‹ Cours theórique et pratique d'accouchemensChapitre 6 sur 58 · DE LA MATRICE ET DE SES DÉPENDANCES · texte numérisé non relu

DE LA MATRICE ET DE SES DÉPENDANCES

Il s’en faut bien que la matrice soit un organe isolé et indépendant; on doit la considérer au contraire, comme le centre d'un système auquel se lient d’une manière plus ou moins immédiate tous les autres organes de la génération , tant externes qu’internes; d’ailleurs elle a des connexions soit avec la plupart des organes urinaires, soit avec l’extrémité du conduit intestinal ; et ses rapports avec toutes les'aulres parties de l’économie animale

ont été si bien 6entis pas Hippocrate, et par les plus célèbres praticiens , qu’ils n’ont pas hésité de regarder la matrice comme la source d’une infinité de maux qui affligent la femme.

L’accoucheur, dont le ministère se borne le plus souvent à augmenter ou a modérer la force expullrice de ce viscère , doit donc s’appliquer à le connaître , non-seulement par rapport à sa situation , à sa forme, à ses dimensions et à sa structure , mais encore par rapport à ses connexions et à ses dépendances. Il doit aussi en étudier les vices de conformation pour les corriger, quand cela est possible, ou pour donner des conseils toujours ulilffs et jamais nuisibles aux femmes0 dont il a la confiance.

ARTICLE PREMIER

De la situation , de la forme, des dimensions, et de la structure de la matrice.

La matrice est située dans le bassin, entre la vessie èl le rectum ; la direction en est oblique et variable suivant l’attitude de la femme. Dans la station, elle s’incline vers le pubis , et dans la supination , vers l’angle sacro-vertébral; quand le corps^st assis , elle s’approche de la verticale : elle ne se porte presque jamais à droite ni à gauche, mais elle se tourne quelquefois sur ellemême, de manière que ses faces regardent plus ou moins de côté. C’est un viscère conoïde ou cucurbitiforme , creux, membraneux, probablement de nature musculaire, vasculeux et nerveux, dans lequel s’accoiftplil , pour l’ordinaire , le grand œuvre de la génération.

1° On ne s’accorde guère sur la figure de ce viscère ; les uns le comparent à un cœur, et les autres à une poire ou à une pelote ; mais il ressemble davantage à un cône renversé , ou à une petite calebasse un peu aplatie.

On le divise en trois portions, savoir , une plus large

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en haut et eu arrière, au-dessus des trompes utérines ou de Fallopia : c’est le fond de la matrice ; une autre plus resserrée en bas et en devant, qui en forme le col , et qui est légèrement renflée à sa partie moyenne; enfin une troisième entre les deux précédentes , qui en est le corps.

A l’extérieur, la matrice est légèrement aplatie, mais arrondie du côté du rectum et de la vessie ; elle répond à l’abdomen par son bord supérieur ou son fond, et aux côtés de la cavité pelvienne par ses deux bords latéraux, qui sont les plus longs, et qui se rapprochent continuellement l’un de l’autre , ce qui donne à cet organe une figure triangulaire , ou l’on dislingne trois angles , deux supérieurs et latéraux vers l’insertion des trompes , et un inférieur , qui fait saillie dans le vagin , et auquel les accoucheurs donnent le nom bizarre de museau de lanchc.Ce dernier, chez les femmes qui sont encore vierges et qui n’ont point eu d’enfants, s’ouvre dans le vagin par un orifice presque toujours arrondi , ou légèrement ovale : tandis que chez les autres , c’est le plus souvent une fente transversale, plus ou moins irrégulière , dont la lèvre antérieure est plus épaisse et plus longue que l’autre. Celte ouverture, naturellement étroite, se dilate un peu pendant l’écoulement des menstrues, et reste plus ou moins béante quelques jours après; d’où il résulte que certaines femmes, surtout celles qui sont nouvellement mariées, conçoivent alors beaucoup plus facilement que dans tout autre temps.

2° La matrice a de deux pouces et demi à trois pouces de long , depuis le milieu du fond jusqu’à l’extrémité inférieure du col. La largeur en est de dix-huit à vingt lignes au bord supérieur ou abdominal , et diminue de haut en bas , à cause du rapprochement des bords latéraux. L’épaisseur entre les points les plus saillanls ou les plus élevés des deux faces en est de dix- à douze lignes ; les bords en sont plus minces que la partie moyenne ou centrale. •

PRINCIPES

Le col de cet organe a six lignes delong en avantel une oudeux lignesde plus en arrière. Les deux extrémités en sont plus minces et plus étroites que la partie moyenne, dont la largeur et l’épaisseur sont de six à sept lignes. L’orifice inférieur ou externe n’a qu’une ligne de diamètre tout au plus.

