‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 5)Chapitre 4 sur 35 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du Bassin de la femme considéré par rapport à l'accouchement.

Le bassin est situé entre les membres abdominaux avec lesquels il s'articule , et à l'extrémité de la colonne vertébrale dont il forme la base. Il termine, par conséquent, l'abdomen dont il soutient et renferme en partie les viscères , ainsi que les organes de la génération. Quoique cette sorte de cavité osseuse ne concoure à l'accoucbement que d'une manière passive, il est néanmoins très-important de l'étudier , soit dans l'état sec , ou telle que le squelette la présente aux yeux de Fanatomiste , soit dans l'état naturel, ou avec les parties molles qui l'environnent de toutes paris. Cette double manière d'envisager le bassin est la plus avantageuse pour en connoître la structure et la configuration, pour en mesurer les dimensions dans l'état de bonne ou de mauvaise conformation , et pour apprécier les modifications ou changemens que les parties charnues apportent dans sa forme et dans sa capacité.

ARTICLE PREMIER

De la Structure et de la Configuration du bassîtu

Dans l'âge adulte , seule époque de la vie où la femme devient ordinairement mère, le bassin n'est composé que de quatre pièces osseuses ; savoir des deux os des hanches ou des îles , du sacrum et du

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coccix.La structure du bassin chez le fœtus, en offre un bien plus grand nombre ; mais elle ne pourroit faire l'objet de cet article, sans jeter une certaine confusion dans les idées. En attendant qu'il en soit question ailleurs , nous nous bornerons à examiner ici , par une sorte d'analyse , chacun des os qui forment le bassin de la mère ; nous les réunirons ensuite tous les quatre par une sorte de synthèse , pour en mieux embrasser l'ensemble et le résultat.

SECTION PREMIÈRE

Des Os des hanches ou des îles»

Les os des hanches ou des îles forment les parties latérales du bassin, et se réunissent pour en formel' aussi la partie antérieure. Ils sont grands , larges , pairs , et d'une forme très-complexe. Leur face interne regarde l'intérieur du bassin , et leur face externe présente une cavité profonde, nommée cotyîoïde , qui sert de centre et de point fixe à la tête du fémur pour l'exécution de ses mouvemens.

On y distingue trois régions , dont la première supérieure et postérieure a reçu le nom d'ilium ; la seconde antérieure, celui de pubis 3 et la troisième inférieure , celui à'ischium.

i°. L'ilium , la plus étendue de ces trois régions , a une forme à peu près triangulaire, et présente deux faces , l'une externe et l'autre interne ; trois bords et trois angles.

La face externe dé l'ilium un peu convexe en avant, et légèrement concave en arrière, n'est presque

d'aucune importance sous le rapport des accouchemens.

La face interne offre plus d'intérêt. Une ligne anguleuse, oblique de haut en bas, et de derrière en devant , assez tranchante dans sa moitié ou dans ses deux tiers postérieurs, et plus arrondie dans le reste de son étendue , divise cette face en deux portions ; l'une supérieure et l'autre inférieure. La première, qui est assez large , porte le nom de fosse iliaque , à cause de sa concavité ; la seconde , parsemée en arrière de tubercules auxquels s'attachent des tendons et des ligamens , présente un peu plus en avant une empreinte articulaire , assez semblable à une feuille d'azamm ou de cabaret , sur laquelle on distingue une infinité de petites éminences et de petites cavités. Le reste de cette portion n'a plus rien de remarquable.

Le bord supérieur de l'ilium, le plus long des trois , est une espèce de crête, dont les deux extrémités sont contournées en sens inverse , à peu près comme celles d'une S italique. Si l'on en considère l'épaisseur , on y distingue un interstice et deux lèvres , dont l'interne offre , vers le tiers postérieur de sa longueur, une espèce de saillie plus ou moins obtuse , à laquelle vient s'insérer un ligament qui , par l'autre extrémité , s'attache à l'apophyse transverse de la dernière vertèbre lombaire.

Le bord antérieur , plus court que le supérieur , présente deux échancrures , dont l'une est plus large et moins superficielle que l'autre. Elles sont séparées

DE L'ART DES ÀCCOUCD EMEN5. b

par une apophyse qu'on appelle l'épine antérieure cl inférieure de l'ilium.

Un prolongement osseux partage aussi le bord postérieur en deux échancrures, dont la plus grande et la plus profonde ne forme que le sommet d'une autre beaucoup plus grande encore , à laquelle on donne le nom d'écbancrure sacro-ischiatique.

Les trois angles de l'ilium ne sont que des tubercules qui résultent de la rencontre de ses trois bords. La crête de l'os des îles forme, avec le bord antérieur un angle obtus , qu'on nomme l'épine supérieure et antérieure , pour la distinguer de celle qui a été déjà remarquée ; la réunion de cette même crête avec le bord postérieur offre un angle de même nature , auquel on a donné le nom d'épine supérieure et postérieure ; enfin le bord antérieur et le bord postérieur se réunissent en une masse osseuse que plusieurs anatomistes ont regardée comme la base de l'ilium à cause de son volume et de son épaisseur. 2°. L'ischium n'offre de remarquable qu'une tubérosilé , une épine et une branche.

La forme triangulaire de la tubérosité ischiatique permet d'y considérer trois faces , une externe qui mérite à peine d'être décrite ; une autre interne qui se prolonge vers la région iliaque , pour former un plan assez lisse et incliné de bas en haut et d'avant en arrière; enfin, une troisième âpre et raboteuse, sur laquelle le tronc est appuyé quand on est assis. Cestrois faces sont bordées par trois lignes anguleuses 5 dont l'une supérieure ressemble à un croissant , et

les deux autres inférieures sont regardées par les anatomistes comme les lèvres de la tubérosité.

L'épine ischiatique est une sorte de production osseuse dont la base est un peu large et la pointe assez aiguë ; elle a cinq ou six lignes de longueur et semble se jeter un peu obliquement en arrière et en bas.

La branche de Fischium s'élève obliquement de la partie antérieure de sa tubérosité. Cette longue apophyse est plus large à son origine qu'à son extrémité , et un peu aplatie sur ses deux faces. L'un de ses bords mince , lisse et presque droit , concourt à la formation du trou soupubien , et l'autre plus épais, plus âpre et plus courbe, regarde l'arcade demême nom.

5°. Le pubis peut se diviser en deux branches , l'une supérieure ou supubienne, et l'autre inférieure ou soupubienne : elles embrassent conjointement avec fischium une ouverture ovale à laquelle on donne le nom de trou soupubien.

La branche supubienne presque triangulaire dans sa partie moyenne , s'aplatit en s'élargissant vers son extrémité antérieure, et s'épaissit au contraire du coté qui regarde l'ilium ; d'où il résulte que la face supérieure de cet os légèrement sinueuse et concave, est plus large en arrière qu'en avant , tandis que la face externe et la face interne présentent une disposition contraire. Des trois angles qui réunissent ces surfaces, le supérieur et interne, forme une arête vive et tranchante ; l'externe plus arrondi se termine en devant par une sorte detubérosilé ou d'épine plus ou moins saillante, et l'inférieur , presque semi-lu-

DE L'ART DES ACCO UGH E m E N S. J

naire, présente vers sou extrémité iliaque une espèce de gouttière ou de sinuosité qui se dirige obliquement d'arrière en avant , et dedans en dehors.

