‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 5)Chapitre 5 sur 35 · P RI N C I P E S · texte numérisé non relu

P RI N C I P E S

Quant aux dimensions latérales du bassin , on les estime avec assez de précision , soit en les parcourant du doigt indicateur, ce quiest toujours possible, même pour le détroit périnéal,àmoins que la femme ne jouisse d'un embonpoint excessif, soit en jugeant de leur étendue par celle des dimensions antéro postérieures ; car il est assez rare que le bassin soit Lien conformé d'avant en arrière , sans jouir du

même avantage en travers.

On ne doit donc jamais manquer de porter le doigt indicateur dans le vagin toutes les fois que l'état de la femme le permet, puisque ce procédé- est plus sûr et plus commode pour l'examen du bassin , que tous les instrumens dont nous avons déjà parlé. Mais , nous le répétons encore , le compas d'épaisseur est le seul qui mérite la préférence, quand la personne qui se soumet à de telles recherches est encore libre , ou qu'elle répugne trop à l'attouchement immédiat du doigt etdela main. Cet instrument convient surtout pour mesurer la largeur du grand bassin , ou l'écartement des hanches , et le diamètre sacro-pubien du détroit abdominal ; mais il n'a point le même avantage pour le détroit inférieur , dont on ne peut guère estimer les dimensions qu'en palpant extérieurement la pointe du coccix et la sommité de l'arcade du pubis , lorsque la femme est debout , et les deux tubérosités ischiatiquos, lorsqu'elle est accroupie.

Les accoucheurs ont encore cherché à déterminer la profondeur du bassin , de même que la hauteur

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de l'arcade soupubiennc. Mais la connoissance de ces dimensions n'est que d'une médiocre milité au* près de la largeur des détroits et de l'excavation, de laquelle dépend toujours la facilité ou la difficulté de l'accouchement. D'ailleurs, n'est-il pas évident que la profondeur du bassin se mesure en arrière parla longueur du sacrum, eu devant, parla longueur de la symphyse du pubis , et sur les côtés , par la moitié de l'os des hanches? Enfin, ne voit-on pas que la hauteur de l'arcade soupubienne égale la profondeur latérale du bassin , moins la longueur de la symphyse du pubis, et que la largeur de cette arcade s'estime , soit en palpant les grandes lèvres , soit en mesurant l'écartement des tubérosités ischiatiques ?

ARTICLE IX

Différence du Bassin de la femme avec celui de

f homme.

Il suffit de jeter un coup d' œil sur le bassin de la femme , pour en saisir la différence avec celui de l'homme, tant sous le rapport de sa forme que de ses proportions.

En effet , qu'où examine ce canal dans son ensemble, ou dans chacune de ses parties, on y remarque des nuances qui établissent, pour ainsi dire, une ligne de démarcation entre. les deux sexes.

Les crêtes , ainsi que les tubercules antérieurs et supérieurs des os des îles sont plus éloignés chez la femme ? ce qui donne plus d'évasement aux fosses

iliaques , et plus de capacité au grand bassin. Les deux détroits qui terminent la cavité pelvienne , ne préseutent pas des différences moins sensibles dansl'un et l'autre sexe; le contour du détroit abdominal est plus large et plus arrondi chez la femme, la saillie sacro-vertébrale moins prononcée ; les deux tubérosités ischiatiques sont aussi moins âpres , moins saillantes et plus écartées que chez l'homme ; enfin, l'extrémité du coccix s'approche moins de l'arcade soupubienne , ce qui donne au détroit périnéal plus de largeur d'avant en arrière.

Quant à l'excavation , elle est plus creusée à la partie postérieure chez la femme , parce que le sacrum a plus de longueur et de courbure; l'arcade soupubienne est plus large , et les branches en sont aussi plus contournées en dehors et en avant ; la région du pubis est moins convexe, elle cartilage qui en forme la symphyse, plus épais et plus court i présente vers le dedans du bassin un bourrelet plus sensible que chez l'homme.

Mais outre ces différences qui sont purement sexuelles , on en remarque encore d'autres qui sont individuelles , ou qui ne tiennent qu'à la stature et à l'âge de l'individu. Ainsi, il est de fait que le bassin est plus large et moins profond chez les femmes d'une taille médiocre , que chez celles dont la taille est svelte et plus ou moins démesurée. I/observation atteste aussi que le diamètre sacro-pubien du détroit abdominal est plus long que le transversal chez les femmes impubères, tandis qu'on observe le contraire

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a un Age plus avancé : différence remarquable que l'analogie fait retrouver encore chez les femelles ries quadrupèdes dont le bassin n'achève de se développer , et n'acquiert la forme et les proportions néces» saires pour l'expulsion du fœtus qu'à l'époque de la puberté.

Parmi toutes ces différences que la nature a su ménager pour rendre l'accouchement plus facile, il en est cependant qui exposent la femme à certaines incommodités qu'on observe plus rarement chez, l'homme ; ainsi les tubercules supérieurs qui terminent antérieurement les crêtes iliaques, nepeuvent être plus écartés, sans donner plus de longueur au ligament supubien qui forme l'arcade crurale ; d'où, il résulte que l'intestin et l'épiploon trouvant en cet endroit moins de résistance et plus d'ouverture , doivent s'échapper plus fréquemment de leur enceinte, et produire des hernies plus ou moins fâcheuses : sorte de maladie qui se trouve compensée chez l'homme par les hernies inguinales auxquelles il est plus sujet , parce que l'anneau supubien a plus d'ouverture.

D'un autre côté , la femme ayant les hanches plus écartées , doit nécessairement marcher avec moins de sûreté que l'homme. Car , dans la progression , lorsqu'une jambe est élevée , le centre de gravité du corps se porte moins promptement sur l'aui re qui est fixée sur le sol; d'où résulte une espèce de claudication ou de marche vacillante , dans laquelle le tronc et les membres abdominaux , au lieu d'avancer

directement ou en ligne droite , décrivent des arcs de cercle plus ou moins grands : ce qui donne à la progression de la femme , au moins quand elle fait de grands pas , une certaine ressemblance avec celle des oies ou des canes.

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