COMPLEMENTS DU VERBE. — APPLICATION
f 312, 313. 314.— 1. L'orgueil et la vanité ne pardonneit pas... la connaissance qu'elle acquiert de leurs faiblesses à l'amitié. 2. Tout le monde adore la fortune , et tout le monde s'en plaint. Nous attribuons... à notre mérite, ses faveurs, et nous la rendons coupable de nos fautes. 3. Il n'y en a point qui pressent tant les autres que les paresseux lorsqu'ils ont satisfait à leur paresse, afin de paraître diligents. 4. Nous préférons... les richesses, qui sont, bêlas î la source de toutes nos infortunes, à une heureuse médiocrité.
5. Quand on reprend ... ceux qu'on est chargé d'instruire, avec humeur, on ne les dispose pas à mieux faire. 6. Le dernier degré delà perversité est de faire servir... à Vinjustice les lois. 7. On a fait.... de la modération une vertu, pour borner l'ambition des grands bommes et pour consoler... de leur peu de fortune et de leur peu de mérite les gens médiocres. 8. L'ambition sacrifie.. . à l'avenir le présent; la volupté sacrifie... au présent l'avenir; mais l'envie, l'avarice et les autres passions empoisonnent le présent et l'avenir.
§ 315. — 1. Saint Louis aimait — la justice et à chanter les louangesdu Seigneur. 2. Les Athéniens passaient leur temps à écouter leurs orateurs, et aux jeux, aux courses et aux spectacles. 3. Nous sommes moins offensés du mépris des sots que d'être médiocrement estimés des gens d'esprit. 4. Il n'aime ni à causer, ni le jeu, ni le spectacle, ni à se promener. 5. J'espère terminer bientôt mon travail, et que je pourrai partir pour les Pyrénées. 6. Tôt ou tard on regrette le temps perdu , et de n'avoir pas mis à profit tous les instante de sa jeunesse. 7. Songez à profiter du présent, et que l'avenir ne vous appartient pas.
§ 316, 317. — 1. Ghaque âge a ses ressorts qui le font mouvoir; mais Tbomme est toujours le même; à dix ans il est mené — gâteaux ; à trente, — plaisirs ; à quarante — l'ambition ; à cinquante — l'avarice. Quand Pest-il — la sagesse? 2. Qu'il est. difficile d'élever, pour les générations futures, l'édifice du génie, sans qu'il soit ou retardé ou insulté ou méconnu — la génération présente ! 3. La raillerie est toujours mal reçue — celui à qui elle s'adresse. 4. On ne peut se consoler d'être trompé — ses ennemis, et trahi — ses amis, et l'on est souvent satisfait de l'être — soi-même. 5. L'adversité qui triomphe des âmes communes est vaincue à son tour — grands caractères.
6. Les qualités les plus brillantes deviennent inutiles lorsqu'elles ne sont pas soutenues — la force du caractère. 7. Combien d'actions célébrées — l'histoire révoltent l'homme juste et sensible ! 8. Si vous wez été insulté — un lâche, soyez sûr qu'il voudra éternellement votre perte. 9. Nous sommes moins offensés — mépris des sots que d'être médiocrement estimés — gens d'esprit. 10. Les caractères les plus doux, lorsqu'ils sont persécutés — l'injustice, deviennent souvent les plus intraitables. 1 1 . Ce qui nous est défendu — la nature, c'est d'étendre nos attachements plus loin que nos forces; ce qui nous est défendu — la raison , c'est de vouloir ce que nous ne pouvons obtenir ; ce qui nous est défendu — la conscience, ce n'est pas d'être tentés, mais de nous laisser vaincre par les tentations. 12. La flatterie grossière offense un homme délicat, et elle est ordinairement punie — mépris.
l/SS AUXILIAIRES. — ÏHÉOBÏE.
Emploi des auxiliaires.
§ 318. Avoir s'emploie pour exprimer Y action:
La procession a passé sous mes fenêtres. (Condillae.)
Être, quand on veut exprimer Y état:
La foi du centenier, la foi du charbonnier sont pas» sées en proverbe.
§ 319. Ceux des verbes neutres qui de leur essence expriment l'action, prennent toujours l'auxiliaire avoir; tels sont: courir, dormir, contrevenir, languir, marcher, paraître, périr, subvenir, succéder, succomber, vivre, survivre, triompher, etc. :
Vos yeux assez longtemps ont régné sur mon âme. (Racine.)
§ 320. Il est cependant quelques verbes intransitifs qui ne prennent que l'auxiliaire être, quoiqu'ils expriment l'action; ce sont: aller, arriver, choir, décéder, éclore, entrer, mourir, naître, venir, devenir, intervenir, parvenir, revenir, tomber, etc. :
J'ai souhaité l'empire et J'y suis parvenu. (Corneille.)
§ 321. Les verbes neutres qui, expriment tantôt Y action et tantôt Y état, prennent , selon le sens , avoir ou être : tels sont : accourir, apparaître, cesser, changer, croître, décamper, déchoir, descendre, disparaître, embellir, empirer, entrer, grandir, monter, partir, passer, rajeunir, rester, vieillir, etc. :
J'ai resté six mois en Allemagne.
Je suis resté interdit en le voyant.
§ 322. L'emploi de être ou de avoir dans les temps composés des autres verbes intransitifs dépend de la pensée que l'écrivain veut exprimer, ou du sens qu'éveille le complément circonstanciel dont le verbe est accompagné :
Midi a sonné, comme vous sortiez de la maison. (Acad.)
Midi est sonné depuis plus de dix minutes.
Observation. Massillon, Voltaire, la Harpe, etc. , ont employé le participa tombé avec le verbe avoir :
Où serais-Je, grand Dieu! si ma crédulité
Eût tombé dans le piège à mes pas présenté. (Voltaire.)
L'usage le plus général est d'employer le verbe être; cependant l'Académie, pour exprimer la durée de l'action, emploie avoir:
Les poètes disent que Vulcain A tombé du ciel pendant un jour,
Bossuet, en s'appuyant sur l'analogie, a dit, pour exprimer l'action :
Luther eut entré lui-même, dans ce sentiment, s'il t'eût pu.
Avec entrer, l'auxiliaire être est aujourd'hui le seul en usage.
Quelques écrivains ont employé le verbe être avec le participe passé de périr; ainsi J. J. Rousseau a dit:
Les écrits impies des Leucippe et des Diagorqs sont péris avec eux.
L'idée d'action qu'éveille le verbe nous semble dans toutes les circonstances repousser cet auxiliaire.