécessaire pour deux Toies, même dans les gares d'évitement indispensables à une eirSulation active, on devrait former ces gares en divisant la galerie en deux^ par une ligne médiane de buttes, si elle était boisée^ par un mur servant de pieddroit commun à deux vovUes distinctes^ si elle était muraillée.

Ces galeries sont supposées être horizontales ou de niveau. En réalité, on leur donne une petite pente dans le sens où doivent s'écouler les eaux ou se faire les transports.

Pour les eaux, la plus faible pente (i ou 2 millimètres au plus) est largement suffisante.

Pour le transport des produits, la pente varie, selon les circonstances qu'on indiquera plus loin en parlant du roulage intérieur, de 5 à 15 millimétrés.

(1652) L'emplacement d'un puits ou d'un centre de production donné se détermine, comme nous l'avons dit plus haut^ par des considérations diverses, tirées, les unes, des' conditions locales extérieures, les autres, de l'allure connue, ou supposée, du gite dans le sein de la terre.

On cherchera un emplacement où Von puisse facilement se ^ barrasser des déblais provenant des travaux dans le rocher ou de l'exploitation même du gîte, ou bien, au contraire, pour l'application de ceilains méthodes d'exploitation, oà l'on poisse trouver les remblais qui seront nécessaires.

On recherchera tes emplacements facilement accessibles anx consommateurs, si l'on vend sur place, et pouvant être reliés aux voies de transport qui existeront dans le pays (grandes routes, voies navigables on chemins^ d& fer), si les prodoits doivent être exportés auloia.

On se préoccupera de la valeur des terrains ; ou devra se pbcer (à moins da eoasentement des propriétaires) à iOO mètres au moins de leurs habitations ou des clôtures y aifttenaid;.

Oo: 86 pnëociciipeiQk d'avoir l'eaa pour tes mchines (celle des

mines étant presque toujours plus ou moins acide); on se placera donc près des sources ou des cours d*eau, avec la précaution de mettre l'ori fi ce du puits au-dessus du niveau des plus grandes crues. On évitera de se placer dans les terrains plus ou moins tourbeui, ou dans les alluvions parfois très-aquifères qui occupent les dépressions du sol, et on s'épargnera quelquefois de très-sérieuses difficullés en se plaçant à flanc de coteau, à quelques mètres de hauteur au-dessus du fond d*une vallée, etc., etc....

(S68) D'autre part, en ayant égard à la position du gite dans le sein de la terre, on sera conduit à placer le puits de manière qu'il aille le recouper à une profondeur donnée. En opérant ainsi, les galeries à travers bancs délimitant les divers étages de rexploitation seront, d'abord, dans la région du toit, et, plus bas, dans la région du mur, et présenteront un minimum de longueur totale.

Cependant, si le glle est puissant, et assez rapproché de la verticale pour que tous les travers bancs soient placés dans la région du mur, sans acquérir bientôt une longueur excessive, on pourra juger à propos de placer le puits tout entier dans le mur. Il sera ainsi à l'abri des dislocations plus ou moins importantes que l'exploitation amène presque inévitablement dans la région du toit ; ce sera un grand avantage pour les appareils (roxtraction, et, plus encore, pour les appareils d'épuisement qui fonctionnent sur ces puits, etc., etc.

(S64) On voit que les deux ordres de considérations ci-dessus sont essentiellement différents, et qu'ainsi elles ne conduiront point, en général, à déterminer le mime emplacement fourVovi&ce an frn^^- C'est à ce point de vue que l'on peut dire que cet emplacement n*est nullement fixé d'une manière obligatoire.

On étudiera l'ensemble des conditions diverses, ordinairement non concordantes et parfois même entièrement contradictoires, auxquelles il serait désirable de satisfaire.

Une fois l'emplacement choisi, on pourra toujours se rattacher, au besoin, à l'emplacement que les seules considérations extérieures auraient fait préférer, au moyen de quelque disposition appro-

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priée (criemindeferexlérieur, plan incliné, automoteur ou ascendant, galerie partant du jour et allant déboucher dans le puits, etc., etc.) ; tout comme, au moyen d une galerie à travers bancs établie au niveau convenable, on pourra, en partant du puits, aller rejoindre le gîte au point même où Taurait atteint le puits, s'il avait été placé exclusivement enrayant égard à Tallurc de ce gîte.

