CLASSIFICATION DES MACHINES A VAPEUR. S
(712) Appareils de distribntion. — On distingue quelquefois les machines par le système de distribution qui leur est appliqué. On aura ainsi les machines à soupapes et les machines à tiroir.
Les soupapes sont considérées par quelques personnes comme préférables, en principe, au tiroir, à cause de leur ouverture instantanée, qui fait que, dès les premiers moments, les orifices sont ouverts en grande à l'admission et à Téchappcment. Cela peut avoir quelque intérêt pour Téchappement, afin d obtenir plus vite rétablissement de la contre-pression finale ; mais cela n'en a guère pour l'admission, à cause de la très-petite vitesse du piston, et du très-petit volume à remplir de vapeur au moment où celte admission commence. L'utilité d'une prompte ouverture serait d'autant plus indiquée qu*il s'agirait de machines plus rapides;. mais c'est précisément pour ces grandes vitesses que l'emploi des soupapes laisse à désirer.
Je pense que l'emploi d'un tiroir mené par un excentrique circulaire est le système à appliquer au plus grand nombre des cas ; ce dispositif donne des mouvements doux, suffisamment rapides, moyennant l'emploi d'une avance angulaire convenable et un recouvrement extérieur correspondant; il est peu sujet aux réparations.
Je le considère comme préférable, en pratique, à la plupart des systèmes préconisés dans ces derniers temps, pour produire brusquement le mouvement des appareils de distribution. Ce qui me parait acceptable dans ces systèmes, c'est'bien moins l'instantanéité du mouvement que les précautions prises pour diminuer les espaces nuisibles et pour prévenir les refroidissements par l'emploi de lumières distinctes, d'un côté pour l'admission, de l'autre pour Téchappement, placées aux deux bouts du cylindre.
(713) ciMsiacations diverses. — Uuc machine à vapeur donnée peut, en principe, être appliquée à un usage industriel quelconque; mais il arrive souvent que des emplois spéciaux emportent des dispositions particulières, soit conseillées ou commandées pour la facilité du service, soit consacrées par la pratique habituelle.
Ainsi, en disant d'une machine qu'elle est destinée à V épuisement d'une mine^ ou bien qu'elle est destinée à V extraction des minerais ^
m COURS OB MACHINES.
on donne une idée, non pas nécessaire, mais probable des condi* Uons principales auxquelles on se sera attaché à satisfaire. (Voir Couva d'exploitation^ chapitres xiy et xix.) Il peut en être de même pour d'autres usages. Nous reviendrons, dans le chapitre suivant, $ur cette question capitale des conditions à demander aux machines établies en vue de destinations déterminées.
On dislingue encore quelques machines par le nom de la localité où elles sont principalement employées, comme les machines du Cornouailles (Cours d* exploitation, n"" 5S9), ou par le nom d'un constructeur, comme Watt, Woolf ou Edwards, Cave, Farcot, etc.
La machine de Watt proprement dite est essentiellement une machine à balancier, à basse pression, sans détente et avec condensation.
La Machine dite de Woolf (du nom de son inventeur) , ou d'Edwards (du nom de celui qui Ta importée en France) est une machine à balancier, à deux cylindres accouplés, à moyenne pression, à dé* tente fixe et à condensation.
Le nom de Gavé rappelle les machines oscillantes que ce constructeur a importées et répandues en France à une certaine époque.
Le nom de M. Farcot rappelle un type très-perfeclionné de machines à connexion directe, verticales ou horizontales, à un seul cylindre, avec double enveloppe, à très-grande détente variable par le régulateur et à condensation, etc., etc.
Telles sont les principales classifications qu'il nous a paru utile et suffisant de considérer.
En définissant exactement une machine donnée sous les divers points de vue que nous venons d'indiquer, on arrivera à en offrir ridée la plus précise, et réserve faite de l'exécution matérielle plus ou moins satisfaisante, point essentiel, mais qui ne peut être ni défmi par le langage, ni même, fort souvent, reconnu à la simple inspection, on pourra apprécier le mérite, sinon de la machine elle-même, du moins du système suivant lequel elle est conçue.