3° Si l’on fend la matrice à sa face antérieure ou postérieure , on en découvre la cavité , que l’on divise communément en deux portions , l’une supérieure et large , qui appartient au corps; l’autre inférieure et beaucoup plus étroite, qui correspond au col. La première, triangulaire et capable de contenir à peine une fève de marais, s’ouvre en haut et sur les côtés par deux orifices qui conduisent dans les trompes, et en bas par un autre plus large, qu’on appelle orifice interne de la matrice, et qui aboutit à la cavité du col. Celle-ci est une espèce de canal qui a près d’un pouce de longueur, et qui est un peu plus large à sa partie moyenne qu’à ses extrémités : disposition que nous avons déjà fait remarquer à la face externe du col utérin.

4° La matrice est revêtue de membranes tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. D’abord une duplicafure du péritoine en recouvre toute l’étendue , excepté le museau de tanche , et semble entrer dans sa structure, tant elle est adhérente. C’est celle membrane séreuse qui , par ses prolongements , unit la matrice avec les viscères voisins et la relient elle-même dans le petit bassin. On croit aussi qu’une membrane muqueuse très-fine et trèsadhérente tapisse toute la cavité utérine; mais aucun anatomiste n’en a encore démontré l’existence. Tout ce qu’on sait de plus positif là-dessus , c’est que celte cavité est naturellement blanchâtre avanlja puberté et à un âge avancé. On y aperçoit seulement quelques rides dans la moitié inférieure du col , où l'on rencontre aussi un grand nombre de follicules muqueux, disposés symétriquement suivant quatre lignes opposées , dont deux antérieures et deux autres postérieures. Telle est sans

doute la source de l’humeur muqueuse qui lubrifie la surface de l’utèrus-el peul-êlre aussi l'origine du sang qui , par un mécanisme encore ignoré des physiologistes, en découle ou s’en exhale périodiquement tout les mois.

5° Des vaisseaux sanguins, tant artériels que veineux , fournis par le tronc des spermatiques el des pelviens ou hypogastriques arrosent la matrice. Apres en avoir pénétré le tissu de chaque côté , ils se ramifient sur ces deux faces , s’enlrelacent de mille manières , et s’anastomosent les unsavec les autres. Si l’on en croit un savanl«natomisle anglais , ils sont accompagnés de deux plans de vaisseaux lymphatiques naturellement peu apparents, mais très-volumineux vers la fin de la grossesse, qui se rendent auxganglions hypogastriques ellombaires.

6° La matrice reçoit aussi une foule de ramifications nerveuses qui lui sont fournis par les plexus rénaux et lombaires , par le grand trisplanchnique , et par les nerfs sacrés. De là celte merveilleuse sympathie qui lie le centre du syslème générateur à (ouïes les autres parties de l’économie animale , et sert à expliquer les nombreuses affections , ou plutôt cette prodigieuse variété de phénomènes qu’on observe chez la femme, surtout pendant la grossesse. »

7° En examinant le tissu de la matrice , le scalpel à la main, on en estime l’épaisseur, qui n’est que de trois à quatre lignes : mais on le trouve composé de fibres dont l’entrelacement est si inextricable, qu’il est impossible dçn déterminer l’ordre el la disposition. On remarque seulement qu’elles sont plus serrées et plus pâles dans le col de la matrice , surtout vers l’orifice vaginal , dont le poli et la dureté semblent tenir du cartilage ; tandis que dans le fond et le corps , dont la substance parait comme diploïque, elles sont moins serrées, plus rougeâtres cl plus molles. Mais quelle est la nature des fibres utérines? sont-elles charnues et musculaires , ou simplement membraneuses? c’est ce que les anatomistes n’ont pas encore décidé. Les juns n’admettent qu’un

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PRINCIPES

muscle utérin qu’ils placent tantôt vers le fond, tantôt vers le col de la matrice ; les autres , au contraire , en admettent plusieurs en forme de bandes ou d’écharpes plus ou moins obliques sur les deux faces de ce viscère. Alphonse Leroi croyait la matrice composée de deux plans musculeux , l’un externe et l’autre interne : diversité d’opinions qui prouve bien que les anatomistes ont moins vu qu’imaginé les muscles utérins dont ils ont prétendu donner la description. Au reste , qu’importe qu’on dissèque ou non les muscles de la matrice? Il suffit au médecin et à l’accoucheur de ne point ignorer un fait bien certain: que cet organe, excessivement sensible et irritable, se comporte pendant le travail de l’accouchement comme les autres organes ou viscères creux dont les muscles sont les plus forts et les plus robustes ; en effet il exerce même involontairement une force de contractilité dont aucun physiologiste n’a pu donner encore la mesure. Ajoutons à cela que les naturalistes ont démontré l’existence des muscles darrè la matrice des grands quadrupèdes, tels que l’éléphant , le rhinocéros, etc.; pourquoi donc n’en admettrait-on pas dans celle de la femme ? qu’y a-t-il qui s’oppose à cette analogie ? on objectera peut-être que le tissu de la matrice étant naturellement blanc , il et absurde de le considérer comme musculaire ; mais on sait que la contractilité n’appartient pas seulement aux tissus rouges et charnus , et de plus que les muscles sont incolores dans les animaux à sang blanc. Que si l’on persiste à contester la nature charnue ou musculaire du tissu utérin , sous prétexte qu’elle est incompatible avec l’extensibilité qui lui est propre, nous répondrons encore que la matrice ne s’étend que par degrés insensibles, et d’une manière très-lente, semblable aux muscles abdominaux qui ne pefdent pas leurs propriétés, quoiqu’ils soient soumis quelquefois à une extension peu naturelle, même démesurée.