(256) Les questions de section et d'emplacement une fois résolues, le puits s'exécute jusqu'à la profondeur fixée ; on l'arme des appareils mécaniques nécessaires aux divers services de la mine, on rejoint le gite une première fois par un ou deux travers bancs, et la période du premier établissement, ou de raménagementj est close en principe, sauf en ce qui concerne les appareils dont on reconnaîtrait que la pose peut ne pas être immédiate.

Une autre question se présente alors, celle du système qui devra être suivi dans l'exécution progressive des travaux préparatoires^ destinés à permettre l'enlèvement successif des diverses parties en lesquelles on peut décomposer le champ d'exploitation dont on dispose.

Le système de division qui prévaut généralement consiste à partager le champ d'exploitation, dans le sens vertical, en divers étages, par une série de galeries à travers bancs, ou galeries au rocher, dites aussi bacnures, ou bouveaux, dont les différences de niveau varient selon les circonstances locales, et qui correspondent chacune à une recette, ou place d'accrochage.

La hauteur d'un étage est rarement inférieure à 15 mètres, et supérieure à 50 mètres. Les galeries peuvent d'ailleurs être d'autant plus rapprochées qu'elles sont plus courtes.

Ces galeries sont menées, à partir du puits, perpendiculairement à la direction du gite ou des gites parallèles à exploiter.

Au point de rencontre d'un gite, une galerie en direction, ou galerie d'allongement, est poussée sur ce gite, à droite et à gauche. Les galeries d'allongement servant de base à deux étages consécutifs sont mises en communication par un ouvrage moulant quelconque. La galerie inférieure sert à amener l'air venant du puits d'entrée; la galrie supérieure le ramène au puits de sortie avec lequel on la

met en communication^ et les travaux préparatoires d'un étage se trouvent ainsi complétés.

(BS6) Plusieurs questions se présentent ici :

l*" Sur quelle échelle peuvent être exécutés ces travaux préparatoires ?

2** Quel développement peut-on donner aux galeries d'allongemœt de chaque étage ?

ù"" Dans quel ordre doivent être exploités les divers gttes supe^ posés?

4** Dans quel ordre les divers étages d'un même gite ?

La première question comporte des réponses très-différentes, se* loin les cas.

Il est clair qu'à mesure que les puits deviennent plus profonds et plus chers à établir, la condition d'amortir les frais de premier éta- Uissement, sans surcharger par trop le prix de revient, conduit à leur donner un champ d'exploitation plus étendu. Si Ton considère, par exemple, un bassin houiller affleurant au jour et ayant ses couches à une assez faible profondeur, on pourra supposer que les galeries à travers bancs soient poussées, peut-être, jusqu'à 100 ou 150 mètres de chaque côté d'un puits ; ce qui reviendrait à éch^ lonner les puits à 200 ou 300 mètres de distance les «ins des autres, suivant la ligne de plus grande pente des couches.

Au contraire, pour des puits très-profonds et rendus très^ispendieux à établir, soit par cette profondeur même, soit par la présence de morts-terrains aquifères, les travers bancs pourront très-bien être poussés à 500 ou 600 mètres, même jusqu'à 1 kilomètre et plus ; ce qui reviendrait à porter à 2 kilomètres la distance de deux puits situés sur la ligne d'inclinaison des couches.

On peut dire que tout conspire à augmenter, de plus en plus, cette distance.

Les puits deviennent plus chers à établir, non-seulement parce qu'il faut leur donner une profondeur croissante, ainsi qu'on vient de le dire , mais aussi parce qu'on les arme de moyens de plus en plus puissants.

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On leur demande une production journalière plus forte, en rapport avec ces moyens, et cette production plus forte demande un plus grand développement de chantiers.

On remarquera d'ailleurs, qu'à la condition d'appliquer à la mine des moyens sufBsants de ventilation, une grande longueur des galeries à travers bancs n'offre pas de difBculté pratique, et qu'elle peot . même, au point de vue du prix de revient, n'être pas onéreuse, si ' l'on établit dans ces galeries de bonnes voies de roulage, avec une traction par chevaux, ou même, quand les circonstances s'y prêtent, avec une traction mécanique. Un transport dans ces conditions peut se faire économiquement,, parfois à meilleur marché que le transport correspondant qu'il faudrait peut-être faire au jour, s'il y avait à concentrer sur un mime point les produits amenés au jour par deux puits difTérents.

