DE L’ACCOUCHEMENT NATUREL
L’accouchement naturel est ainsi appelé, parce qu’il se termine par les seules forces de la nature ou sans Io secours de l’art. On peut le considérer comme le complément de la grossesse. C’est une opération plus ou moins tumultueuse qui change les rapports de la femme avec le produit de la conception, et qui, en les séparant l’un de l’autre, les fait passer à une nouvelle existence. Alors le fœtus naît pour commencer une vie plus complète, et la matrice, après s’ètre agrandie pendant l’espace de neuf mois, se contracte pour revenir à son état ordinaire ou primitif.
Mais ce nouvel ordre de choses ne s’établit pas brusquement et d’une manière instantanée; on observe, au contraire, que l’accouchement présente différentes périodes, et que l’œuf ne sort presque jamais qu’en détail. Ce sont pour ainsi dire plusieurs accouchements partiels qui se succèdent dans un ordre fixé par la nature , et qui constituent l’accouchement total. D’abord, la matrice se débarrasse de l’eau de l’amnios; puis elle se resserre et s’applique immédiatement sur le fœtus
qu'elle expulse à son lour; bientôt après le placenta est chassé avec les membranes, et la femme est délivrée ; enfin quelques caillots de sang sortent encore; les lochies coulent pendant quelques jours, et la femme n’a plus qu’à nourrir de son lait un nouvel individu dont elle se glorifie d’être mère.
L’expulsion successive des eaux de l’amnios , du fœtus, de l’arrière-faix et des lochies , telle est donc la marche qu’on observe presque toujours dans l’accouchement naturel ; tel sera aussi l’ordre que nous suivrons, pour en étudier le mécanisme et les phénomènes. Nous négligeons entièrement les divisions purement scolastiques qu’on trouve dans les auteurs, et qui n’offrent qu’un jargon inutile et presque vide de sens. La meilleure division, selon nous, est celle qu’on apprend à l’école de la nature : et il nous parait d’autant plus essentiel de nous y conformer, que la plupart des fautes en pratique ne proviennent que de ce qu’on oublie souvent les leçons de cette sage institutrice. Que de praticiens, et surtout que de matrones auraient à se repentir de l’avoir accusée de lenteur, et d’avoir trop pressé le travail de l’accouchement, en ouvrant une issue prématurée aux eaux de l’amnios , en accélérant l’expulsion du fœtus et du délivre, ou en provoquant quelquefois l’écoulement des lochies 1
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