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DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 87 pas avoir pour éviter la méprise ou l'erreur, et peut: être aussi les pièges qu’on lui tend! Ici, c’est une femme qui ne consulte que pour dissiper quelques doutes ou quelques craintes, ou simplement pour satisfaire une vaine curiosité ; la, c’est une nourrice qu’on soupçonne d’être enceinte, parce que l'enfant qu'elle allaite , loin de croître , vient à dépérir; ailleurs, une fille débauchée et pleine de mauvaise foi, cherchant à se débarrasser d’un fardeau qui l’incommode, et qu’elle ne peut attribuer qu'à un amour illicite et clandestin > Va furtivement solliciter des remèdes pour une fansse hydropisie on pour quelques prétendus déransemens de la menstruation. Une femme , naturellement vindicative, vient-elle à être maltraitée, se déclare enceinte, pour se faire accorder une plus grosse indemnité ; une autre, plus astucieuse ou plus jalouse encore, prétexte une grossesse, pour hâter son mariage avec un amant dont elle craint l'inconstance on l'infidélité. Tantôt la justice invoque les lumières de Ja médecine , avant de prononcer sur la réclamation diiine jeune veuve sans enfans, qui ne feint d’être grosse que pour retenir ou pour usurper les biens de son époux ; tantôt c’est une femme scélérate et chargée de crimes, qui, afin de suspendre le glaive de la loi prêt Ma frapper, s'intéresse et demande grace pour le fruit qu’elle prétend porter dans son sein, espérant par là de se soustraire au supplice qu'elle a mérité. Dans toutes ces occasions, l’accoucheur ou le médécin doit donc nécessalrement se
68: . PRINCIPES tenir en garde contre l'erreur, et prendre les fe or andes précautions pour ne D PEOEUS ni 5a réputation, ni l'intérêt de la société, n1 le salut de la femme qui le consulte, ou celui de l'enfant qui a déjà recu l'existence , sans avoir encore vu le … jour. !
Mais 1l s’en faut bien que les phénomènes qui se manifestent pendant la grossesse donnent tous la même certitude , pour en confirmer l'existence. H en est qui la font seulement présumer ; d’autres qui la rendent vraisemblable , et quelques-uns qui la mettent hors de doute ou d’équivoque. Les premiers, dont le nombre est presque incalculable, s’observent immédiatement après la conception ou dans les premiers mois de la grossesse, et se deduisent de certaines légères incommodités que la femme éprouve; les seconds, beaucoup moins nombreux, sont relatifs aux divers changemens qui survienhent , soit dans la matrice, soit dans le bas-ventre, et deviennent de plus en plus sensibles, à mesure que la grossesse avance ; me À ‘derniers , qui sont les seuls caractéristiques , ne s'acquièrent que par le toucher , et tiennent aux mou: vemens du fœtus.
SECTION PREMIÈRE
Des Signes qui font seulement présumer la grossesse. Il suffit de connaître les lois qui régissent l’éco-
uomie animale , et surtout l'influence que la matrice exerce sur tout l'organisme en général, pour
se former une idée des changemens que la grossesse doit apporter dans les propriétés vitales et dans les fonctions soit intérieures ou nutritives , soit extérieures ou de relation. |
Que de dérangemens , que d’irrégularités dans la digestion ! le plus souvent ce sont des nausées plus où moins incommodes , accompagnées de mal d’estomac, de chaleur ardente dans le gosier et lœsophage, de soif, de borborygmes, de flatuosités, de diarrhée ou de constipation. Quelquefois des vomissemens convulsifs permettent à peine de gar-’ der quelques, alimens solides ou liquides ; d’autres fois , l'appétit devient insatiable ou se déprave à un tel point, qu'il ne recherche que les substances les plus bizarres et les moins propres à servir de nourriture , telles que la craie, la pierre broyée, le charbon, le plâtre, la terre, les araignées, le vieux linge, le sel, le poivre, le poisson pourri, les liqueurs fermentées et alcooliques. On cite deux femmes, dont l’une voulait absolument qu’on lui servit à manger l’épaule d’un boulanger qu’elle avait vu en passant ; et l’autre ne trouvait pas de plus grand délice que d'introduire le canon d’un soufflet dans sa bouche, et d’avaler à longs traits le vent qui en sortait.
La respiration participe aussi à cette espèce de bouleversement général. Des quintes de toux plus ‘ou moins sèches et presque toujours convulsives , des hoquets, des ballemens, des soupirs ; le resserrement de la poitrine , l'oppression, l’haleine courte,
chaude , sifflante, plus ou moins sonore ; la voix aigué ; percante , grave, Tauque , plaintive , tremblante ; le besoin imaginaire ou réel de changer d'air à tout instant, crainte de suffocation; voilà encore des incommodités qui tourmentent certaines femmes durant les premiers mois et quelquefois tout le temps de la grossesse.
Point d’uniformité ou de régularité dans la circulation. Le pouls est tantôt plein, fort, dur, accéléré ; tantôt, au contraire, lent, mou, faible, petit, imperceptible, inégal, intermittent. Les veines se gonflent , ou disparaissent et s’enfoncent dans le tissu cellulaire ; celles des extrémités inférieures deviennent souvent variqueuses , surtout lorsque la grossesse est un peu avancée. Certaines femmes éprouvent des palpitations de cœur insupportables , d’autres tombent en syncope au moin
dre mouvement. Le sang tiré des veines paraît plus
ou moins Fouge, plus ou moins séreux et offre souvent uné couenne inflammatoire plus ou moins épaisse et plus ou moins dense. Ce liquide®se porte avec violence vers certaines parties du corps vet s'échappe par leurs vaisseaux exhalans ; de là diffé rentes espèces d'hémorragies. Le visage est plus où moins coloré. L’écoulement périodique du sang menstruel se supprime pour l’ordinäire pendant tout le temps de la grossesse ; 1l n’est pas néanmoins très rare que des femmes répandent quelques gouttes de sang dans les premiers mois, qu’elles soient même réglées comme auparavant jusqu'à leur terme.
ë DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 1
Mèmes changemens dans les sécrétions et les excrétions. La plupart des femmes palissent dès qu’elles sont grosses , et leur tissu cellulaire semble s’infiltrer ; on dirait qu’elles sont plus lymphatiques qu’à l'ordinaire ; leurs extrémités inférieures et les parties génitales externes deviennent œdémateuses. On en voit aussi dont la peau ‘prend une teinte brune , jaune ou ictérique; et d’autres dont le visage se couvre de plaques ou taches plus ou moins étendues. [’urine est plus limpide , quelquefois sédimenteuse. Les mamelles se gonflent et deviennent
plus sensibles ; leurs aréoles s'étendent et se rem-
brunissent ; les mamelons se redressent et donnent du lait ou une humeur séreuse qui en a l'apparence. La surface de la peau est sèche, froide , rugueuse, bourgeonnée ; d’autres fois, unie , couverte de moiteur , et d’une température plus ou moins élevée et plus ou moins variable. La vulve et le vagin sont secs ou inondés de muscosités. Quelquéfois la salive coule à flots, et détermine un ptyalisme ou cra+ chotement insupportable.
