‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 5)Chapitre 25 sur 35 · DE L'ART T)F.S A CCOU C H T.MF.NS · texte numérisé non relu

DE L'ART T)F.S A CCOU C H T.MF.NS

qu'elles sont hors de la portée du doigt ; il faut donc nécessairement attendre que les eaux se soient écoulées, pour la sûreté du diagnostic.

A celle époque, le menton , l'échancrure sternale de la poitrine et les clavicules caractérisent la présence de la gorge.

On reconnoît la poitrine à une surface étendue, où l'on distingue le sternum, les clavicules et les côtes.

Les signes de l'abdomen sont une tumeur mollasse , terminée d'un côlé par les côtes asternales et l'appendice xiphoïde ; de l'autre , par les os des îles et le pubis . On y rencontre aussi l'insertion du cordon ombilical ; ce qui achève d'ôter le doute ou l'équivoque.

La face antérieure du tronc peut se placer de quatre différentes manières, à l'égard du détroit supérieur.

Dans la première position , la tête répond à la cavité cotyloïde gauche , et les membres abdominaux à la symphyse sacro-iliaque droite.

Dans la seconde position , la tête se dirige vers la cavité cotyloïde droite , et les membres abdominaux vers la symphyse sacro-iliaque gauche.

Dans la troisième , la tête est tournée du côté de la symphyse sacro-iliaque droite , et les membres abdominaux du côté de la cavité cotyloïde gauche.

Dans la quatrième , la tête regarde la symphyse sacro-iliaque gauche, et les membres abdominaux^ la cavité cotyloïde droite.

Ces quatre positions sont les mêmes , et présen-

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tentles mêmes indications pour la gorge , la poitrine et l'abdomen. Il seroit donc inutile de répéter les' procédés manuels pour chacune de ces régions en particulier.

Que 3a face antérieure du tronc se présente de front ou en travers à l'entrée du bassin , il est certain que l'accouchement ne peut se terminer qu'avec îe secours de l'art. Mais alors faut-il toujours aller chercher les pieds de l'enfant, ou peut-on quelquefois îe faire naître par la tête? D'abord , cette dernière indication seroit absolument impossible à remplir, lorsque la poitrine et l'abdomen se présentent. Elle ne pourroit donc offrir quelque espoir de succès , que lorsque la gorge vient la première ; encore là réduction de la tête à sa situation naturelle offriroit tact de difficultés dans ce cas-là , que , d'après l'avis de tous les accoucheurs ? il vaudroit mieux y renoncer que de l'entreprendre , quoique les eaux vinssent de s'écouler. Bornons-nous donc à décrire succinctement îa manière d'aller chercher les pieds, et de les amener à îa vulve , puisque c'est le seul moyen de terminer ce genre d'accouchement.

Bans la première position où les pieds correspondent à îa symphyse sacro-iliaque droite , on ne peut dégager ces extrémités qu'avec la main gauche ; la droite les renverseroit sur la face postérieure du tronc, ce qui est contraire aux principes du pelotonnement. On introduit donc la première dans l'état de supination sous la région antérieure qui se présente ; on refoule le tronc vers la fosse iliaque gauche

de la mère ; on suit le coté gauche de l'enfant; on arrive sur les fesses ; on y accroche les pieds qu'on entraîne à la vulve , pendant que de la main droite on porte la tête à gauche et en arrière : on termine ensuite l'accouchement comme dans la seconde position des pieds.

Dans la seconde position , les pieds se dirigent vers la symphyse sacro-iliaque gauche ; c'est donc à la main droite qu'il appartient exclusivement de les dégager. On l'introduit en supination sous la région antérieure qui se présente; on refoule le tronc vers la fosse iliaque droite de la mère ; on suit le côté droit de l'enfant jusqu'aux fesses ; on y saisit les pieds, et on les amène à la vulve , pendant que de la main gauche on repousse la tête à droite et en arrière ; on termine ensuite l'accouchement comme dans la première position des pieds.

Dans la troisième position , les pieds sont placés vers la cavité cotyloïde gauche. Pour les dégager , on introduit la main droite en supination sous la région antérieure qui se présente ; on refoule le trqnc vers la fosse iliaque droite de la mère , pendant que de la main gauche on incline les extrémités inférieures en arrière et à gauche ; on suit le côté droit de l'enfant; on arrive sur les fesses, on y saisit les pieds, et onles amène à la vulve. Le reste comme à l'ordinaire.

