CELUI-CI , CELUI-LA
§ 226. Celui-ci , cellk-ci , servent à désigner l'objet le» plus proche ou celui dont on a parlé en dernier lieu ; celui-là , CELLE-LA , l'objet le plus éloigné ou celui dont on a parlé d'abord :
Corneille nous assujettît à ses caractères et à ses idées^ Racine se conforme aux nôtres. Celui-là (Corneille'^ peint les hommes comme ils devraient être ; celui-ci (Racine) les peint tels qu'ils sont. (La Bruyère.)
Si ces pronoms sont en relation avec un seul terme, celui-ci s'emploie pour annoncer ce qui suit, et celui-là pouP rappeler ce qui précède :
Il n'y a pas aujourd'hui de mot plus magique que es;, LUI-CI, l'abgent.
Fous parlez de gens désintéressés ; ceux-là sonk rares.
§ 227. Celui-là s'emploie pour celui ^ et donne plu? d'énergie à l'expression ; mais on ne doit pas le séparer def différents termes de la proposition où il figure :
Celui-là EST pauvke, dont la dépense excède le revenu
On ne dirait pas : celui-là dont la dépense, etc., esi
PAUVEE.
CECI , CELA , fA.
§ 228. Ceci , cela. Le dernier de ces deux pronoms es employé pour rappeler une idée énoncée précédemment . Qu'est-ce donc, me voilà?
— Ma maîtresse se meurt. — Quoi ! n'est-ce que cela .' (Molière.) Le premier se rapporte toujours à ce qui suit : // y avait ceci de particulier chez les Romains, qu'iu mêlaient quelque sentiment religieux a l'amoui
qu'ils AVAIENT POUR LEUR PATRIE. (MontesquiCU.)
§ 229. Cela, qui est employé, dans certains cas, préféra blement à ce, comme sujet du verbe être^ ainsi que nou:: l'rvons dit § 215, est le seul qui puisse figurer commt sujCi, d'un autre verbe :
Être avec des gens qu^on aime, cela suffit. (La Bruyère. § 230. Cela, en parlant des personnes , s'emploie queK quefois comme terme de familiarité, mais le plus souveo: il sert à exprimer une idée de mépris :
J'ai vu CELA tout jeune , et d'un air important Cela tranche , cela vous prêche , vous gourmande : Pour que cela vous porte , il faudra qu'on s'amende.
(C. Delavigne.) ^
§ 231. Ça , contraction de cela , n'est admis que dans U, style familier :
Donnez-moi ça ; il n'y a pas de mal à ça. (Acad.)
! CCLfJI-CI, CBLUI-LA.
'i $ 226. CELUI-CI, CELUI-LA. -— 1. Les mœurs d'un peuple sont «^ le principe actif de sa conduite ; les lois n'en sont que le freiu : [| celles — n'ont donc pas sur lui le même empire que les mœurs. I 2. La différence d'orgueil qu'il y a entre le^ bons et les méchants, ,1 c'est que ceux —s'enorgueillissent de leurs vices, et que ceu.x — ne 1 sont vains que de leurs vertus.
'! 3. L'accessoire , chez Cicéron , c'était la vertu ; chez Caton, c'était i la gloire: celui — voulait sauver la république pour elle-même; j ce/«i— pour s'en vanter.
il 4. Un magistrat intègre et un brave officier sont également estiil mables; celui — fait la guerre aux ennemis domestiques, celui — t nous protège contre les ennemis extérieurs.
5. C'est une belle prière que celle — : Mon Dieu, gardez-moi de I moi-même.
6. Si j'avais écrit les Provinciales d'un style dogmatique, il n'y aurait eu que les savants qui les auraient lues, vieeux— n'eii
j avaient pas besoin.
§ 227. — 1. Celui-là.... quelque opulent qu'il paraisse, est pauvre y qui désire avoir plus qu'il ne possède.
2. Celui-là. ... qui trouble sa vie par la crainte de la mort, et sa mort par le soin de sa vie , est bien misérable.
3. Celui-là.... qui, ayant toutes les perfections, n'a pas de langue pour en parler, est deux fois grand.
OXCI , CBLA , ÇA.
§228. CECI, CELA. — 1. Quant aux riches, dis-leur — en mon nom : Ahl insensés, pourquoi gardez-vous soigneusement cet or, et vous tourmentez-vous à calculer vos usures ?
2. J'aime cette maxime chinoise : L'àme n'a point de secrets que la conduite ne révèle. — est vrai à Paris comme à Pékin.
3. Les poètes ont — des hypocrites, qu'ils défendent toujours ce qu'ils font , mais que leur conscience ne les laisse jamais en repos.
S 229. CELA. 1. Quand vous ne m'écririez que dix ou douze lignes, — me fera toujours plaisir.
2. C'est une chose bien vaine défaire l'examen de tout ce qui se passe dans le monde , si — ne sert à se redresser soi-même.
3. Lorsqu'on veut changer les mœurs, il ne faut pas les changer par les lois; — paraîtrait trop tyrannique : il vaut mieux les clianger oar d'autres mœurs .
4. Si quelques nègres peignent le diable en blanc, — peut bien être par le sentiment de la tyrannie que les blancs exercent sur eux.
S 230. — 1. J'ai vu M. de Pompone, M. de Besons, M""^ âe Villars; tout — vous fait mille compliments.
2. Ce sont les meilleures filles du monde; — vit comme des saintes.
3. Mon président était une bête; il n'était bon qu'au palais : — savait les lois , voilà tout .
§231 . ÇA — 1. Ça sera comme ça voudra, monsieur Gros-Jean, mais ça sera pourtant comme ça.