La nutrition est plus ou moins dérangée , cer taines femmes perdent leur fraicheur et leur embonpoint aa commencement de la grossesse, et ne les recouvrent que vers le sixième ou le septième mois ; il en est qui maigrissent et semblent dépérir depuis la conception jusqu’à l'accouchement ; leur ventre s’'aplatit, leur visage se décompose , seflétrit et se couvre de rides; d’autres, au contraire, jouissent d'une brillante santé dans toutes leurs gros-
sesses, et paraissent plus languissantes dans les intervalles. | La grossesse influe aussi sur les organes ae locomotion. On voit des femmes qui, dès qu'elles ont concu, deviennent indifférentes pour le mouvement. Elles tombent dans un tel état d'inertie, RNCS et même de faiblesse, qu’elles ne soupirent qu'après le repos; il faudrait leur faire violence pour les déterminer à prendre le plus léger exercice. Il y en a qui éprouvent des accès d’hystérie bien manifestes. Nous avons donné des soins à deux dames dont la grossesse était digne de compassion ; l’une était affectée de violentes convulsions. qui revenaient périodiquement tous les mois, et l’autre avait été saisie d’une telle rigidité tétanique, presque immédiatement après la conception , qu’elle ne pouvait exercer aucun mouvement ; sOn COrps était extrêmement courbé en devant, et formait un arc qui ne se redressa qu au moment où elle sentit les premières douleurs pour accoucher. d : DMUE Les fonctions des sens extérieurs ne sont pas sujettes à moins d’irrégularités. La vue se trouble ou s’obscurcit ; les femmes croient voir des insectes ou des bluettes; tout ce qui les environne semble tourner autour d’elles ; ; quelquefois la lumière la plus douce les fatigue et les incommode. L’audition devient plus ou moins difficile, les oreilles retentissent ou, bourdonnent. L'odorat se perd, etne peut supporter que certaines odeurs. Le gout s’altère ; le tact s’émousse ou devient plus subtil ; le sommeil : est
tantôt profond , tantôt agité par des rêves ou des
visions fantastiques. | i
Les facultés de l’entendement et les affections
de Pâme ne sont plus dans l’état ordinaire ; l'esprit est plus lourd , plus abattu ; souvent l'imagination
s’exalte, les passions se réveillent , et le caractère
s'aigrit. Moins de sûreté dans le jugement; moins
de force dans la volonté, moins de constance dans le sentiment. Certaines femmes passent de la tristesse à la joie , de l’amour à la haine avec une mobilité incroyable : d’autres, profondément occupées de la même idée, deviennent soupconneuses , jalouses, même cruelles. |
Tel est le tableau des divers phénomènes qui s’observent, ou des changemens que la femme éprouve tant au physique qu'au moral pendant le cours de la grossesse ? Mais quelle induction peuton en tirer quand on sait qu’ils n’ont ni continuité ni régularité ? Ils n'existent ni chez toutes les
fémmes , ni dans toutes les grossesses ; enfin ils
peuvent être occasionés par une infinité de causes différentes , telles que l’écoulement ou la SUppres= sion des règles, les anomalies nerveuses auxquelles le sexe est si sujet, les vices organiques ou maladies chroniques des parties génitales, et surtout de la matrice et des ovaires, etc.
Cependant, quoique ce ne soit là que des signes fort équivoques ou incertains , il serait très-imprudent de ne pas les prendre en considération ,; Quand
onest consulté par la femme qui les éprouve. Le parti
| on à
le plus sûr alors est de présamer la grossesse , ou de ce tenir au moins dans les bornes d’un doute raisonnable , pour ne rien précipiter et ne rien ne Avec de telles précautions on gagne du temps; la
grossesse , si elle existe réellement, ne tarde pas à
se manifester par des caractères plus positifs, et on n’a point à se reprocher d’avoir administré des remèdes violens et homicides qui peuvent procurer l'avortement, ni d’avoir porté une décision qui peut faire partager à un fœtus Innocent le supplice d’une coupable mère : méprises scandaleuses que d'igno-
rantes matrones et des médecins téméraires ont
commises du temps de Riolan et de Mauriceau.
HR SRCDION LL
. Des Signes qui rendent la grossesse vraisemblable.
Jusqu'ici nous n’avons considéré que des phénomènes ou effets généraux qui tiennent à la sym= pathie de la matrice avec toute l'économie en général, et nous avons vu qu'ils ne donnaient que de faibles présomptions en faveur de la grossesse. Nous examinerons maintenant les changemens particuliers que la matrice elle-même éprouve, et nous peserons aussi le degré de confiance qu’ils peuvent imspirer , quand il s'agit de vérifier si cet organe contient le produit de la conceptions ”
D'abord , un fait qu'aucun physiologisté n'a jamais révoqué en doute , c’est que la conception ne saurait avoir lieu sans augmenter les propriétés Vi-
tales du système utérin. 11 s’y développe alors une
DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. g5 nouvelle sensibilité, la femme y éprouve plus de chaleur et de ton ; elle ÿ sent aussi plus de pesanteur! "min en un mot, que le germe excite la vie
ment, et avec lesquels 1l doit pour ainsi dire s’iden-
organes qui ct contribuer à son accroisse-
tifier pendant neuf mois.
Cela posé , jetons un coup d'œil rapide sur les phénomènes que la matrice présente depuis le commencement jusqu’à la fin de la grossesse. D'abord, quels changemens dans son volume et dans sa forme ! Ce viscère qui, dans l’état ordinaire, n’occupe guère qu’un point dans le bassin , n’a pas plutôt senti l’impression-du nouveau gefme > qu 1l commence à s'élever et à s’agrandir. Ses progrès sont même si rapides , que dns l’espace de neuf mois, il remplit tout le bas-ventre, et semble empiéter encore sur la capacité de la poitrine ; l'intestin, lépiploon , l'estomac , etc., sont pressés, refoulés , quelquefois même forcés de s’élancer hors de leur enceinte pour lui céder l’espace. Avant la conception, ce n’était qu'un corps triangulaire et légèrement aplati , qui avait tout au plus trente lignes de long sur deux pouces de large et un pouce d’épaisseur; au terme de l'accouchement, c’est un ovoïde dont le volume est onze fois ou onze fois ét demie plus considérable. A cette époque , il a environ un pied de longueur et sept à huit pouces d'épaisseur en tous sens.
