Homère fut aveugle
ou par cette seule proposition ; (que) Homère fut aveugle, (cela) est l'opinion commune.
§ 50. Lorsque dans une phrase il se trouve plusieurs propositions subordonnées sous la même dépendance, elles sont dites propositions subordonnées coordonnées entre elles :
Il est temps qu*il paraisse et qu'on tremble à sa vue. (Voltaire.)
Ce vers renferme trois propositions ; une principale, il est temps, et deux surordonnées, qu'il paraisse et qu'on tremble , qui sont coordonnées entre elles.
ANALYSE LOGIQUE* — APPLICATION» M$ ///. Des Propositions subordonnées.
questionnaire. § 18. Qu'est-ce qu'une proposition subordonnée ? § 46. Au moyen de quels mots les joint-on à la proposition dont elles dépendent? § 47. De
auoi tiennent-elles lieu le plus souvent? §48. La proposition dont elles dépenent est-elle toujours exprimée? tso. Qu'entend-on par propositions subordonnées coordonnées entre elles ?
Exercices, t. Il serait important que chacun fût pénétré de cette grande vérité, qu'il n'est pas de bonheur sans vertu.
2. Le tact a beaucoup de connexion avec le goût ; il est difficile qu'on puisse avoir l'un sans l'autre.
3. Dieu place les rois au-dessus des autres hommes afin qu'ils soient les pères de leurs peuples.
4. On combat souvent les raisons par des injures; mais il est bien rare qu'on ne réponde aux injures que par des raisons.
6. Je crois que Dieu réserve une éternelle récompense aux justes.
6. Qu'importe qu'il y ait sur le trône un Tibère ou un Titus, s'il a des Séjans pour ministres ?
7. Il importe à la prospérité d'un empire que les lois soient respectées et fidèlement observées.
8. Dans tout ce qu'on veut pour le bien , que la sagesse mesure ses désirs à ses forces.
9. Je puis l'instruire au moins combien sa confidence Entre un sujet et lui doit laisser de distance. (Racine.)
10. Nous ne trouvons pas ces railleries mauvaises; peu s'en faut que nous ne ies trouvions plaisantes.
11. On croit certaines gens insensibles, parce que non-seulement elles savent se taire , mais encore sacrifier leurs peines secrètes.
12. On lisait au roi les actions des grands hommes, afin qu'il couvernàt son État par leurs maximes.
13. Personne n'ignore qu'il y a un droit plus haut et plus sacré que celui que la fortune et l'orgueil imposent aux faibles et aux malheureux.
, u. On eût dit que ce prince avait honte de servir d'instrument indigne a la puissance de Dieu.
i5. Qu'il tonne, les éclairs répondront aux éclairs;
Mes foudres heurteront ses foudres dans les airs. (Delille.)
16. Dieu étant la souveraine charité, il est impossible que l'âme qui s en approche ne s'échauffe et ne s'embrase.
\7' ™£lm noQS r^ouissons de ce que riche, il a su mériter les grâces et la récompense de la pauvreté.
1 J.8;J?/aiison xexJgc (Iue1n°U8 conformions toutes nos actioni aux loii de la plus sévère morale.
ANALYSE IOCtIQUE. -~
¥ïî. Des formes diverses des propositions.
§ 51. La proposition considérée sous le rapport de ses différâtes formes dénonciation est explicite, explétive, elliptique ou implicite.
§ 52. Elle est explicite, quand chacune de ses parties est énoncée distinctement :
La terre est un lieu d'exil. — Le ciel est la vraie patrie de l'homme.
§ 53. Elle est explétive, lorsque la même idée est exprimée plusieurs fois par des termes différents , ou par la répétition du même terme :
II soupa, /««"tout seul, devant elle. (Molière.) § 54. Elle est elliptique, lorsqu'elle est représentée prir un on deux termes principaux, ou seulement par un complément :
Soyons vrais ; — de nos maux n'accusons que nous-mêmes ,
pour : Nous, soyons vrais ; — Nous soyons accusant.
La ville est en proie aux flammes, pour : La ville est livrée en proie aux flammes
Au feu! au secours! pour : Nous soyons courant au feu, au secours, etc.
§ 55. Elle est implicite, quand elle est exprimée par un seul mot qui comprend collectivement le sujet, le verbe et l'attribut , sans Mre lui-même un de ces trois termes : Chut ! holà! pour : Faites silence! Venez ici !
Vm. Des Gallicismes (i).
§ 56. On donne le nom de gallicismes à certaines formes de con« struction propres à la langue française.
§57. Pour analyser une phrase où figure un gallicisme, il faut la traduire d'abord sous une forme grammaticale régulière, et en chercher l'équivalent. Analyser un gallicisme sans changement de forme, selon la méthode de certain grammatiste, ce n'est pas faire de la grammaire, mais de la barbarie.
Il nous suffira de montrer à l'aide de quelques exemples comment doivent s'analyser les idiotismes français.
Gallicismes
l\ faut beaucoup travailler pour réussir.
11 sierd d'être modeste.
H y a six ans qu'il est mort.
C'est se tromper que de croire...
C'est à vous que j'en appelle.
H pleut, il neige ; il tonne.
Cela ne laisse pas de m'inquiéter.
Traduction,
Travailler beaucoup est nécessaire
pour réussir.
Etre modeste est séant, convenable.
Il est mort depuis six ans.
Croire.... c'est se tromper.
J'en appelle à vous .
La pluie, la neige tombe ; le tonnerre
gronde.
Cela m'inquiète cependant.
(l)Voir pour de plus amples développements notre Traité théorique
3 T PRATIQUE n'AHALYSB LOGIQUE .
ANALYSE LOGIQUE
— APPLICATION
VÏI. Des formes diverses des propositions,
questionnaire. § 81. Comment se divisent les propositions considérées tous leurs différentes formes d'énonclation ? § a2. Qu'est-ce qu'une proposition explicite? § «s. Qu'est-ce qu'une proposition explétive? § o\. Qu'est-ce qu'une proposition elliptique? $ tsa. Qu'est-ce qu'une proposition implicite?
Exercices. I. On est toujours mécontent. On aime à se plaindre partout où Ton est. On dit : Quelle nation ! quel climat ! quel temps ! quelle vie !
2. Les hommes sont pour nous ce que nous les faisons : ennemis , amis ou indifférents.
3. Enclume ou marteau : tel est le sort de la plupart des hommes.
4. Garde le silence le plus souvent ; ne dis que les choses nécessaires, et toujours en peu de mots.
5. Plus d'astres , plus de cieux , quelques rochers déserts* Partout la nuit , partout les dévorantes mers , La mort partout.
6. Ne soyons Jamais que nous, toujours nous, mais aussi perfectionnés que nous pouvons l'être.
7. Le grand Frédéric fit placer cette inscription sur un hôtel des invalides : Aux soldats blessés, et non vaincus.