CUSSIFIGÂTION DES MACHINES A VAPEUR
un grand cylindre unique, soit à plusieurs cylindres, avec la condition que le volume admis dans un temps donné par l'ensemble de ces cylindres soit égal au volume évacué dans le même temps par le petit.
L'existence de ce réservoir de vapeur permet de croiser les manivelles et d'avoir, par exemple, soit un petit cylindre et un grand avec leurs manivelles à angle droit, soit trois cylindres, un pour l'admission, et deux pour la détente avec leurs manivelles à ISO"", selon le système très-rationnel proposé par M. Dupuy de Lôme, etc.
En un mot, on réunit par l'emploi des cylindres combinés, tous les avantages économiques qui résultent de la détente de Woolf aux avantages de régularité de marche et de facilité de manœuvre qui résultent de l'emploi des cylindres conjugués.
Ces machines à cylindres combinés sont, quant à présent, le derniei' mot de Vart, en tant qu'il s'agit de machines de rotation.
On peut encore classer les machines à piston en machines de rotalion et en machines à mouvements alternatifs. Ces dernières peuvent être à un seul cylindre ou à deux cylindres accouplés, à simple ou à double effet.
(711) Quant aux combinaisons cinématiques qui servent à transmettre le mouvement du cylindre ou des cylindres à l'arbre principal, on doit considérer d'une part les machines à balancier, d'autre part les machines à connexion directe.
Le mécanisme du balancier et du parallélogramme de Walt est encore aujourd'hui tel qu'il est sorti des mains de son illustre inventeur, et encore aujourd'hui, si Ton ne redoute pas Pencombrement et le surcroît de dépenses de premier établissement qu'entraine le système, par suite de sa constitution géométrique et parce qu'il ne permet pas les grandes vitesses de marche, c'est le système qui donne lieu, lorsqu'il est bien proportionné, à la marche la plus douce et la plus régulière, à la meilleure conservation des pièces et au moindre travail absorbé en résistances passives. C'est lui encore qui permet, avec la moindre complication de pièces supplémentaires, l'emploi des cylindres accouplés et l'emploi de la condensation. Par contre, les machines à connexion directe, qui for-
ment la majorilé de celles que Ton établit aujourd'hui, se prêtent mieux aux diverses sujétions de local qu'on peut rencontrer, permettent l'emploi de plus grandes vitesses et sont mieux appropriées à l'emploi des cylindres conjugués ou combinés.
La connexion directe permet d'ailleurs, comme on Ta vu, les dispositions les plus variées. Les cylindres peuvent être verticaux, horizontaux ou inclinés; ils peuvent avoir leurs axes parallèles l'un à l'autre, ou en prolongement l'un de l'autre, ou au contraire à angle droit, ou à peu près ; leurs bielles peuvent être en prolongement de la tige du piston , ou en retour ; un piston peut avoir une tige unique, pleine, ou doux tiges distinctes, ou une seule tige creuse formant fourreau ; les manivelles des divers pistons peuvent être à 90% à 120% à ISO** lune de Tautre, ou elles peuvent se confondre, etc., etc.
On doit considérer que toutes ces combinaisons géométriques, qui ont été précédemment indiquées, sont théoriquement indifférentes au point de vue mécanique, et qu'elles ont pour objet soi( d'adapter l'appareil à l'étendue et à la forme du local disponible, soit de répartir convenablement les poids, soit enfin de reporter l'axe de l'arbre principal dans une position donnée appropriée à la fonc* tion qu'il doit remplir. S'il s'agit, par exemple, de l'arbre d'une roue à palettes, son axe devra être établi transversalement à une hauteur convenable au-dessus de la ligne de flotlaison ; s'il s'agit au contraire de l'arbre d'une hélice, on l'établira à une hauteur convenable au-dessous de cette même ligne et dans Vaxe du bateau. Cette différence dans la position de l'arbre justifie à elle seule une différence correspondante dans l'agencement de la machine motrice.
On désigne proprement, sous le nom de machines à œnnexion directe^ les machines sans balancier de rotation. Celles qui sont à mouvements alternatifs prennent le nom de machines à traction directe.
Les machines à connexion directe ont néçessairen^ent un volant proprement dit, ou quelque disposition qui en tient lieu.
Les machines à traction directe peuvent en avoir un ; ce n'est pas un organe indispensable, mais il évite les inconvénients d'un règlement imparfait de la machine, et permet de marcher à plus grande vitesse.