‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 4)Chapitre 54 sur 63 · QUESTION PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

QUESTION PRÉLIMINAIRE

% R mn” | quels signes peut-0n reconnaître la vie ou la.

ee

Rien de plus important que Le constater la vie. on la mort de l'enfant, lorsqu'il s’agit de pratiquer des

l'enfant dans la cavité de la matrice ?

QRÉrRHONS dangereuses sur son corps ou sur celui de la mère, pour terminer l’accouchement. Que de reproches n anrait-on pas à se faire , si l’on avait le

Li]

malheur de commettre ra funeste méprise à cet égard ?

Maïs il n’y a peut-être pas ide question plus difficile à résoudre que celle - ci. À peine peut-on prononcer sur l’état d’un enfant qu’on a sous les yeux et entre les mains, lorsqu'il est venu au monde frappé d’apoplexie, de syncope ou d’asphyxie ; quel embarras ne doit-on donc pas éprouver, lorsqu'il s’agit de reconnaître la vie ou la mort de celui qui est encore renfermé dans la matrice, et dont on ne peut toucher qu’une très-petite surface ? D'ailleurs, des apparences trompeuses, quoique assez bien fondées, n’en ont que trop souvent imposé à des accoucheurs même distingués, et les ont déterminés à porter des instramens meurtriers sur des eñfans qui n'étaient point encore morts. On a vu de ces malheureuses victimes palpiter encore sous le crochet qui les avait arrachées du sein de leur mère, et se plaindre, mais trop tard, d’avoir été si imprudemment sacrifiées.

On ne sauräit donc, avant de recourir aux instrumens tranchans, apporter trop de circonspection 5 ni même trop de sévérité dans l'examen des signes qui-peuvent indiquer la vie ou la mort de l'enfant; car ne serait-On pas également coupable de lui ôter la vie pour sauver la mère; et de sacrifier ou d’exposer seulement celle-ci, pour n’extraire de son corps qu'un cadavré ? Dans l'unet l’autre cas , la conduite de l’accoucheur ‘serait horrible et atroce, puisqu’elle outragerait la nature. Mais c'en est assez pour faire entrevoir l'importance et la difficulté de

576 PRINCIPES LA M cette discussion ; essaÿ ons maintenant de mettre le plus d'ordre et de clarté qu'il nous sera possible. Les signes d’après lesquels on juge pour lordinaire que l’enfant jouit encore de la vie, sont loux d’être tous décisifs. La plupart sont, au contraire, fort équivoques, ou ne donnent que des présomptions. Tels sont, pendant la grossesse, la bonne Santé de la femme, l’accroissement progressif de son ventre, les mouvemens qu'elle éprouve après le quatrième mois, ou que l’accoucheur croit distincn en appliquant une main sur la région qui en est le siége. Combien n’a-t-on pas vu de femmes mettre au monde des enfans qui se portaient très-bien, quoi: qu elles fussent elles-mêmes valétudinaires et d’une santé délicate ou chaäncelante ? L'observation atteste aussi que dans les affections hystériques, ilse passe dans l'abdomen des mouvemens qui ressemblent à ceux d’un enfant, et trompent souvent l’accoucheur le plushabile ; tandis que dans d’autres circonstances, H véritable grossesse parcourt ses périodes et arrive à terme, sans que la femme ait rien senti remuer dans son corps. Enfin , quelques mères s’en sont tellement laissé imposer, qu’elles ont eu le désespoi | d'accoucher d'enfans morts et putréfiés ,);

l'instant même après qu'elles avaient cru en dis guer lé mouvement actif. #4

On ne peut guère plus compter sur la plupart des signes quise manifestent pendant le travail , et auxquels on’accorde néanmoins quelque degré de confiance. Ainsi , l M a prouvé qu'on avait tort