(!S57) On comprend que les mêmes motifs qui conduisent à donner aux galeries à travers bancs de grandes longueurs, puissent conduire à adopter le même système pour les galeries en direction établies dajns chaque gite à la rencontre de chaque travers bancs.

On pourra ne leur donner qu'une cinquantainede mètres de chaque côté du travers bancs, ou placer les puits û 100 mètres les uns des autres, suivant la ligne de direction, si ces puits peuvent être creusés et outillés à peu de frais.

On pourra aller à 500 ou 600 mètres, parfois jusqu'à un millier de mètres, lorsqu'il s'agira de puits profonds pourvus d'installation importantes. On doit faire cependant une différence entre les galeries à travers bancs et les galeries en direction, en ce sens que ces dernières ne comportent pas toujours d'être allongées en quelquesorte indéiiniment. Elles ne sont pas, en effet, établies dans les mêmes conditions de solidité que les travers bancs. Il arrive souvent qu'elles donnent lieu à beaucoup d'entretien, et qu'on ne peut les maintenir ouvertes sans très-grands frais, au delà d'un certain temps, ce qui naturelleipent limite leur longueur.

Ainsi une galerie en direction, dans beaucoup de couches minces

' en terrain peu solide, comme l'est souvent le terrain houiller du

Nord de lu France et de la Belgique, deviennent déjà d'un entretien

difficile et très-coûteux lorsqu'elles atteignent 300 à 400 mctresi à partir des travers bancs.

Dans ce cas, si les convenances ont conduit à espacer les puits en direction à plus de 600 à 800 mètres, on se trouve conduit à des dépenses d^entretien assez onéreuses, lorsqu'on veut, comme on doit le faire en principe, ne laisser entre les travaux des deux puits * aucun massif qui aurait bien souvent la chance d'être définitivement sacrifié.

On peut quelquefois, lorsque les diverses couches sont assez rapprochées, et qu'une d'elles se trouve avoir une épaisseur et un toit permettant d y établir une bonne voie de roulage, profiter de ces circonstances pour pousser beaucoup plus loin l'ensemble des galeries d'allongement. Pour cela, lorsque la distance parcourue dans les diverses couches est déjà telle que ces galeries 'deviennent difficiles à tenir en état, on les supprime^ ou du moins on cesse de le$ entretenir^ sur une longueur donnée, sauf dans la couche spécialement désignée, où au contraire on établit, sur cette même longueur, une bonne voie de roulage pour une traction par chevaux, qui servira pour toutes les couches. A cet effet, à l'extrémité de cette voie, on rejoint ces couches par un travers bancs, au delà duquel les diverses galeries se poursuivent à l'état d'entretien.

On peut employer ce même artifice à plusieurs reprises, et à des intervalles d'autant plus courts que les couches sont elles-mêmes plus rapprochées et les galeries plus difficiles à entretenir.

(268) Les détails ci*dessus répondent aux deux premières questions posées plus haut (n"^ 256), et l'on voit que ces questions ne comportent pas de réponses bien précises, puisque, selon les circonstances, les dimensions horizontales du champ d'exploitation d'un puits donné peuvent varier, très-rationnellement^ entre les limites extrêmes de 200 à 2,000 mètres suivant Tinclinaison], et de 100 à 1,200, ou même à 2,000, suivant la direction; soit une superficie allant de quelques hectares à quelques kilomètres carra.

Quant à la profondeur de ce même champ, elle n'a d'autre limite théorique que celle même des gîtes. £lle croit naturellement, pour un centre de production donné, avec la durée de l'exploitation, et

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d'autant plus rapidement que l'étendue horizontale est moindre et Texploitatîon plus active.