Mais cet accroissement ne s'opère pas d’une manière brusque , uniforme et régulière ; il est lent ,
imperceptible où peu sensible dans le commiencement de la grossesse, tandis que vers le milieu il marche avec une rapidité qui étonne , tant elle paraît incompatible avec la résistance que lui oppes
le tissu de la matrice. Dans les deux premiers mois qui suivent la conception, ce viscère ne sort pas encore de la cavité du petit bassin ; il semble au contraire qu'il s’y enfonce davantage , en se rapprochant de la vulve et du périnée ; mais à la fin du troisième mois, le fond de la matrice est au niveau du détroit supérieur qu'il déborde de plusieurs travers de doigt à la fin du quatrième, À cinq mois | révolus , on le sent à deux doigts au-dessous de l'ombilic ; 1l répond à l'anneau quinze jours après ; et s'élève de deux doigts au-dessus vers la fin du sixième mois. Au septième, il arrive dans la région épigastrique , et vers la fin du huitième, on le trouve dans le creux de l'estomac. Pendant le neuvième mois, le fond de la matrice réste stationnaire; et semble même quelquefois perdre de sa hauteur, parce que le ventre s’affaisse presque constamment à cette époque. | q
La figure de la matrice n’offre ni moins de lenteur , ni moins d’irrégularité dans ses changemens., Elle s’'arrondit en tout sens au commencement-de la grossesse ; mais elle s’allonge ensuite plus qu’elle ne s’élargit, pour s’arrondir encore vers la fin, sans néanmoins perdre la forme ovoide qui Jui paraît naturelle,
Cette échelle de graduation ne saurait cependant.
DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 97 suffire, pour déterminer précisément les dimensions et la figure de la matrice ; car, à une époque quelconque de la grossesse , elles ne sont jamais les mêmes chez tous les individus, ni dans les diffé rentes grossesses de la même femme, soit à cause des accroissemens variables du fœtus et de ses dé pendances , soit à cause de la quantité plus ou moins grande des eaux de l’amnios.
: Une observation non moins curieuse qu'importante pour le praticien, c’est que, pendant les six premiers mois de la grossesse , le corps et le fond de la matrice contribuent seuls à son développement, tandis que le col résiste encore et conserve pour l'ordinaire sa consistance et sés dimensions. Dans les trois derniers mois , au contraire, C’est un ordre tout différent ; alors le corps et le fond se distendent moins, et le col à son tour commence de contribuer à l’ampliation de la matrice ; il perd peu à peu de sa longueur, il s’amincit insensiblement, et offre chaque jour plus de souplesse, Enfin, vers le commencement du neuvième mois, il est presque entièrement effacé , et la matrice n’aquiert guère plus d’accroissement jusqu’au temps du travail.
À quels raisonnemens ou plutôt à quelles subülités le physiologiste n’a-t-il pas eu recours, pour expliquer ce phénomène ? D'abord, le scalpel à la main, il a vu que le tissu du col ütérin était plus ferme rt plus dense que celui du corps. De la, son imagination n'a pas manqué de conclure que, pendant le temps de la grossesse, il s'établissait entre
" GB. PRENCIPES les fibres utérines une espèce de lutte dans laquelle celles du col, plus :serrées et plus fortes, avaient V Atanase pendant les six premiers mois, et cédaie t ensuite à la réaction du corps et du fond , ainsi qu'au — poids du fœtus devenu plus un, Une conséquence nécessaire de cette hypothèse, était que l'accouchement ou l’expulsion du fœtus et de ses
dépendances ne pouvait avoir lieu , sans que l’équilibre füt rompu entres les fibres de la matrice, et sans que celles du corps et du fond eussent acquis la
la supériorité sur celles du col. Il résultait aussi du même principe que là naissance devait être préma-
turée ou. tardive , selon qe ce prétendu équilibre
se roimpait avant ou après le terme ordinaire de la
grossesse ; théorie purement mécanique, plus spécieuse que solide, et à laquelle il suffit taf À sed l'observation pour la renverser. IL est dé fait, et tous les praticiens peuvent l’attester , que le col de la matrice commencé quelquefois de s’amollir à son extrémité inférieure ou vaginale, tandis qne le cercle de sa base présente encore un bourrelet très-dur’et très-compacte au toucher. Or, cela pourrait-il se concevoir , en supposant une lutte dans laquelle les fibres du col les plus voisines du corps devraient être attaquées et vaincues les premières? Ilest encore dé fait que la matrice se développe, et que son col s’efface, suivant la, même loi, dans las grossesse simple’et dans la grossesse composée; ce Qui ne pent se’concilier avec le, système d'action et de réaction
-entre les fibres du corps et celles du col: Enfinÿ
DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. (99 personne n’ignore que l’orifice utérin commence quelquefois à se dilater avant accouchement; que, pendant le travail, les contractions de la matrice ne sont jamais uniformes et continues, mais plus ou moins rapides et plus ou moins énergiques ; que le délivre ou arrière-faix ne suit presque jamais immédiatement le fœtus, et que, dans le cas de jumeaux, le dernier n’est quelquefois expulsé que long-temps
après le premier. Comment donc expliquera-t-on
cette progression dans le travail de l’enfantement, si l’on suppose que la rupture ou défaut d'équilibre entre les fibres du corps et du col, est la cause qui le détermine. Dans cette hypothèse, la femme ne devrait-elle pas accoucher aussitôt que la résistance du col estsurmontée, et expulser en même temps un ou plusieurs fœtus avec toutes leurs dépendances ? Quoi qu'il en soit, la matrice ne se développe et ne s'agrandit qu’en changeant pour ainsi dire d’organisation. C’est une nouvelle structure , un nouveau mode de circulation et de sécrétion, en un mot, une nouvelle vie. Dans l’état ordinaire , cet organe n'oilre qu'une masse serrée, dense, blinéhisnl presque cartilagineuse, dont les fibres flexueuses forment un lacis inextricable ; on.y distingue à peine quelques vaisseaux sanguins. Mais à mesure que la grossesse avance, le tissu en devient plus mou, plus souple et plus rouge; les vaisseaux dont il est arrosé se déroulent , se redressent, s’allongent et aqruèrent plus de calibre; enfin, au terme de accouchement, les sinus utérins égalent la grosseur
de:
Lo0 PRINCIPES du petit doigt, etles lymphatiques eux: mêmes celle d’une plume à écrire, Quel merveilleux accroissement ! aussi la matrice recoit-elle tous les jour progressivement plus de sang ou de liquides ; ne ce qu'elle commence de se contracter pour expulser le fœtus ; et, dès que le travail est terminé , son tissu se resserre, ses fibres se replient, ses'vaisseaux se recourbent et deviennent plus anguleux ; ils perdent de leur calibre , et reçoivent par conséquent moins de sang. De là résulte la diminution progressive des lochies ; de là aussi la brillante et ingénieuse théorie sur laquelle Puzos a fondé la méthode d'arrêter les pertes avantet après accouchement.