DE L'ART. DES ACCOUCHEMENS: 597 de croire à la vie de l'enfant, d’après la régularité des douleurs et la limpidité des eaux de l’ammios: JL n'y a peut-être pas de signes qui soient plus inconstans ni plus capables d’induire en erreur. Que penser encore du battement du cœur et des artères ombilicales, des mouvemens dela mâchoire et de la langue ; enfin, des pulsations de la fontanelle antérieure, que certains praticiens recommandent d'examiner avec soin ? Il faut convenir que ce sont là des signes qui caractérisent la vie de l'enfant. Mais est-il toujours facile de porter la main sur la région précordiale , de toucher le cordon ombulical, ou d'introduire le doigt dans la bouche du fœtus? Quant à la fontanelle antérieure, le physiologiste sait aujourd’hui qu'elle ne jouit d'aucun mouvement avant la naissance. Il est donc vraisemblable qu’on aura attribué aux artères de cet espace membraneux les pulsations des artères du doigt.explorateur.

Concluons que de tous Jes signes auxquels on conseille de faire attention, pour constater la vie de l'enfant, nul n'est moins équivoque ou plus décisif que celui qu'on déduit de la partie qui s'engage. La peau. lont elle est recouverte , pressée contre l’entrée “4 ou moins étroite du bassin, s'empâte et s'ensorge nécessairement, pour peu que le travail soit violent et traine en longueur. De la une tumeur plus ou moins volumineuse , le plus souvent tendue, élastique et rénitente, qui répond à l'orifice de:la matrice. Or, cette tumeur prouve incontestablement

—. que l'enfant vit encore, parce qu’elle est absolu-

PS8 ( & 57 . PRINCIPES ment incompatible avec absence ou la cessation des propriétés vitales.

2°. S'il estsi difficile de reconnaitre la vie de l'en |

fant encore renfermé dans la matrice, on n est ?

guëre moins embarrassé , quand il s’agit de pronon-

cer sur sa mort. L'observation atteste qu'on a vu:

naître en vie des enfans qu’on avait cru morts, et

ue d’autres ont été pour ainsi dire ressuscités | q

après leur naissance, à force de leur prodiguer des

soins qui avaient paru assez long-temps inutiles ; 1l°

s'en faut donc bien que l'absence des signes qui indiquent la vie suflise 1c1 pour c caractériser la mort.

On conseille d’avoir recours à des signes. commé-

moratifs, de rechercher, par exemple, si l'enfant n’a pas éprouvé des maladies avantsa naissance ; mais comment peut-on les reconnaître ? on fait passer en revue les accidens qui sont arrivés à la femme pendant la grossesse , tels que les coups, les chutes, les efforts, etc. ; on s’informe si elle n’a pot eu des convulsions, s’il ne s’est point manifesté chez elle, à certaines époques, des signes de pléthore

sanguine , si elle n’a eh ressenti bete "AE affection de l’âme, si elle n’a point été frappée de ter-

reur ,si elle ne s’est point mise en colère : cesn ladies , il faut l'avouer, sont les plus redoutables que l'on connaisse pour l'enfant. “fr |

Mais ne serait-on pas encore souvent ie en erreur, si l'on se décidait à le démembrer ou à le mutiler, parce qu’on l'aurait cru mort, d’après toutes ces recherches? D'ailleurs, quelle induction peut-

Re à M TE”

on tirer de ce:qui s’est passé dans.la grossesse , lorsque la mort w’arrive que pendant le travail de l’accouchement. :: ii À Fa

A la vérité les auteurs : RADDO NES d’autres signes qui paraissent. attester d’une manière plus probable que l'enfant a cessé de vivre, pendant la grossesse,

La femme, dit-on, au lieu de sentir remuer comme

à l’ordinaire se plaint, d’un, balottement et d’une

pesanteur qui l incommodent. À.ce nouvel état se joignent le gonflement douloureux, et bientôt après la chute des mamelles , la päleur 1 visage, l'enfoncement des yeux, la couleur noirâtre, livide sou

plombée des paupières, la fétidité de l’haleine, le

bällement fréquent, le mal de tête, le tintement d'oreilles, la nausée et le vomissement, la syncope et Ja lassitude spontanée , l’affaissement SAN" et souvent la fièvre lente.

