‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 4)Chapitre 23 sur 63 · NAN · texte numérisé non relu

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ranime Île nouveau-né ,:lorsqu'il est faible ou lan+ guissant, Qu’on $e garde.bién néanmoins de le baï= guerdans de l’eau-de-viépure, ou dansun vin trop spiritueux, Ces liquides ‘irritans enflammeraient la peau, quiest encoretendre,et détermineraient peutêtre des convulsions, même l’aploplexie.et la mort,

Quantà l'usage du bain froid, qu’un très-éloquent

philosophe a voulu introduire parmi nous, ilest trop dangereux et trop contraire à l'hygiène de l’enfant pour être généralement adopté comme un moyende le fortifier. Qui ne frémirait en voyant plonger des êtres encore frêles et délicats dans de l’eau hérissée de glaçons ! Comment leur organisation, arpeine ébauchée, pourrait-elle supporter un aussi prompt changement de température , sans en être crispée ou engourdie ? On alléguera sans doute l'exemple des Scythes, des Germains, des Bretons, des Russes , et de quelques autres peuples du Nord. Mais, sans examinér ici quelle ést l'influence des climats sur la con stitution et les mœurs des habitans ; ne pourrait-on pas douter, avec plusieurs physiciens, si la coutume de tremper les enfans dans de l’eau froide, ne fat: pes toujours plus nuisible que favorable à la popu! lation des contrées séptentrionales ? D'ailleurs, quil ne connait les tristes avantages qu'ontretirés du bain! froid plusieurs pères, de famille, malheureusement trop crédules et trop aveugles partisans de cette nou vélle et séduisante doctrine ? 1421

ARTICLE II

De la manitre d’habiller et d'emmaillotter l'enfant.

L'homme, dit un ancien naturaliste , est le seul animal que la nature jette nu sur la terre au moment de sa naissance, et le seul qui aït besoin de vêtemens, pour se mettre à l'abri des injures de l'air. Il faut donc nécessairement habiller l'enfant, et couvrir sa nudité dès qu'il est hors du sein de sa mère, Mais ici, que de précautions à prendre, que d’écarts à éviter ! quelle maïn sera assez habile pour, tenir un juste milieu entre le vêtement trop lâche et le maillot trop serré? Cependant l’un, en laissant renouveler continuellement l'air sur le corps de l’enfant, le refroïdirait au lieu de le réchaufler; et l’antre, en garrottant ses frêles organes, en génerait le mouvement et la vie ?

Que l’accoucheur ne dédaigne donc pas de mettre 11 la main à l’œuvre , ou de présider au moins à l’habillement du nouveau-né ; il ne saurait y avoir rien de minutieux ou d’indifférent à cet égard; qu’iléloisne avec Soin tout ce qui pourraitétre contraire aux principes de l'hygiène ou à l'éducation physique de l’enfant. Un simple béguin et un bonnet suffisent pour garantir la tête. Si l’on craint que cette coiflure ne se dérange et que l'enfant ne s’enrhume, on peut l'assujétir au moyen d’un petit mouchoir plié en triangle et médiocrement serré. Cette espèce de bandage serait bien préférable à la bride transversale , qui pourrait écorcher le menton et comprimer les

it

glandes salivaires à moins qu’elle n’en fût écartée par une bandelette fixée au-devant de la poitrine. La têtière ou bande attachée de chaque côté au maillot vers les épaules est absolument inutile, pour tenir la tête droite pendant les premiers jours. Qu'on bannisse surtout les épingles de la toilette de l’enfant; elles peuvent, en piquant la peau ou en tra= versant la fonianelle, donner lieu à des cris continuels, aux convulsions et à la mort, comme cela est arrivé à des enfans dont parlent de Haën et Undervood. .

Le cou ne doit être garni que d’un fichu. La poitrine et les bras seront revêtus d’une petite chemise et d’une camisolle ou de brassières qu’on croisera derrière le dos. On appliquera sur le ventre un bandage gi compressif qui contiendra le bout du cordon jusqu’à sa chute, et qui raffermira l’anneau ombilical, encore trop faible pour s'opposer à la hernie.

