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saires pour soulever la tête; quelquefois néanmoins une chaise renversée sous le matelas et appuyée contre un mur, remplit bien mieux cette indication; enfin, un coussin dé paille ou de crin, placé sous les lombes de la femme , sert à les appuyer, et les empèche de s’enfoncer. Quant à la traverse qu'on.
a coutume d’attacher à l'extrémité du lit, elle peut
servir d’arc-boutant aux pieds de la femme , et favoriser ses efforts, lorsqu'il ne se rencontre per-
sonne auprès d’elle pour lui fournir les points d’appui hécessaires. Tous ces secours , tous ces avantages se trouvent réunis dans le lit inventé ou perfectionné par M. Roôuget, lit dont on a pu voile modele à l'hospice de perfectionnement, où il a été dépose. près ve une année. ; Le
ARTICLE VE
Des moyens propres à ranimer le travail languissant de E l'Enfantement.
Une infinité de causes peuvent ralentir ,suspendre même quelque temps les douleurs de l’enfantement. Qui sait même si la volonté n’exerce pas une sorte, d'empire sur la sensibilité de l'utérus , et ne la mo- | difie pas à son gré ? ? Des femmes, après avoir soignen
sement caché leur grossesse aux yeux les plus clair-
voyans, sont encore paryenues , lorsque le travail se déclarait inopinément , à le retarder assez longtemps pour accoucher d’une manière clandestine. Qui ignore aussi que dans nos ampbhitheâtres, les indigentes » par une sorte de pudeur mal entendue ,
mangent quelquefois leurs douleurs, comme on le dit vulgairement, et accouchent à l'insu des élèves ? On ne saurait donc approuver la conduite routinière de quelques matrones et même de quelques ‘accoucheurs, qui prescrivent indistinctement les âcres et les irritans, pour ranimer les douleurs languissantes de l’enfantement. Ne doit-on pas toujours avoir égard à l'indication qui se présente, et qui varie suivant les circonstances, soit individuelles, soit hygiéniques où se trouve la femme ?
Qu'elle soit , par exemple, robuste et vigoureuse, on se gardera bien de lui administrer des toniques
ou des excitans , qui ne sont utiles qu'aux tempéra-
mens excessivement lymphatiques, dont la fibre est molle , lâche et engourdie. La saignée et le régime débilitant, voilà ce’ qui convient dans le premier cas ; et dans le second, on donnera, au contraire, avec beaucoup d'avantage ; quelques cuillerées de bon vin , même d’eau-de-vie avecla cannelle et le sucre, ou de toute autre POHon spiritueuse et cordiale. %,
La femme est-elle nerveuse, sujette à l'hystérie; a-t-elle éprouvé quelque vive affection de l'âme, où craint-elle quelque’ accident facheux ; qu’on täche d’abord de calmer le moral, en la consolant, et en lui inspirant beaucoup de confiance; les bains, les antispasmodiques , tels que laudanum liquide de Sydenham , le sirop diacode , l’eau de fleurs d’oranger, l’éther ou la liqueur anodine d'Hoffmann, dans quelques onces d'infusion de tilleul ; sont les moyens
Le
268 + PRINCIPES les plus propres pour dissiper le spasme général qui ralentit les douleurs, où les empêche de suivre une marche régulière. | ar i "Quelquefois c'est un long et pénible travail qui consume et épuise les forces; la matrice excédée tombe dans l’inertie, et les douleurs se ralentissent, ou deviennent insensibles ; le repos est donc nécessaire alors pour les réveiller. Une potion calmante avec le sirop diacode et l’eau de cannelle; quelques cuillerées de bon consommé ou de vin généreux, procurent, pour l’ordinaire , un doux sommeil, restaurent la femme, et lui donnent de nouvelles forces:
. Ces moyens, employés à propos, sont cértainement
plus’ efficaces que l'application de la chaleur au moyen de vessies pleines d’eau chaude, promenées sur le ventre , ou que celle de linges chauds appiiqués sur les parties génitaleset aux reins, ou même que celle du bain très-chaud. ja DS S'agit-il d’une femme indigente , que la misère a exténuée , ou qui avait à peine le simple nécessaire pendant sa grossesse ? IL faut la fortifier quelque temps avant l'accouchement, ou lui procurer! de
bons alimens dès le commencement du travail. Sans
cette précaution, 1l est à craindre que les doûle
ñe viennent à traîner en longueur, ou me soieht
insuffisantes pour expulser le fœtus. Lo ‘Lorsque les eaux de lammos s 'écoulent: prématu-
rément , et comme goutte à goutte , de. temps et la
patience sont la seule ressource de Vaccoucheur et. de la femme. On doit nécessairement attendre que
la matrice revienne de son état d'inertie , sans néanmoins négliger les autres obstacles qui peuvent s’opposer à l'accouchement. | |
Si le col de la matrice est dans un état de roideur ou d’inflammaton, il faut avoir recours à la saignée aux bains ét aux fumigations émollientes, Se formet1l une nouvelle poche, on la déchire ; et si la tête s'applique trop exactement sur lorifice utérin , on . la soulève du doigt, pour faciliter l'écoulement des caux.