La branche soupubienne descend obliquement en arrière et sur le côté ; aplatie sur ses deux faces et plus large à son origine qu'à sa pointe , elle n'a que sept à huit lignes de longueur. Par une sorte de torsion imprimée à ce prolongement osseux de l'intérieur du bassin au-dehors , l'un de ses bords devient presque antérieur et l'autre postérieur ; celuici , mince et courbé , regarde le trou soupubien , et celui-là, plus épais et plus droit, fait partie de l'arcade de même nom*

SECTION I Iw

De VOs sacrum»

Le sacrum est un os impair , à deux faces , semblable à une pyramide triangulaire renversée , qui ? par ses deux côtés , s'articule avec les os des îles , par sa base avec la colonne vertébrale , et par son sommet avec le coccix.

La face interne en est lisse et concave. On y re* marque quatre ou cinq lignes transversales qui , de chaque côté, aboutissent à autant d'ouvertures d'inégale largeur, dont quelques- unes, creusées trèsobliquement dans l'épaisseur de l'os, s'allongent en, forme de gouttière.

La face externe du sacrum est convexe et hérissée de tubercules qui répondent , soit aux apophyses épineuses, soit aux émiuences obliques et transverses

des vertèbres. Outre deux rangées de trous , on y voit encore deux autres ouvertures à peu près triangulaires , qui terminent le canal creusé dans toute la longueur de l'os.

Les deux côtés du sacrum présentent supérieurement chacun une empreinte articulaire parfaitement semblable à celle de l'os ilium correspondant, mais coupée obliquement de haut en bas , de dedans en dehors , et d'avant en arrière ; d'où il résulte que cet os plus large en devant et en haut qu'en arrière et en bas, s'enchâsse entre les os des îles comme un double coin.

La base du sacrum présente à sa partie moyenne une empreinte cartilagineuse , dont la figure oblongue est plus large et plus convexe en avant qu'en arrière, et dont la surface s'incline de dedans en dehors, Deux petites échancrures semblables à des gouttières , en séparent le bord externe vers ses extrémités , de deux petites masses osseuses, dont les facettes spinales sont également revêtues de cartilage.

Au sommet, ou à la pointe du sacrum, on remarque une facette cartilagineuse oblongue en travers 9 comme celle de la base, et inclinée en sens contraire,

SECTION III

Du Coccîx.

Le coccix ressemble encore à une petite pyramide triangulaire , dont la face interne est légèrement concave , et dont la base répond à la pointe du sacrum.

DE L'ART DES ACCOUCn EMEIV.i . g

Cet os est composé Je plus souvent de trois petites pièces, dont la première s'articule par sa base avec le sacrum, et forme par sa pointe une petite arthrodie avec la base de la seconde. La troisième pièce n'a rien de remarquable dans sa forme ni dans son articulation.

ARTICLE II

De l'union des Os du bassin.

Les deux os des îles s'articulent entre eux ainsi qu'avec le sacrum , et ce dernier avec le coccix ; de là trois sortes d'articulations , une antérieure , qu'on appelle symphyse du pubis, deux postérieures et supérieures , parfaitement semblables , qui ont reçu le nom de symphyses sacro-iliaques , et une inférieure et postérieure nommée sacro-coccigienne.

i°. La symphyse du pubis est formée dans la plus grande partie de son étendue, par une substance qui tient du cartilage et du ligament , et dont les fibres , la plupart transversales , vont d'un es pubis à l'autre. Ce n'est que dans le tiers moyen de sa longueur et dans le liers postérieur de son épaisseur , que cette articulation présente une véritable arthrodie. En effet , la dissection découvre en ce endroit , sur chacun des os pubis, deux facettes cartilagineuses, polies et humectées, beaucoup plus longues que larges , et d'une figure un peu semi-lunaire ; légèrement convexes d'un côté , ces facettes s'emboîtent dans celles du côté opposé qui sont aussi légèrement concaves.

Cependant on concluroit mal à propos de cette disposition , que les os pubis jouissent de quelque mobilité. Car la petite arthrodie postérieure , la * seule qui pourroit permettre du mouvement, est environnée de la substance ligamento - cartilagineuse, qui s'interpose entre les deux os, et de laquelle dépend en grande partie la solidité de leur symphyse. Semblable à un coin , cette substance offre une base antérieure plus large à ses extrémités qu'à sa partie moyenne, et un tranchant qui s'amincit beaucoup vers l'intérieur du bassin ou les os sont dans un contact presque immédiat. Quel mouvement pourroit-il donc exister dans cette articulation?

Ontre ce premier moyen d'union qui est trèspuissant , la symphyse du pubis est encore fortifiée de tous côtés par des iigamens, des aponévroses et des fibres tendineuses que lui fournissent les muscles voisins. Joint à cela , que le pilier interne de chaque anneau inguinal s*attache au pubis du côté opposé: d'où résultent deux tractions qui s'entrecroisent et tendent toujours à rapprocher les deux os., en resserrant leur union.

2°. Les symphyses sacro-iliaques sont bien différentes de la symphyse du pubis. Ici , point de substance ligamento - cartilagineuse, point défibres transversales; partout , au contraire , de petites éminences et de pelites cavités revêtues d'un cartilage blanchâtre , slriéven plusieurs endroits , humecté de synovie , et plus mince sur les os des îles que sur le sacrum ; toutes ces facettes articulaires se reçoivent

mutuellement, et forment ainsi deux véritables synchondroses, ou deux articulations par engrenure , qui, comme on le sent bien , ne peuvent permetire que des mouvemens très -bornés.

Mais on sera bien mieux convaincu de la fermeté des symphyses sacro-iliaques , si l'on examine les moyens d'union qui les fortifient de toutes parts. Antérieurement, un grand nombre de bandes ligamenteuses, d'autant plus épaisses qu'elles s'approchent davantage del'échancrure ischiatique, passent transversalement du bord de l'empreinte articulaire de l'os des îles au bord de celle du sacrum ; postérieurement, desligamens non moins nombreux, mais plus forts et plus tendus , unissent les osdes îles aux tubercules de 3a face spinale du sacrum; à la partie supérieure, on remarque une production ligamenteuse connue sous le nom d'ilio-lombaire qui, du bord inférieur de l'apophyse transverse de la dernière vertèbre des lombes , descend en s'épanouissant au bord supérieur des facettes articulaires du sacrum et de l'ilium ; et qui , de la pointe de cette même apophyse, se rend en sélargissant un peu à l'angle interne de la crête iliaque. Quand on réfléchit sur les insertions de ces Jiga^ mens , on voit qu'ils produisent deux grands effets: non-seulement ils rapprochent et affermissent les os des îles contre le sacrum, mais ils empêchent encorece dernier os de se précipiter entre les deux premiers. Enfin, la partie inférieure de chaque symphyse est fortifiée par deux grands ligamens qui naissent des inégalités de la crête iliaque , de la face spinale

du sacrum et du coccix. Plus larges et plus minces en arrière qu'en avant, ils s'entrecroisent vers le milieu de l'échancrure ischiatique , et le plus court remonte vers l'épine du même nom^ qu'il embrasse de toutes parts , tandis que le plus long descend vers la lèvre interne de la tubérositè ischiatique , où il s'insère en y formant une espèce de gouttière falciforme.

D'après cette courte description, on voit que le sacrum s'enclave entre les os des îles comme un double coin , et qu'il ne peut s'élever, ni s'abaisser , avancer, ni reculer, à moins que quelque violence externe ne vienne détruire ou désorganiser les sym= physes sacro-iliaques : disposition merveilleuse ! vrai chef-d'œuvre de la nature, non moins digne d'admiration pour le physiologiste que pour l'accoucheur !

