INTRODUCTION
La génération -, ce mystère impénétrable par lequel le genre humain se reproduit sans cesse, embrasse la conception, la grossesse et Y accouchement. Ce sont là trois conditions dont le concours est absolument nécessaire pour accomplir le vœu de la nature. Parla conception le germe est fécondé dans l'ovaire, d'où il se détache, pour se rendre , en suivant la trompe , dans la cavité de la matrice , où il se développe pendant la grossesse; et dans l'accouchement, la matrice , non moins merveilleuse par son action que par sa structure, expulse, à travers la filière du bassin , le fœtus , parvenu au terme de sa maturité, avec toutes ses dépendances.
L'accouchement n'est donc, à proprement parler , que l'expulsion d'un fœtus vivant et à terme, hors de la matrice à travers le vagin et la vulve : définition qui donne de son objet, au moins quant à son acception naturelle, l'idée la plus exacte et la plus complète, et qui, par conséquent, est la plus conforme aux règles d'une saine logique.
i°. Elle rejette le préjugé du vulgaire, et même l'opinion erronée de certains accoucheurs , qui font jouer un rôle actif au fœtus lorsqu'il vient au monde.
2°. Elle distingue l'accouchement vrai, ou proprement dit, d'avec ces sortes d'accouchemens trompeurs, où la matrice n'expulse qu'un fœtus privé de la vie , quelquefois monstrueux ou dégénéré , souvent une mole , des mucosités , des concrétions polypeuses, deshydatides, de l'eau, du vent, etc.
3°. Elle empêche de confondre l'accouchement à terme avec ces accouchemens plus ou moins prématurés auxquels on donne le nom dfavortemens ou de faussescouches , et dans lesquels le fœtus présente des caractères d'immaturité plus ou moins sensibles.
4°. Enfin, elle spécifie l'accouchement
qui succède à la grossesse utérine , et non à ces grossesses qu'on nomme vulgairement extra-utérines, parce que le produit de la conception s'est développé par une espèce d'erreur de lieu dans les trompes , sur les ovaires , ou dans l'abdomen.
Mais ce n'est point assez que la matrice expulse le fœtus auquel elle a servi , pour ainsi dire , de réceptacle et d'asile durant la grossesse ; il faut encore qu'elle se livre à quelques nouveaux efforts pour terminer son ouvrage. A la vérité, le but principal de la nature est rempli jusque là, puisqu'un nouvel être respire et voit le jour. Mais la mère qui l'a formé en grande partie de sa propre substance courrait les plus grands dangers, si elle n'était débarrassée des membranes qui enveloppaient le fœtus , et du placenta ou délivre qui suppléait aux organes de la digestion et de la respiration avant sa naissance. Ce sont là ces dépendances auxquelles on a donné le nom de secondines ou X arrière-faix , et dont l'expulsion constitue la délivrance , sorte d'accouchement secondaire non moins important à connaître que le premier.
L'expulsion du fœtus, ou l'accouchement proprement dit , et la délivrance , ou expulsion de l'arrière-faix ,. tels sont donc les deux principaux objets de la science qui enseigne à secourir la femme en travail.
Quelques physiologistes se récrieront peut-être si nous avançons que l'accouchement, en général, se réduit à une opération mécanique ; mais il est si facile de prouver cette assertion! En effet, qu'on observe tant qu'on voudra ce qui se passe dans cette fonction naturelle; qu'y verra-t-on? Une puissance qui force un corps ou un mobile à traverser un canal osseux. Or , qu'est-ce que cette puissance? c'est la matrice; ce mobile? c'est le fœtus; et ce canal? c'est le bassin delà mère.