8°Ce n’est point ici le cas d’examiner si la matrice doit

être rangée parmi les muscles volontaires, ou involontaires ; si elle est sous l’inllucnce du cerveau ou du cœur ; enfin si elle appartient plutôt à la vie organique qu’à la vie animale. On sent d’avance tout le ridicule dépareillés questions dans un ouvrage sur l’art des accouchements. Nous discuterons encoremoinsqucl est le rang que la matrice doit occuper parmi lesorgaues génitaux de la femme; si elle est plus ou moins essentielle ou nécessaire que les ovaires ; s’il faut lui accorder le titre de réceptacle destiné à loger et à nourir le germe fécondé , ou ne la considérer que comme un organe de communication ; enfin si la femme ne pourrait par encore jouir de la faculté d’être mère , quoiqu’elle fût privée de la matrice . On doit convenir qu’il faudrait avoir bien du temps à perdre pour s’engager dans des discussions aussi oiseuses et aussi frivoles. Nous nous contenterons donc de rappeler ici, avec le docteur Broussais, que la matrice est un des organes qui constituent l’appareil génital chez la femme, appareil qui est susceptible d’une érection excessive, qui agit fortement sur l’intellect, sur les passions et sur l’instinct ; qui se lie très-ètroitementavec tous les autres organes , et remue un très-grand nombre de sympathies. Nous ajouterons que le germe ou l’embryon , d’où qu’il provienne, se développe dans la matrice pendant la grossesse , et qu’il en est expulsé durant le travail de l’accouchementpar la contraction énergique de ce viscère. C’est là un des phénomènes de la nature si souvent observé , que quelques exemples de grossesse extra-utérine, dont l’effet est entièrement nul pour la régénération de l’espèce, doivent être regardés comme des exceptions rares qui confirment la loi générale au lieu de la détruire.

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PRINCIPES

ARTICLE II

Des dépendances cl des connexions de la matrice.

Les trompes et les ovaires, le vagin et la vulve sa lient d’une manière plus ou moins immédiate à la matrice , et sont autant de parties du système générateur chez la femme; mais, avant de décrire ces sortes de dépendances ou d’annexes utérines, il est à propos de rappeler succinctement les moyens qui fixent la matrice dans le petit bassin entre la vessie et le rectum , moyens qui ne sont que des productions du péritoine.

Lorsque la portion de celte membrane séreuse qui tapisse la partie postérieure de la cavité abdominale est descendue jusque dans le petit bassin , elle se réfléchit en quittant la face antérieure du rectum , pour couvrir la face postérieure de la matrice. Arrivée à la partie la plus élevée de ce viscère, elle redescend sur sa face antérieure jusqu’au bas de la vessie , dont elle embrasse , en remontant , la partie postérieure et les côtés.

Il résulte de là que le péritoine forme dans le petit bassin une espèce de duplicature qui en partage la cavité de doite à gauche, et dont les lames écartées dans leur partie moyenne enveloppent toute l’étendue de la matrice jusqu’à son col , sans néanmoins la contenir. Cet organe se trouve ainsi fixé postérieurement au rectum , et antérieurement à la vessie par deux petits replis auxquels on donne très-improprement le nom de petits ligaments ronds postérieurs et antérieurs. On ne les découvre qu’en soulevant la matrice ou en l’écartant de la vessie et du rectum, ce qui les fait paraître sous la forme de deux petits croissants dont les concavités se regardent.

Outre cela, les deux lames de la duplicature transversale du pèritoiue, après avoir fourni une enveloppe à la matrice, s’adossent l’une à l’autre sur les côtés do cet organe , pour y former comme deux ailes qui por-

DE L’ART DES ACC0UCIIE1IENT5.

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tentmal à propos le nom de ligaments larges, et vont s’attacher aux parties latérales du bassin. Ces deux replis sont étendus depuis le col de la matrice jusqu’à sou fond, cl leur bord supérieur est divisé en deux ailerons parallèles, dont l’intérieur renferme la trompe et l’autre l’ovaire. C’est dans le tissu cellulaire qui unit les deux lames de ces prolongements latéraux que serpentent les vaisseaux tant sanguins que lymphaliqnes qui vont à la matrice ou qui en reviennent.

On y trouve aussi de chaque côté un cordon plus vasculeux et charnu que ligamenteux, qu’on nomme ordinairement ligament rond , quoique sa forme aplatie s’oppose à une telle dénomination. Composés de quelques ramifications des artères spermatiques , et d’un filet des plexus rénaux , il^ descendent des angles supérieurs de la matrice un peu au-devant et au-dessous de l’origine des trompes ; ils se recourbent ensuite versles anneaux sus-pubiens, par où ils sortent pour aller s’épanouir en forme de patte d’oie dans l’épaisseur du tissu cellulaire des aines et des grandes lèvres. Ces deux cordons ne sont donc que lacônlinualion des artères spermatiques, et sont destinés à porter la nourriture aux parties qu’ils arrosent : seule fonction qu’on puisse raisonnablement leur accorder.