3°. Par rapport à lHimon du sacrum avec le coccix ? il nous suffit d'observer ici qu'elle jouit ordinairement de quelque mobilité pendant le temps de la vie où la femme est féconde : ce qui permet à cet appendice de céder plus ou moins à la pression qui le repousse en arrière durant l'accouchement.

ARTICLE III

De V union du Bassin avec la colonne vertébrale et avec les membres abdominaux.

i°. L'empreinte transversalement oblongue que nous avons déjà fait remarquer à la base du sacrum , s'unit à une semblable empreinte de la dernière vertèbre lombaire , et lie ainsi tout le bassin au reste an tronc. Cette union, comme celle des autres ver-

tèbres , se fait au moyen d'un cartilage (Jont les fibres concentriques sont placées de champ sur les facéties articulaires , et est fortifiée par un grand nombre de ligamens qui l'entourent au-dehors et dans le canal vertébral. Très-épaisse en devant et très-mince en arrière, cette substance intermédiaire rend plus obtuse la saillie qui doit nécessairement résulter de l'obliquité inverse des deux facettes articulées; et l'élasticité qui lui est propre, la rend encore susceptible d'une certaine compression de laquelle dépend le mouvement presque insensible de l'articulation sacro-vertébrale. Quant à la flexion et à l'extension que le bassin entier exécute sur le tronc, il faut les attribuer au mouvement combiné de chaque vertèbre lombaire , et des dernières vertèbres dorsales. C'est encore ce mouvement combinéquiaugmente la convexité de la colonne lombaire quand on renverse le tronc en arrière, et qui la diminue quand on courbe le tronc en devant, ou que couché sur le dos, on relève les fesses.

2°. L'union du bassin avec les membres abdominaux est une énarthrose ou articulation profonde. C'est la tête orbiculaire du fémur qui s'emboîte dans 3a cavité cotyloïde de l'os des îles , et y exécute des mouvemens en tout sens,.

ARTICLE IV

Des dimensions du Bassin .

Les dimensions du bassin sont une des choses les plus importantes à connoître , puisque c'est de leur

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rapport avec les dimensions du fœtus , que dépend la facilité ou la difficulté de l'accouchement. Pour les mesurer avec plus de méthode et d'exactitude , nous supposerons le bassin d'une femme adulte, dont 3a taille seroit ordinaire , et nous le diviserons en deux parties, l'une plus évasée , qui porte le nom de grand bassin , et l'autre plus étroite , qu'on nomme le petit bassin.

i°. Le grand bassin présente une très-grande écbancrure en devant , les deux fosses iliaques mv les côtés , et en arrière , la saillie arrondie que forme le corps des dernières vertèbres lombaires .

L'échancrure antérieure a huit ou neuf pouces de largeur, mesurée de l'épine supérieure et antérieure d'un côté , à celle du côté opposé. La distance qui sépare les deux épines antérieures et inférieures a un pouce de moins , et celle qui existe entre les deux crêtes iliaques à leur partie moyenne , donne un pouce de plus. La longueur de chacune des crêtes iliaques est de six ou huit pouces, selon qu'on lamesure directement de l'épine supérieure et antérieure à l'épine supérieure et postérieure, ou en suivant les contours sinueux de ses extrémités. La longueur du bord antérieur de l'ilium , qui est de trois ou quatre pouces, donne à peu près la hauteur du grand bassin; enfin la profondeur des fosses iliaques n'est que de six à huit lignes.

2°. Le petit bassin est une espèce de canal cylindroïde, un peu plus large à sa partie moyenne qu'à ses

deux extrémités , ce qui permet d'y distinguer deut détroits et une excavation.

Le détroit supérieur ou abdominal , qu'on peut considérer comme l'entrée du petit bassin, commence h l'articulation sacro-vertébrale ; de là , il descend obliquement sur les os des iles , où il s'arrondit un peu ; enfin , il redevient tranchant sur les os pubis , et va se terminer de chaque côté à la symphyse de ces deux os . Certains accoucheurs en ont comparé le contour à un cercle, d'autres aune ellipse; quelquesuns à un triaugle ou à un cœur de carte à jouer. Mais le géomètre n'y trouve qu'un rebord osseux d'une forme et d'une obliquité fort variables.

Cependant, comme il est nécessaire de déterminer exactement la largeur de ce détroit , on y distingue quatre diamètres principaux. Le plus court divise rentrée du petit bassin en deux parties égales d'avant en arrière, ou depuis la partie supérieure et interne de la symphyse pubienne jusqu'au milieu de la saillie sacro-vertébrale 5 il est en général de quatre pouces, et porte le nom de diamètre antéro-postérieur ou sacro-pubien. Le plus long passe en travers de la partie la plus excentrique d'un côté à celle du côté opposé ; il est plus voisin du sacrum que du pubis, et coupe par conséquent le détroit en deux parties inégales , l'une antérieure et l'autre postérieure. La longueur de ce diamètre est de cinq pouces, ou surpasse d'un pouce celle du diamètre sacro-pubien. Chacun des deux autres s'étend de la cavité cotyîoïde d'uncôtéjàlasymphysesacroiliaqqe du côté opposé,

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et porte le nom de diamètre oblique , parce qu'il coupe obliquement les deux premiers; il est de quatre pouces et demi, ou tient Je milieu entre le diamètre sacro- pubien et le transversal.

Puisque le détroit supérieur ou abdominal a des diamètres inégaux , il est clair qu'on ne sauroit le considérer comme un cercle ; ce seroit encore une erreur de lui attribuer une forme elliptique, attendu que le diamètre sacro-pubien et le transversal ne se rencontrent point au centre , mais plus près du sacrum que du pubis. Enfin , la forme triangulaire ne lui appartient pas plus que la précédente : c'est une vérité qui saute aux yeux.

Le détroit inférieur ou périnéal qu'on peut aussi nommer la sortie du bassin, ou simplement le passage, est plus resserré et plus irrégulier que le supérieur. Le contour de son bord est entrecoupé de trois profondes écbancrures qui séparent trois éminences remarquables. On y voit antérieurement Pécbancrure soupubienue qu'on nomme aussi l'arcade du pubis, parce que la sommité en est ceintrée à peu près comme l'arc d'une voûte ; et postérieurement , la saillie formée par le coccix sépare les deux écbancrures iscbiatiques , que les tubérosités de même nom séparent à leur tour de l'échancrure antérieure ou soupubienue.

Les dimensions de ce détroit sont mesurées par quatre diamètres comme celles du premier. L'antéropostérieur ou cocci-pubien, ainsi appelé, parce qu'il se dirige d'avant en arrière depuis la sommité de

l'arcade soupubienne jusqu'à l'extrémité* du coceix, a ordinairement quatre pouces, et peut acquérir demi-pouce ou trois-quarts de pouce de plus à cause de la rétrocession du coceix ; le transversal qui s'étend d'une tubérosité ischiatique à l'autre, a un peu plus de quatre pouces; et les deux diamètres obliques qui de chaque tubérosité ischiatique aboutissent au nnlieudu ligament ischiatique opposé, selon quelques auteurs , et au coceix selon d'autres , sont aussi de quatre pouces à peu près; d'où il résulte que le diamètre antéro-postérieur ou coeci-pubien du détroit périnéal est , ou peut devenir le plus long : disposition contraire à celle que nous avons remarquée au détroit abdominal, où le diamètre antéro-postérieur ou sacro-pubien est le plus court.