Dans la quatrième position, les pieds sont situés vers la cavité cotyloïde droite. On introduit donc la main gauche en supination sous la région antérieure qui se présente ; on refoule le tronc vers la fosse

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iliaque gauche de la mère , pendant que de la main, droite on incline les extrémités inférieures en arrière et à droite; on suit le côté gauche de l'enfant, on arrive sur les fesses , on y saisit les pieds , et on les amène à la vulve , pour terminer ensuite l'accouchement comme dans la seconde position des pieds.

Si la face antérieure du tronc se présenloit directement du pubis au sacrum , ou transversalement d'un côté du bassin à l'autre , comme les auteurs le supposent , on réduiroit ces sortes d'accouchemens à l'une des positions que nous avons admises. Â cet effet.,, on se serviroit indifféremment de l'une ou l'autre main dans le premier cas; mais on dirigeroit toujours les pieds vers le côté du bassin, qui répondroit à celle qu'on auroit introduite. Dans le second cas , on emploieroit exclusivement la main correspondante au côté du bassin où se trouveroienl les

pieds.

TROISIEME GENRE

Des accouchemens où V enfant présente les faces latérales du tronc.

Ces accouchemens sont plus rares que ceux du premier genre , mais plus fréquens que ceux du second. Cependant nous avons préféré de ne les placer qu'au troisième rang dans notre division , parce qu'il nous paroît plus convenable de parler immédiatement après des accouchemens où l'enfant présente l'un des bras hors de la vulve.

On distingue trois régions sur chaque face latérale du tronc ; mais on ne peut guère les reconnoîlre

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. /\yj

qu'après l'évacuation des eaux; car, avant cette époque, l'enfant est encore trop mobile clans la matrice , ou trop éloigné pour élre à la portée du doigt. Les parties latérales du col , à cause de leur formé particulière , se présentent assez rarement à l'orifice de l'utérus. Elles n'ont par elles-mêmes aucune marque propre ou dislinctive , et l'on ne peut les reconnoî tre qu'en les rapportant à quelques-unes des parties circonvoisines , telles que le Las de l'oreille, l'angle de la mâchoire inférieure, l'épaule et la clavicule.

Les épaules, naturellement arrondies et saillantes, s'accommodent mieux à l'entrée du bassin et doivent se présenter plus fréquemment. On les reconnoît à la clavicule, aux angles de l'omoplate et aux bras.

On distingue les parties latérales de la poitrine aux côtes , aux aisselles , aux bras , au sternum et à la hanche.

Enfin, les signes qui indiquent la présence des flancs , sont les crêtes des os des îles et les côtes asternales. Cette dernière région se présente plus souvent que la poitrine, mais plus rarement que l'épaule.

Chacune des faces latérales de l'enfant peut se placer de quatre manières différentes à l'entrée du bassin. Dans la première position, la tête répond à la cavité cotyloïde gauche , et les pieds à la symphyse sacro-iliaque droite ; mais alors la face antérieure regarde la fosse iliaque gauche, quand c'est le côté droit qui se présente, et la fosse iliaque droite, si c'est le côté gauche.

Dans la seconde position , la tête est située vers la

cavité cotyloïde droite , et les pieds vers îa symphyse sacro-iliaque gauche. Mais la face antérieure répond '. à la fosse iliaque gauche ou droite , selon que l'enfant présente le côté droit ou le côté gauche.

La troisième position est celle où la tête est sur la symphyse sacro-iliaque droite , et les pieds sur la cavité cotyloïde gauche. Mais la face antérieure répond à la fosse iliaque droite du bassin , si c'est le côté droit de l'enfant qui se présente, et à la fosse iliaque gauche, si c'est le côté gauche.

La quatrième position est celle où îa tête se dirige vers la symphyse sacro-iliaque gauche , et les pieds vers la cavité cotyloïde droite. Mais la face antérieure est tournée à droite, si c'est le côté droit, et à gauche, si c'est le côté gauche.

