DE LÀ CHALEUR GOMME FORGE MOTRICE. S
Enfin, c'est encore Walt qui a imaginé, pour remplacer les 4 soupapes de distribution, le mécanisme de l'excentrique et du tiroir, employé dans beaucoup de machines et regardé encore comme indispensable pouf les grandes vitesses.
(401t) Dès que l'intervention de la pression atmosphérique sur le piston fut supprimée, il n'y eût plus de raison pour ne faire agir la vapeur qu'à une pression à peu près égale à la pression atmosphérique. On rendit peu à peu celte pression plus considérable; on marcha à une moyenne pression de 2 à 4 atmosphères, puis à une haute pression de 5, 0, 7, 10 atmosphères et plus.
A mesure qu'on augmenta la pression, on put obtenir une force donnée avec des machines de dimensions moindres ; mais, en compensation, on dut accepter les inconvénients pratiques résultant des fortes pressions, savoir : la difficulté d*empécher les fuites de vapeur, une construction et un entretien plus coûteux, des réparations plus fréquentes.
Par contre, on put simplifier la machine, aux dépens, il est vrai, de la force utilisée, en supprimant le condenseur et les nombreux accessoires qui en dépendent.
On put encore, en interceptant l'arrivée de la vapeur quand l'espace qu'elle doit remplir dans la machine n'est encore ouvert qu'en partie, à la moitié, par exemple, ou au quart ou moins encore, ajouter au travail de la vapeur admise à pleine pression, celui delà vapeur agissant par détente.
(408) L'exposé sommaire ci-dessus renferme tout ce qui a été fait jusqu'ici de capital sur l'emploi de la vapeur.
Encore aujourd'hui, lorsqu'on parle d'une machine à vapeur à haute ou moyenne pression, avec une large détente et avec condensation et munie d'un cylindre à double enveloppe^ on donne l'idée d'une machine fonctionnant dans les meilleures conditions que la pratique ait sanctionnées jusqu'ici ; de sorte que^ à l'exception de la haute pression et de la détente, auxquelles Watt avait pensé, mais sans s'y arrêter à cause des difficultés d^application, cet illustre inventeur a eu la bonne fortune^ non-seulement d'imaginer^ mais en-
core de réaliser la plupart des perfeclionnements pratiqués jusqu'à nos jours ; de prendre ainsi la machine à vapeur, pour ainsi dire, à son début, et de la porter presque au point de perfection où elle est arrivée aujourd'hui; le rôle de ses successeurs a été en quelque sorte réduit à des modifications de détail portant sur des points secondaires, et qui, plus d'une fois, ont été des changements plutôt que des perfectionnements,
(404) Les travaux de Watt et de ses successeurs ont fait perdre entièrement de vue le point de départ primitif de Papin, qui était, avons-nous dit, l'utilisation de la pression atmosphérique parla formation du vide.
A cette notion a été substituée celle d'un corps, Veau liquidey qu'on prend à la température ordinaire, qu'on porte à une température plus élevée, qui par là augmente considérablement de volume en se vaporisant, et dont la vapeur peut supporter une pression d'autant plus forte qu'elle est formée à une température plus élevée.
On recueille sur une face d'un-pisfon le travail moteur correspondant à cette augmentation de volume et à cette pression. Sur l'autre face du piston il se produit un travail résistant correspondant à la vapeur qui a agi pendant le coup de piston précédent, et qui doit être évacuée. Ce travail résistant sera moindre que le travail moteur, si la vapeur évacuée est à une moindre température, et par suite à une moindre pression que pendant la période d'admission et de détente.
Le travail utilisé est la différence entre le travail moteur résultant de la pression de la vapeur provenant de la chaudière, et le travail résistant qui provient de la contre-pression de la vapeur évacuée, laquelle est sensiblement, ou la presssion du condenseur dans les machines à condensation, ou la pression atmosphérique dans les machines sans condenseurs.
On voit ainsi alternativement sur chacune des deux faces du piston deux phases bien distinctes :
Une période de travail moteur, dans laquelle agit la vapeur échauffée au contact d'un milieu entretenu à une température élevée ; une période de travail résistant, qui correspond à l'évacuation de la va-