L'excavation du petit bassin est terminée pat" quatre faces dont l'inclinaison respective est plus ou moins sensible ; une antérieure qui est légèrement concave , une autre postérieure , dont la concavité a six ou huit lignes de profondeur , et deux latérales ou ischialiques , qui forment deux plans inclinés de dehors en dedans, et d'arrière en avant. La longueur de chacune de ces trois faces est dans un rapport constant avec celle des deux autres ; car le pubis est le tiers du sacrum et la moitié de chacun des deux ischium; d'où il suit que, lalongueur du pubis étant de quinze , dix-huit ou vingt lignes ? celle du sacrum sera de quatre pouces moins un quart, de quatre pouces etun tiers ou de cinqpouces; tandis que celle de chaque côté sera de deux pouces

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et demi, de trois pouces ou trois pouces et un tiers. Cet excès de longueur du bassin à sa partie postérieure mérite la plus grande attention.

Au niveau du détroit abdominal , l'épaisseur de la saillie sacro-vertébrale est de deux pouces et demi , et celle du pubis de cinq ou six lignes ; l'épaisseur de , cbaque cavité cotyloïde y compris la tête , le coi et le grand tronclianter du fémur est de trois pouces moins un quart , et celle de chaque symphyse sacroiliaque de quinze à seize lignes.

La largeur de l'excavation est proportionnée à la courbure du sacrum : elle a quatre pouces et demi ou cinq pouces , du milieu de la symphyse pubienne à la jonction de la seconde pièce du sacrum avec la troisième, en comptant de haut en bas. Le fond du bassin mesuré d'avant en arrière , est donc plus large " que ses détroits , ce qui est encore bien digne de remarque.

La forme et les dimensions de l'arcade soupubienne ne sont pas moins importantes à connoître que celles du reste du bassin. Arrondie, dans sa partie supérieure , elle n'offre que quinze ou vingt lignes de largeur , tandis que lécartement de ses branches est de trois pouces et demi, même de quatre pouces, lorsqu'elles sont parvenues au détroit inférieur. La hauteur perpendiculaire n'en est que de deux pouces environ.

DE L'ART DES ACCOUCIIEMENS, Tf)

ARTICLE V

Des jéxes du bassin.

Le bassin , à ne le considérer que dans sa forme , n'est point une cavité parfaitement cylindrique, mais une espèce de canal plus évasé à sa partie moyenne qu'à ses extrémités , et plus élevé en arrière qu'en devant ; par conséquent le détroit supérieur et le détroit inférieur ont nécessairement une inclinaison différente , et leurs centres ne peuvent se trouver dans la même ligne droite que celui de l'excavation. Cette première conséquence conduit à une autre non moins certaine, savoir, que chaque détroit du bassin doit avoir son axe particulier.

Cela posé, l'axe du détroit supérieur est une ligne imaginaire qui passant par le centre de ce détroit, se termine d'une part vers le nombril de la femme , et de l'autre , vers le coccix ; au lieu que l'axe du détroit inférieur est une autre ligne imaginaire qui 7 de la saillie sacro-vertébrale , se dirige vers le centre de ce détroit ou de la vulve.

Il suit de là , que ces deux axes ne peuvent se confondre avec l'axe du corps, qui, du sommet de la tête , tombe perpendiculairement entre les deux pieds. Car, les deux premiers concourent vers le milieu de l'excavation pelvienne, et forment un angle très-obtus en devatft : d'où il résulte que celui du détroit supérieur est oblique d'avant en arrière, etceluidu détroit inférieur, en sens contraire., ou de derrière en devant.

îNous ne prétendons point assigner ici la position ^es axes du bassin d'une manière tout-à-fait rigoureuse ; il suffit pour la pratique de la connoître par approximation , parce que la nature est loin de s'assoie tir à la précision du calcul.

De célèbres accoucheurs , tels que Deventer , Smellie , Levret et Rhœderer , ont eu recours à la géométrie, pour déterminer l'axe et l'inclinaison du bassin ; mais leurs procédés n'ont été d'aucun avantage pour la pratique, ni même pour la théorie, puisqu'ils ont obtenu des résultats différen s ; et cela devoit nécessairement arriver ainsi , parce que les uns n'ont déterminé que l'axe du détroit supérieur, elles autres celui du détroit inférieur. D'ailleurs , la direction du bassin , de laquelle dépend l'inclinaison de ses détroits, et par conséquent celle de leurs axes respectifs , varie non -seulement dans chaque individu, mais encore dans chaque attitude du corps.

En effets qu'on suppose une femme d'une taille médiocre ou démesurée ; qu'elle soit assise, debout, ou couchée à la renverse ; il est certain que , dans tous ces cas , chaque partie du bassin , chaque détroit et chaque axe , sera diversement incliné par rapport à l'horizon ; c'est ce qu'on peut vérifier sur le premier bassin qu'on aura entre les mains. Joint à cela que la capacité de ce canal n'est pas la même dans les différens individus ; il est plus spacieux et moins profond chez la femme d'une taille moyenne que chez les autres ; ce qui doit encore influer sur l'inclinaison des deux axes.

Quoi qu'il en soit, la connoissance de ces lignes imaginaires est de la plus grande utilité pour l'art des accouchemens, et l'on ne sauroit trop recommander aux élèves de se la rendre familière; car, si elles indiquent la marche que suit le fœtus , soit pour passer du grand dans le petit bassin , soit pour sortir de l'excavation en traversant le détroit inférieur , elles tracent, aussi la direction qu'on doit donner à la main ou aux instrumens , quand il est nécessaire de terminer un accouchement non naturel. S'agit-iî de pénétrer seulement dans l'excavation du petit bassin , il suffit de suivre la direction d'une ligne qui, du centre dudétroit inférieur, conduit à la saillie sacro-vertébrale. Mais s'il faut avancer jusque dans la matrice , qui , le plus ordinairement , occupe le grand bassin , il faut nécessairement quitter la première direction pour en prendre une autre , qui , du centre du détroit supérieur ? aboutirait au nombril de la femme.

ARTICLE VI

Des vices de conformation du Bassùu

Tout état du bassin qui rend la grossesse pénible et ï'accoucliement difficile , impossible, ou seuîemenE dangereux , doit être regardé comme un vice opposé à la bonne conformation de ce canal.

La nature qui tend toujours à la perfection , ne manquerait jamais son but , en formant îe système osseux de la femme , si elle n'étoit troublée ou dérangée par quelque cause étrangère ; les vices cfe

conformation du bassin, loin d'être naturels, doivent donc être toujours attribués à quelque accident.

Mais à quelle époque de la vie le bassin de la femme s'écarte-t-il de cette forme régulière que la nature lui avoit imprimée, pour en prendre d'autres plus ou moins bizarres ? c'est le pins ordinairement dans l'enfance; car, a cet âge, les os du bassin étant très-gélatineux , manquent de force pour résister à l'impression des causes étrangères , et leurs symphyses n'ayant pas encore acquis toute leur fermeté, cèdent plus facilement ; joint à cela que c'est chez les enfans qu'on observe le plus souvent le rachitis, genre de maladie dont l'effet est d'absorber ou de détourner le phosphate calcaire auquel les os doivent leur solidité.

Cette double disposition une fois admise , on expliquera facilement tous les vices ou altérations qui rendent le bassin plus ou moins difforme, ou plusou moins impropre à seconder le vœu de la nature dans Faccouchement.