Trois compresses, dont deux larges de deux ou trois pouces en carré, et l’autre assez longue pour faire le tour du corps, rempliront cette double ins dication. L'une des deux premières, échancrée au milieu et fendue à l’un de ses bords, recevra le cordon qu’on renversera sur le bord opposé et vers le côte gauche, pour ne pas comprimer le foie de: l'enfant qui est à droite. La seconde s’appliquera par-dessus , et la troisième assujéura le tout par un circulaire, qu’on fixera au moyen de quelques points de couture ou de deux petits rubans. Cela fait, on

enveloppera le reste du tronc , depuis les aisselles jusqu'aux pieds, d’une couche de toile et d’une pièce de futaine ou de laine, dont on relevera lexcédant au-devant des jambes, et qu’on assujétira avec quelques bandelettes. | Le grand art de vêtir l'enfant qui vient de naître, est de tenir ses langes médiocrement serrés. Ils entretiennent ainsi une douce chaleur autour de son corps, sans en gêner les mouvemens. On peut même en tirer parti pour contenir, appuyer ou redresser les membres, lorsqu'ils sont faibles ou difformes. Mais, dans aucun cas , ils ne doivent devenir des liens ou des entraves, pour comprimer ou torturer le nouveau-né. 109 PAL Qui ne connaît aujourd'hui l'abus etl’inconvénient de l’ancien maillot, contre lequel les philosophes et les physiciens ont tant déclamé pendant près d’un siècle? Autrefois les nourrices ne se contentaient pas de serrer fortement lesenveloppes de l'enfant, et de les assujétir avec des épingles; elles croyaient encore que, pour le soutenir et le fortifier, il fallait le garrotter avec une forte et longue bande de toile, depuis les pieds jusqu'aux épaules ; les bras même w’étaient affranchis de cette torture qu’au bout de six semaines , mais pendant le jour seulement : coutume barbare etmeurtrière, que Pignorance avait inventée , et que le préjugé accréditait de jour en jour! Emprisonné dans son maillot, l'enfant était roïde et immobile pendant plusieurs heures de suite; quoique naturellement vif et ennemi du repos, il était con-

damné à garder constamment la même position ; quelque gênante qu’elle füt, Aussi la poitrine et le bas-ventre étarent rétrécis, les viscères comprimés et quelquefois chassés de leur enceinte; la respiration, la circulation, la digestion et les sécrétions n'étaient plus libres, ni régulières ; l’ossification était dérangée, ou restait incomplète ; les: chairs encore molles et pour aïnsi dire gélatineuses, étaient aplaties , et comme froissées sous les contours du funeste garrot ; les muscles paralysés ou sans action n'acquéraient ni force, ni vigueur; les membres et le corps entier étaient contraints de prendre la direction et la tournure qu’onleur imprimait. En un mot, la nature n’était plus comptée pour rien, et l’art le plus absurde comme le plus nuisible , avait pragar pour dégrader le physique de Luoxtiti Qu'arrivait-il ? l'enfant était presque étouffé dès sa naissance par ses vêtemens ; joint à céla que le berceau, quine devait être qu’un lieu de repos, devenait encore pour lui une autre cruelle prison ; un affreux tombeau, où il était jeté pieds et mains liés, et retenu par quelques tours de lisière ou de sangle, Aussi “ l’infortuné dépérissait-il au lieu de croître; ou ne trainait plus qu’une vie douloureuse, triste et languissante. Cet état habituel de gêne et d’angoisse plus où moins voisin de lapoplexie, se manifestait toujours par le gonflement et la couleur violette du visage, par des cris plaintifs par un sommeilinterrompu Ou laborieux, souvent par, des convulsions , quelquefois par des coups de sang ou par d’autres