1lest donc bien clair que les mêmes moyens ne copranaest pas dans tous les cas pour ranimer les douleurs de l’enfantement ; et si les purgatifs ou les lavemens âcres, les vomitifs ou les sternutatoires, et la promenade ont eu quelquefois du succès, ce n’a Jamais été qué dans des circonstances particulières , d'où 1l serait très-dangereux de tirer une induction générale. |
Quelle confiance peut-on avoir encore dans le coit qui, suivant Aristote, rend la délivrance plus facile chez les fenxmes qui en usent avant d’accoùcher ? Que peut-on penser enfin des accoucheurs qui se ventent.d’accélérer l'accouchement , en titillant fortement l’orifice dela matrice avecle doigt? N'est-ce pas là un moyen des pius ivritans, -qui peut enflammer le col utérin, et y déterminer des lésions plus Ou moins graves ?
Nous croyons inutile de nous appesantir ici sur certaines substances minérales ou animales que le préjugé et la superstition avaient accréditées dans
des siècles d’ignorance pour ranimer les douleurs de
Penfantement. De ce nombre étaient la pierre d’aigle
attachée aux cuisses et aux jambes, l’aimant placé dans la maim droite, le corail , l’'émeraude et le jaspe suspendus au cou, des pennes d’aigle sous les pieds, le safran appliqué aux hanches , la peau de serpent ou de lièvre chaude sur le ventre, l’axonge
de serpent et le fiel d’anguille en onction sur le
nombril. | | Parlerons-nous du borax qui était employé autre-
fois, dont l'usage a été renouvelé à plusieurs époques,
et qui vient d’être recommandé encore par le pro-
fesseur Lobstein de Strasbourg ? La prudence exige
d'attendre que. des essais réitérés aient fixé la valeur d’un tel moyen: "114 | k
Il en est de même du seigle ergoté dont on paraît s'être occupé dans ces dernières années. Le docteur Prescop, des États-Unis, a-publié des observations qui tendraient à prouver l'efficacité de ce remède pour déterminer les contractions de l’utérus. IL résulte aussi de quelques recherches que, depuis
long-temps, il était employé dans plusieurs provinces
pour faciliter le part des vaches. Mais l’expérience n’a pas encore prononcé d’une manière assez génerale qu'il eût le même avantage chez les femmes. D'ailleurs, suivant Desgranges de Lyon, il faut l’employer avec réserve , puisque c’est un poison quand on l’administre à trop haute dose ; et qu'il estmême toujours nuisible dans les €as où la matrice estirritée. Ce praticien. ne conseille pas d'en donner pius de
vingt-einq ou trente grains en poudre, ni plus de soixante grains en décoction. Il exige qu'il soit frais ét recent, sans quoi il ne lui accorde aucune vertu. En outre la femme doit être bien conformée ; l’enfant proportionné à la largeur du bassin, et dansune position favorable ; le col utérin effacé, souple, aminci et dilaté ou entr'ouvert; en un mot disposé à permettre l’accouchement au retour ou réveil des contractions utérines. Mais si toutes ces conditions étaient réunies , quel serait l’homme de l’art un peu instruit qui aurait recours au seigle ergoté ? Cette substance est trop irritante, pour n’en pas redouter les effets sur l'estomac et l'intestin. |