Mais poursuivons : les changemens que la matrice éprouve par rapport à son action, ont encore de quoi nous étonner, tant ils paraissent incroyables: Inactive et presque inerte avant la grossesse, elle ne jouit que d’une faible ou en tonicité, telle: qu’on l’observe dans les tissus blancs ou dans les glandes sécrétoires; la sensibilité en paraît même » presque nulle , à moins que l'impression de quelque virus ou de toute autre cause externe ne vienne la réveiller, et y produire quelquefois des: douleurs plus ou moins aiguës. Mais à peine ce viscère a-t4l recu le pose de la conception, que sa sensibilité s'exalte jusqu’à l’éréthisme , et sa tonicité jusqu’à la contractilité musculaire. Cette dernière propriété semble même alors indépendante de la vie des autres organes, puisqu'elle subsiste encore lorsqu ils n'exercent plus aucune action: TL? observation atteste que
où
la matrice a quelquefois conservé assez de force pour revenisur elle-même et pour expulser le fotus, quoique la femme fût tombée en défaillance et qu’elle eût même cessé de vivre. |
Ce n’est donc pas à la vessie urinaire ni à une boule de cire qu’il faut comparer la matrice , pour en expliquer la distention durant la grossesse, comme l'ont fait Galien et Avicenne , et après eux Vésale et Mauriceau. Tout rejette un pareil rapprochement; là ce sont des cavités qui s’amincissent en se dilatant, et qui semblent céder à une force étrangère ; ici, au contraire, c’est un organe qui, par une activité propre et naturelle, s'agrandit , en conservant à peu près la même épaisseur ; on dirait que la matrice, en proportionnant sa capacité aux accroissemens du fœtus , se met aussi en mesure pour l’expulser quand il en sera temps. Qu'on ne
* croie pas cependant qu'il y ait ici de nouvelles fibres
qui s’engendrent, ni de nouvelles parois qui s’appliquent aux premières; la ténuité de la matrice
chez une femme qui succombe à une hémorragie,
suflit pour écarter ce paradoxe; ce sont toujours les mêmes fibres qui s’allongent sans perdre de leur grosseur , etles mêmes parois qui s’élargissent sans
s'amincir. Admirable chef-d'œuvre de la nature,
vrai miracle physiologique, dont on entrevoit la raison dans les changemens que la matrice éprouve pendant la grossesse ! car ce viscère ne peut recevoir
ne plus grande quantité de liquides, sans recevoir
en même temps un surcroit de sue nutriuif, qui com-
FC L e | e + »
pense ou répare ce que la distension des parois
. pourrait Ôter à leur épaisseur. sh
+ Mais une preuve presque démonstrative que"la matrice n’est pas entièrement passive durant la gros-
cesse, et que son expansion n’est pas seulement l'effet
d’un liquide qui en écarte les parois, c’est que ce viscère, aussitôt après la conception ;s’agrandit, se dilate et s’épaissit, avant que le fœtus y paraisse d’une
manière sensible, et même lorsqu'il se développe
ailleurs, comme dansle cas de grossesse extra-utérine. Bertrandi a ouvert la matrice de plusieurs femmes qui avaient péri dans les premières semaines de la grossesse , et il en a toujours trouvé la cavité plus
ample qu’à l'ordinaire, quoique l'œuf n’y adhérât
encore nulle part. Dans une circonstance, le fœtus était contenu dans là trompe gauche, et lamatrice, quoique vide, avait acquis trois fois plus de volume.
Santorinus rapporte des observations semblables, et Hartmann assure avoir observé le même phéno=
mène chez les animaux dont la matrice se dilatée dans toutes ses cornes, quoiqu'il n’y en aît qu’une de
fécondée. Enfin, Weïinknecht rapporte une observa:
tion de grossesse tubaire où la matrice était nonseulement plus ample et plus épaisse, mais encore revêtue d’une membrane läche, pulpeuse et semblable à la caduque de Hunter. Après des faits aussi positifs, pourrait-on refuser à la matrice une force propre et active qu’on accorde à plusieurs autres Organes, à l'iris, au mamelon, au corps caverneux, au cœur ; une force dont jouissent probable
DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 105 ment tous les muscles qui ne sont point soumis à Ja volonté? : :2 1 :
"Enfin, parmi les changemens que la matrice éprouve durant la grossesse , 1l nous reste à examiner'encore celui qui est relatif à sa situation et d’où dépend son obliquité, phénomène que les anciens n'avaient point méconnu, maïs dont personne n’a eu la gloire de développer la théorie comme Deventer. Chargée du produit de la conception , la matrice ne peut pas sortir de la cavité pelvienne en s'élevant parallèlement à la colonne rachidienne ; la saillie du sacrum et la convexité des vertèbres lombaires s'y opposent ; ilest donc forcé de suivre l'axe du détroit abdominal jusque vers le milieu de la grossesse. À cette époque, les enveloppes du bas: ventre, d'autant plus relächées qu’elles ont été plus distendues par les grossesses antérieures , ne peuvent plus résister à la pression qui les repousse , et laissent tomber le fond de la matrice en avant, sur la vulve , sur les cuisses, quelquefois jusqu’aux genoux: Ce déplacement devient presque insupportable , quand il ést aussi excessif ; il oblige alors la femme de se redresser , et de se renverser pour ainsi dire en arrière; ce qui l'expose chaque instant à perdre l'équilibre, si elle n’a la précaution de relever et de soutenir l'abdomen avec un suspensoir..
: On concoit donc pourquoi l’obliquité antérieuré de la matrice et si fréquente et même constante. C'est un effet en quelque sorte naturel de la éonformation du bassin, qui offre une larwe échan-
crure au-dessus du pubis, et dont le détroit abdominal ainsi que son axe s’inclinent en devant.
Il est néanmoins des femmes dont les muscles abdominaux offrent tant de résistance, surtout dans
une première grossesse , que la position de la matrice reste toujours verticale, et semble même faire croire à une obliquité postérieure ; maïs cette méprise devient impossible, si on réfléchit à la cir-
constance où la femme se trouve alors ; et À cause qui i produit l lusion. D'ailleurs, Purac admettre cette
espèce d’obliquité, ne faudrait-il pas supposer avec
Levret que le sacrum et la colonne lombaire , au
lieu de faire saillie en avant, reculent et s’enfoncent
en arrière ? Vice de conformation qu’on ne peut concevoir, puisqu'il est entièrement opposé aux causes qui alièrent la structure naturelle du bassin.
Une autre espèce d’obliquité non moins fréquente , est celle qui fait pencher le fond de la matrice à droite; on l'observe à peu près quatre- ViAGU -dix-neuf bis sur cent, et on la rencontre même chez le plus grand code des femmes dans le commencement de la grossesse , lorsque la ma-
trice n’a pas encore débordé le petit bassin. Les
causes de cette déviation tiennent , au moins dans les premiers mois, au rectum et à l'extrémité inférieure du colon; ces deux portions de l'intestin situées à gauche , et distendues à certaines époques du jour par des matières stercorales, forment ur
bourrelet plus ou moins volumineux qui repousse, le globe utérin à droite. Cette direction est encore
favorisée par les efforts que la femme fait pour rendre les selles, et par la forme sphérique de la matrice qui ne peut rester long-temps ee sur l’angle saillant et arrondi du sacrüm.
On n’observe que fort rarement l HRPARUe be:
rale gauche de la matrice, et les causes n’en sont pas faciles à indiquer. Peut-être ne se manifestet-elle, comme le prétend le docteur Gardien, que les le fond de ce viscère, fortement retenu par les enveloppes du bas-ventre , est pen a la seconde ou troisième vertèbre lombaire; à cette époque il n’est plus rejeté à droite par le rectum, et 1l s'incline indistinctement de l’un ou de l’autre côté. Il semble néanmoins que l'intestin qui tend toujours à se porter vers la fosse iliaque gauche, à cause de la direction du mésentère, devrait encore alors déterminer l’obliquité latérale droite. D’ailleurs, le fond de la matrice ne s’incline-t-il jamais à gauche avant d’atteindre la hauteur des vertébres lombaires ? C’est ce qu'il faudrait examiner.