On ne peut disconvenir que ces sen Line ne se manifestent. au moins pour la plupart, lorsque le cadavre de l Lot vient à séjourner quelque temps dans la matrice; mais il est de fait aussi qu'ils ne sont pas toujours une preuve incontestable de sa mort. Baudelocque cite deux, femmes qui à après avoir éprouvé, tous les ‘accidens, ci-dessus, :accouchèrent néanmoins, l’une d’un: enfant, à la vérité languissant et faible, et l’autre d’ un enfant robuste, vigoureux , et du poids de neuf livres au moins. ,

Quel serait donc le signe caractéristique. d’ après lequel on pourrait prononcer que l'enfant a réellement perd u la vie dans le sein de la. mère ? Il n y

en a pas d'autre que la putréf: action, quand «elle se manifeste. On la reconnaît pendant le travail, à la couleur des eaux de l’amnios, que le méconium rend troubles et bourbeuses, et d’où s’exhale unerodeur fétide et cadavéreuse. Alors si une anse du cordon onibilical a été entraînée par un flot de ce liquide, elle est froide, flétrie, sans pulsations et sans consistance; le doigt porté sur la tête en trouve les os vacillans, et la peau quelquefois si mollasse , qu’elle s'enlève par lambeaux, ou ne présente qu’une-espèce de poche remplie d’un liquide séreux et roussatre.

Mais que de réflexions à-faire sur tous ces signes! D'abord, la putréfaction ne se manifeste pas immédiatement après la mort. Donc si l'enfant ne périt que pendant le travail ou peu de temps auparavant, sera très-difficile, pour ne pas dire impossible, de s’en assurer , et de lever le doute oul'équivoque. S'il meurt, au contraire , pendant la grossesse, mêmes difficultés, même embarras; car le temps pendant lequel il peut se conserver dans les eaux de l'amnios sanss’y putréfier est incalculable. Oncite des enfans qui n’ont été expulsés que plusieurs mois après avoir cessé de vivre, et dont la peau n'offrait cependant aucune trace d’altération. L'histoire de Vart fait aussi mention de certaines femmes qui, à l'ouverture de leurs cadavres , ont présenté des fœætus desséchés et pour ainsi dire pétrifiés dans lamatrice. Quelles erreurs ne commettrait-on donc pas , et à quels dangers n'exposeraït-on pas la mère, si l'on attendait l’ensemble de tous les signes qui indiquent

la putréfaction , pour se décider à prendre un parti quelconque ? |

D'ailleurs, la plupart de ces signes, considérés en particulier, ne sauraient être d'un grand poids aux yeux de l’homme de l'art un peu versé dans la pratique. Il n'ignore pas que les eaux de l’amnios ne sont pas toajours bourbeuses et fétides, lorsque le fœtus vient au monde privé de la vie, et qu’elles le sont au contraire quelquefois , lorsqu'il est vivant eten bonnesanté. Lasortie prématurée duméconium a souvent induit en erreur, et fait désespérer mal a propos du salut de l’enfant. La mollesse, l’altération etla chute même de l’épiderme ne sont rien moins qu'un signe décisif. Elles peuvent être l’effet de la maladie vénérienne, dont le fœtus est infecté dans le sein de la mère, ou d’une escarre gangréneuse ; produite par la pression du bassin contre la tête ou la partie qui s'engage. Enfin , l'absence de cette tumeur élastique qui caractérise si bien la vie de l'enfant , n’est pas toujours une preuve certaine qu'il en soit privé dans le sein de la mère; et Levret n'y aurait pas sans doute tant insisté, s’il avait fait attention que la mort n’est pas la seule cause qui puisse l'empêcher de se former ou la faire disparaitre quand elle existe. IL peut arriver que les contractions utérines ne soient point assez fortes pour déterminer l'éengorgement de la partie quise présente, ou qu’elles se ralentissent assez pour faire tomber dans le relàchement la peau qui était plus ou moins tendue et rénitente auparavant. En outre, celte tumeur peut