En effet , personne n'ignore que des parens peu soigneux de l'éducation plrvsique de leurs enfans , et esclaves d'une ancienne mais funeste habitude, les emprisonnent dans des langes trop étroits , aussitôt qu'ils ont vu le jour ; non contentes de ce premier genre de torture , il est des mères qui enfoncent les tendres fruits de leur amour dans des berceaux où ils étouffent sous le poids àes couvertures , et sous la pression des liens qui les captivent. Les retire-ton de ces espèces de prisons , ou pour mieux dire 5 de

ces tombeaux ; c'est pour les confier à une nourrice mercenaire , ou à une gouvernante inattentive, qui, au lieu de les étendre horizontalement sur les bras ? pour favoriser le développement de leurs organes , les relève contre sa poitrine , et les embrasse d'une main qui comprime plus ou moins fortement leur frêle bassin. Quelquefois les en fans restent trop long-temps assis ou couchés sur le dos; enfin, par une anticipation des plus meurtrières et des plus condamnables , on s'empresse de les mettre à la lisière, et l'on essaye de faire marcher ces êtres encore foibles et souvent malades , avant que leurs jambes aient acquis la solidité nécessaire pour soutenir le poids du corps.

Qu'arrive-t-il ? le bassin devenu le centre d'action et de réaction entre la colonne vertébrale et les membres abdominaux , cède à l'effort des puissances qui le compriment , et se contourne de mille manières ; de là ces défectuosités et ces vices qui en altèrent la forme et les dimensions Tantôt les crêtes iliaques trop écartées ou trop rapprochées , augmentent ou diminuent l'enceinte du grand bassin ; tantôt l'une des hanches s'élève au-dessus de l'autre , ou se porte plus en arrière. On a vu des femmes chez lesquelles les os des îles étoient inégalementinclinés à droite ou à gauche, sorte de difformité qui tenoit à la distorsion de la colonne vertébrale.

Que d'altérations et d'irrégularités n'observe-t-on pas aussi dans le petit bassin ! Là , c'est la base -du sacrum qui se jette en dedans ? et la symphyse dix

pubis qui fait une saillie plus ou moins aiguë, tandis que les cavités cotyloïdes repoussées en arrière , se rapprochent des symphyses sacro - iliaques , et donnent au détroit abdominal la forme d'un as de cœur ; de là plus de largeur dans le sens du diamètre sacro-pubien , mais aussi plus de rétrécissement dans le sensdes diamètres obliques. Ici, c'est la symphyse du pubis qui , au lieu de présenter un cintre légèrement arrondi, s'écrase et s'aplatit pour se rapprocher de l'angle sacro-vertébral , d'où résulte un détroit supérieur qui ressemble presque à un huit de chiffre, et dont le diamètre sacro-pubien est plus ou moins défectueux : on cite des bassins, à la vérité, fort peu nombreux , où il ne présentoit que dix et même six lignes d'étendue. Ailleurs, l'un des fémurs supportant trop habituellement tout le poids du corps, en foncela cavité cotyloïde à laquelle il sert de point d'appui, et raccourcit ainsi l'un des diamètres obliques, en laissant aux autres dimensions leur état d'intégrité. Mêmes désordres et mêmes vices de conformation au détroit périnéal ou inférieur ; quelquefois le coccix plus recourbé qu'à l'ordinaire s'approche du pubis, et abrège le diamètre cocci-pubien; d'autres fois la soudure prématurée de cet appendice avec le sacrum , ou russification de ses ligamens latéraux, en arrête la mobilité avant que la femme ait cessé d'être féconde. Le plus souvent ce sont les deux tubérosités ischiatiques qui , par un rapprochement excessif, diminuent la longueur du diamètre transversal; enfin, on a vu Tune de ces cuiinenees os-

DE L'ART DES ACCOU CIIE M EN S. 9.5

scusesplus élevée que l'autre , donner au détroit périnéal une obliquité ou inclinaison latérale qui ne lui étoit pas naturelle.

Ferons-nous l'énumération des vices qui altèrent l'excavation du bassin ? mais on doit les rapporter , au moins en grande partie, à la défectuosité des deux détroits qui la terminent. Car le sacrum est-il trop aplati, comme on Fa observé quelquefois ; l'excavation perd de sa capacité, tandis que les deux détroits gagnent en largeur d'avant en arrière. Au contraire, cet os a-t-il trop de courbure • l'excavation s'évase , et les deux détroits se rétrécissent dans le même sens. Pareillement , la hauteur delà symphyse du pubis ne peut augmenter ou diminuer, sans abaisser ou élever l'arcade soupubienne, et sans raccourcir ou allonger le diamètre cocci-pubien du détroit périnéal. Enfin , tout changement dans la forme , Fobîiquité ou l'étendue des os ischium , doit changer les dimensions de l'excavation et des détroits. Mais nous sommes éloignés de croire, avec un des plus célèbres accoucheurs , que les épines ischiatiques puissent jamais prendre une direction assez vicieuse pour s'opposer àl'aecouchement, en s'implantant dans les fontauellesoudansles sutures de la tète du fœtus.

Une chose bien digne de remarque , et qui a été généralement observée , c'est que la mauvaise conformation du bassin , loin d'être la même dans ses deux détroits, y suitaucontraireun ordre réciproque. Ainsi, il est très-rare que le détroit supérieur pêche par excès d'évasementou d'étronesse eu même temps

que l'inférieur ; au lieu qu'il est très-ordinaire d'observer dans l'un, des altérations opposées à celles de l'autre. Le détroit abdominal est plus souvent rétréci que le périnéal, et le diamètre sacro-pubien du premier est plus souvent raccourci que son diamètre Transversal : sorte de défectuosité opposée à celle du détroit inférieur , où le diamètre transversal est souvent plus court que le diamètre cocci-pubien.

ARTICLE VII

Du Bassin considéré sur la femme vivante.

Un des points les plus essentiels en pratique , est d'apprécier exactement la forme et les dimensions du bassin , soit pendant le cours de la grossesse , soit pendant le travail de l'accouchement. Il ne suffit donc pas d'étudier cette espèce de canal sur îe squelette , ou dans l'état de sec , il faut encore le considérer tel qu'il est sur la femme vivante , c'està-dire , par rapport à ses enveloppes charnues et aux viscères abdominaux dont il est en partie le soutien.

Or toutes les parties molles dont la connoissance se lie d'une manière plus ou moins immédiate à celle du bassin, peuvent, se réduire à des muscles, à des viscères , à des membranes , a des vaisseaux , à des nerfs et à des tégumens.

i°. Les muscles qui ont rapport au bassin , îe recouvrent à l'extérieur , ou en tapissent la cavité. Parmi les premiers, les uns , après s'être attachés au bassin , vont se terminer à la poitrine ou à l'ab-

domen , et peuvent être désignés sous le nom de pelvi-pectoraux ou pelvi-abdominaux ; les autres s'insèrent au bassin et aux membres abdominaux : ce qui nous permet de leur donner aussi le nom de muscles pelvi-fémoraux ou pelvi-cruraux , selon qu'ils se terminent à la cuisse ou à la jambe.

Il y a plusieurs muscles pelvi-abdominaux; savoir, la pyramidal , ou pubio-sous-ombilical , l'oblique externe ou ilio-costo abdominal ; l'oblique interne ou ilio-lumbo-abdominal , et le transverse ou lumboilio-abdominal.

