DE LA CHALEUR GOMME FORGE MOTRICE
Un second consiste à opérer la condensation, non par le refroidissement extérieur du cylindre, mais par une injection d'eau froide à l'intérieur {fig. 142), ce qui amène une marche plus rapide de la machine et une grande économie de la vapeur employée, dont, auparavant, une notable portion était inutilement employée à réchauffer à chaque coup de piston la masse entière du cylindre.
(400) C'est en cet état que se trouvaient les machines à vapeur, ou pompes à feu, ainsi nommées parce que ces nouveaux. récepteurs n'étaient encore employées qu'à faire mouvoir des pompes de mines, lorsque Watt fut amené à s'en occuper.
C'est à Watt que sont dus la plupart des perfectionnements qui ont amené ces récepteurs à l'état où nous les voyons aujourd'hui. C'est de l'application de ces perfectionnements que datent les immenses progrès de l'industrie.
Watt imagina d'abord d'opérer la condensation, non plus dans le cylindre même, mais dans une capacité distincte, qui reçut le nom de condenseur.
Ce perfectionnement fut à l'injection dans l'intérieur du cylindre, ce que cette injection elle-même avait été au refroidissement extérieur.
Il diminue la quantité de vapeur dépensée pour réchauffer le cylindre au moment de l'admission et lui permettre ainsi de contenir la vapeur à une pression sensiblement égale à celle de la chaudière.
Dans le même ordre d'idées. Watt supprima l'intervention de la pression atmosphérique, en fermant le cylindre par un couvercle à sa partie supérieure, et opérant la distribution au moyen do 3 soupapes A,B,C (fi^. 143 et 144).
Le mouvement descendantdu piston se produisit {fig. 143) en ouvrant les soupapes A et B, et fermant la soupape C qui fait communiquer le dessus du piston avec la chaudière et le dessous avec le condenseur.
Le mouvement ascendant {fig. 144), en fermant les communications avec la chaudière et avec le condenseur, et établissant l'équi- Ubre de nression sur les deux faces du piston, par l'ouverture
de la soupape C. Le cylindre fut, par là, entretenu constamment chaud, et l'on évita les condensations qui avaient lieu, pendant Tascension du piston, sur la surface refroidie au contact de Tair ambiant pendant la descente précédente.
On compléta cet effet au moyen des cylindres à double enveloppe, avec chemise de vapeur.
(40f ) A ces perfectionnements de la machine à simple effet j Watt ajouta l'invention, bien plus importante encore par ses conséquences pratiques, de la machine à double effet^ ou machine de rotation.
Dans cette nouvelle machine, tandis que la vapeur agit sur l'une des faces du piston, l'autre face communique avec le condenseur ; les deux excursions se font donc dans les mêmes conditions, la vapeur poussant le piston alternativement sur ses deux faces ; de là le nom de machine à double effet.
La distribution convenable se fait avec 4 soupapes, au lieu de 3 qui suffisaient à la machine à simple effet.
Ces 4 soupapes A,A'.B,B'(^îf. 145 eH46), dont les deux premières admettent la vapeur de la chaudière et les deux autres mettent le cylindre en relation avec le condenseur, s'ouvrent et se ferment par couple aux extrémités de la course du piston. A et B', sont ouverts et A' et B fermés pour la course descendante du piston, et inversement pour la course ascendante.
Watt a encore imaginé le mécanisme formé du parallélogramme articulé, du balancier, de la bielle et de la manivelle, au moyen duquel le mouvement rectiligne alternatif du piston, produit par le jeu des 4 soupapes ci-dessus, est transformé en un mouvement de rotation continu de l'arbre du volant.
Cette combinaison cinématique, modifiée depuis lors de beaucoup de manières différentes, pour satisfaire à diverses conditions secondaires, est encore celle que Ton doit préférer, comme donnant lieu aux moindres pertes de travail par les frottements, pour les grandes machines, où la question d'emplacement et celle de coût de premier établissement sont considérét's comme secondaires relativement à l'économie de la force motrice.