| maladies qui immolaient l’innocente victime, lors qu'on la faisait trop long-temps gémir dans son étroite Captivilé, Parmi ceux qui avaient lebonheur de sur vivre à ce genre de supplice, on en voyait dont les membres étaient difformes ou mal.contournés, et dont le tronc était mal affermi dans la station. Tantôt c'était la colonne vertébrale qui, trop brusquement redressée , ne pouvait prendre les courbures ou inflexions nécessaires pour. balancer le centre de gravité; tantôt les différentes parties dn corps, ne conservant plus leur symétrie ou proportion natu= relle, lui donnaient un air grotesque et ridicule. Dès-lors il n’y avait plus d'élégance dans les formes, plus de noblesse ou de majesté dans le port, plusde grace dans le maintien, plus de fermeté dans la démarche. Que devenaient les enfans disposés à la nouure où au rachitis, au carreau, aux scrophules et à d’autres maladies, dont l'abus du maillot devait nécessairement seconder et multiplier les ravages ? Quand on réfléchit sur les effets des langes et des bandes qui entouraient autrefois l'homme naissant , faut-il s'étonner qu’on trouvât dans la société tant d'individus estropiés ou bizarrement contrefaits ?

ARTICLE IV

De l’É‘ducation Physique et morale de l'enfant.

L'enfant qui vient de naître est naturellement si frêle et si délicat, qu'il semble chanceler pendant quelques jours entre la vie ou la mort. En butte à tous les, dangers, il a continuellement besoin de secours

de toute espèce ; et le Pline français n’a pas dit sans raison , que le roi de l’univers, dans cet état de misère et de douleur, était plus faible qu'aucun des animaux. | C’est donc au médecin-accoucheur de diriger, pour ainsi dire , les premiers pas de l’homme dans la carrière de la vie , et de surveiller les premiers élémens de son éducation physique et morale. Car , sans expérience etsans raison, comment serait=il capable,

à cet âge, de discerner ce qui lui est favorable ou

nuisible dans les objets qui l’environnent ou qui le touchent , et dans les substances qui lui servent d'alimens? comment pourrait-il régler l'usage de ses organes et de ses sens ?

Que l'enfant , aussitôt qu’il est nettoyé et Habillé® à

soit mis dans un appartement spacieux et bien exposé. L’air qu’il respire doit être pur et d’une température modérée ; celui qui croupit dans des alcoves trop enfoncées, ou dans des endroïts bas, ne tarderait pas à l’incommoder. Il en serait de même de celui qui serait trop froid ou trop chaud, trop sec ou trop humide ; qu’on le tienne surtout à l’abri des

vicissitudes trop brusques de l’atmosphère, ou qu’on. l'y habitue par degrés, de crainte qu’il ne s’'enrhume.

L'air imprégné de miasmes , de contagions ou de vapeurs fétides, ne peut être que malsain et délétère pour des poumons qui commencent à respirer. Voilà, sans doute, pourquoi la mort enlève un si gmnd nombre d’enfans dans les Hépiiss où la misère lesentasse , et pourquoi ceux qu’on couche trop

es

long-temps près de leur mère , ou de vieux parens, deviennent chétifs ou valétudinaires. On ne concoit guère en effet comment le nouveau-né peut retirer quelque avantage de cette espèce de contact ou d’incubation , à moins qu’il ne soït d’une faiblesse extrême ; et dans ce cas-la même, l'hygiène ne fournirait-elle pas des moyens plus sbrs et plus prompts dé le réchauffer et de le fortifier ?

La lumière est nécessaire à l’enfant ; il semble même la rechercher comme par instinct. Mais il serait dangereux del’exposér trop promptement à l’impression de ce fluide , qui est un des plus grands excitans de l’économie animale. Ses yeux encore tendres et délicats en seraient fatigués, éblouis, peut-être même blessés pour toujours. Qu'on le fasse passer insensiblement de l’obscurité à une douce clarté, afin de l’accoutumer à supporter tout l’éclat du grand jour. On doit surtout le placer en face de la lumière et des objets qui l’amusent, de crainte qu'ilne louche ou qu'il ne regarde de travers. Loin de lui les sons trop bruyans ou trop discordans; son oreille en serait choquée ou dérangée, et son repos troublé ou interrompu.