582 PR PEMNELP ES ceser d'être “lastique , soit à cause de la rupture de quelques vaisseaux qui donnent lieu à un amas de: sang, soit parce que les fluidés blancs qui n’étaient qu'infiltrés viennent à S'épancher, et ne forment De qu'une espèce de poche remplie de sérosité. ‘Le seul signe d’après lequel on pourrait assurer tk putréfaction de l'enfant , et se résoudre à le démembrer ou à le mutiler pour l’extraire , serait le réfroidissement , la flétrissure et la pourriture du cordon SARA Mais comment reconnaître cet état, lorsque ce cordon est encore caché dans la matrice, ou qu il ne forme point une anse à travers le col de ce viscère ? | ‘I résulte donc de cette discussion, qu Al y a trèspeu de signes qui, pris séparément, soient propres à caractériser la mort de l'enfant dans le sein de la mère. D’un autré côté, il ne sérait pas toujours. prudent d'attendre qu'on püt-en réunir un grand nombre , pour se décider à entreprendre quelque opération dangereuse sur son corps. Quel parti faudrait-il donc prendre dans des cas si embarrassans? Un accoucheur honnète et dirigé par des sentimens d'humanité, ne doit jamais agir qu'après avoir rassemblé le né de probabilités qu’il est possible, et après s'être environné des lumières de ses confrères. Si l’occasion est urgente » et qu’il soit impossible de différer, 11 vaut mieux pécher par un excès de timidité que par un excès de témérité. On n’a point à se repentr d'avoir ménagé un enfant déjà mortcomme. s'il eut été vivant, au lieu qu'on sérait inconsolable

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 583 d’avoir opéré sur celui qui sérait vivant comme s'il eût été mort. Une précaution bien essentielle encore, c’est de n’avoir recours , dans aucun Cas, aux instrumens tranchans, qu'après avoir bien constaté l'inutilité ou l'insuffisance de la main, du forceps et des autres instrumens mousses. |

ARTICLE PREMIER

De l'application des instrumens tranchans sur. le corps. de l’enfant.

Il est très-rare qu’on soit obligé d'appliquer des instrumens tranchans sur le corps de l'enfant, lorsque le rapport de ses dimensions avec celles du bassin est à peu près dans l’état naturel. Si cela arrive quelquefois ; on a recours au crochet , qui ne sert alors qu’à favoriser l'extraction d’un cadavre dont la femme ne peut se débarrasser. Maïs cet instru ment ne saurait suffire, si le.corps de l'enfant était ? trop volumineux, ou bien si la forme du bassin était trop vicieuse. Dans ces deux derniers cas ; on serait obligé d'employer le perce-cräne et les autres Instrumens propres à l’'embryotomie, pour terminer l'accouchement.

SECTION PREMIÈRE

Du Crochet.

Le crochet est un instrument dont la forme indique assez l'usage. Comme il ne peut point diminuer le volume de la tête , il est évident qu'il ne convient que lorsqu'elle n'excède pas la largeur du base

sin. IL est inutile de répéter qu'il suppose aussi la mort de Vlenfant, sn : est meurtrier de sa nature. :

Les conditions nécessaires pour l'emploi de cet instrument se réduisent donc aux suivantes : 1°, il faut que le forceps soit insuffisant , comme cela peut arriver, lorsque la tête, ramollie par la putréfaction, n'offre point assez de prise Ou de résistance ; 2°, que la main ne puisse pas retourner et entraîner l'enfant par les pieds, soit parce que la matrice s’est forte-

ment contractée depuis Pécoulement des eaux, soit.

parce que ce viscère déjà tendu et douloureux, ,est près de s’enflammer ; 3°. qu’on ne puisse phis différerla terminaison: de l'accouchement , lorsque la tête de l'enfant mort est dans a du bassin.

