Je tremble qn'opprimê de ce poids odieux
L'un ni Vautre jamais n'ose — lerer les yeux. (Voltaire. )
§ 275.-— 1. Ni votre professeur ni le mien ne ser, a, ont nommé, s à la place de l'inspecteur qui vient de mourir.
2. Ni le cardinal qu'appuyait l'Espagne , ni celui que protégeait la France n'a, ont été élu, s par le sacré collège.
284 AGCUBD DU VEBBE. — TflEOBlE.
m. Nombre du verbe après les colleotil'i .
§276. Le verbe qui a pour sujet un nom collecti/suivi d'un complément s'accorde tantôt avec le collectif, tantôt avec le complément, mais toujours avec celui des deux termes qui occupe le premier rang dans la pensée :
Une tbodpe d'assassins entea dans la chambre de Coligny. (Voltaire.)
Une troupe de nymphes couronnées de fleurs nageaient enfouie derrière le char. (Fénelon.)
Dans le premier exemple, le collectif «we troupe exprime l'idée dominante, d'où le singulier; dans le second, le complément de nymphes couronnées de fleurs fixe le plus l'attention, d'où le pluriel.
§ 277. Si le collectif est général j il exprime le plus souvent l'idée principale ; et c est avec ce terme que s'accorde le verbe:
La totalité des perfections de Dieu wi' accable. (A.)
§ 278. Si le collectif est par^iYi/, il n'exprime dans le plus grand nombre des cas qu'une idée accessoire, et c'est généra-*' lement avec le complément qu'on fait alors accorder le verbe :
Un nombre injini ^'oiseaux faisaient résonner cesj bocages de leurs doux chants. (Fénelon.)
Une infinité de jeunes gens se pebdent parce qu'ils fréquentent de mauvaises sociétés.
Les deux règles qui précèdent n'ont rien d'absolu; l'accord du verbe est subordonné non à la nature des mots, mais à l'importance des idées, et par conséquent, des termes qui les représentent; ainsi Montesquieu a dit : ,
La moitié de mes esclaves mébitent la mort.
Et Racine :
Tout ce qui reste encor de ffdèles Hébreux
Lui VIENDRONT aujourd'hui renouveler leurs vœux.
Dans ces deux exemples l'accord se fait avec le complé-; ment, parce que le collectif ne tient que le second rang dans la pensée.
§ 279. Quand le complément du collectif est suivi d'un adjectif, le verbe et l'adjectif s'accordent, selon le sens, ou avec le collectif ou avec le complément :
Une troupe d'noMMES abmés a paru tout à coup à mes yeux. (Florian.)
Une foule d'enfants, composée d'écoliebs, cour raient dans la rue, (Boniface.)