Que Ja nourrice ait soin de tenir l'enfant dans la plus grande propreté, et pour cela qu’elle le change de vêétemens lorsqu'il en aura besoin ; qu’elle lui nettoie même chaque fois les fesses et les environs avec de l’eau tiède, pour en prévenir l’excoriation. Les langes seront toujours proportionnés à la saison; et dans aucun cas, ils ne pourront être assez serrés

2806 PRINCIPES pour géner le mouvement du tronc ou des membres. Que la couche de toile , appliquée immédiatement sur la peau , ne soit jamais trop froide, trop humide, mi trop rude. Le berceau où l’enfant repose doit être garni d’un petit matelas de crin, de paille d'avoine ou de fougère. On en bannira la plume ,le duvet ow la laine , dont la chaleur serait incommode , et dont la mollesse pourrait favoriser la mauvaise attitude du corps. On ÿ placera d’abord l'enfant sur l’un ou l’autre côté, la tête et les épaules un peu élevées f pour (dé: à rejeter la salive ou les glaires dont sa poitrine est plus ou moins embarrassée , et on l'y assujétira au moyen de quelques croisés de bandes ou de rubans. On peut recouvrir ce petit lit, pour mo" dérer l'impression de la lumière ou du froid , mais le rideau en sera toujours un peu entr'ouvert , et assez élévé, pour permettre le renouvellement-de l'air. : Il ne suffit pas à l'enfant de respirer aprés sa naissance, il faut encore , pour continuer de vivre, qu'il prenne de la nourriture. L’exemple des animaux qui iétent leur mère en venant de naître , indique assez clairement le vœu de la nature à cet égard. Quelle erreur ou quel préjugé de condamner le nouveau-né ; à un jeüne plus ou moins sévère, lorsque-tout'an- À nonce qu’ilse porte bien, et de ne lui accorder qu'un peu d’eau sucrée, ben à force de cris il réclamé quelque chose de plus nourrissant ! Que la mèrelui offre donc promptement le sein dont il paraît avide,, et qu elle continue encore dele nourrir deson propre lait; jusqu’à ce qu’il puisse digérer des alimens plus

forts. C’est là un devoir naturel et sacré, sans lequel la femme ne peut être complètement mère, et dont. rien ne peut la dispenser qu’une maladie grave, certaines bienséances, ou quelque vice moral. Le lait maternel est l’aliment qui convient à l'enfant sous tous les rapports. Naturellement séreuses, les premières gouttes de cette liqueur , auxquelles on donne le nom de colostrum , titillent son intestin, détrempent ou délaient le méconium,, et en favorisent l’excrétion. Elle devient ensuite plus abondante et plus substantielle de jour en jour, à mesure que le nourrisson grandit et se fortifie ; elle pourrait même suffire pendant long-tempsà ses besoins.

Cependant il y aurait des inconvéniens à ne donner à l’enfant que le sein de la mère. Il pourrait bien en imposer alors par la fraicheuret l'éclat de sa peau; mais 1l aurait plus de bouffissure que de graisse; et quelque beau‘qu'il fût, son corps ne présenterait point cette fermeté, ni cette consistance qui caractérisent l’embonpoint et le coloris de la santé ; ce ne serait, comme ôn le dit vulgairement , qu’une chair de lait. Outre cela, l'enfant , ne suçant que le mamelon, risquerait de dépérir , si l’on était obligé de le sevrer sur-le-champ, à cause de quelque maladie de la mère. C’est donc une tres-bonne précaution de l’accoutumer de bonne heure à quelque nourriture un peu plus solide que le-lait. Passé les cinq Ou &ix premiers mois, pourquoi ne lui donnerait-on pas quelques cuillerées d'uné panade, d’une bouillie ou d'une crème de pain bien faites. Il est vrai qu'on à