: Quoique le erochet puisse diviser le tissu’ de toutes les parties du corps ; on n’à jamais occasion.de l’ap-

pliquer que sur la tête, ou tout au plus sur le haut

de lapoiïtrine , lorsque Penfant a été décollé , et qe le tronc: reste encore dans la matrice. ET) Cela posé, la tête se présente la première, ‘où après

la sortie du tronc. Dans lé premier cas ; la plupart des praticiens avaient proposé de placer lé crochet sur le rebord supérieur de l’orbite ou sur l’apophysé

pierreuse du temporal ; maïs il est clair que ce procéde était essentiellement vicieux , puisqu'il tendait à renverser la tête sur le dos où sur lune des épaules, et à faire par conséquent avancer le visage ou l’une desrégions temporales aü lieu de l’écciputs done, la iète n'offrait alors que $on-plus ét diémètre ) Ce

qui devait nécessairement l'empêcher de traverser la filière du bassin.

Il est bien plus avantageux et plus conforme au mécanisme de l'accouchement naturel d’implanier le crochet sur locciput, quand la tête vient la pre-

. mière , et sur la mâchoire supérieure ou sur le front,

lorsqu'elle ne vient qu'après la sortie du tronc. La tête, alors fléchie sur la poitrine, plonge par une de ses extrémités , et n’offre que ses plus petits diamètres ; elle doit donc éprouver rñoins de frottement ou de difficultés. DAT | Pour bien appliquer cet instrument, l'aécoucheur doit avoir égard, non-seulement à la situation. de la tête ou à l'endroit du bassin qu’elle occupe , mais encore à la direction qu’elle doit suivre dans chacune de ses positions. Il faut aussi qu'il prenne les

précautions nécessaires pour ne blesser ni les parties de la femme ni ses propres doigts, pendant

l'opération. Levret ne courait aucun de ces risques avec son crochet à gaine, et 1l est vraisemblable qu’on s’en servirait encore, s’il eül été plus commode. On empèche le crochet simple de déchirer le col de la matrice ou d’autres parties, si l’on a soin d'en diriger la pointe de l'extrémité de quelques doigts , et de placer le pouce au-dessous du lieu où elle est implantée ;, pour la recevoir encas d'accident. .… Dans les campagnes , au lieu de recourir, comme c'est l'ordinaire , au crochet qui suspend.la lampe , et dont l'application est aussi difficrle que dangereuse pour la femme, surtout en des mans peu exercées,

566 | Hi O0 PRINCIPES ‘on peut retirer nsene | plus d’ avantage du üretête de Danavia, qu'on trouve partout. C'est un nor de Fr cylindrique et arrondi à ses extrémités, de la grosseur du petit doigt et de deux pouces dé LoRb à au milieu duquel on attache un ruban de l'étendue d’une aune au moins. Pour en faire usage , on ouvre le crâne de l'enfant avec Ta

| pointe des ciseaux où d’un couteau ordinaire; on

y introduit le petit cylindre de bois qu’on vie

* en travers sur l’ouverture , et l'on tire sur les deux

chefs du ruban, Cet instrument ne diffère point ,

quant à son action, du tire-tète à bascule de ? Levret,

que tous les accoucheurs connaissent.

SECTION II. : no,

Du Céphalotome ou Perce-crâneé.