Les muscles pelvi-pectoraux sont le droit du bas- ventre , ou sterno-pubien ; le grand dorsal , ou sacro-lumbo-huméral ; le long du dos , ou sacrospinal , et le quarré des lombes , ou ilio-costal.

Les plans des deux muscles obliques et du transverse , appliqués les uns sur les autres , occupent les parties latérales de l'abdomen , où leurs fibres suivent différentes directions ; ils se terminent en devant par des aponévroses , dont la réunion et l'entre-croisement forment la ligne blancbe. Cette espèce de bande , étendue entre le sternum et la sympbyse du pubis , forme supérieurement une sorte de gaine qui loge à peu près les deux tiers des muscles droits , et se divise vers l'anneau ombilical en deux portions d'égale longueur , dont la supérieure est plus large que l'inférieure.

L'aponévrose du muscle oblique externe forme aussi, par son bord inférieur, le ligament iliopubien ou l'arcade crurale , sous laquelle passent

â 8 Principes

les vaisseaux et les nerfs qui se rendent a la cuisse y et au-dessus duquel on aperçoit l'anneau inguinal , par où passe le cordon des vaisseaux spermatiques chez l'homme , et le ligament rond de la matrice chez la femme.

Les muscîes pelvi- fémoraux sont le fascia-Iata , ou ilio aponëvrotique de la cuisse ; le grand fessier , ou sacro-fémoral ; le moyen fessier , ou grand ilio* trochantéricn , et le petit fessier , ou petit ilio-trochantérien ; le pyramidal de la cuisse , ou sacrotroehantérien ; les jumeaux , ou ischio-trochantériens ; le quarré de la cuisse , ou isehio-sous-trochantérien ; l'obturateur externe , ou sous-pubiotrochantérien externe ; le premier adducteur de la cuisse , ou pubio- fémoral ; le pectine , ou suspubio-fémoral ; le second adducteur , ou sous-pubiofémorai , et enfin le troisième adducteur , ou ischio*fémoral.

Les muscles pelvi-cruraux sont le grêle interne , ou sous pubio-prétibial ; le couturier ou ilio-prétibial; le grêle antérieur, ou ilio-rotuiien ; le biceps delà cuisse , ou ischio-fémoro-péronnier ; le demimembraneux , ou ischio-popliti-prétibial , et le demi-nerveux, ou ischio-prétibial.

Les muscles qui répondent à la cavité du bassin , sont l'obturateur interne, ou sous-pubio-trochantérien interne ; le grand psoas 7 ou prelombo-trochantinien ; le petit psoas , ou prélombo-supubien , et l'iliaque interne , ou iliaco trochantinien. Enfin , on remarque à la région sous-pelvienne , le relevcur

DE L'ART DES A CC O UC II 13 M r NS. 9Q

de l'anus, ou sous-puhio coccigien \ Hschio-coccigicn , le iransverse du périnée, ou iscbio-péVinéal ; le sphincter de l'anus, ou coccigio-anal; rérecteur du clitoris , ou ischio-sousclitorien , et le constricteur du vagin , ou périnéo-clitorien.

Il est bon d'observer que , parmi les muscles internes du bassin , les psoas, ou prélombo-trochanliniens , descendent le long du détroit supérieur,1 et en diminuent la largeur de chaque côtç ; de sorte que le diamètre transversal , le plus long sur le squelette , est un peu plus court que les autres sur la femme vivante. Quant aux diamètres obliques ,* ils perdent aussi quelque chose vers leur extrémité postérieure à cause de ces muscles ; mais ils restent néanmoins les plus longs , pourvu que le bassin ne soit pas mal conformé.

Si Ton réfléchit maintenant sur les attaches et sur la direction des muscles qui ont rapport au bassin , on verra qu'ils ne peuvent se contracter en même temps , soit en haut et en bas , soit en arrière et en devant , sans produire une espèce d'équilibre d'où résulte l'immobilité du bassin.

2°. Pour donner une idée des viscères abdomi-, naux , nous en ferons seulement l'énumération, en parcourant les différentes régions de l'enceinte où ils sont renfermés.

La région épigastrique est occupée par Festo* mac , le foie , la rate , le duodénum et le pancréas, La région ombilicale renferme la plus grande portion de lintestin grêle, le colon ? presque tout l'épi"

Zo PRINCIPES

pîoon et les reins avec leurs dépendances. Dans la région hypogastrique , sont situés le cœcum , une portion de l'iléum et du colon ; quelques unes des parties génitales et urinaires, telles que la matrice avec ses annexes qui répond au milieu du bassin, et la vessie avec le canal de l'urètre , derrière et un peu au dessus de la symphyse du pubis. Quant au rectum qui termine le gros intestin , il est situé sur le côté gauche de la saillie sacro-vertébrale , ce qui mérite d'être remarqué.

5°. Les vaisseaux sanguins qui arrosent le bassin , sont des artères et des veines. Les premiers naissent de l'aorte , et les derniers de la veine cave abdominale.

Parvenue sur le corps de la quatrième vertèbre lombaire , l'aorte se bifurque et fournit deux gros troncs qu'on nomme pelvi-cruraux. Mais à quelque distance , chacun de ces troncs se partage en deux branches distinctes par leur direction; savoir, la crurale qui va se distribuer au membre abdominal , et la pelvienne qui fournit ordinairement les sept branches suivantes; Piliaco musculaire, les sacrées latérales , la sous-pubio fémorale , l'ombilicale qui envoie quelques rameaux à la vessie, à l'utérus et au vagin , la fessiere , la férnoro-poplitée et la souspelvienne qui naît souvent de la précédente , et fournit des rameaux à la vessie, au rectum, à la matrice , au vagin , au périnée et au clitoris.

Les veines se distinguent par les n êmes uoms , et suivent une direction inverse depuis leurs dernières

DE L'ART DES ACCO UCHE M EN S. 3l

ramifications jusqu'à la veine cave abdominale , où elles se terminent.

Outre les vaisseaux sanguins-, le bassin en reçoit encore un nombre prodigieux de lymphatiques que l'injection rend manifestes.

4°. Les nerfs du bassin tirent leur origine des paires lombaires et sacrées. Les lombaires envoient Jeurs branches postérieures aux lombes , au sacrum et aux fesses. La branche antérieure de la première paire fournit deux rameaux , l'un supubien et l'autre inguinal , tandis que les branches antérieures des quatre dernières paires concourent à former la portion supérieure ou lombaire du plexus crural, laquelle fournit quatre nerfs , savoir , le cutané externe de la cuisse, les inguinaux, le fémoro prétibial et le soupubio fémoral.

Nous rappellerons , comme en passant , que ces nerfs se trouvent derrière , et dans l'épaisseur des muscles psoas , et que les deux derniers se rendent à la cuisse , l'un en passant sous l'arcade crurale, ou ligament ilio - pubien , et l'autre par la sinuosité que nous avons fait remarquer à la partie postérieure et supérieure du trou soupubien.

Les paires sacrées, au nombre de cinq , envoient leurs branches postérieures aux tégumens par les trous de la face spinale du sacrum ; et les branches antérieures des quatre premières paires se réunissent pour former la portion inférieure ou sacrée du plexus crural , en sortant des espèces de gouttières creusées à la face abdominale du même os. De ce

5a PRINCIPES

plexus sortent six autres nerfs, risebio-clitorien , le cutané sous-pelvien , les fessiers , lesischio trocbantériens , le cutané postérieur de la cuisse , et îe . fémoro-poplité , qui se distribue à la face postérieur© du membre abdominal , et jusque sous la plante du pied. La cinquième paire sacrée se ramifie aux parlies circonvoisines du coceix.