Les productions péritonéales, dont nous venons de parler, fixent donc et soutiennent la matrice dans le petit bassin, entre la vessie et le rectum, sans lui ôter néanmoins une certaine mobilité, même assez étendue d’avant en arrière, qu’elle ne perd qu’à la fin delà grossesse.

SECTION PREMIÈRE

Des trompes et des ovaires.

1° Les trompes utérines, ainsi appelées à cause dts leur ressemblance avec l’instrument de musique qui porta ca nom , sont deux conduits tortueux, longs do

PRINCIPES

quatre à cinq travers de doigt, et renfermés dans les ailerons antérieurs des replis latéraux du péritoine. Étroites à leur extrémité utérine, où elles admettent à peine une soie de porc, elles s’élargissent insensiblement depuis les parties supérieures et latérales de la matrice jusque vers leur milieu. Là, elles se rétrécissent un peu pour s’élargir de nouveau jusqu’à leur extrémité opposée qui flotte dans la cavité de l’abdomen.

Celte extrémité porte le nom de morceau frangé, parce qu’elle forme une espèce de pavillon découpé en plusieurs languettes , dont une plus rouge et plus longue que les autres s’attache à l’ovaire , et qui toutes sont destinées sans doute à s’appliquer étroitement à ce corps, pour en recevoir le germe que la femme fournit dans l’acte de la génération. *

Ces deux conduits , outre la production péritonéale qui les enveloppe , sont encore revêtus à l’intérieur d’une sorte de membrane qui, en se continuant depuis la matrice jusqu’à la cavité de l’abdomen , fournil le seul exemple connu de communication entre les membranes de cet ordre et les membranes séreuses. Quant à leur tissu intermédiaire, il est composé de plusieurs ordres de fibres dont la nature est la même que celle des fibres utérines, puisqu’elles peuvent se développer, au moins jusqu’à un certain point , et se contracter comme elles.

2° Les ovaires auxquels les modernes ont donné ce nom, parce qu’ils les ont considérés comme des réservoirs pleins d’œufs, sont deux corps blanchâtres qui, par leur volume et leur figure, ont beaucoup de ressemblance avec une fève de marais. Il^sont attachés par un cordon ligamenteux aux parties supérieures et latérales de la matrice, derrière l’origine des trompes, et placés de champ dans l’épaisseur de l’aileron postérieur des ligaments larges. Bosselés et vèsiculeux dans la jeunesse, ils se flétrissent et se dessèchent aussitôt que la femme a cessé d’être féconde. On ignore entièrement

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la structure de ces organes, et le scalpel de l’anatomiste n’a point encore décidé si leur parenchyme n’est qu’un peloton de glandes , ou simplement un amas de tissu cellulaire. Ce que l’on sait de plus positif sur leur usage , c’est qu’ils sont nécessaires à la génération , puisque toute femelle qui en est privée est incapable de se reproduire. Mais doit-on les considérer comme deux testicules qui fournissent une humeur analogue au sperme du mâle, ou bien renferment-ils seulement des germes ou des œufs qui n’attendent plus que le moment d’être fécondés pour aller se développer dans la matrice? c’est là précisément le sujet de la fameuse dispute entre les anciens et les modernes, et l’origine de tous les systèmes qui se sont élevés sur un des plus impénétrables mystères de la nature.

SECTION II

Su vagin.

Le vagin est une espèce de conduit cylindroïde et membraneux, par lequel la matrice communique avec la vulve et les parties externes de la génération. Légèrement incliné entre la vessie et le rectum , il est plus élevé en arrière qu’en avant , et sa paroi antérieure est plus courte que la postérieure, parce qu’il est un peu recourbé du côté du pubis, et que ses extrémités sont taillées en biseaux, et à contre-sens l’une de l’autre.

La longueur ordinaire du vagin est de cinq pouces sur un pouce de large : dimensions qui varient néanmoins beaucoup selon les circonstances ; car il est naturellement plus étroit et un peu plus long chez les vierges que chez les femmes mariées, dont le vagin s’élargit probablement aux dépens de sa longueur. Mais ces variations sont presque nulle* , si l’on a égard à celles qui sont l’effet de la grossesse ou du travail de

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PRINCIPES

l’accouchement; car, dans le premier cas, ce conduit peut s’allonger de plus d’un demi-pied, et dans le second, il s’élargit assez pour livrer passage à la tète et au tronc de l’enfant.