Apresla mort de l’enfant, il est toujours nécessaire de lui ouvrir le crâne ; lorsque la grosseur de la tête ou l’étroitesse du bassin, ou ces deux causes réunies, empêchent de terminer l’accouchément avec 6 forceps ou avec le crochet ordinaire. Ge Tous les instrumens aigus, tels que la lance de Mauriceau, les ‘longs ciseaux de Smellie, dont le tranchant fait à la lime répond au dos des ciseaux ordinaires, le couteau de Deventer, un bistouri, un scalpel, un trois-quarts, etc. peuvent servir de percecrane, et conviennent pour pratiquer la céphalotomie ; mais on doit sentir ici l'inutilité et l'insuffisance de: la plupart des instrumens connus sous le nom de tire-téte. Celui de Mauriceau , celui de

évrets , bascule ou à trois branches, et celui à double croix d’un chirurgien de Toulouse , ne sauraient diminuer assez le volume de la tête pour la faire passer à travers le bassin dont les dimensions ne seraient pas dans un rapport convenable avec les siennes. Dans ce cas-la, des praticiefs ontemployé le crochet aigu pour ouvrir le crâne et pour en faire sortir le cerveau; mais les pointes et les aspérités que cet instrument produit en déchirant les os , peuvent blesser les doigts de F accoucheur et les parties de la femme. Il faut donc y renoncer , ou n ’en faire usage qu'après avoir préalablement réduit le volume de la tête par des procédés plus doux et moins dangereux: Les ciseaux de Smellie seraient préférables à à toute autre espèce de perce-cràne ; car, outre qu’il.est toujours facile de les spphauem sur la tête de l'enfant, ils ne peuvent nuire à la femme ni à l'accoucheur. Cependant on donne la préférence à l'instrument de Deventer ou à un couteau ordinaire, qu on

a soin dé choisir très-pointu et bien tranchant. On

en garnit la lame; dans presque toute sa longueur, d’une bandelette de linge fin, et on adapte à.sa pointe une petite boule de cire, afin de lintroduire plus sûrement et sans se blesser. F4 Loi Pour l'appliquer, lorsque la têtese présente la première , on le dirige à la faveur de quelques doigts , qu’on a préalablement conduits dans le vagin ; on le.

plonge ensuite dans le cräne ; à l'endroit À la suture

sagittale , où l’on ‘tâche de faire une incision. angu— . laire. Mais on est souvent obligé de se contenter

d’une simple fente ou incision,, à moins que la tête ne présente le sommet , et qu’elle ne soit déjà engagée et serrée à l'entrée du bassin. "

QUE minces : ét faibles que soient 1 os de

crâne, à l’époque de la naissance, il n’est pas toujours facile de les diviser dans une certaine étendue, si l’on ne fait que presser sur le dos du perce-crâne. Il faut, pour en venir à bout , les fendre en sciant, c'est-à-dire , pousser et retirer tour à tour l’instrument, sans en dégager la pointe à chaque trait. Lorsque lou verture du crâne est suflisante, on en retire le céphalotome, et on renverse en dehors les os compris dans la section, ou bien on les enfonce en dedans, afin de préparer une issue plus libre au cerveau , qu’on évacue avec les doigts. On presse ensuite la tête de la main , on l’affaisse, et on l’entraine , soit avec les doigts recourbés, soit avec le crochet appliqué sur Focciput. | La tête peut être encore arrêtée dans le et après la sortie ou l'extraction du tronc. Si l’on s’obstine alors à tirer sur les pieds, on trouve d'autant plus de résistance que la disproportion est plus considérable, et on risque même d’opérer la détroncation de l'enfant. Cet accident , toujours désagréable pour l’accoucheur, et quelquefois dangereux pour la femme, peut être prévenu , si , après avoir tenté inutilement d'extraire la tête avec la main, avec le forceps , ou avec le crochet ordinaire , on a recours au perce-crâne. On applique alors cet in- Strument, non sur le trajet de la suture sagittale,

comme dans le cas précédent, mais au mieu du front, sur l’une des branches de la suture coronale, ou an milieu de l’occiput , dans la direction de la suture lambdoïde. Du reste, on ouvre, on vide, on affaisse le crâne , et on l’entraine ensuite avec la main ou avec le crochet , qu’on applique sur la màchoire supérieure ou sur le front.