Enfin , les nerfs trisplanchniques se terminent à l'extrémité du sacrum, et lient ainsi le bassin et les organes qui y sont contenus avec toute l'économie animale.

5°. Les membranes pelviennes sont ou séreuses ou muqueuses : les premières ne sont que des productions du péritoine qui tapisse la cavité abdominale , et les secondes revêtent l'intérieur des organes aénito-urinaires.

En décrivant les os du bassin et leurs sympbyses, nous avons eu occasion de parler des ligamens qui contribuent à leur solidité.

6°. Nous terminerons par l'enveloppe commune des parties dures et des parties molles qui composent le bassin ; elle est formée par un tissu cellulaire plus ou moins abondant , selon l'embonpoint de la femme , et plus ou moins épais selon les régions qu'il occupe. La peau qui le recouvre présente deux ouvertures , l'anus et la vulve , et trois plis ou, sillons , savoir; le pli de l'aîne , le pli de la fe*se et celui de la cuisse, qui s'effacent ou se creusent par la flexion ou l'extension , par le rappochement ou l'écartement des membres abdominaux.

ARTICLE VIII

Des Pelvimètres ou inst rumens propres à mesurer 1rs dimensions du bassin.

Ce n'est point une chose très-rare , qu'on soit obligé , dans la pratique , de mesurer le bassin , pour en constater la bonne ou mauvaise conformation. Tantôt c'est une jeune vierge qui , pour calmer les sollicitudes d'une tendre mère , demande aux gens de l'art , si elle peut s'engager avec sûreté dans les liens du mariage ; tantôt c'est une épouse qui , déjà enceinte et sur le point d'être mère ; doute encore si elle pourra mettre au jour le fruit qu'elle porte dans son sein ; enfin , il peut arriver qu'une femme en travail s'épuise en vains efforts, et que l'accouebeur soit obligé de lui prêter une main secourable. N'est-il pas nécessaire, dans tous ces différens cas , et surtout dans le dernier , de calculer les dimensions de la filière que le fœtus doit traverser en venant au monde , soit pour apprécier les obstacles qui pourroient s'opposer à l'accouchement , soit :pour déterminer le moyen de suppléer à la nature impuissante ?

Le plus souvent , les femmes encore libres ou mariées, qui se soumettent à l'application du pelvimètre , ont été plus ou moins maltraitées dans l'enfance par le racbitis ; ou bien il leur est arrivé ensuite quelque accident qui , en retardant ou en suspendant leur accroissement , a influé sur leur organisation physique. De là des traits de lumière, qui,

à la vérité , peuvent éclairer les gens de l'art , et leu? dicter quelquefois d'avance le jugement qu'ils doivent porter , mais qui ne les dispensent pas de faire des recherches ultérieures. En effet , on seroit exposé à commettre les plus grandes et les plus funestes erreurs , si , par trop de précipitation , on s'avisoit de prononcer que le bassin est défectueux chez toutes les femmes qui ont été nouées dans leur bas âge , ou dont le système osseux a souffert des altérations à une époque de la vie plus avancée. L'expérience et l'observation n'ont-elles pas attesté nombre de fois que cette espèce de eau al pouvoit conserver sa forme et ses dimensions naturelles au milieu des désordres qui bouleversoient la charpente osseuse ? Nous en avons vu un exemple à l'hospice de l'Ecole , sur une femme âgée de quarante ans , qui venoit y chercher du soulagement pour quelque affection chronique. Cette infortunée , outre la plus bizarre contorsion des membres et l'inflexion de la. colonne vertébrale, avoit la poitrine enfoncée et le dos surmonté d'une saillie considérable ; marques ineffaçables et manifestes d'une maladie qu'elle dispit avoir essuyée à l'âge de dix-huit ans. Le professeur Antoine Dubois lui ayant demandé si elle étoit mariée 7 e\]e répondit affirmativement , et ajouta qu'elle étoit mère de six en fans, dont elle étoit accouchée sans la moindre difficulté. Il est donc trèsprobable que son bassin n'avoit souffert aucun dommage dans sa forme ni dans ses proportions. Une autre femme , non moins bizarrement contrefaite

DE L'ART DÉS ÀCÇOUÇHTSMjÇNS. 35

que la précédente, devînt enceinte, il y a quinze ans , a la suite d'un commerce qu'elle eut aver. un grenadier : sa difformité éloit (elle que, vers la fin de la grossesse, la hanche , d'un côté, rcmontoit vers l'aisselle correspondante , à cause de l'inflexion de la colonne vertébrale , e£ de l'inclinaison du bassin. Elle accoucha cependant neuf mois après dans notre amphithéâtre, d'un enfant vivant et assez volumineux , au grand étonnemcnt des élèves, et surtout, de quelques accoucheurs qui l'avoient condamnée au couteau césarien. Nous observerons que cette femme navoit perdu sa bonne conformation qu'à l'âge de douze ans, époque oit les os du bassin eurent vraisemblablement assez de solidité pour résister aux atteintes du mal qui avoit fléchi l'épine et tordu les membres. Cette même femme accoucha encore très-naturellement au mois d'octobre i8i3 , en présence du docteur Barbette y notre prévôt, et de quelques élèves sage-femmes; mais elle succomba , environ deux mois après , à une hydropisie générale ; et l'ouverture du cadavre nous fit voir que le bassin , quoique vicié dans sa forme , conservoit néanmoins assez de largeur pour livrer passage à un foetus de volume ordinaire.

Ces deux exemples qui nous sont propres , et nombre d'autres qu'on trouve dans les auteurs , prouvent donc que le rachitis peut respecter les os du bassin chez les individus qui sont sortis de la première enfance.

Si , d'un autre côté . on considère que des femmes,

par un insigne mais rare bienfait de la nature , sont accouchées heureusement , et sans de grandes difficultés, quoique leur bassin n'eût ni la forme, ni ' les dimensions ordinaires ; si l'on considère encore que l'étroitesse du détroit supérieur peut aller jusqu'à deux pouces et demi, dans le sens du diamètre sacro-pubien , sans ôter aux femmes la faculté naturelle d'être mères; avec quelle méfiance ne prononcera-t-on pas sur la bonne ou mauvaise conformation du bassin? Le ministère de l'accoucheur , il faut en convenir , a quelque chose de bien délicat , nous dirons même de terrible , quand il s'agit de procéder à l'examen de ce canal ; et l'on ne peut se dissimuler qu'on marche alors , pour ainsi dire , entre deux écueils ; car si , par malheur , on porte un jugement faux, la femme bien conformée est condamnée à une stérilité perpétuelle , et celle qui est contrefaite , achète les plaisirs de l'hymen et les douceurs delà maternité par les plus cruelles souffrances, et par le sacrifice même de la vie. Alternative épouvantable ! qui prouve certainement combien il faut apporter de soins et de lumières dans 3a considération du bassin.

