‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 4)Chapitre 21 sur 63 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la conduite de l Accoucheur à l’égard de l’enfant qui vient de naître.

Terre est la condition de l’hommé, qu’il ne peut venir au monde où commencer à vivre , sans éprouver le besoin, et sans réclamer quelques secours. Il serait donc très-imprudent de l'abarndonner à luimême , dans cet état de faiblesse et de nudité, même après un accouchement naturel. À la vérité, il est pour l'ordinaire exempt de maladie; mais son corps exige les plas grands ménagemens. Le premier soin de l’accoucheur doit être alors de placer le nouveau-né en travers , et sur un de ses côtés, entre les cuisses de la mère, en sorte qu'il ait le dos tourné contre la vulve et le plus près possible de cette ouverture. Cette situation prévient le tiraillement du cordon

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ombilical, au ne pourrait avoir lieu sans 15 danger, et empêche que les matières qui sortent de la matrice ne tombent dans la bouche du fœtus, ou ne s'opposent à l'introduction de l’air dans ses poumons. Cependant on se gardera bien de laisser croupir l'enfant dans l'ordure qui s’est épanchée-sur le lit de travail, et d’où 1l ne s’exhale qu'un air humide et malsain. Attendre, suivant le conseil de quelques accoucheurs, qu il ait été réchauffé par la mère, c’est l’exposer à l’infection etau méphitisme le plus dangereux. On le retirera donc promptement de dessous les couvertures, après avoir coupé le cordon ombilical, et on préparera ensuite tout ce qui sera nécessaire pour le nettoyer et pour Temmaillotter.

ARTICLE PREMIER

De la section et de la ligature du Cordon ombilical.

Que d'opinions et de préceptes sur la section du cordon ombilical! Attendez, disent quelques physiologistes avec Hippocrate, que la respiration soit bien établie, et que l’enfant ait poussé quelques cris, avant de le séparer de sa mère. Mais avec cetteexpectation , ne risque-t-on pas de précipiter au tombeau les enfans pléthoriques ou menacés d’apoplexie, | et ceux qui, frappés d’ asphyxie , ne peuvent criêr ni donner aucun signe de vie en venant au monde? Gardez-vous , don d’autres, de pratiquer l'omphalotomie, tant que vous sentirez les pulsations du cordon, et surtout ayez bien soin de igraisser J'instrument dont vous vous servez, de crainte que la

| We DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 273 rouille imperceptible qui le recouvre, ne cause des convulsions ou le tétanos. Vaines alarmes, ridicules précautions, dont l’inutilité saute aux yeux, et qui ne sauraient mériter d’être sérieusement réfutées. Lorsque le cordon ombilical est entortillé autour du col du fœtus; qu’il est tiraillé, ou qu'il comprime les jugulaires, et détermine la congestion cérébrale, n'est-on pas obligé d’en faire la section, quoiqu’il batte encore, etsansattendre quel’enfant crie, même aussitôt que sa tête est sortie, etayant qu'ilaitachevé de naître ? A : | Mais, dira-t-on, avant de couper le cordon ombilical, ne serait-il pas nécessaire d'y faire deux ligatures , l’une pour la portion qui tient à l'enfant ét l'autre pour l’extrémité qui reste attachée au placenta? Cette pratique, dont l'origine remonte jusqu'aux temps les plus reculés, est absolument inutile et quelquefois dangereuse. D'abord ; pourquoi her la partie du cordon. qui sort de la vulve ; puis qu'on n’a point à craindre qu’elle donne passage au sang de la mère, lorsque la matrice est revenue sur elle-même et qu’elle a décollé le placenta ? Supposé même que l’hémorragie eût lieu, que gagnerait-on par cette ligature ? Ne serait-il pas beaucoup plus rationnel de solliciter les contractions utérines ,et de combattre l’état d'inertie qui est alors la véritable cause du mal? d’ailleurs, en liant cette partie du cordon, on empèécherait le placenta de se dégorger, et on en retarderait l'expulsion.

Quant à la ligature du cordon qui tient au foetus, | 19

274 À "PRINCIPES la raison physiologique € ét Fexpérience $ Merde a en prouver non-seulement linutilité, lorsque la respiration est bienétablie, mais encore le danger, lorsqüe l'enfant est gorgé de sang etmenacé d’apoplexie. S'ul est donc essentiel alurs de couper le cordon ombilical aussitôt que l'enfant est né , rien ne presse d'en faire la ligature. On pourrait même absolument s'en dispenser dans la suite , Si l’on n'avait à craindre ééun maillot trop serré ou'des cris aigus ne vinssent à suspendre la respiration , et à faire jaïllir ie sang par Les extrémités des artères ombilicales. Il est vrai qu'ôn'se trouve alors pour ainsi dire , entre deux écueilsy Car, négliger Ja ligature du cordon, c’est exposer l'enfant à périr' d’hémorragie, et la pratiquer , c'est l’éxposer à l'apoplexie, supposé que la respiration devienne laborieuse. Quel parti faut-il donc prendre alors? Geluide surveiller l’enfant après la ligature , et d’écarter tout ce qui pourrait le géner où l'incommoder. Le sang se porte-t-il à la tête malgré cette précaution , le visage devient-il livide et gonflé, enfin Vapoplexie est-elle à craindre; on délie le cordon et ‘où sauve l'enfant, en laissant éouler le sang dont la congestion menacait déjà le cerveau. Cet accident, quelque redoutable qu’il soit, laisse néänmoïns plus de ressources qe l'hémorrapie, qui tüue souvent l'enfant avant qu'on ait se ment pu la soupconnéer. ‘ .: Faut-il, avant de lier le’ cordon ombilical en expRser exactement le reste du sang et des mucosItés , où les Arabes, et depuis eux Ÿ abbé de Byzance

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…. DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 275 ét Claude Sarton, plaçaient le germe de la petite vérole , de l’icière, de la croûtellaiteuse, des éonvulsions , et de quelques autres maladies qui attaquent les'enfans ? Doit-on, au contraire, refouler le sang vers l’ombilic , de crainte d'enlever au f@tus un principe de force et de vigueur, commeAristote l’enéeignait aux, matrones grecques Enfin, le membre vinil est-il d'autant plus long chez.les garcons ; et la matrice d'autant plus profonde! chez les filles ; que laligature du cordon est plus loi de labdomen chez les uns et plus près chez:-les autrés ? Ge sont là des questions qu'on: ne ‘peut. discuiter, sans :(COMpPro— mettre l'honneur dela physiologie moderne. Elles paraissent si oiseuses et si frivoles au premier coup d'œil, que le vulgaire, même le plus ignorant, les rejette avec indignation. Au reste , quel que soit l’empire du. préjugé à, cet. égard ;, l'usage. a prévaluide faire cette ligature à deux: pouces ou environ de l’ombilic. On assemble pour.cela quelques brins de: fil, on.en fait ensuite suri, le cordon un, deux où trois circulaires, dontle premier. est assujéti par un nœud simple , et le dernier par un nœud.double. On serre assez pour résister à Vimpulsior du sang » etjamais trop, de crainte de couper Jés vaisseaux. Peu à peu le cordon se flétrit,. se dessèche , ettombe au bout de quete ou cinq Jours ; mals cette chute n’a jamais lieu ‘qu’à l'endroit où la peau du fœtus se termine, n'importe où la ligature. a éte placée, ; « Lorsque, le cordon est infiliré,, le tissu cellulaire dont il est enveloppé venant à s he lens ; la ligaturé

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