‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 5)Chapitre 8 sur 35 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

De V Accouchement naturel.

Xj'accouchtuMENt naturel est ainsi appelé, parc© qu'il se termine par les seules forces de la nature ou sans le secours de l'art. On peut le considérer comme le complément de la génération et le terme de la grossesse. C'est une opération plus ou moins tumultueuse qui change les rapports de la femme avec le produit de la conception , et qui , en les séparant l'un de l'autre , les fait passer à une nouvelle existence. Alors le fœtus naît pour commencer uue vie plus complète , et la matrice , après s'être agrandie pendant l'espace de neuf mois, se contracte* pour revenir à son état ordinaire ou primitif.

Mais ce nouvel ordre de choses ne s'établit pas brusquement et d'une manière instantanée ; on observe , au contraire , que l'accouchement présente différentes périodes , et que l'œuf ne sort presque jamais qu'en détail. Ce sont pour ainsi dire plusieurs; accouchemens partiels qui se succèdent dans un ordre fixé par la nature , et qui constituent l'accouchement total. D'abord, la matrice se débarrasse de l'eau de l'amnios ; puis elle se resserre et s'applique kûînérliatement sur le fœtus qu'elle expulse à son tour; bientôt après le placenta est chassé avec les membranes , et la femme est délivrée ; enfin quel»

ques caillots de sang sortent encore ; ]es lochies coulent pendant quelques jours, et la femme n'a pins qu'à nourrir de son lait un nouvel individu dont elle se glorifie d'être mère.

L'ex pulsion successive des eaux de l'amnios , du fœtus, de Farrière-faix et des lochies, telle est donc la marche qu'on observe presque toujours dans l'accouchement naturel; tel sera aussi l'ordre que noiy* suivrons , pour en étudier le mécanisme et les phénomènes. Nous négligeons entièrement les divisions purement scolastiques qu'on trouve dans les auteurs , et qui n'offrent qu'un jargon inutile et presque vide de sens. La meilleure division , selon nous , est celle qu'on apprend à l'école de la nature ; et il nous paroît d'autant plus essentiel de * nous y conformer, que la plupart des fautes en pratique ne proviennent que de ce qu'on ouhjie souvent les leçons de cette sage institutrice. Que de praticiens , et surtout que de matrones auraient à se repentir de l'avoir accusée de lenteur , et d'avoir trop pressé le travail de l'accouchement , en ouvrant une issue prématurée aux eaux de l'amnios, en accélérant l'expulsion du fœtus et du délivre , ou en provoquant quelquefois l'écoulement des lochies !

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