L’extrémité postérieure du vagin embrasse le col de la matrice, cinq ou six lignes au-dessus de l’orifice externe , et forme là une espèce de cul-de-sac d’autant • plus profond , que le col utérin a plus de longueur. L’autre extrémité ou l’entrée du vagin est entourée d’un tissu caverneux, qu’on nomme plexus rétiforme, et de deux bandes charnues qui, du sphincter de l’anus, s’élèvent vers le clitoris. Pendant l’orgasme vénérien, ce petit appareil musculo-vasculaire entre en érection, s’engorge et se contracte; ce qui rétrécit beaucoup l’orifice du vagin.

La structure de ce conduit n’est composée que d’une membrane muqueuse qui se réfléchit sur la partie saillante du col de la matrice, mais ne se prolonge pas , comme on l’avait cru, jusque dans la cavité de ce viscère, et dans les conduits des trompes. Elle est unie antérieurement, par un tissu cellulaire très-serré, à l’urètre et au col de la vessie, postérieurement au rectum , et supérieurement aux replis du péritoine qui fixent la matrice dans le bassin. La surface interne de celle membrane , rugueuse et parsemée de granulations, présente des plis d’autant plus considérables que la femme est plus jeune , et d’autant plus superficiels qu’elle est plus avancée en âge, ou qu’elle a fait plus d’enfants. Ce sont ces inégalités ou ces rides que la nature a mises en réserve, et dont la direction , soit transversale , soit longitudinale , permet au vagin de s’allonger pendant la grossesse, et de s’élargir pendant l’accouchement : changements qui ensuite disparaissent peu à peu, lorsque ces causes cessent d’agir, et que le vagin, par une force d’élasticité ou plutôt de tonicité qui lui est propre, revient à peu près à son état naturel. •

Ce sont les follicules de cette membrane qui fournissent l’humeur muqueuse dont l’intérieur du vagin est sans cesse lubrifié ; et au milieu de l’appareil musculo-vasculaire qui entoure l’entrée de ce conduit, o# trouve deux corps glanduleux de la grosseur d’une petite fève de haricot, dont les canaux excréteurs dardent quelquefois avec force la liqueur filtrée pendant l’orgasme vénérien.

Le vagin est arrosé de vaisseaux sanguins, qui viennent des troncs hèniorrhoïdaux, et des vaisseaux lymphatiques qui se rendent aux ganglions circonvoisins ; ses nerfs ont la même origine que ceux de la matrice, et paraissent être le principal siège du sens génital chez la femme.

La matrice n’est pas dans la même direction que le vagin. Ces deux organes font un angle d’autant plus ou moins obtus, que la femme est plus couchée à la renverse ou pins inclinée en devant ; le sommet de cet angle répond au sacrum et son ouverture au pubis.

SECTION III

De la vulve..

On désigne sous le nom de vulve celle espèce da fente parallèle au diamètre coccy-pubien du détroit inférieur, laquelle se termine antérieurement au pubis , postérieurement au périnée ; on y découvre, en écartant les grandes lèvres, les nymphes, le clitoris, le méat urinaire , l’orifice du vagin et l’hymen ou ses débris.

1° Le pubis, qu’on nomme aussi le pénil ou le mont de Vénus, est une saillie que forme le tissu cellulaire entre les deux aines, au bas de l’hypogastre et au-devant du bassin. Plus ou moins élevé et arrondi, suivant la forme du détroit supérieur dl l’embonpoint de la

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femme, il se couvre d’un léger duvet aux approches de la puberté, et de poils dans l’Age d’adolescence.

2° Le périnée n’est autre chose qu’un espace charnu d’environ deux travers de doigt ; il est compris entre l’anus et la vulve , et divisé à sa partie moyenne par le raphô, sorte de suture charnue qui règne dans toute sa longneur. On peut le considérer comme la hase d’un triangle dont les deux autres côtés sont le vagin et le rectum, et dont l’aire est occupée par du tissu cellulaire.

3° Entre le pubis et le périnée , on découvre les grandes lèvres, deux colonnes charnues parallèles qui se réunissent, en devant et en arrière, par deux petits replis des téguments auxquels on donne le nom de commissures : elles sont moins développées dans l’enfance qu’à l’époque de la puberté, où elles acquièrent une fermeté et une épaisseur qui diminuent pnsuile par le progrès de l’àge. La face' externe est recouverte des téguments communs et garnie de poils, tandis que la face inlerne est tapissée d’une membrane muqueuse très-fine , et continuellement humectée par l’humeur qui s’en exhale ; cette membrane est lisse, polie et vermeille chez les vierges, au contraire obscure, fanée, et un peu flétrie chez les femmes mariées. La structure des grandes lèvres n’est composée que de tissu cellulaire peu graisseux; dont les lames paraissent descendre des branches de l’arcade sous-pubienne, et au milieu duquel on trouve beaucoup de vaisseaux et de glandes muqueuses.

4° Les nymphes , ainsi appelées par allusion à certaines divinités du paganisme qu’on croyait présider aux fontaines , sont situées sur les côtés du méat urinaire , et descendent jusqu’au milieu de l’orifice du vagin. Elles ressemblent par leur forme , leur volume et leur couleur , aux crêtes qu’on remarque sous le gosier de certaines poules. Étroites et rapprochées vers leur origine , elles s’écartent et s’élargissent en arrière.