Malgré cette incertitude, l'explication que nous avons donnée des différentes espèces d’obliquité utérine, doit faire rejeter les causes auxquelles des auteurs du plus grand mérite l'avaient attribuée. Telles sont l'habitude que la femme prend de se . coucher constamment sur le même côté pendant la grossesse ; le relâchement des ligamens qui assujétssent la matrice d’un côté ou de l’autre, une tumeur plus ou moins volumineuse dans l'ovaire ou dans l'abdomen. A la vérité , ces causes , quand elles
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106 941 T'RRIROnRRs mn
existent , peuvent contribuer : à l’obliquité de: là matrice d’une manière accessoire. Mais comment pourraient-elles la produire constamment, attendu,
qu’elles se rencontrent des deux côtés du bassin,
tandis qu’au contraire, la matrice s'incline presque |
toujours à droite et en avant.
Attribuerons-nous, avec Levret, l'obliquité ds l utérus à l'insertion du placenta sur les côtés de ce viscère ? Mais alors comment ex: Mae ‘1 ce phénomène, lorsque le place nta correspond au fond ou au col de la matrice ? Gépiment explique-
rons-nous l’obliquité presque constante à droite et en avant, tandis que le placenta s’insère évalement
à droite , à gauche et en arrière ? En général, toute cause doit être rejetée, Ab He ia pas une ana-
logie directe avec l'effet qu’on veut expliquer.
La vue suffit quelquefois pour reconnaître l’obli-, quité de la matrice, au moins quand la grossesse est un peu avancée. Mais, dans le commencement , on ne PER guère en déterminer l'espèce ni l’étendue, qu’en palpant l'abdomen de la femme, pour
s'assurer de linclinaison du fond, et en introdni * sant le doist indicateur dans le vagin, pour exami-
ner la direction du col. Dans ces recherches, il faut: surtout éviter la précipitation , et ne jamais juger
de la situation du col par celle du fond, ni réci-.
proquement. Car, s’il est vrai que les deux extrémités de l’axe utérin, comme celles d’une bascule, s’inclinent le plus souvent en sens contraire, 1l n’est pas néanmoins très-rare que le col de la matrice,
se torde et se recourbe sur le corps comme le bec d’une cornue, pour rester au centre du bassin, ou même pour se diriger du même côté que le fond.
Les suites de l’obliquité sont plus ou moins mcommodes, selon qu’elle est plus ou moins considérable , et que la grossesse est plus ou moins ayancée. En effet, la matrice ne peut s’incliner vers un éôté quelconque, sans presser, tirailler, et distendre les enveloppes de l'abdomen qu elle rencontre, ni sans comprimer les nerfs qui sy ramifient; de là des douleurs plus où moins aiguës dans les aines et dans les lombes, l'engourdissement et Vinfiltration du membre qui correspond à l’obliquité, la contusion et la phlegmasie des parties génitales; si elles se trouvent sous le globe utérin. Mais ce sont là des accidens peu fe dobé et presque nuls , en comparaison de ceux qui menacent la fran pendant le travail de l'accouchement, et dont nous parlerons dans la suite. | Lu
Enfin , si aux changemens que la matrice éprouve dans son volume et sa forme , dans son action, sa structure et sa situation , nous ajoutons maintenant ceux qui ont rapport à ses dépendances, tels que la dilatation, l'allongement et l'humidité du vagin, le gonflement en quelque sorte œdémateux des grandes lèvres et de la vulve, nous aurons le tabieau complet de tous les phénomènes sensibles qu'on observe dans le système utérin, depuis la conception jusqu’au terme de l'accouchement. Mais ce ne sont encore la que des signes équivoques;
ils n’indiquent pas plus la grossesse qu’une hydropisie ou une tympanite utérine, au moins dans les prenuers mois quisuivent la conception; car, pen: dant cette période, la matrice éprouve à peu près les mêmes changemens, soit qu’elle renferme un fœtus, soit que la distension de ses parois tienne à la présence d’une môle, à un àmas d’hydatides, à de l'air, etc. Il faut donc attendre, pour quérir plus de probabilités, jusqu’au milieu de la ec 4 ales que la femme
époque où les anomalies géné éprouve après la conception, commencent pour lordinaire à disparaître , et où le bas-ventre, s’élevant en pointe vers le nombril, laisse une espèce de vide du côté des lombes. C’est alors seulement que les changemens du système utérin | et de l’abdomen donnent à la grossesse un air de vraisemblance. Mais il s’en faut bien qu'on en ait encore une certitude complète; on ne l’acquiert qu’à l’aide de signes plus positifs et plus sûrs dont il nous reste a parler.
SECTION III
Des Signes caractéristiques de la Grossesse.
La conception ordinaire suppose nécessairement un germe qui se développe dans la matrice , et dont il suffit de reconnaître la présence pour avoir la certitude de la grossesse. C’est là pour ainsi dire la Pierre de touche ou le moyen sans lequel il est impossible d'éviter la méprise et de constater la vérité, dans une matière aussi délicate et aussi importante,
‘Au commencement de la grossesse, le foetus est à peine ébauché ; ce n’est pour ainsi dire qu’un atome de gélatine suspendu au milieu d’un océan ; de liquide : ; 1l balloïte en tous sens, et pirouette continuellement, suivant limpulsion qu’il recoit. La vie dont il jouit n’est pas même tout-à-fait inactive, et ne consiste pas dans un repos absolu; ses fibrilles musculaires se contractent, sa fréle machine s branle, il s’agite par soubresauts, et va heurter les parois de la matrice. Mais qu'est-ce que ce Mouvement ? N’est-il pas HARRIS ou trop faible encore: pour. se communiquer à la mère, et pour lui donner la conscience d’un étre qui n’est pas elle au dedans d'elle-même ? Ce ne sont donc n1 les premiers jours, ni les premières semaines, hi les premiers mois après la conception , qui sont les plus favorables pour dissiper le doute et l’incertitude que la femme peut conserver sur son état. Mais à mesure que la grossesse avance, le produit de la conception se développe; ce qui n’était qu'un point gélatineux, prend de la forme et des dimensions ; le fœtus acquiert plus de consistance et de volume; il est plus pesant. La vie qui l'anime devient plus énergique, ses muscles plus forts, son organisation plus solide. Enfin, vers le quatrième mois , rarement plus tôt, quelquefois plus tard , il se fait sentir, et des-lors son existence n'est plus un problème. À cette époque la femme éprouve des sensations qui lui étaient inconnues, et qui Yavertissent qu’elle doit se tenir prète à devenir
rr0 : PRINCIPES
mère. Dès qu’elle se remue, elle sent un, corps étranger, plus ou moins solide, qui tombe ou se . repose sur la partie la plus déclive de la matrice.