En général , on peut présumer qu'il est bien conformé, lorsque les hanches médiocrement arrondies, et égales tant en hauteur qu'en largeur, présentent un écartement de huit à neuf pouces entre les épines supérieures et antérieures ; lorsqu'il y a sept àhuît pouces d'épaisseur entre le mont de Vénus et la pointe du tubercule épineux de la dernière vertèbre

DE L'ART DES ACCÔUCITE MENS. Zj

lombaire; lorsque le pubis n'est ni trop aplati ni irop convexe , et que le sacrum est légèrement déprime à sa partie supérieure et postérieure; enfin, lorsque le centre de celte dépression n'est éloigné de l'extrémité du coccix que de quatre ou cinq pouces. Au contraire , l'irrégularité de ces formes extérieures fait toujours soupçonner la mauvaise conformation du bassin : ainsi, ies hanches sont-elles inégalement arrondies et élevées , trop rapprochées ou trop écartées , plus larges et plus avancées , ou plus reculées l'une que l'autre; c'est un signe que le grand bassin est défectueux. De même le pubis trop aplati, et la chute des reins plus ou moins profonde qu'à l'ordinaire , annoncent que le détroit supérieur est resserré d'avant en arrière , tandis que la forme obtuse du mont de ^Vénus jointe à la dépression de l'une des aines n'annonce l'élroitssse que d'un seul côté. Lorsque le sacrum est trop saillant ou trop convexe en arrière , le petit bassin est trop évasé , et ses détroits sont resserrés. Enfin , la pointe du coccix est-elle trop recourbée en dedans, ou trop déjetée en dehors , c'est une preuve que le détroit périnéal est trop resserré ou trop large dans le sens de son diamètre cocci-pubîen.

Mais tous ces signes extérieurs , quel que soit leur degré d'utilité , ne sauroieut suffire pour faire apprécier exactement la difformité du bassin ; et l'application des mains que quelques praticiens conseillent, n'ofFriroit elle-même que des notions générales et incertaines sur un point aussi essentiel ; il

est donc nécessaire d'avoir recours à d'autres moyens qui, en procurant une connoissar-ce , sinon précise ? du moins approximative , des principaux diamètres du bassin , puissent mettre l'accoucheur à l'abri de toute erreur préjudiciable. On se sert pour cela de plusieurs instrumens , dont les uns s'appliquent à l'extérieur du bassin ? et les autres se développent en dedans.

Parmi les premiers , le compas d'épaisseur est celui qu'on préfère , non-seulement parce qu'il ne cause point de douleur 9 mais encore parce que l'application en est facile et commode dans tous les temps et sur toutes les femmes. C'est un instrument composé de deux branches courbées a leur partie antérieure , et fixées postérieurement , au moyen d'une charnière qui permet à leurs extrémités lenticulaires de s'approcher ou de s'éloigner suivant les cas. La portion droite de l'une de ces branches est creusée en forme de gouttière , et loge une échelle graduée qui n'en sort que pour traverser une mortaise pratiquée à l'autre branche , où elle est fixée par une vis à tête plate. Cette échelle sert à calculer l'épaisseur du corps qui a été saisi par les branches du compas.

Pour faire usage de cet instrument , après en avoir placé les extrémités lenticulaires sur les points extérieurs du bassin dont on veut mesurer la distance , on serre la vis à tête plate , et le nombre des points marqués sur l'échelle jusqu'à la mortaise , équivaut a celui des pouces compris entre les bran-

DE L'ART DES ACCOUC1IEMENS. Z()

clies du compas. Si de celle évaluation on déduit ensuite l'épaisseur des parois correspondantes du bassin, le reste donne l'étendue de la dimension intérieure qu'on cherche. Par exemple , si de l'épaisseur du bassin comprise entre la symphyse du pubis et le centre de la dépression lombaire, on déduit trois pouces , tant pour la base du sacrum que pour le pubis , on obtient pour résultat le diamètre sacro-pubien du détroit supérieur ou abdominal. Si, après celle soustraction , qui est presque toujours constante et invariable, au moins à une ligne près , il reste de trois pouces et demi à quatre pouces, c'est une preuve que le détroit supérieur jouit d'une bonne conformation. Dans le cas contraire , cette ouverture est d'autant plus défectueuse que la soustraction donne de plus petits restes.

On ne peut donc contester les précieux avantages de cet instrument , et l'on pourroit absolument se dispenser de tout autre , s'il suffisoit d'examiner simplement le dehors du bassin , pour en vérifier la bonne ou mauvaise conformation. Mais, comme l'intérieur de ce canal est quelquefois affecté d'exostose ou d'autres vices que le compas d'épaisseur ne peut déterminer , il a fallu nécessairement recourir à des moyens capables de suppléer à ce défaut. C'est ce qui a fait imaginer des instrumens qui se développent à l'intérieur du bassin et entre autres le pelvimètre de Coutouîy.

Ce dernier instrument semblable , en quelque sorte ? à celui dont le cordonnier se sert pour me-

qO PRINCIPES

surer la forme du pied , est compose de deux branches , dont Tune se loge et se meut dans le corps de l'autre , qui est creusé pour cet effet en forme de gouttière à queue d'aroude. Chacune d'elles est armée dune équerre à son extrémité antérieure, et celle qui est creusée présente inférieurement ou sur sa partie convexe des crochets destinés à la maintenir , pendant qu'on introduit et qu'on développe la seconde ; celle-ci porte une échelle ponctuée à sa partie postérieure , pour marquer l'espace compris entre les deux équerres.

S'agit-il de mesurer le diamètre sacro-pubien du détroit supérieur ou abdominal ; on introduit la branche creuse de cet instrument dans le bassin , et on applique son équerre sur la saillie du sacrum , où on la soutient à l'aide des crochets dont elle est armée inférieurement ; on fait glisser ensuite dans sa gouttière la branche mobile jusqu'à ce que l'équerre en soit appuyée contre la symphyse du pubis; enfin , on examine l'échelle graduée qui donne une certaine évaluation de laquelle on retranche six ou huit lignes , tant pour l'épaisseur du pubis que pour l'inclinaison de l'instrument, et l'on obtient la longueur du diamètre qu'on cherchoit.

Mais qui ne s'aperçoit déjà que cet instrument a mille inconvéniens qui le mettent au-dessous du compas d'épaisseur , et qui doivent le faire proscrire de la pratique ? D'abord il n'est point d'une exactitude rigoureuse , et l'introduction en est dif-

de l'art des accouchemkns. 4i

fîcile à cause de la résistance que lui opposent les parties molles dubassiu , d'où résultent quelquefois des douleurs plus ou moins incommodes ; en outre , Tune des branches appliquée sur le milieu de l'angle sacro vertébral est sujette à se déranger pendant qu'on fait glisser l'autre vers le pubis ; enfin , qui oseroit s'en servir chez les jeunes filles , sans crain» dre de compromettre sa réputation, et de porter atteinte à l'innocence des mœurs?

Quel seroit donc l'instrument qui 1 éuniroit le plus d'avantages pour l'examen du bassin , et auquel on pourroit donner le nom de pelvimètre par excellence? ce seroit sans contredit le doigt d'un accoucheur intelligent et exercé par une longue habitude , si toutefois on pouvoit l'employer chez les jeunes filles qui n'auroient pas été encore déflorées. En effet , il n'y auroit pas de meilleur moyen , non-seulement d'apprécier l'étroitesse de l'un et l'autre détroit et de l'excavation , mais encore d'en découvrir les autres vices , tels que les tumeurs que peuvent présenter les parties charnues et osseuses du bassin. Appliqué par son bord radial contre la sommité de l'arcade pubienne et avancé vers la saillie du sacrum , en élevant le poignet, le doigt indicateur mesure une étendue oblique qui excède communément d'un demi-pouce le diamètre sacro-pubien : le même doigt, disposé comme ci-dessus, et dirigé vers îa pointe du coccix , évalue aussi d'une manière assez exacte le diamètre cocci- pubien du détroit périnéal.

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