Souvent elles débordent un peu la vulve chez les jeunes filles qui viennent de naître. La structure en est la même que celle des grandes lèvres, aussi l’àge et les jouissances vénériennes y apportent les mêmes changements. Leur situation porte à croire qu’elles servent à diriger en bas le jet de l’urine ; mais elles favorisent aussi l’élargissement de la vulve durant l’accouchement.

A la partie supérieure de la vulve, sous la bride ou commissure qui réunit les deux lèvres, se trouve le clitoris, sorte de tubercule ou de caroncule rougeâtre, dont la saillie en a quelquefois imposé sur le sexe des nouveau-nés, et qui, par une sensibilité naturelle, se gonfle et se roidit chez les adultes pendant l’orgasme vénérien. Figuré comme le gland qui termine le membre viril , il n’en diffère que parce qu’il a moins de grosseur et qu'il n'est point percé à son sommet. Il est formé d’un corps caverneux, dont les racines, écartées en arrière et en bas, se fixent aux branches de l’arcade sous-pubienne, jusqu’auprès des tubérosités ischiatiques. Il est soutenu par un ligament suspenseur qui est fixé à la partie antérieure et moyenne de la symphyse du pubis , et chacune de ses racines est recouverte d’un muscle ischio-caverneux qui , de la tubérosité ischialique, se rend à l’endroit où elle se réunit à celle du côté opposé.

Au-dessous du clitoris, entre les petites lèvres, et très-près de l’orifice du vagin , on remarque le méat urinaire ; c’est une ouverture plus ou moins irrégulière, ordinairement plus longue que large, et entourée d’un bourrelet saillant, sur lequel s’ouvrent les conduits excréteurs de quelques glandes muqueuses. Ce canal, long d’un, pouce environ , mais plus large et plus susceptible de dilatation que celui de l’homme, se dirige presque horizontalement depuis l’ouverture dont on vient de parler , jusqu’au col de la vessie, il est formé d’une substance cellulaire qui en augmente l’épaisseur , et tapissé intérieurement d’uno membrane muqueuse ,

PRINCIPES

sur laquelle on aperçoit des rides longitudinales, el les pores d’où s’exhale l’humeur muqueuse qui le lubrifie et le garantit de l’impression de l’u#ne

L’orifice du vagin, situé au-dessous du canal urinaire, est naturellement plus étroit chez les femmes mariées. Dans les premières, il est bordé^pour l’ordinaire à sa partie inférieure d’une production membraneuse à laquelle on donne le nom d'hymen , et qu’on regarde mal à propos comme le sceau de la virginité; car, outre que cette production ne se rencontre pas toujours , elle offre encore une infinité de différences ou de variétés quant à sa forme. Tantôt elle ressemble à un cercle d’inégale largeur dans sa circonférence ; tantôt elle imite un croissant, dont la partie la plus large est le plus souvent en bas, et dont les extrémités vont aboutir au-dessous du méat urinaire ; enfin, on l’a trouvée quelquefois semblable à un triangle isocèle. Chez lesfemmes mariées, surtout si elles ont fait des enfants, on trouve à la place de celte membrane trois ou quatre légers appendices qu’on regarde comme les débris de l’hymen, et qu’on nomme assez improprement les caroncules rnyrtiforraes. Elles sont épaisses, lisses, et d’un rouge assez vermeil chez les jeunes femmes qui n’ont pas eu beaucoup d’enfants, au lieu qu’elles s’amincissent , se fanent et disparaissent même avec l’àge-.

ARTICLE III

Des vices de conformation qui peuvent affecter la matrice et ses dépendances.

La mauvaise conformation de la matrice et de ses dépendances n’est pas moins essentielle à connaître que celle du bassin; car, si la dernière peut s’opposer à l’accouchement ou le rendre.difficile, la première, outre qu’elle peut mettre obstacle à celle fonction naturelle, peut encore empêcher la conception et la grossesse, ou

rendre la femme impuissante et stérile. Cependant nous ne ferons ici qu’une simple énumération des vices ou désordres, soit naturels, soit accidentels, qui peuvent affecter le système utérin , nous réservant d’offrir de plus amples détails dans un Traité consacré uniquement aux maladies des femmes.

Si Ton en croit quelques observateurs, il a existé des femmes, à la vérité en petit nombre, chez lesquelles on n’a trouvé aucun vestige de matrice après leur mort, et d’autres, au contraire, mais en bien plus grand nombre, chez lesquelles elle était double ou bilobée ; quelquefois cet organe n’a présenté qu’une masse informe, compacte et solide, sans aucune apparence de cavité. On en a vu qui étaient parvenues au dernier degré d’ossiticalion, et dont la dureté résistait presque à la lime et au marteau. Des concrétions pierreuses en occupent quelquefois toute la capacité ; nous avons eu occasion' d’en disséquer deux dont Tune paraissait à l’intérieur comme récrépie d’un mortier graveleux, et l'autre recouverte de lames pierreuses appliquées les unes sur les autres. Une femme deLuçon, âgée de trente-six ans, avait porté pendant treize ans une matrice squirrheuse d’un volume si considérable, qu'elle pesait près d’un demi-quintal, et que l’abdomen avait neuf pieds de circonférence. Littré et Morgagni assurent avoir remarqué l’imperforation complète de son orifice interne; et celle de l’orifice externe, par l'effet d’une inflammation, d’une ulcération ou d’une tumeur circonvoisine, est encore incontestable.