C'est là ce qu'on appelle en propres termes, le ballottement du fœtus ; mouvement tout-à-fait passi£
et uniquement dû , non à l’action musculaire, mais à la force de gravitation qu 1l partage avec tous les autres corps de la nature; mouvement dont la femme est quelquefois incommodée, surtout lokt | que le fœtus , ayant cessé de vivre, n’est plus qu'une masse ou une boule inerte qué sa pesanteur entraîne de côté et d'autre; enfin , mouvement qui ne laisse plus aucun doute sur l existence de la gros- ‘sesse, puisque nulle autre substance que le fœtus ne peut nager ni balloter dans l’eau de l’amnios. : Ce n’est pas tout : il est encore un autre signe nce , mais encoré
qui prouve non-seulement la prés:
lu vie du fœtublflans le sein de Tmèré..C est une sorte d'activité qui lui est propre, qui dépend, non de la volonté, mais de l'instinct, qui tient uniquement à la vie intérieure, organique ou végétative
dont il est animé , et que les ph siologistes coms 1e Y parent à celle d’un homme qui dort. C'est unique=
ment le besoin de se remuer pour changer d’atti-
tude. En vertu de cette activité, le fœtus exécute des mouvemens qui, vers le milieu de la grossesse,
deviennent de plus en plus sensibles pour la mère. Alors son corps se courbe ou se redresse, Ses membres se contractent ou se détendent ,et vont frapper
les parois de la matrice. Le choc en est même quel=
quefois si brusque et si rude, dans les mois suivans : qu'il se manifeste à travers les parois du bas-ventre “et les vêtemens ; souvent la femme en est réveillée durant la nuit.
Ce sont ces deux mouvemens du fœtus, un passif et tout-àh-fait matériel, l'autre actif, muscu lairé et proprement vital, dont la femme acquiert la conscience vers le milieu de la grossesse , et qui en lui donnant l’intime conviction de son état, lus imposent le devoir de veiller à la conservation du fruit qu’elle porte. Mais s'il est des circonstances où le témoignage de la femme sufit pour écarter toute espèce de doute et d'incertitude , combien n'en est-1l pas aussi où l’on ne peut s’en rapporter à elle, et où la précaution exige même qu’on la soupconne de mauvaise foi, surtout quand elle a quelque intérêt de feindre ou de cacher la vérité ? Elle est donc obligée alors de se soumettre à l’examen ou à la visité des gens de l’art, et spécialement des accoucheurs qui la palpent ou la touchent pour constater les mouvemens du fœtus, seuls signes positifs et infaillibles de son existence et pa CONSE= quent de la grossesse.
SECTION IV
Du Toucher.
Ce serait méconnaître une grande partie des avantages du toucher, que de le borner à la reoihe des signes qui caractérisent la grossessé. II est non-seulement la boussole qui dirigt la conduite
de l’accoucheur dans toutes les opérations deson art; mais encore il sert de guide au médecin en général, toutes les fois qu’il s’agit de déterminer le siége et la nature de certaines maladies propres au sexe ;: en effet la décence ne leur permettant pas de porter leurs regards sur:les parties externes de la génération, et celles qui sont situées dans l’intérieur du bassin étant d’ailleurs inaccessibles à la vue, quel autre moyen leur resterait-il que de les palper, , et de suppléer ainsi à l'œil par la main, pour en VÉrIfier les différens états? ETS SA | Dans tous les cas, cette importante obéralians sert à reconnaître l’état du bassin et des organes: qu’il renferme , les signes de la grossesse, et, les phénomènes qui accompagnent le travail de l’accouchement. Elle se pratique avec les deux mains, dont l’une s'applique par sa face concave ou palmaire sur la région abdominale que le corps et le fond de la matrice regardent, tandis que le doigt indicateur de l’autre s’introduit dans le vagin, où correspondent le. col et l’orifice de ce viscère. Les occasions où l’on est obligé de recourir au toucher, sont peut-être plus fréquentes qu’on ne pense. Combien d’affections restent souvent inconnues et sans remèdes chez les femmes , parce qu’elles refusent de se soumettre à un examen nécessaire, Où parce que les gens de l’art qu'elles consultent sont peu versés dans ces sortes de recherches ! Mais revenons à l’accoucheur. Quelle foule de connaissances n'est-il pas à même d'acquérir tous les jours,
DE L'ART DES ACCOUCHEMENS, j1% à l’aide d’un doigt, que la sagacité et l'expérience ont rendu habile ! C’est là sans contredit le pelvimètre par excellence, puisqu'il est le plus fidèle ji quand 1l s’agit de mesurer les dimensions du bassin et d'en reconnaître la bonne ou mauvaise confor. mation; c’est l'instrument le plus commode pour vérifier l’état ordinaire de la matrice et de la vulve , les changemens qu’elles éprouvent pendant la gestation, et les accidens qui peuvent y arriver après le travail de l’accouchemeut; enfin, c’est le moyen Je plus sûr et le plus prompt de constater les mouvemens du fœtus, sans lesquels tout n’est que doute et obscurité dans l'examen des signes de la grossesse. +: Qu'on ne s’imagine pas néanmoins qu'il faille seulement porter au hasard un doigt ou une main sur le bassin et les organes génitaux de la femme ; pour en saisir l’état actuel, par rapport à la grossesse et à l’accouchement; ce n’est pas ainsi qu’on touche ou qu’on palpe. Cette pratique suppose nécessairement des connaissances préliminaires > ‘ét exige certaines précautions » Sans lesquelles elle tourne moins à l'instruction et au profit du praticien qui V’exerce, qu’au préjudice de la femme qui s’y soumet. | Il faut donc avoir premièrement une idée bien précise de tout ce qui est relatif à la situation, à la forme, à la direction, à la structure et aux dimensions du bassin; à l’état ordinaire des parties génitales; à la grossesse, et aux changemens qu’elle cause. dans le système utérin et le bas-ventre ; au
fœtus et à ses dépendances ; enfin au mécanisme de l'accouchement. Ce m'est, à proprement parler, qu'après avoir bien conçu un organe ou une fonction dans son état naturel, qu’on peut en apprécier les dérangemens , et y apporter un prompt remède, lorsque cela est nécessaire.
… Quant aux précautions que le toucher exige, les unes regardent la femme , et les autres l’accoucheur. Que Ja femme, avant tout, aille à la garde-robe et rende son urine, si elle en éprouve le besoin , afin que le réctum et la vessie , moins volumineux dans l'état de vacuité, opposent moins d’obstacle au doigt qui parcourt le vagin pour aboutir à la matrice, Qu'elle prenne ensuite la situation a plus convenable aux recherches qu’on se propose de faire. S'agit-il d’un relâchement ou d’une descente de matrice; le bon sens indique que la femme doit être debout, afin que ce viscère, abandonné à sa propre pesanteur , laisse apercevoir le degré de la maladie qu'on soupconne. Est-ce, au contraire le volume ou la figure du globe utérin qu’on veut déterminer dans une affection dont il est atteint, ou dans le commencement de la grossesse ; la femme doit être couchée à la renverse, la tête un peu plus élevée que le tronc et les membres inférieurs dans l'état de flexion, afin que les muscles abdominaux plus relächés interceptent moins l'impression de la main, qui cherche à déméler le fond de la matrice parmi les circonvolutions de l'intestin. Mais il peut arriver qu’une anasarque où un embonpoint excessif
DE L'ART DES ACCOUCHEMENS, |l115 fait donné trop d'épaisseur aux parois abdominales ; que la cavité du péritoine soit remplie de sérosité ; Où qu'une toux opiniâtre et importune mette les muscles abdominaux dans une agitation continuelle; il est évident que la même position ne peut être alors d'aucune utilité; la femme doit donc se tenir debout, le dos appuyé contre une muraille ; et l’'accoucheur est réduit à juger de l’état du globe ulérin par sa pesanteur, par sa mobilité et par l’étendue de sa face postérieure, si toutefois il peut la parcourir du doigt.
