‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 4)Chapitre 53 sur 63 · FA À · texte numérisé non relu

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poussée avec la main au-dessus du détroit supérieur.

Il serait donc très-imprudent , pour ne pas dire entièrement contraire aux principes de l’art, lorsque la tête s’est enclavée selon son épaisseur , d’en entreprendre l’extraction , en appliquant les branches du forceps sur locciput et le visage, comme l’ont recommandé presque tous les accoucheurs ; ou bien de couper la symphyse du pubis, pour faire cesser le contact de la tête avec le bassin, suivant le conseil du docteur Gardien. Car, outre que la possibilité de refouler la tête avec la main rend ces deux procédés inutiles , le premier comprometirait évidemment le salut de l'enfant, et le second ne serait pas sans danger pour la mère.

Il est bien plus rationnel de refouler d’abord la tête au-dessus du détroit supérieur , puisque cela est toujours possible d’après la nature même de l’enclavement , et d'appliquer ensuite les branches du forceps sur les parties latérales de la tête, comme si elle était encore libre à l'entrée du bassin. Ainsi appliqué , cet instrument offre deux avantages : le premier, d'ajouter fort peu de choses à l'épaisseur de la tête; le second, de la réduire assez pour l’empêcher de s’enclaver de nouveau , et pour la faire descendre dans l’excavation. |

En conséquence , on commencera par la phéñehe à mortaise , si l’occiput répond à gauche, et par la branche à pivot, s’il répond à droite, comme dans les cas où la tête est encore libre à l'entrée du bassin. Après l'avoir saisie convenablement, on la fera

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066 Fa PRINCIPES descendre dans l’excayalion ; puis on fera rouler l'occiput sous le pubis, et on achèvera le reste à V ordinaire. | Il n’en serait pas de même, si l’on appliquait | les branches du forceps sur l’occiput et le visage ;. car alors on comprimerait la tête dans sa longueur , et. on en augmenteraitnécessairement l’épaisseur ; donc les bosses pariétales seraient dans un contact plus immédiat'avec le pubis et le sacrum , et l’enclavement , au lieu de céder, n’en offrirait que plus de résistance. Joint-à cela que, lorsque la tête serait dans l’excayation du bassin , il faudrait déplacer les branches du forceps pour les replacer plus méthodiquement ; ce qui entraînerait encore des difficultés, et peut-être des accidens. sex

SECTION IV

De l’ap lication du Forceps, lorsque le tronc est déjà soril. PP PS » q ]

Dans les accouchemens contre nature, lorsque après le pelotonnement de l'enfant , on a déjà entrainé le tronc au dehors ;'le forceps devient abso- Jument inutile, toutes les fois que le bassin jouit d'une bonne conformation , et que les voies genitales ontune souplesse convenable. Quels que soient alors les accidens qui surviennent, et qui exigent la prompte délivrance de la femme , une main habile etexercée doit toujours suflire pour extraire la tête et pour empêcher l'enfant de périr: Seule, et sans le secours des instrumens, elle doit prévenir la compression du cordon ombilical dans le bassin , et

le resserrement de l’orifice utérin ou de la vulvesur les vaisseaux jugulaires. os?

La n’en serait pas de même , si la plus légère étroitesse du bassin empêchait la tête de se dégager librement. Le forceps serait alors d’une indispensable nécessité, tandis que la main serait insuffisante , et peut-être. nuisible , quelle qu’en fût la dextérité. Celle-ci ne port point extraire la tête, ou n’en viendrait à bout qu’en exerçant des efforts plus ou moins considérables sur le tronc , et en distendant

* la colonne vertébrale : manœuvres qui exposeraient nécessairement l'enfant à perdre la vie , parce qu'on risquerait de luxer les vertèbres cervicales et la tête,

ou de tirailler et de comprimer le Lt rire

rachidien.

“Ce fut afin d'éviter de tels désordres que Smellie se servit le premier du forceps avec le plus grand succès, pour extraire la tête après la sortie du tronc; äl a été imité par Deleurie, Baudelocque et nombre d'autres accoucheurs. Nous avons eu occasion d’employer aussi cet instrument dans de semblables circonstances ; et il faut convenir qu’il offre alors une ressource unique, soit pour sauver l’enfant, lorsqu ’ilest encore en vie, soit pour en éviter la eRRRanT

cation , lorsqu'il est déjà mort. SON

La tête, après la sortie du tronc, peut s'arrêter non-seulement au détroit supérieur, mais encore au détroit inférieur. Dans l’un et l’autre cas, elle peut être situee directement, ou selon sa longueur, entre le pubis et le sacrum, ou bien diagonalement entre

l'une des cavités cotyloïdes et la symphyse sacro illaque opposée : de là, quatre différentes positions, qui sont toujours d'autant plus favorables, que la tête est plus près de la vulve.