beaucoup déclamé dans les derniers temps contre ces sortes d’alimens ; mais l'expérience a démontré que ces reproches étaient mal fondés ou exagérés. Le premier se prépare en faisant bouillir de la croûte de pain, eten y ajoutant, à mesure qu'elle se gonfle, du bouillon fait avec quelques onces de veau et de bœuf; on l’aromatise ensuite avec un peu d’eau de fleurs d'oranger, et on l’édulcore avec du sucre. Pour corriger ou diminuer la viscosité de la bouillie ,on a soin de faire sécher au four la farine de froment ou la fécule de pomme de terre, avant de les détremper dans le lait. On a vu cr encore de très-beaux enfans, quoiqu’ils n’eussent pris que de la semoule avec cette liqueur. Enfin on prépare la crème de pain, en faisant d’abord tremper dans l’eau du pain séché au four; puis on le fait bouillir, en le remuant de temps en temps, et en y versant de l’eau chaude, à mesure qu’il s’épaissit sur le feu; on y ajoute une pincée d’anis avec un peu de sucre , et on passe le tout à travers un tamis de crin.

Lorsque de puissans motifs empêchent la mère de. nourrir le fruit qu’elle vient de mettre au jour, 1l faut nécessairement qu’elle le confie à une nourrice étrangère. Mais comment trouvera-t-elle une autre. » soi-même, c’est-à-dire, une femme qui ait le mêmes âge, le même tempérament, la même santé ; et dont le lait soit parfaitement analogue au, sien et aux besoins de l'enfant ? Comment trouvera-t-elle dans une mercenaire la probité, la douceur, la complaisance, la sensibilité, l’attachement, l’aflection, la

tendresse ; en un mot, toutes les qualités d’une véritable mère ? Ces réflexions seraient vraiment affligeantes, et bien capables de porter la désolation dans l’äme des parens , si l'expérience n'avait démontré que toutes les nourrices ne sont pas des marûtres. Heureusement le plus grand nombre, moyennant un prix modique, se dévouent-avec une générosité qui étonne pour le salut de leurs nourrissons ; la plupart même, il faut le dire à leur louange, sont préférables aux mères qu’elles remplacent. La saine et robuste villageoise , qui est uniquement occupée de son ménage, ne vaut-elle pas beaucoup mieux, par exemple, sous le rapport de l'allaitement, que l’opulente citadine, dont la plus grande occupation est souvent de satisfaire ses goûts et.ses caprices ? Convenons que la fureur du jeu, des: bals et des : spectacles, ainsi que mille autres vices ou passions, qui tourmentent la femme ausein des grandes villes, sont peu propres à former une bonne nourrice, et peu compatibles avec les soins et la vigilance qu’exige le premier âge. Aussi n’est-ce guère plus que dans les campagnes qu’on trouve encore cette salubrité de l'air, et cette douce tranquillité de l’âme, qui contribuent si bien à la bonté du lait ; et sans cette ressource ;, que deviendraient les villes elles-mêmes ? Comment viendrait-on à bout. de repeupler ces grandes familles , que tant de genres de destruction et de mort viennent assaillir ? C’est donc dans la paisible chaumière du laboureur , dans cet asile où l’innocence s'est reléguée , et où les bonnes mœurs