Nous ne parlerons point iei des régles de la décence que tout honnête homme est censé connaître x et qu'il n’est jamais permis de violer en touchant les femmes, sous quelque pretexte que ce soit. Mais une précaution qu'il ne faut point négliger ,; c'est de ne jamais introduire le doigt dans le Vagin, sans lavoir, préalablement enduit de graisse, de mucilage, d’huile ou de beurre, soit pour ménager Ja
Sensibilité des parties qu’on touche, soit pour se préserver de certains virus dont elles pewvent être afleciées, et dont la contagion se propage ‘quelquelois avec une promptitude incalculable. Par la même raisop, une plaie, un ulcère ou la moindre égratignure qu'on aurait au doigt indicateur d’une main, doivent suffire pour le faire exclure et lui faire substituer celui du côté opposé; de là l’ayantage d’être ambidextre. Enfin, aussitôt après le toucher, on se hâtera de laver ses mains, surtout dorsqu'on doit visiter plusieurs femmes de suite,
afin dessieltransmettre aucune impureté de l'une à l'autre.
Tout étant disposé, la femme couchée sur le dos, debout ou à genoux, et les cuisses un peu écartées, l’accoucheur porte l’extrémité du doigt vers la vulve, en écarte légèrement les grandes lèvres, et cherche l’orifice du vagin, en all du périnée vers le pubis. Des praticiens conseillent d’insinuer deux doigts dans
ce conduit ou de seconder l'introduction de l'index,
en couchant le pouce sur le pubis et le médius sur le périnée. Maïs, outre que ces procédés sont défectueux et inutiles dans le plus grand nombre des cas, ils sont encore très-incommodes et très-douloureux, surtout lorsque le vagin est étroit et la vulve gonflée. 11 vaut donc bien mieux n’allonger que le doigt indicateur, et ployer les autres avec le pouce dans le creux de la main. Cette méthode, si elle n’est pas “rigoureuse , a cela d’avantageux, qu’elle permet de varier à volonté la position du poignet, de le tourner vers le pubis ou le coccix, à droite ou à gauche, de donner plus ou moins d’ obliquité au doigt, et de lui faire parcourir plus ou moins détendue, suivant les circonstances. su Veut-on s’asurer de la grossesse, on fixe la matrice entre la main qu’on applique sur l'abdomen et le doigt indicateur qu’on introduit dans le vagin; ; on examine ensuite le volume et la forme de ce viscère, sa pesanteur et sa mobilité, sa hauteur ou sa dépression, sa rectitude ou son obliquité, les dimensions du col et l’état de l’orifice; enfin, on tâche d’exciter les
DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 117 mouvemens du fœtus, qui seuls peuvent dissiper le doute et l'incertitude. L'homme de l’art qui procède à cetexamen , doit donc avoir présens à sa mémoire les divers changemens que la matrice éprouve depuis la conception jusqu’à l'accouchement ; il doit se rappeler qué dans les deux premiers mois ce viscère se . dilate, mais en se rapprochant de la vulve, et que vers la fin du troisième seulement, son fond commence à déborder le bassin, pour s'élever ensuite graduellement jusqu’à l'épigastre et même jusqu’au. diaphragme, en s’inclinant plus ou moins à droite * à gauche, où en avant; il doit savoir que dans les six premiers mois, le col de la matrice n’éprouve presque jamais de changement sensible, au moins. dans une première grossesse, et que par conséquent ilne fournit aucune connaissance sur l’état actuel de ce viscère; enfin, il ne doit point ignorer que les mouvemens du fœtus, quoiqu’ils commencent avec son existence, né sont néanmoins sensibles au tou- . cher qu’à quatre mois et demi ou vers le milieu de: la grossesse, Ce n’est qu'un accoucheur exercé et intelligent qui peut déméler le vrai d’avec le faux dans un examen où il est si facile de se faire illusion : lui seul peut distinguer les signes rationnels, équivoques ou incertains d'avec Ceux Qui sOnt vrais , Ca— ractéristiques ou infaillibles, et prononcer une décision irrévocable. En général, toutes les fois que les mouvemens du fœtus ne sont pas sensibles, ik faut savoir rester dans le doute, et attendre le lemps nécessaire, pour que la vérité s’éclaircisse.
Cette circonspection est le seul moyen de se mettre à l’abri de l'erreur , et d'éviter ces lourdes méprises! qui tournent à la honte de l’art, au déshonneur du praticien, au détriment de la femme, et presque toujours à la perte de l'individu qu elle porte dans son sein.
.: Mais comment exciter les mouvemens du fœtus ? c’est-là peut-être ce qu’il y a de plus embarrassant, au moins pour ceux qui commencent de pratiquer le toucher. Voici néanmoins les préceptes que l’on donne pour aplanir la difficulté, si toutefois des préceptes peuvent suppléer au défaut de pratique dans un art qui ne peut s’acquérir qu à force d’habitude ou d'exercice.