PREMIÈRE POSITION

De l'application du Forceps pour extraire la téte après la sortie du tronc, l’occiput répondant au pubis, et le visage au Sacrumr.

- Ou la tête s’est arrêtée au détroit inférieur, ou , elle est encore à l'entrée du bassin. Dans le premier cas , on relève le tronc et les bras de l’enfant vers le ventré de la fémme, et pendant qu’un aide les soutient convenablement, on insinue les branches du forceps en dessous, sur les côtés du bassin et de la

lête, avec les mêmes soins, de la même maniéreret

à la même hauteur que dans la première position

du sommet. On tire ensuite de la main droite sur

l'extrémité de l’insirument, qu’on relève peu à peu vers le pubis, jusqu’à ce que le front se soit dégagé de la vulve; on soutient en même temps le périnée de l'autre main, pour en prévenir la déchirure.

Lorsque la tête est retenue au détroit supérieur, on insinue les branches du forceps par-dessous le tronc, qu’un aide est chargé de soutenir; on les

porte à une hauteur convenable, et on en baisse *

l'extrémité, comme si le sommet se présentait le

premier. On donne ensuite à la tête une situation diagonale, en dirigeant l’occiput vers la cavité cotyloïde gauche; si elle est trop serrée ou enclayée,

PS

on lébranle, et on la fait remontér de quelques lignes avant d'en changer la position. On baisse en mème temps un peu plus le bout de linstrament, eton le rapproche de la cuisse gauche de la femme. On entraine alors la tête dans l’excavation du bassin, en tirant sur le forceps parallèlement à l'axe du détroit supérieur. Dès qu’elle y est parvenue, on lui fait exécuter le mouvement de rotation, pour ramener l’occiput sous la symphyse du pubis, et on termine l'accouchement comme dans le cas precédent. | Dans cette position, ainsi que dans la suivante, l’aide qui soutient le tronc ne doit pas manquer de Jui faire suivre tous les mouvemens que l’accoucheur imprime à la tête. Il dirigera done le dos de l'enfant vers laine gauche de la femme, pendant qu'on tournera l’occiput vers la cavité cotyloïde gauche du bassin, et il le ramènera ensuite vers le pubis,

«pendant qu'on féra rouler la tête dans l’excavation.

A CEE POSITION.

De l'application du F orceps pour extraire la téte après le tronc, l’occiput répondant au sacrum , et le front au pubis.

Dans cette position , si la tête n’est retenue qu'au détroit inférieur, on porte le tronc du fœtus en arrière, où un aide le soutient après l'avoir entouré du linge qui enveloppe les bras. On introduit ensuite les branches du forceps au-dessus et au-devant du tronc, sur les parties latérales de la tête et du bassin. On tient l'instrument de la main droite seule-

ment, qu’on place à son extrémité , et on n applique la main gauche contré le périnée de la femme pour extraire la tête. On tire d’abord sur les branches du forceps parallèlement à l'axe du détroit inférieur ; mais aussitôt que la nuque parait à la vulve , au lieu de la laisser rouler sur la commissure postérieure , on la soutient du bord radial de la main placée contre le périnée, lequel devient le centre du mouvement que la tête exécute en se dégageant.

‘Il s’en faut bien que l'application du forceps soit aussi facile lorsque la tête est encore à l’entrée du bassin. Dans ce cas-là, Baudelocque conseille d’introduire les branches ral cet instrument au-dessus. ou au-dessous du tronc, suivant les circonstances. Le docteur Gardien, au contraire, propose de les insinuer toujours au-dessous, parce qu’il lui paraît plus facile alors d’en abaisser convenablement l’extrémité. Nous croyons que dans cette conjoncture,

heureusement aussi rare que difficile, on doit faire comme on peus On tâche surtout de ménager l’en-

fant et la mère; on saisit la tête, on l’ébranle , et on la refoule un peu, si elle est ASE on Mic le visage vers la cavité cotyloïde gauche, en abaïssant l'extrémité de l'instrument ,eten l’inclinant vers la cuisse du même côté. On tire ensuite parallèlement à l'axe du détroit supérieur, et on entraîne la tête dans l’excavation du bassin; on lui fait exécuter aussitôt le mouvement de rotation, et on ramène le visage sous le pubis, en relevant l'extrémité du forceps ; enfin on continue de tirer sur la tête,

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 571 comme si elle n’avait été retenue qu’au détroit in- {erieur. |

TROISIÈME POSITION

De l'application du Forceps pour extraire la téte après le tronc, l'occiput répondant à la cavité cotyloide gauche, et le front à la symphyse sacro-iliaque droite.