Que d’irrégularités n’a-t-on pas observées relativement à la température, à la situation, à la forme, an volume et à la direction du col utérin ! Suivant quelques auteurs, il est plus chaud , et situé plus bas qu’à l'ordinaire chez les femmes qui ont leurs règles ou qui sont sur le point de les avoir , et chez celles qui jouissent trop fréquemment des plaisirs de l’amour. Dans certains cas, on l’a trouvé si volumineux, que le mu-

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seau de tanche égalait la grosseur du poing et occupait le vagin entier ; dans d’autres , la longueur en était si démesurée , qu’elle en imposait pour une chute de matrice ou pour un hermaphrodisme. Tantôt il se dirige trop en arrière ou sur les côtés , tantôt même il s’ouvre dans le rectum, sans que ce vice de conformation nuise à la conception , à la grossesse , ni à l’accouchement. Nous devons néanmoins assurer que nous avons eu occasion d’observer , chez plusieurs femmes, le col de la matrice appliqué contre le point du bassin qui répond à la cavité cotyloïde gauche , et nous sommes porté à croire que ce vice de conformation était la seule cause qui les eût empêchées d’avoir des enfants.

Les anatomistes qui se sont livrés spécialement à des recherches pathologiques rapportent avoir trouvé les deux trompes oblitérées , et l’un des ovaires ou tous les deux réduits à l’état de squirrhe; certaines femmes ont paru totalement privées de ces derniers organes ainsi que des artères spermatiques.

Quelquefois le vagin manque absolument; d’autres fois il est double ou séparé en deux par une cloison moyenne qui ce continue jusqu’à l’orifice de la matrice. Certaines maladies le rendent calleux et le laissent couvert, soit de cicatrices, soit d’excroissances. Il peut être entrecoupé de brides charnues, ou fermé par une membrane qui se termine en forme de cul-de-sac plus ou moins profond. Nous avons eu occasion d’observer un cas semblable à ce dernier dans une des salles de l’Hôtel-Dieu , et un autre en ville. Ruisch a été obligé de faire l’excision d’une double membrane qui bouchait l’entrée de ce canal. Morgagni et Benévoli l’ont trouvé si étroit et si resserré qu’on pouvait à peine y introduire une plume à écrire. Il s’ouvre tantôt dans le rectum, tantôt dans la vessie.

On cite des femmes chez lesquelles la vulve était très-resserrée, même entièrement fermée, soit que celle difformité existât avant la naissance, soit qu’ella

eût été produite par des accidents. Nous avons trouvé cette ouverture divisée par une bride transversale en deux parties, l’une supérieure et l’autre inférieure. Daus une autre circonstance , nous avons été appelé auprès d’une femme en mal d’enfant, qui ne pouvait accouchera cause d’un rétrécissement considérable de la vulve. Des excroissances et des chancres vénériens y avaient nécessité des incisions dont les cicatrices en avaieut réduit la forme et la largeur à celle d’un petit cercle qui avait tout au plus un pouce de diamètre. Enfin nous avons vu , ainsi que la plupart des médecins de Paris , une jeune fille qui se faisait appeler le Phénomène , parce qu’elle avait de la barbe au visage et du poil sur le corps comme un homme. Cette fil lo était aussi naturellement imperforée ; sa vulve n’offrait que quelques rudiments des lèvres et quelques méats ou orifices sous-pubiens par lesquels s’écoulaient l’urine et le sang menstruel. Nous avons visité à l’Académie une autre femme qui était absolument dans lo même cas.

Les grandes lèvres sont plus ou moins prolongées, et offrent plus ou moins de dureté ou de rigidité. 11 s’y forme des abcès, des varices, des œdèmes, des excroissances. Nous avons rapporté dans le Tableau des maladies vénériennes, l’histoire d’une femme dont la grande lèvre gauche était tiraillée par une tumeur très-volumineuse qui pendait, entre les cuisses.

Les nymphes peuvent être affectées des mêmes vices de conformation. Elles acquièrent quelquefois une longueur si prodigieuse qu’elles débordent les grandes lèvres de plusieurs pouces et qu’on est obligé de les exciser , parce qu’elles gênent la progression et le coït. Pendant la révolution, de petites filles qui venaient de naître ont été enregistrées à la municipalité pour de petits garçons; et, parvenues à l’àge de la conscription, elles n’ont pu servir qu’à constater l’erreur commise à leur égard. Leurs nymphes ou petites lèvres en avaient

PRINCIPES

imposé par leur volume, et avaient été prises pour les organes d’un autre sexe.

