‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 4)Chapitre 10 sur 63 · CU · texte numérisé non relu

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commence d'y apercevoir une espèce de nuage mucilagineux | homogène et demi-transparent , qui laisse démêler, mais d’une manière assez confuse ,

les premiers linéamens de l'embryon ou du germe.

Dix ou douze jours plus: tard, la tête et les traits

du visage se dessinent, le nez s'ébauche et se pro-:

nonce ; deux petits points noirs marquent la place

des yeux, et deux petits trous celle des oreilles ;'

le tronc encore grèle parait légèrement recourbé

en devant, et forme presque la totalité de la masse ;

On ny voit point de membres : quatre petits moignons ou tubercules arrondis en indiquent seule-

ment l'origine. Tout le corps n’a que Cinq Ou six : lignes de longueur, et on le prendrait plutôt pour la !

larve d’un insecte que pour l'élément de l’homme.

À un mois, la longueur de l'embryon est de huit a dix lignes ; il n’est guère plus gros qu’une four-.

mi; les membres thoraciques paraissent les premiers et restent un peu plus longs que les membres abdominaux Jusqu'au commencement du quatrième MOIS ; On commence à y distinguer les doigis et les orteils. 1

À six semaines , toutes les parties sont très-visibles ; la tête forme la moitié de la masse ; le cœur bat assez distinctement ; le sexe est déterminé.

A deux mois, l’ossification commence, les clavicules et les membres offrent des points solides ; le cordon ombilical parait ; la tête forme toujours : la plus grosse extrémité de la masse, et se penche sur le tronc; l'embryon a près de deux pouces de

longueur.

À trois mois, il pèse environ trois onces, et sa

longueur est à peu près de trois pouces et. demi.

Il commence à se mouvoir sensiblement, et on lui donne le nom de fœtus.

À quatre mois et demi, les membres abdominaux l’emportent sur les membres thoraciques ; les ongles des pieds et des mains se prononcent , et le fœtus a quatre pouces six à huit lignes de longueur.

Dans chacun des trois mois suivans , il augmente environ de trois pouces; en sorte que vers le sep-

‘ième mois il a près de treize pouces. À cette épo-

que, la pupille est ouverte et les testicules sont dans le scrotum. |

Si l’on a égard aux proportions respectives des différentes parties du corps, on trouve qu'à un mois , le milieu de sa longueur, prise du sommet de la tête aux talons, répond au col, et ensuite à un point plus ou moins élevé du thorax à mesure que: la grossesse avance; de telle sorte qu’à six mois 1l tombe exactement à l'extrémité abdominale du

120 * PRINCIPES sternum , et à sept mois, plus près du sternum que de lombihic.

À huit mois, la longueur du fœtus est de quatorze à quinze pouces , et le milieu en est fixé quelques lignes au-dessus de l’ombilic. Enfin, à neuf mois , terme ordinaire de la grossesse , le fœtus a le plus souvent dix-huit pouces, et le milieu de sa longueur aboutit exactement à l’ombilic ; sa pesanteur est alors de six à sept livres. Ces évalutions. admettent néanmoins autant de variétés que d’individus ; car il en est qui n’ont que seize pouces de long, et d’autres qui en ont jusqu'à vingt-deux et même vingt-trois. De même, des fœtus, quoiqu’à terme , so nt au-dessous de quatre livres, tandis que d’autres en pésent neuf ou dix , même treize ou quatorze. Des matrones ont aussi rapporté en avoir recu qui pesaient vingt-cinq livres; mais n’y a-t:1l pas de l’exagération dans ce calcul !

Quoi qu'il en soit, dans le cas d’avortement , on serait souvent induit en erreur si l’on cherchait à déterminer l’âge des avortons d’après leurs dimensions et leur pesanteur. Car, outre qu'ils s’accroissent d’une manière très-irrégulière , et qu’ils se développent avec plus de rapidité vers le milieu de la grossesse qu’au commencement et à la fin, il est encore très-rare d'en trouver deux de même longueur et de même poids, à une époque quel- Conque aprés la conception. Ce qu'il y a de plus certain et de plus positif sur cet objet , c'est le rapport entre lombilic du fœtus et le milieu de

son corps : rapport qui, quoique variable suivant l'âge de lembryon ou du fœtus, n'en parait pas moins constant aux différentes époques de la grossesse chez tous les individus ; d’où il résulte que c’est peut-être la le seul signe qui, joint au caractère plus ou moins marqué de la maturité ou de l’immaturité du fœtus, indique s'il est venu au monde avant ou apres le terme naturel.

Mais d’où vient que l’accroïssement du fœtus est si rapide dans la matrice, tandis qu’au contraire l'enfant est si lent à se développer après la naissance ? La raison en est que tout, chez le premier, concourt à la nutrition, et que rien n’en dissipe le produit ; au lieu que chez le second, la force qui compose et nourrit est sans cesse contrebalancée . par une force qui décompose et détruit. D'abord, l'aliment que le fœtus recoit est déjà préparé et digéré par la mère , à laquelle il est essentiellement lié, et dont il est en quelque sorte le parasite ;. Vassimilation doit donc en être prompte et rapide ; puisqu'elle se fait immédiatement par le système circulatoire , sans le travail préalable de la digestion. et de la respiration. D'un autre côté, la sécrétion: et l'excrétion, deux sources continuelles de perte après la naissance , sont inactives ou peu abondantes. chez le fœtus, de sorte que tout tourne à son profit. et rien à son détriment. |

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