200 | 10 PRINCIPES règnent encore, ‘qu'il faut. transplanter quelque tehps l'enfant après sa naissance, lorsque la mère veut se dispenser de le nourrir , ou qu’elle est forcée dei renoncer à cettenoble fonction à cause de quelque maladie ; telles quelastérilité du sein, la phthisie, le rachitis, les dartres , le scorbut, les écrouelles ; la pierre, la gravelle; la goutte, et autres affections qhi: peuvent influer sur lés propriétés du lait. |: Mais dans le choix d’une nourrice, que d’écueils, héviter ! IL faut avoir égard à son âge, à sa constitution: ou à son tempérament, à sa santé, àson caractère et à ses mœurs, à son habitation ; à ça manière de vivre , à la quantité et à la qualité de son lait. On la prendra dépuis vingt jusqu’à trente-cinq ns ; d'une‘bonné constitution et d’un médiocre embônpoint;: qu’elle soit habituellement saine et exempte de toute maladie ; sans difformité apparente , plutôt brune que blonde, jamaïs rousse; qu’elle ait la bouche garmie de belles dents , les. gencives férmes et èn bon état, l’haleine douce, les ” amelles d’un volume ordinaire , parsemées de ; veinés bleuätres, l’aréole un peu monticuleuse, lé mamelon bien percé et d’une longueur conve= able. On doit rejeter celle dont la peau est cou», verte d’éruptions, dont la transpiration à une odeuf

2" mdes \y PS

forte ; celle qui a des‘fleurs blanches, des glandes engorgées etc. | Al alé

© Qu'anenourrice ; dit philosophe de Genève , soit atssisaine de cœur que. de corps, c'est-x-dire ; qu'elle: vait ni maladie ni vicemoral ; qu'elle sôit d'une hu=

méur douceet enjouce. Celle qui serait naturellement emportée ou sujette à se mettre en colère , qui aurait du penchant à la haine, à l’envie où à la jalousie ; qui fréquenterait les cabarets, ou les lieux de débauche, serait un véritable fléau pour le nourrissOn.

Le séjour qu’elle habite doit être propre, commode et bien aéré. On doit préférer les lieux un peu élevés à ceux qui sont naturellement bas, humides et marécageux. L'exposition de l’est ou du nord est plus saine que celle de l’ouest ou du midi.

Que la nourrice s’observe sur la quantité et Ja qualité des alimens. Celle qui, naturellement gloutonne, croit avoir plus de lait en surchargeant son estomac, est dans l'erreur ; elle digère mal, et compromet ainsi la vie de l’enfant. Une nourriture douce £i proportionnée à ses besoins doit suflire, Le règne yégétal ou le règne animal, ou plutôt l’un et l’autre en même temps fourniront à sa subsistance. On préténd néanmoins que les végétaux rendent le lait plus sucré ; mais là-dessus il faut moins consulter la théorie et la pratique ; que le goût et l'habitude de l’individu. Les assaisonnemens trop relevés, les épiceries , les salxisons, les viandes fumées , le lard rance et le vieux fromage doivent être proscrits. Le vin

. puretles liqueurs spiritueuses sont dangereux ; point de café m de chocolat, si l'onn’y.est déjà accoutumé. La nourrice doit fuir l’oisiveté et la vie trop sédentaire ; un exercice modéré dans l’intérieur de sa maison; et souvent en plein air, lui.est utile; c’est

un excélleñt moyen de favoriser la nutrition et d’améliorer le lait. Qu'elle règle le repos de la nuit entre la veille excessive qui ruinele corps, etlesommeil trop prolongé qui l’engourdit. Les lits trop durs ou trop mous nuiraient également à sa santé : il ny a qu’un juste milieu qui convienne à cet égard.

La quantité et la qualité du lait varient suivant une foule de circonstances. Ilest d'autant plus séreux qu’il est moins ancien; peu coloré dans le premier mois ; tirant sur le bleu, à six semaines ou un peu plus tard ; d’un blanc mat, doux et sucré à cinq ou six mois. En général , l’accoucheur ou le médecin exercé présument , avec raison , qu'ilest bon et doué de toutes les qualités requises , lorsque le nourrisson qui le suce s'en trouve bien. C'est peut-être là un moyen beaucoup plus sûr de constater la bonté du lait, que d’en faire couler une goutte sur l’ongle où sur une glace, pour en examiner la consistance , ou de le soumettre à l’ébullition, pour savoir s’il tourne à l'aigre, Ou enfin de le recevoir dans la bouche même après l'avoir bien rincée, pour en conhaître le goût et l'odeur. Toutefois ce n’est ici qu’une analogie, qui n'est pas toujours infaillible ; car, de ce que le lait d’une femme est salutaire à son propre enfant, on en conclurait mal à propos qu’il® doit avoir la même propriété pour celui d’une étrans stre. On est donc toujours forcé de donner quelque chose au hasard dans le choix d’une nourrice; sauf à la changer ensuite, si elle ne convient pas, et si l’enfant qu'on lui confie vient à dépérir au lieu de profiter,