On a trouvé le clitoris parsemé de varices plus ou moins dures. Le volume et la longueur en sont quelquefois prodigieux : il n’est pas très-rare de le trouver de la grosseur du pouce ou du membre viril. Une dame romaine, au rapport de Zacchias, ne pouvait cohabiter avec son mari, parce que le clitoris entrait en érection cl s’opposait à l’approche conjugale. On cite une femme de Lesbos chez laquelle ce même corps égalait le col, d’une oie.

Il est des femmes dont le méat urinaire est le siège d’un prurit et d’une ardeur insupportables. Le bourrelet qui l’entoure devient quelquefois si volumineux qu’il fait saillie au dehors. Nous avons été consulté et amené par un de nos confrères auprès d’une dame qui souffrait des douleurs intolérables à l’extrémité externe de l’urètre. Nous y avons aperçu une sorte de tubercule d’un rouge très-vif et d’une extrême mobilité. Nous l’avons saisi et enlevé avec des pinces sans aucun obstacle , et aussitôt les douleurs se sont calmées. Ce n’était qu’un petit caillot de sang qui irritait le conduit sécréteur de l'urine , où il se prolongeait par un filament do même nature et de même consistance.

ARTICLE IV

Z)e l’hystcromèlrie ou des moyens propres à constater les vices de conformation de la matrice et de ses dépendances.

On ne peut se dissimuler que la vue et le toucher ne soient les meilleurs moyens de vérifier la bonne ou la mauvaise conformation du système utérin. Mais il est infiniment rare que le médecin-accoucheur puisse faire concourir ces deux sens externes à la recherche de la vérité, et confirmer ou rectifier to témoignage do l’un

par celui de l’autre ; car, outre que la plupart des organes qui servent à la génération sont hors de la portée de l'œil, la discrétion et la décence lui défendent, dans beaucoup de circonstances , de regarder ceux qui seraient même les plus apparents, à moins qu’il ne soit absolument nécessaire d’y pratiquer quelque opération. Le toucher est donc le seul moyen qui reste aux gens de l’art, quand il s’agit de visiter les parties génitales de la femme ; encore faut-il que les personnes qui se soumettent à ces sortes d’examens soient engagées dans les liens du mariage.

Ce serait néanmoins une grande erreur de croire qu’on puisse reconnaître , au moyen du doigt , tous les vices qui affectent les différentes parties du système utérin. Comment pourrait-on s’assurer, par exemple, de la présence ou de l’absence des ovaires , de la perméabilité ou de l’obstruction des trompes utérines, et de plusieurs autres désordres relatifs à la situation , au volume, à la direction et à la structure de ces organes? On peut , à la vérité, presque toujours reconnaître si ta matrice existe ou non , au moyen du doigt qu’on introduit dans le vagin ou dans le rectum ; la présence ou l’absence d’un corps solide cl triangulaire entre la vessie et l’intestin est alors la base d’un jugement assez certain. Mais combien de défectuosités ce viscère ne peut-il pas offrir , sans que le doigt puisse en acquérir la moindre connaissance ? Quel sera l’homme de l’art qui osera décider d’une manière précise si la matrice est creuse ou tout à fait compacte ; si la cavité en est simple ou bilobée, ossifiée ou recouverte de concrétions pierreuses; si les orifices en sont ouverts ou oblitérés?

Il faut donc nécessairement convenir que le loucher, quoiqu’il soit le plus délicat des sens externes, ne peut néanmoins reconnaître tous les vices de conformation du système utérin ; car , si l’on en excepte quelques notions relatives à la situation, au volume et aux dimension» de la matrice , à la largeur , au resserrement

ou à l’imperforalion du vagin, et à l’état des parties qui constituent la vulve, toute le reste est couvert d’un voile impénétrable.

L’homme de l’art est donc forcé, dans une infinité de circonstances, de se livrer à des conjectures plus ou moins incertaines, quand il s’agit de prononcer sur l’état des organes génitaux de la femme. Ne pouvant s’aider du doigt et de l’œil dont le témoignage est , sinon infaillible, du moins presque toujours certain, il doit avoir recours à des signes rationnels qui sont le plus souvent équivoques. Ainsi, lorsqu’une jeune personne, parvenue à l’âge de puberté, est exempte de celte loi générale qui assujétit les femmes à la période menstruelle , on en conclut, avec assez de vraisemblance , qu’il existe quelque vice dans la structure de la matrice. Mais en quoi consiste ce vice? voilà l’incertitude , à moins qu’il ne dépende de l’imperforation de la matrice ou du vagin, laquelle est toujours à' la portée du doigt. D’ailleurs, combien n’a-t-on pas vu de femmes qui n’avaieul jamais pu devenir mères quoiqu’elles eussent été toujours bien réglées, et quoiqu’on ne pût soupçonner leurs maris d’aucun vice de conformation? Quelle était donc alors la cause de cette espèce de stérilité? A quel vice de conformation fallait-il l’attribuer ?

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