Lorsque l'enfant présente l'une de ses faces latérales , il est de toute impossibilité qu'il vienne au monde par les seules forces de la nature, attendu que sa longueur surpasse de beaucoup la largeur du bassin. L'accouchement rentre donc de nécessité dans le domaine de l'art. Mais faut-il ramener la tête à sa situation naturelle , ou bien doit-on songer uniquement à saisir les pieds et à les entraîner à la vulve, pour terminer ensuite l'opération, comme si ces extrémités se présentoient naturellement? La première de ces indications offre tant de difficultés , au moment même où les eaux viennent de s'écouler, qu'on ne peut espérer d'en tirer aucun avantage. Il faut donc se borner a îa seconde , qui est toujours , sinon la plus sûre , du moins la plus facile. Toutefois, on

ne doit pas se dissimuler que le succès ne soit plus ou moins assure , selon qu'on opère plus ou moins promplement après l'évacuation des eaux , et selon que les pieds sont plus ou moins rapprochés du détroit supérieur où l'on se propose de les ramener.

Avant de décrire les procédés manuels, nous ferons observer qu'il est assez indifférent de se servir de Tune ou l'autre main , si l'on est appelé au moment de la rupture des membranes, ou lorsque l'enfant est encore mobile dans la matrice. Il en est encore de même, lorsque les hanches se présentent, parce que les pieds sont alors peu éloignés de l'orifice de l'utérus. L'une des deux mains n'est donc exclusivement nécessaire que lorsque l'enfant vient en offrant les autres régions latérales.

Dans la première position , où les pieds répondent à la symphyse sacro-iliaque droite , on se sert de Ja main droite ou delà main gauche, selon que l'enfant présente le côté droit ou le coté gauche , ou selon que sa face antérieure regarde la fosse iliaque gauche ou la fosse iliaque droite. On porte cette main sous la région qui est à l'entrée de la matrice , on refoule le tronc vers la fosse iliaque à laquelle répond le dos ; ou suit le reste du côté droit ou gauche ? on arrive sur les fesses , on y accroche les pieds du bout des doigts, légèrement recourbés , et on les entraîne à la vulve , pendant que de l'autre main on dirige la tête à droite et en arrière , si c'est le côté droit , ou à gauche et en arrière , si c'est le côté opposé. Ou tire ensuite un peu plus sur celui qui est au-dessous

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du pubis , et on achève l'opération , conformément à la règle générale.

Dans la seconde position , où les pieds répondent à la symphyse sacro-iliaque gauche, la face antérieure du tronc décide encore du choix de la main. Est-elle tournée vers la fosse iliaque gauche , on se sert de la main droite , et on fait sortir les pieds à gauche* est-elle tournée vers la fosse iliaque droite , on introduit la main gauche dans la matrice , on suit le côté gauche de l'enfant, et on fait sortir les pieds à droite.

Dans la troisième position , qui est opposée à la première , les pieds sont situés vers la cavité cotyloïde gauche. Alors, si le côté droit se présente, ou si la face antérieure du tronc répond à la fosse iliaque droite du bassin , on se sert de la main droite qu'on introduit dans un état moyen entre la supination et la pronation sous la région qui se présente ; on suit le reste du côté droit de l'enfant, tandis que de la main , appliquée sur l'hypogastre , on tâche d'incliner les pieds vers la fosse iliaque gauche , où l'on va les chercher. On les dégage de dehors en dedans ; on les fait passer sur l'abdomen et la poitrine , et on les entraîne à la vulve.

Si , au contraire , le côté gauche se présente , ou si la face antérieure du tronc répond à la fosse iliaque gauche , on se sert de la main gauche qu'on introduit sous la région qui se présente; on suit le reste du côté gauche pour arriver sur les fesses, pendant que de l'autre main on incline encore les pieds vers la

DE L'AKT DES A C(,0 U 0 II E MF JV S.

fosse iliaque gauche du bassin ; on suit c(.\s extrémité* et on les entraîne , pour les faire sortir à droite , en pelotonnant l'enfant sur sa frice antérieure.

Dans la quatrième position , qui est opposée à la seconde, les pieds sont diriges vers la cavité cotyloïde droite. Alors, si la face antérieure répond à la fosse iliaque droite, on se sert de la main droite , et on termine l'accouchement comme dans la première position des pieds. Si, au contraire , la face antérieure de l'enfant est tournée vers la fosse iliaque gauche , on va chercher les pieds avec la main gauche , et on les fait passer sur le ventre , pour les réduire à leur seconde position. Il suffit de jeter un coup-d'ceil sur le mannequin pour concevoir ces différentes manœuvres.

Lorsque les côtés de l'enfant se présentent de iront du pubis au sacrum , ou transversalement dune fosse iliaque à l'autre , comme les auteurs le sudposent, on réduit ces positions à celles que nous avons adoptées , et on opère suivant les régies que nous venons de décrire.

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