On soulève et on presse alternativement la matrice , qu’on fixe entre la face palmaire d’une main appliquée sur l'abdomen, et le doigt indicateur de l’autre introduit dans le vagin. Par ce procédé, on imprime au fœtus une secousse qui le porte d’abord vers le fond de la matrice , et le fait retomber en-: suite vers le col de ce viscère, où il frappe le doigt qui l'y attend fixement et sans se déranger: cette précaution est nécessaire, pour ne point confondre le ballottement du fœtus avec l'agitation de la matrice toute entière. Le choc ou la percussion qu'on. ressent est d'autant plus forte que la grossesse est plus avancée, parce qu’alors le produit de la conception est plus développé. Dans lés derniers mois, il suffit de le soulever , pour qu’il rétombe bientôt après sur le doigt, et qu’il donne des signes non
DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 119 équivoques de sa présence. Quelquefois aussi, en promenant la main sur l’abdomen, ou le bout du doïgt sur le segment de la matrice qui correspond au vagin , on ést assez heureux pour exciter le mouvement actif où musculaire du fœtus, et on ne peut plus douter qu'il ne jouisse de la vie. |
Admettrons-nousencoreavec Hippocrate, comme des signes certains de la grossesse, l’occlusion complète de l’orifice utérin immédiatement après la conception, la dépression du col, ainsi que l’augmentation de volume et de température de cette partie ? Discuterons-nous certains indices auxquels Stein ne balance pas d'accorder la plus grande con+ fiance , tels que la tumeur molleet demi- sphérique, sentie par le doigt à la partie antérieure du segment inférieur de la matrice, la forme circulaire et le plan égal que présente l’orifice utérin par le raccourcissement de la lèvre antérieure ou par le prolongement de la postérieure? Mais, sans nous engager dans des longueurs inutiles, il suflit d'en appeler au tribunal de expérience, pour être convaincu que ces prétendus signes ne sont ni assez constans, ni assez réguliers, pour mettre la grossesse hors de doute et d’équivoque. Nous Pavons déjà dit, et nous le répétons avec les praticiens les plus éclairés, dans les six premiers mois, ou ne doit rien ou presque rien conclure en faveur de la grossesse, d’après l'examen du col ou de orifice utérin. Il n’y a donc alors d’autres signes certains
de la grossesse que Le ballottement et le mouvement
actif du fœtus. PARU (LT Le toucher ne sert pas seulement à vérifier les
signes de la grossesse utérine ou naturelle; c’est:
encore le seul moyen de reconnaitre la grossesse extra-utérine et même la fausse grossesse. Et d’a-
bord, pour ce qui concerne la grossesse extra
utérine ou par erreur de lieu, quelle induction pourrait-on tirer de quelques phénomènes géné
raux dont on l’a dit accompagnée , tels que la continuation des règles avec moins d’abondance qu'à l'ordinaire , l’absence de gonflement et de lait aux mamelles , le défaut de vomissement et la tuméfaction latérale de l'abdomen ? Quel fonds pourrait-on faire sur lès accidens ou incomodités nombreuses
qui affectent les femmes au commencement de cette espèce de grossesse ? Ce ne sont là > il faut en convenir, que des signes équivoques et illusoires qui peuvent tout au plus la faire soupconner, comme le remarque Antoine Petit, mais qui sont incapables d’en établir la certitude. I1 faut donc nécessairement recourir au toucher, qui est le seul moyen, passé
une certaine époque, de distinguer si le fœtus se:
développe dans la matrice ou hors de ce viscère. Supposons qu’en palpant les diverses régions de l'abdomen on sente les mouyemens d’un fœtus ; 1l est certain dès-lors qu’il existe une grossesse réelle : cela est sans réplique. Supposons encore que la matrice, fixée entre la face palmaire d’une main et le doigt indicateur de l'autre, n'offre aucun ou
presque aucun changement dans son corps ni dans son col, il est évident que ce viscère ne renferme point le produit de la conception ; il existe donc ailleurs, et la grossesse est extra-utérine : conséquence non moins incontestable que la première.
Mais , quelque précis et serré que soit ce raisonnement, pour démontrer l'existence d’une grossesse extra-utérine , il s’en faut bien qu’on puisse fixer avec la même certitude le lieu que le fœtus occupe. Est-il dans l'abdomen , dans la trompe ou dans l'ovaire ? Selon quelques auteurs , rien n’est plus facile à décider que cette question ; ils prétendent que. la légèreté et la mobilité de la matrice ; jointes à la liberté des mouvemens du fœtus, indiquent une grossesse abdominale ; tandis qu’au contraire, plus de pesanteur et moins de mobilité dans la matrice avec plus de gène dans les mouvevemens du fœtus, sont une preuve que la grossesse a lieu dans les annexes utérines ; ils vont même jusqu’à distinguer la grossesse de la trompe d’avec celle de l'ovaire. Dans la première , disent-ils , la matrice est pour ainsi dire accolée à la tumeur qui contient le fœtus , et par conséquent peu mobile ; elle en est au contraire plus éloignée et plus libre dans la grossesse de l'ovaire ; différences plus 1imaginaires que réelles ; distinctions trop subtiles pour être appréciées dans la pratique, et trop minutieuses pour être discutées en théorie. L'expérience apprend ce qu'il faut penser des livres élémentaires où elles sont consignées. |
Il en.est de même de la fausse grossesse. Vers les premiers mois , ce serait.en vain qu’on en cher-. cherait la preuve dans quelques incommodités que la femme ressent ; telles que la nausée , l’anorexie , le vomissement, la suppression des règles, le gon-, flement du sein et de l'abdomen, etc. j ces signes sont entièrement équivoques >etuw’indiquent pas plus une grossesse apparente qu'une grossesse réelle. C’est donc encore au toucher seul qu'il appartient de distinguer l’une d'avec l’autre ; et ici même sé-: vérité de raisonnement, et même conviction que dans l’examen de la grossesse extra-utérine. On touche la femme dont le ventre se gonfle , s'élève et s'arrondit ; et on trouve la matrice beaucoup plus volumineuse qu’à l'ordinaire : la conséquence 1m médiate de ce signe , est qu’il y a quelque substance renfermée dans ce viscère. Pour en reconnaître la. nature ; on attend l’époque correspondante au milieu de la grossesse, et le toucher découvre encore plus de distension dans le globe utérin ; on l’agite et lon ne peut venir à bout d'exciter les mouvemens du fœtus. N’est-on pas en droit de présumer alors qu'il n’y a point de germe dans ce viscère, et: que la grossesse, loin d’être réelle , n'est qu'appa- : rente ? L'absence des mouvemens du fœtus est donc: ici le véritable fondement du diagnostique.
Mais ce n’est 1a néanmoins qu’un signe générique , et qui convient à toutes les espèces de fausse 5'ossesse, quelle qu’en soit la cause. Comment donc distinguera-t-on si la matrice, au lieu d’un
fœtus , ne contient que de l’eau , de l'air , du sang, des hydatides, une môle , des concrétions polypeuses ? Si l’on consulte certains livres surcet objet, tout y paraît clair et précis. Ainsi la distension et la pesanteur de la matrice , jointes à un sentiment de fluctuation manifeste, indiquent la présence de l'eau , tandis que la distension de ce viscère , jointe à sa légèreté et à un bruit sonore qu’elle rend par la percussion, attestent la présence de Pair; le
sentiment d’une boule pesante sans fluctuation,
qui tombe sur le côté où la femme se couche, et
qui pend sur les cuisses quand elle est debout,
sont la preuve d’une môle ; et ainsi des autres. Mais,
combien toutes ces différences qui paraissent si claires et si tranchèes dans la théorie, sont difficiles à saisir dans la pratique! et combien ne pourrait-
on pas citer de cas où les gens de l’art se sont trouvés embarrassés , et ont même donné dans l’erreur,
pour avoir voulu prononcer avec trop de précipitation ! Concluons donc que, sile toucher est le seul moyen de reconnaître la grossesse naturelle, et de la distinguer , soit d'avec la grossesse extra-uté-
rine, soit d'avec la grossesse apparente , il ne peut cependant pas toujours déterminer les différentes
espèces de ces dernières.
ARTICLE IV
De l'accroissement progressif du Fœtus, de sa longueur et de son poids quand il est à terme. ;
Les physiologistes qui ont fait des recherches sur
124 | PRINCIPES les accroissemens du fœtus, assurent que dans les premiers jours après la conception ; On en chercherait en vain quelques traces dans la matrice ; on n y trouve alors qu’une petite vésicule , remplie d’un liquide clair et diaphane, à laquelle on est convenu de donner le nom d'œuf chez les animaux vivipares en général. |
e] A (] \ : 1 CIN s F3 ; Ce n’est guère qu'après la première semaine quongs