M COURS DE BRAIDIS.ME
théories de M. Philips dans les cours puhlics qu'il se propose d'ouvrir prochainement. ••
XI". Un journal de Marseille , la Gazette du Midi, contient l'exposé suivant, dans son numéro du 25 novembre 1853 :
M. le professeur Philips a fait hier soir, dans son domicile, en-p?és£nce d'une trentaine de personnes , dont plusieurs appartenant au corps médical , diverses expériences de sou système A' électro-biologie. Elles ont pleinement justifié les récits qu'on avait lus avec tant de surprise dans les journaux étrangers. In de nos amis, M. le docteur Aidé, présent à ces expériences, nous a fait connaître les effets les plus remarquables obtenus sur trois personnes d'âges différents.
Elles ont été successivement réduites à l'état de paralysie avec ses nuances les plus variées, telles que claudication, mutisme, etc. La catalepsie la mieux caractérisée a été produite sur les bras. Des expériences de nature opposée ont été tentées par le professeur avec un égal succès. Ainsi les bras des sujets ayant reçu une impulsion rotatoire sur eux-mêmes, le mouvement est devenu irrésistible, et n'a pu cesser que par l'intervention de M. Philips.
De l'ammoniaque liquide concentré a été soumis ensuite à l'inhalation d'un des trois sujets sans que son odorat en ait paru affecté en aucune façon.
Des effets d'une nature encore bien plus étrange ont été ol>tenus. Le professeur, dirigé par ses connaissances phrénologiques, qui paraissent fort étendues, a cherché et réussi à provoquer l'exercice de certaines facultés intellectuelles et de certains sentiments en dirigeant l'action électrique sur tels ou tels organes cérébraux considérés par lui comme le siège de ces facultés et de ces sentiments.
Xous n'ajouterons rien à ces faits étranges, rapportés par un témoin digne de toute confiance, et d'ailleurs homme spécial. Xul doute que le procédé de M. Philips n'appelle le plus sérieux examen, mais il serait fâcheux de le soumettre auparavant à quiconque ne serait pas appelé, par sa profession ou par de sérieuses éludes, à s'occuper de si graves et si périlleuses questions.
APPENDICE \ LA CINQUIEME CONFÉRENCE UV XVI. IL l«' docteur Gigot-Suau (de Levrenx . m decin*inspectenr des bains <lc merde Royan, etc., «•!<■., vi< ni de publier ud recueil de faite braidiques extrêmement curieux cl de la plus grande porté. . Mais pourquoi avoir tenu à se faire le prophète Balaam du merveilleux en préludant par des exécrations contre tous ceux dont le tort est d'avoir cru dès la veille ce que M. Gigot-Suard n'est arrivé à croire que le lendemain ? Voici quelques-unes des relations contenues dans ce livre:
1 . — Une Bile de vingt ans, d'une- constitution serofuleuse , peu
impressionnable, est platée dans an fauteuil de façon qu'ayant la tête appuyée elle puisse regarder au-dessus d'elle sans fatij
Placé derrière le fauteuil, et la tète un peu penchée en avant, de manière que mes yeux soient à une distance de M) centim. environ de ceux de la patiente, je l'invite à fixer continuellement Sun regard sur le mien. Au bout de quelques minutes seulement, je vois sa pupille se dilater, le «lobe de l'œil se baisser, et paupières .agitées d'un lè;;er tremblement convulsil. Je passe alors à plusieurs reprises ma main droite devant ses yeux, et les paupières se ferment. La période de sommeil était arrivée. Les membres soulevés conservent peu de temps la position que je leur donne; mais l'insensibilité est complète. \i les pincements ni les piqûres ne peuvent interrompre le sommeil, qui est d'ailleurs trèscalme
Le lendemain, je recommence l'expérience à la lumière, et je ne peux rien obtenir, ni par le regard ni par la méthode du docteur liraid.
Le troisième jour, au malin, nouvelle expérience et mêmes résultats qu'à la première. Quatre heures après celte seconde expérience, la patiente, qui ne se fatiguait point, est hypnotisée j>. inla troisième fuis par le regard. Je dois dire que cette lofs, à peine ses yeux lurent fixés sur les miens, je vis la pupille se dilater, et ma main droite passée plusieurs fois devant ses yeux lit baisser les paupières; le sommeil s'était produit presque immédiatement. La catalepsie et l'insensibilité étaient complètes.
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2. — Une fille de vingt ans, d'une constitution robuste, et peu impressionnable, consent à se laisser hypnotiser. Je tente en vain, pendant une heure et à la lumière, de produire le sommeil par la méthode de M. Braid. Quelques jours après, je recommence l'expérience au moyen du même procédé et encore à la lumière. Ce n'est qu'au bout d'une demi-heure que cette fille est endormie. Il y a insensibilité complète, mais sans catalepsie. Le sommeil ne dure que quelques minutes. Le lendemain , toujours à la lumière, la même personne, placée sur un fauteuil, est hypnotisée par le regard, d'après le procédé que j'ai décrit dans l'expérience précédente. Dix minutes à peine ont suffi pour produire le sommeil, pendant lequel il n'y eut qu'un peu de catalepsie arec insensibilité complète.
3. — M. J..., instituteur, d'une constitution lymphatico -nerveuse, et extrêmement impressionnable, a bien voulu se soumettre à mes expériences. Une première fois , à la lumière , il faut une demi-heure et beaucoup de force de volonté de la part du sujet pour l'hypnotiser par la méthode de M. Braid. Pendant le sommeil, je constate, au lieu des phénomènes de catalepsie, une résolution musculaire bien prononcée, avec insensibilité complète. Lorsque M. J... se réveilla, il me dit qu'il pensait pouvoir répondre , pendant le sommeil nerveux , aux questions qui lui seraient adressées , parce qu'il avait entendu tout ce qui s'était passé autour de lui et qu'il en avait conservé le souvenir. M. J... espérait être un somnambule lucide. Le lendemain, je l'hypnotise avec le regard. Quelques minutes suffisent pour déterminer le sommeil. M. J.-. présente alors des phénomènes remarquables. Il ne voit pas , mais il entend parfaitement et répond à toutes les questions qui lui sont faites ; il partage même l'hilarité des personnes présentes à l'expérience, hilarité causée par cet étrange état qui imprime à la physionomie de M. J... une expression grotesque. II sent les pincements , les piqûres , les chatouillements des barbes d'une plume, mais sans éprouver aucune douleur. Je pince de toutes mes forces la peau de sa main, et il dit que je ne fais que l'effleurer; j'enfonce une plume jusqu'au fond de ses narines, il le sent sans en éprouver aucune sensation désagréable. Enfin , toutes les questions ayant rapport à la vue sans le secours des yeux, à la transposition des sens, à la connaissance d'événements qui se
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