Peu de mines de houille, au commencement de ce siècle, dépassaient 3 ou 4 cents mètres de profondeur ; on en compte, aujour- ^ d'hui, dans certains bassins houillers depuis longtemps en exploitation, à Charleroi notamment, qui atteignent 800 et même 900 roèlres, et plus de profondeur. Des mines métalliques, dans divers districts métallifères, atteignent et dépassent ces mêmes profondeurs, et vont jusqu'au delà de 1,000 mètres. On ne voit d^ailleurs, comme on le dira plus loin, aucune difficulté radicale soit du chef de la ventilation et de la température, soit du chef des moyens mécaniques d'extraction et d'épuisement, à dépasser beaucoup les limites ci-dessus, et l'on peut dire que Ton est encore bien loin du terme où les richesses enrouies dans le sein de la terre cesseront d'être à la portée de l'industrie humaine, comme étant situées trop profondément, on comme se trouvant à une température trop élevée.

Un champ d'exploitation d'une étendue limitée, qui aura suffi quand on était encore voisin du jour, peut devenir insuffisant, lorsqu'on est arrivé à des profondeurs exigeant une installation et des moyens d'action beaucoup plus puissants.

On doit comprendre par là comment, dans un bassin houiller où les puits avaient pu d'abord être multipliés, on est conduit, à mesure qu'on s'approfondit, à en diminuer progressivement le nombre, en concentrant de plus en plus l'extraction sur ceux qu'on laisse subsister.

C'est ainsi qu'on a vu depuis une trentaine d'années, dans beaucoup de bassins houillers,le principe de cette concentration prévaloir, et le nombre des puits diminuer, tandis que la profondeur des travaux augmentait, sans réduction, ou même avec un accroissement considérable de la production dans un périmètre donné.

Dans les houillères, on se contentait, il y a trente ou quarante ans, de demander à un puits un millier d'hectolitres, et souvent moins.

Aujourd'hui, il n'est guère de puits bien outillé qui n'en produise au moins 2,500 à 3,000 ; les productions de 4 à 6,000 ne sont pas rares dans les installations récentes, et l'on projette d'atteindre, on a même déjà atteint 8,000 et même 10,000 hectolitres.

fl iSsoià, pour acmer  maintûoîr râj^iàpemfiiit nés .grofiges traductions, user de toutes les ressources qukittpe l'^t actuel de Fart des mioefi : C'est-à-dîseÂBBtaUfir les moyens de ventilation et d'ex* fraction «or la plus large éfiheUe; se réserver de pouvoir étendre 3>eaiicoup le diamif d'nploita:tÎ0fi,'eii établissapt delionaes voies de roulage^ sur lesquelles «ou S&oi le AraBsparit avec des chevaui im môme par des moyens jHaécaniques ; hàtec, par des moyens de môme espèce, FfiséoiitiiMii (des .tra^vaux prèparaAQire&, etCM Btc

Uoe exploitation amaî installée est A ce «qu'était une mine il y a moins d'un «iode, anifuelque sorte ce iqu'iest un grand ateUerde construction^, muni d'un outUli^e et d'es^gins .de manœuvre petftc* tiennes, à un atetierdans lequel tout le travail s'^exécuterait entièrement à bras.

(S60) Le périmètre d'un champ d'exploitation une fois défini, et ce champ subdivisé en étages d'une hauteur verticale déterminée, dont chacun correspond à un ensemble de travaux préparatoires et est désigné liabitueliemcnt soit par un numéro d'ordre, soit par la cote de niveau de l'accrochage correspondant, rapportée i l'orifice du puits ou à un plan Jiori^ontal quelconque : on doit coiiâdérer que chacun de ces étages donnera lieu à autant d'exploitations distinctes et plus ou moins simultanées qu'il y a de gites, et chaque gîte à autant d'exploitations successives qu'on aura fait d*étages.

Cet ensemble de tra«vaux comporte i'examen des deux dernières questions énoncées au n"* 254.

En principe, on doit exploiter les divers gites dan$ Vordi^edmenr dont, c'est-à-dire cm/x du tait avant ceux du fmi\

Cette règle est fondée sur ce que l'exploitation^ môme avec des ^tes peu puissants et ^en remblayant aussi bien que possible, produit nécessairement des mouvements et des dislocations plus ou moins importantes dans la région du toit; d'au peuvent rester, ' pour un gîte situé dans cette région, de plus grandes difiicullés de soutènement des galeries et une plus forte proportion ^de menu obtenu à l'abattage.

