‹ Cours professés à l'Ecole des mines de ParisChapitre 1 sur 63 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ayant été chargé à TÉcole des mines, depuis un assez grand nombre d'années, de faire le cours de machines et celui d'exploitation des mines, et ayant eu, pendant le même temps, d'assez nombreuses occasions d'être mêlé de près, soit en France, soit à l'étranger, aux choses de l'industrie, j'ai pensé qu'il pouvait y avoir quelque utilité à faire paraître ces deux cours sous la forme définitive à laquelle m'a conduit Texpérience.

Longtemps arrêté par de nombreuses occupations dans ce travail pour lequel j'ai été souvent sollicité, je profite d'un loisir relatif, désiré depuis longtemps, pour livrer enfin à l'impression ce résultat de mes études théoriques et de ma pratique industrielle.

Je sais très-bien que j'ai été précédé dans cette voie, pour le cours des machines dont je fais paraître en ce moment le premier volume, par d'éminents professeurs, soit du Conservatoire des arts et métiers, soit de l'École des ponts et chaussées» (MM. Morin, Tresca, Bresse, Collignon, etc.) i a

" àVANT-PROPOS.

Je pense cependant que mon travail pourra intéresser le lecteur, soit par le caractère pratique que j'ai cherché partout à lui imprimer, soit par la grande diversité des matières qui y sont traitées, soit enfin, pour quelques-unes de ces matières, par leur nouveauté propre ou par la manière nouvelle dont j'ai cherché à les présenter.

Je cite, entre autres, de nombreux détails inédits sur les turbines, dus principalement aux communications de MM. G. Gallon et D. Girard qui se sont beaucoup occupés de ces appareils, Tétude comparée des divers récepteurs hydrauliques, diverses questions de pneumatique, et enfin la théorie mécanique delà chaleur que je me suis efforcé de présenter sous une forme simple et précise.

Des lois ainsi établies, découle la théorie des diverses machines à feu, de même, en quelque sorte, que la théorie des récepteurs hydrauliques mus par le poids de Peau dérive des lois de la pesanteur.

J'insiste sur ce rapprochement, présenté dès l'origine par S. Carnot, qui le premier s'est occupé de ce genre de questions, et développé en dernier lieu par M. Zeuner, de Zurich, dans son traité de la théorie mécanique de la chaleur, avec application aux machines.

Dans ma rédaction, j'ai dû ne pas perdre de vue la composition de l'auditoire auquel je m'adresse.

Ce sont des jeunes gens ou sortis de l'École polytechnique, généralement dans les premiers rangs, ou préparés dans l'intérieur même de l'École des mines, par un enseignement spécial.

Avec eux, les longs développements sont inutiles, et j'ai pu condenser beaucoup les exposés théoriques et les calculs.

Destinés à devenir ingénieurs, soit au service de l'État^ soit

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comme directeurs d'établissements industriels divers, ils ont moins besoin d'être instruits sur les derniers détails d'une machine donnée^ que de pouvoir discuter avec les ingénieurs ou constructeurs spéciaux, les conditions générales d'établissement d'une machine à appliquer dans un cas donnée ou le mérite d'une modification qui pourrait leur être proposée.

Il faut donc insister surtout sur les idées générales qui doivent leur être communes, sans trop s'arrêter, prématurément et toujours d'une manière nécessairement imparfaite, sur des détails dont on ne peut véritablement acquérir la pleine connaissance que par la pratique.

Je considère qu'en ces matières, comme en ce qui regarde l'industrie en général, le principe de la division du travail est avantageusement applicable, et que le directeur d'un établissement industriel ne peut mieux faire, lorsqu'il a, soit à utiliser une chute d'eau, soit à monter une machine à vapeur, soit à installer des opérateurs quelconques, etc., que de prendre le projet, ou au moins l'avis, d'un constructeur ou d'un ingénieur spécial. Ce constructeur ou ingénieur, doit, par profession, se tenir au courant de tous les progrès réalisés dans les divers centres industriels, et il peut toujours conseiller utilement un directeur, plus ou moins absorbé sur place par les détails journaliers de son service.

Cette manière de faire est pratiquée journellement en An gleterre; elle devrait, selon moi, l'être plus fréquemment en France.

C'est à elle assurément qu'ont été dus, par exemple, les immenses progrès réalisés il y a une trentaine d'années, dans la construction des grandes machines d'épuisement dites de Cornouailles. Non-seulement un directeur de mines ayant besoin d'une de ces machines ne prenait pas sur lui de faire

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