Aussitôt que l'opération est terminée , on délivre la femme de l’arrière-faix , eton a soin de faire quelques injections d’eau tiède dans la matrice et le vagin, pour les nettoyer et pour entrainer les débris du cerveau qui pourraient y être retenus.

Tels sont les avantages du perce-crâne ou de.la céphalotomie , lorsque l'enfant a cessé de vivre dans” le sein de la mère. Mais il est un termeoù cet instrumentet cette opération ne sauraient sufhre pour faire cesser la disproportion de la tête avec le bassin. La perforation du cräne en réduit bien la voûte, mais non Ja base, qui est incompressible. Celle-ci conserve donctonjours sa largeur, qui estde trois pouces pour les têtes ordinaires, et deux pouces et demi pour les plus petites. On conçoit néanmoins qu’elle pourrait encore traverser un bassin dont l'entrée aurait deux pouces et demi dans le premier cas, et deux pouces seulement dans le second. Il suffirait, pour cela , qu'elle passät diagonalement , et non de front , entre le pubis et le sacrum. Au-dessous de ce terme , la base du crâne serait nécessairement arrê-

tée , à moins qu'on ne la démemibrät avec des te- ? 6

mailles incisives, où qu'on u’attendit, d’après le con-

590 à PRINCIPES seil d’Osborn, l'espace de vingt ou trente heures; pour laisser le temps à la putréfaction d'en désunir

les pièces osseuses. Mais ces deux parlis sont égale, ment dangereux, et les praticiens doutent s’il ne.

vaudrait pas mieux alors faire l'opération césarienne ou la section du pubis, pour extraire la Nr et pour terminer l'accouchement.

SECTION TITI

CRAN . «t De TEmbryotome.

On donne le nom d'embryotome ou d'embryo=

thlaste:, à tous les instrumens dont on se sert pour.

UE le cadavre du fœtus, et pour l’extraire par lambeaux du sein‘de la mère, quand. l étroitesse du bassin l'empêche de sortir entier. : |

Cette opération, l’une des plus tedoutalles que l’on connaisse ; ne peut entrer en parallèle avec la perforation et l’affaissement du crâne, dont les i in convéniens sont presque nuls pour la femme. On a

rencontré, dit-on, des bassins qui n'avaient que quinze ou damiult lignes de large, et d'autres seule- |

ment un demi-pouce d'avant en arrière. Or, conçoit on qu'on eût pu, dans ce cas-là, démembrer le fœtus, et l’extraire par morceaux, sans compro= mettre la vie de la femme et sanslui donner la mort? Les annales:de Part fournissent plusieurs exemples de cette horrible manœuvre , et les femmes ont presque toujours succombé immédiatement ou peu de temps après. A l'ouverture des cadavres, on trouvait lebyagin chez les anes , et la mairice chez les

LU

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 5ot

autres, délabrés ou déchirés; quelquefois même les intestins venaient s'offrir devant les lambeaux du fcétus. Mais quel autre résultat peut-on attendre des: instrumens tranchans, lorsqu'on à la témérité de les porter au hasard dans la matrice, où il est impossible de pénétrer avec la main pour les diri-!. ser ? Tout bien considéré, l'opération césarienne ne’

paraitrait-elle donc pas préférable à l’embryotomie ?!

SECTION IV

Des instrumens tranchans applicables sur le corps de l'enfant ;. dans le cas d'hydrocéphale, d'hydrothorax et d’ascite.

L’hydrocéphale n’est pas toujours un obstacle à. l'accouchement, même naturel. On conçoit, au contraire, que cette maladie, quand elle n’est pasavan-

.cée, peut rendre la tête plus molle et la disposer 4 traverser le bassin, quoiqu’eile en excède la largeur. Le travail, dans ce cas-là , pourra seulement devenir plus long et plus laborieux pour la femme.