ÿ DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 293

Il est toujours très-important, quoi qu’en disent certains auteurs , de proportionner l’âge du lait à celui de l'enfant ; et lorsqu'on ne rencontre qu’une nourrice déjà mère depuis long-temps, il ne faut au moins jamais manquer de lui faire prendre quelques délayans, pour rendre son lait plus séreux et plus analogue à la faiblesse de l'estomac qui doit le digérer. Malgré cette précaution, le sein n'étant plus épuisé chaque jour comme à l'ordinaire, ilen résulte une sorte de superfluité ou de redondance, que le vulgaire attribue au renouvellement du lait par le nourrisson : préjugé grossier , dont la fausseté sauté aux yeux du physiologiste le moins éclairé.

Qu'on se garde bien aussi de suivre les rigoureux préceptes des anciens, qui interdisaient le plaisir de l'amour à la femme qui nourrit. Cette privation, trop long-tempsprolon gée, finira parexciterlebesoin de la nature, que la femme ne pourrait réprimer sans se faire violence , et dont le cri serait peut-être Plus puissant que celui de la raison. De là pourraient résulter des accès de tristesse. ét de mélancolie ; Qui produiraient l’altération ou la suppression du lait : inconvénient d'autant plus à craindre, que la femme serait plus jeune, plus lascive et plus habituée aux jouissances vénériennes. Il suffit donc de lui recomnx mander la modération à cet égard, qu’elle sache aussi mettre un intervalle raisonnable entre le devoir conjugal et l’allaitement. |

Mais la nourrice, dira-t-on , en cohabitant avec son mari; peut devenirenceinte, Qu'importe? pourvu

204 PRINCIPES que son lait ne perde ni de sa quantité ni de sa con: sistance , et que le nourrisson continue de profiter L'exemple des animaux qui portent et nourrissent en même temps, et celui de plusieurs femmes qui ont continué de donner le sein jusqu'au terme de l'enfantement, prouvent d’une manière incontestable, que l’état de grossebse n’est pas aussi incompatible avec l'allaitement qu’on pourrait l’imaginer. Il en est de même de l'écoulement des règles ; on l'a vu rarement nuire à la santé de la nourrice , et altérer la qualité de son lait, lorsqu'elle était TO+ buste. Ce n’est que’ lorsqu'elle est naturellement faible et délicate, que cette évacuation périodique , jointe à celle du lait, pourrait l'épuiser plus vite, et tourner au préjudice de l'enfant; mais, dans ce cas, il est prudent qu’elle ’s’abstienne de: nourrir. Si Venfant ne refuse le sein que pendant la période menstruelle, qu’il profite d’ailleurs dans l'intervalle ; À on suspend alors l'allaitement, et on y supplée par ; quelque alimentartificiel . On le suspend aussi durant la plupart des maladies aiguës, à moins qu’elles ne soient très-légères et ‘incapables d'altérer fe lait, comme la fièvre éphémere des nouvelles accouchées la petite-vérole bénigne, ou l'intermission d'une fièvre tierce. re LE .29 47 803 :1RN00E

| D'apresles regles que nous vénons de tracer sur le choix d’une nourrice, on sentira facilement l’erreur que commettent la plupart dés personnesriches ét opulentes qui, sous prétexte demrieux élever leursenfans, font venir les nourrices dé la campagne * |

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