Quand la tête s'arrête dans cette direction au détroit inférieur, on entoure du même linge le tronc et lés bras de l'enfant, et on les incline vers la cuisse gauche de la femme, où un aide est chargé de les soutenir. On applique ensuite le forceps , comme si le sommet se présentait dans la mème position. La branche à mortaise est introduite la première vers

: le côté droit du bassin, et dirigée, au moyen de - quelques doigts de la main gauche, jusqu’au-delà

du menton, et un peusur la joue droite de l'enfant. On continue de la plonger, dans la mème direction, à la hauteur du front, d’où les doigts qui lui ont servi de guide , appliqués sur son bord convexe, la font passer sur le milieu du visage, et sur la tempe gauche , pour la placer sous le pubis. La main droite en baisse en même temps, mais d’une manière insensible , l'extrémité externe , et la rapproche de la cuisse gauche, afin que la cuiller embrasse convenablement la longueur de la tête. Suivant ce procédé, on n’a point à craindre d'étre arrêté par la mächoire inférieure , par la bouche, ni par le nez de l'enfant. A D Pendant que l’aide, charge de soutenir le tronc ;

572 PRINCIPES à

empêche cette branche de se déplacer, on insinue l’autre au-devant du sacrum, et à la même hauteur. Ensuite » après les avoir réunies et ‘assujetties F on fait rouler la tête dans l’excavation : pour ramener l'occiput sous le pubis; et on termine l'aprres tion à l'ordinaire. |

Si la tête était retenue à l’entrée du bassin ,Oonintroduirait les branches de l'instrument de la même manière , mais à une plus grande hauteur. On tirerait ‘ensuite parallèlement à l'axe du détroit supérieur, et lorsque la tête serait parvenue dans l’excavation du bassin, onen rameénerait l'occiput sous le

pubis, pour achever de l’extraire comme si elle se

présentait dans cette position.

QUATRIÈME POSITION

De l'application du Forceps pour extraire la téte après le tronc, locciput répondant à la cavité coty loïde droite, et le Jront à la symphyse sacro-iliaque gauche.

Cette position ne diffère pas essentiellement de la précédente, si l'on n’a égard qu’au rapport des di-

mensions de la tête avec celles du bassin. On se con-

où

duira donc de la même manière pour l'applicati 1 du forceps. Mais on commencera par la branche à pivot, qu'on conduira sous le pubis, tandis que l’autre sera insinuée au:devant du sacrum, de sorte que leur nouvelle courbure soit dirigée vers l’occiput, AY

On fera ensuite rouler la tête pour ramener l’occiput sous le pubis, ou bien on la fera descendre

na

préalablement dans l’excayation , selon qu’ ‘elle ne sera retenue qu’ au détroit inférieur , ‘ou qu l faudra Ja saisir à l'entrée du bassin.

REMARQUE

Il peut arriver , ce qui est néanmoins assez raré, qu'après la sortie du tronc, la tête , dans ses positions diagonales ou transversales , présente le front en avant et l’occiput en arrière. Dans ce cas-là, on essaie avec ïe plus grand ménagement de détourner le visage vers le sacrum. Mais, pour peu qu'on éprouve de difficulté, on renoncera à cétte tenitative, et on aura recours au forceps, dont on introduira les branches, de manière que leur nouvelle courbure regarde le front. On fera ensuite rouler la tête pour ramener le visage sous le pubis, ou bien on l'entraînera préalablement dans l’excavation , selon qu'on la saisira au détroit inférieur où à entrée du bassin; enfin, on en achèvera l'extraction comme dans la seconde position directe où le front répond au pubis. : | È À

DEUXIÈME SÉRIE

Des instrumens tranchans qu’on emploie pour terminer Les Accouchemens non naturels.

Il peut arriver, ce qui heureusement n’est point ordinaire , que le forceps et les autres instrumens mousses soient insuffisans Las terminer l’accouchement non naturel, et qu’on soit obligé de s’armer d'instrumens tranchans pour suppléer à leur défaut,

574 a BRURCLPES \

Tantôt c'est un fœtus monstrueux et d'un volume excessif qu'il faut mutiler ou. démembrer pour en faire l'extraction ; ; tantôt , au contraire , ce sont des opérations plus ou moins graves et plus ou moins douloureuses qu’il s’agit de pratiquer sur le corps de la femme, pour la soustraire à une mort imminente. Darÿ le premier cas, l'accoucheur ne peut porter l'instrument tranchant sur le corps de l'enfant que lorsqu'il est privé de la vie ou atteint d’une maladie mortelle qui Ôte l'espoir. de le sauver. Sans cette condition, l’embryotomie ne serait-elle: pas un véritable homicide ? Dans le second cas, iln ya qu’un enfant vivant qui puisse servir de prétexte à l'emploi des instrumens tranchans sur la mère; car, un cadayre serait incapable, de la dédommager des souffrances qu elle endurerait ; et du sacrifice qu elle | ferait de sa vie, en se soumettant à certaines opérations dont l'appareil seul est épouyantable. La première. question qui se présente ici est donc d’examiner les signes auxquels on peut reconnaitre la vie

ou la mort de l'enfant dans la cavité de la matrice. sa.

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