Mais il n’en est pas de même lorsque l’'accumulaüon du liquide est énorme ou excessive ; par exemple, lorsque la tête de l’enfant hydrocéphale égale en volume celle d’un aduiîte. Elle est alors si dispro-

: portionnée avec le bassin , qu’elle ne peut plus en traverser la filière , ni en vertu des efforts de la nature, 1 aidée de la main seule, ou sans le secours

des instrumens tranchans. |

L’hydrocéphale, lorsqu'il est devenu, pour ainsi

dire, monstrueux, se reconnaît aux signes suivans : les fontanelles, surtout l’antérieure, sont très-éva-

5g2 PRINCIPES Ÿ ra

sées , et présentent plusieurs pouces de largeur ; les sutures sont écartées d’un ou de deuxtraversde doigt,

les os du crâne sont souples et minces ; en un mot L

la tête entière ne paraît être qu’une grande poche remplie de liquide. Il est même facile, si l’on n’est pas sur ses gardes, de la confondre avec celle des eaux de l’amnios, parce qu’elle se durcit et se relâche tour à tour pendantla douleur et le calme qui la suit.

Les exemples d enfans nés hydrocéphales et parvenus à l’âge adulte , sont si rares, qu’on peut regarder cette HAT A comme essentiellement mortelle. IL y aurait donc de l'injustice , même de l’inhumanité, à sacrifier une mère pour conserver de tels enfans, quand ils ne peuvent pas naître par les voies ordinaires et avec les secours de la nature.

Ainsi, de deux choses l’une : ou la tête hydrique » se présente la RNUEOE, ou elle ne s'arrête à l’entrée du bassin qu'après la sortie da tronc. Dans le premier cas, on y plonge le perce-crâne ou tout autre instrument aigu; et on choisit pour cela l’une des fontanelles ou des sutures qu’on rencontre sur le sommet. Dans le second cas, après avoir retourné l'enfant, si cela est nécessaire, on perce aussi le! crâne, en plongeant l'instrument dans le grand trou occipital ou dans l’une des fontanelles qui sont aû bas de la suture lambdoïde. |

,À mesure que la sérosité s'écoule, la tête s’aflaiése, | et perd tellement de son volume, qu’elle franchit, quelquefois le bassin sans aucune difficulté : il est vrai que l'enfant naît alors privé de la vie, ou survit

très-peu de temps. Mais cette mort n’est-elle pas moins l'effet de l'instrument tranchant que de la maladie qui l’a rendu nécessaire ? D'ailleurs, la destinée d’un enfant qu’on tue lorsqu'il est impossible de le sauver, n'est-elle ps hearts moins déplorable que celle d’une précieuse mère, qu'on soumettrait au couteau césarien, pour la débarrasser d’un être chétif et condamné à une mort certaine ?

Ce que nous avons dit de l’hydrocéphale doît s’appliquer à lhydrothorax et à l’ascite. Mais la poitrine ét l'abdomen sont rarement assez distendus par la présence d’un liquide, pour s'arrêter à l'entrée du bassin. D'ailleurs, lorsque de tels obstacles s'opposent a laccouchement, il est difficile de les reconnaître, à moins que l’enfant ne vienne par les pieds. Lorsque la têtes’engage la DES comment la main pourrait-elle parvenir jusqu’à la poitrine et au ventre, pour en constater le volume et la fluctuation, seuls signes caractéristiques de l’hydropisie ?

Quoi qu’il en soit, lorsqu’ on s’est assuré de cette maladie on donne issue au liquide, en ouvrant la cavité qui le renferme avec le troïs-quarts , ounrieux avec le pharyngotome. On plonge, si l’on peut, cet instrument dans le lieu où l’on fait ordinairement la paracenthèse , et on n’y fait qu’une très-petite incision lorsque l'enfant vit encore. Pour favoriser l’écoulement de la sérosité, on presse légèrement les bords de cette ouverture avec les s doigts, et on à soin d’en écarter les parties voisines qui pourraient la boucher,

Page 1