C'est là la règle purement théorique. MaiSi en pratique, pourvu que le gîte du mur ait «éié convenablement remblayé, et que celui du

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toit 8oit peu puissairt et placé à une assez grande distance du premier, dS ou 26 mètres par exemple, le gîte du toit n^atnfa guère éprouvé qu'un mouvement d'ensemble dû à rafiaissement des assises, qui se détachent successivement de leur toit, pour venir s'appuyer sur leur mur affaissé lui-même par suite de la compression des remblais. Ce mouvement d'ensemble cause peu de dislocation, et il peut même faciliter Tabattage dans des couches qui, à leur état naturel, étaient très-fortement soudées à leurs épontes.

Ainsi la règle théorique posée, indispensable pour des gîtes puissants et rapprochés; exploités par éboulement, devient de moins en moins obligatoire, à mesure que les gîtes sonft moins puissants et plus éloignés, et que leur exploitation donne lien à de moindres mouvements dans la région de leur toit.

Il arrive un moment où l'on a la faculté de suivre un ordre quelconque, en se basant sur des considérations commerciales ; on peut même, comme ou vient de le dire, être conduit, par des considérations techniques, à suivre l'ordre inverse de celui qu'indiquerait la règle ci-dessus.

La règle, d'ailleurs, ne doit jamais être entendue en ce sens que l'exploitation d'un gîte au mur dût être ajournée en quelque sorte indéfiniment. Elle veut dire seulement que cette exploitation doit être conduite de telle manière que les mouvements des terrains qui en résulteront ne se fassent sentir que dans une région oU le gtte supérieur est déjà enlevé.

L'application de la règle suppose que Ton sache déterminer exactement les limites de cette région.

Cela n'est pas toujours possible d'une manière bien précise avec des gîtes puissants, exploités par éboulement, dont l'exploitation produit des dislocations, ou des écrasés, qui viennent quelquefois se manifester jusqu'à la surface par des fontis dont les talus sont diversement inclinés.

Mais, dans les cas nombreux où l'on remblaye, les affaissements se font successivement sur ces remblais, sans dislocations violentes et sans foisonnement des couches.

Si donc on suppose une inclinaison et une direction uniformes

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dans le terrain, les afTaissenients sont, à chaque instant, limités à une surface cylindrique normale aux couches, ayant pour base la surface remblayée dans le gite que Ton considère.

La condition géométrique à remplir, pour appliquer la règle théorique énoncée, est donc que ce cylindre, prolongé jusqu'au g^te du toit, ne rencontre que des parties de ce gtte déjà exploitées.

(S60) Quant à l'ordre à suivre dans les étages d'un même gile, on a émis l'opinion qu'il fallait suivre l'ordre ascendant ; qu'en se portant d'abord à une très grande profondeur, les mouvements ne pouvaient se faire sentir, du moins avec autant de force, jusqu'à la surface ; qu'on l'etardait ainsi l'accès de l'aau dans les travaux et l'époque à laquelle une machine spéciale pour l'épuisement devenait nécessaire ; qu'à mesure qu'on remontait dans l'exploitation, on pouvait laisser les eaux envahir les travaux abandonnés sans avoir à les épuiser, etc., etc.

Je crois ces raisons tout à fait insuffisantes pour justifier un aperç4i théorique que la pratique ne vient nullement confirmer.

Au point de vue économique, il est évident que l'excédant de dépense, et surtout la perte de temps qu'entraînerait, pour uneafTaire industrielle naissante, l'obligation d'aller s'enfoncer de suite à une très grande profondeur, dans une région peut-être encore mal codnue, compenseraient, et au delà, les petits avantages, vrais ou prétendus, énoncés plus haut.

J'ajoute qu'au point de vue technique, le système n'est pas plusn> commandnble qu'au point de vue économique. Tout ce qu'on peut dire de plus fort en sa faveur, c'est que, si un gite est peu puissant et dans une position assez rapprochée de Thorizontale, il esiindifféml de commencer par le haut ou par le bas ; mais, à mesure qu'il a plus de puissance et d'inclinaison, l'obligation de prendre les étages dans l'ordre descendant devient de plus en plus impérieuse, et cela par un motif tout à fait analogue à celui qui fait exploiter le gite du mur après le gîte du toit, c'est-à-dire pour que les mouvements résultant de l'exploitation actuelle n'aient d'effet possible que dam une partie déjà exploitée.

Ainsi, en définitive, la règle doit être, en général, Fordre datt^

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