NOTIONS PRÉLIMINAIRES
§ 1. GRAMMAIRE. Grammaire vient du mot giec gramma, qui signifie lettre, littérature.
§ 2. La Grammaire est Vart d'exprimer ses pensées d'une manière conforme aux règles établies par la raison et le bon usage.
§ 3. On désigne sous le nom de Grammaires les livres où ces règles sont expliquées : chaque peuple a sa grammaire particulière , sorte de code dans lequel les lois de son langage sont exposées et appuyées d'exemples empruntés à ses meilleurs écrivains. ^
§ 4. On désigne sous le nom de Grammaire générale, la science raisoinée des principes communs à toutes les langues.
5 5. MOTS. Un muet exprime ses pensées au moyen de signes^ et nous, au moyen de so7is ou de mots. • Les mots sont donc des signes de pensées, d<"s formes sensibles à l'aide desquelles nous exprimons nos idées et les différents aspects sous lesquels elles se présentent à notre esprit.
Les mots sont formés d'un son unique : bon , ou d'une combinaison de sons : boîité (bon-té).
§ 6. SONS. Les sons, considérés en eux-mêmes, sont ou simples y comme a, ai, eu, ou, dansa-mi, AT-mer, Europe, ou-vrage; ou articulés, comme dans \a, mAi, fEU, fou.
§ 7. LETTRES. Les lettres sont des signes qui servent à peindre les sons.
Il y en a vingt-cinq en français , savoir : a j b, c, d, e, fi ffy hy i, j, k, l, m, n/o, p , q , r, s, t, u, r, x.
Elles se divisent en voyelles et en consonnes.
QlKkym. COMPLÈTB. — TH. ET Aï>Pt.. î
a GRAMMAIRE FRA]!TÇAISE.
§ 8. VOYELLES. Les voyelles ou voix sont les signes qui représentent les sons simples ou inarticulés.
On ne compte ordinairement que cinq voyelles : a, e, i, 0, u, quoiqu'on reconnaisse trois sortes d'e : Vé fermé, Vè ouvert et Ve muet , qui se trouvent tous dans sévère. ^
Mais comme il y a réellement treize sons inarticulés ^ on doit reconnaître treize voyelles qu'on peut diviser eàM simples et en composées. \ , \^
Les simples, sont : a, é, e, e, i, o, «. '= |
Les composées: eu y ou, an, in, on, un. \
On nomme les quatre dernières voyelles nasales.
Observation. Vy, que nous n'avons pas classé parmi les voyelles, t est un signe qu'on emploie à la place de deux i dans les mots pure- '' ment français : citoyen, employer (citoi-ien, emploi-ier); et qui n'a la i valeur d'un seul i que dans les mots dérivés du grec , hymne , physique, ou empruntés d'une langue moderne, York, Yacht.
§ 9. DIPHTHONGUES. On donne le nom de diphthongue à la combinaison de deux voyelles qui se prononcent d'une manière distincte, et font entendre par une seule émission de voix le son de deux voyelles; tels sont : ai, iè, oi^ io, iai, ieu, ien^ ion, dans mai\ , lumière , foi, pzoche , hais, Hieu, rien, : Mon.
§ 10. CONSONNES. B, c, d,f, g, h, l, m, n, p, q, r, s, t, , r, X, s, ont reçu le nom de consonnes, parce que ces lettres ne sont que de* simples articulations qui servent à modifier j les différents sons représentés par les voyelles , sans le con- < cours desquelles elles ne pourraient former de sons.
Observation. Quelques grammairiens divisent les consonnes en labiales, gutturales, dentales ou sifflantes, linguales, palatales, et nasales, d'après le nom des organes qui contribuent le plus à leur formation.
§ 11. De LA LETTRE H. Cette lettre n'est pas , à proprement parler, une consonne, car elle ne forme jamais d'articulation. Elle n'a de valeur que comme signe d'aspiration et seulement en tête de certains mots ; aussi dit-on qu'elle est muette ou aspirée.
Elle est muette, quand elle est nulle, et qu'elle n'empêche: pas la dernière lettre du mot qui la précède de s'appuyer, dans la prononciation, sur la voyelle qui la suit, ou de s'unii. avec elle : une héroïne (prononcez u-n' héroïne), rhommt (pour le homme)., les hommes, qu'on prononce les zhommes.
Elle est aspirée, quand elle empêche la liaison-et l'unior * de la syllabe qui la précède avec la voyelle qui la suit : uf héros, le héros, les héros.
NOTIONS PBELIMINAIHES. 3
§ 12. SYLLABES. On appelle syllabe une ou plusieurs lettres représentant un son simple ou articulé, produit par une seule émission de voix ; le mot amitié est formé de trois syllabes : a^mi, tié, dont la première est simple et les deux autres articulées.
Un mot qui n'a qu'une syllabe est appelé monosyllabe, et l'on désigne sous le nora de dhsyilabe celui qui en a deux, et de trîssyltabe celui qui en a trois; cependant il est plus général de donner aux mots de plusieurs syllabes le nom de polysyllabes.
§ 13. QUANTITE. La durée des sons , ou le plus ou le moins de temps que met la voix dans l'émission des différentes syllabes s'appelle quantité : en français, les syllabes sont longues ou brèves ;d\ns.\^ dans arrêt, les deux syllabes sont longues , et elles sont brèves dans nectar.
§ 14. SIGNES ORTHOGiiAPHiQUES. On donne le nonri de signes orthographiques aux accents , à V apostrophe , à la cédille^ au tréma et au trait d'union.
§ 15. Accents. Nous avons trois accents: Y aigu, le grave et le circonflexe.
Uaigu (') se met sur IV fermé : déité.
Le grave (^), sur Vè ouvert : progrès.
Le circonflexe (*), formé de la réunion des deux autres, se met sur quelques voyelles longues : âge, fête , gîte, môle, flûte.
L'accent circonflexe indique le plus souvent, ou la contraction de deux voyelles en une seule comme dans âge^ autrefois aage, ou la suppression d'une consonne, comme dans fête, maître, plaît, qu'on écrivait feste, maistre , plaid, etc. Quelquefois il n'est qu'un signe de quantité qu'on place sur une voyelle longue : âme, pôle.
§ 16. Apostrophe. VapostropheC) est un signe dont on se sert pour marquer la suppression d'une voyelle : V homme ^ Y amitié^ pour le homme, \a amitié.
§ 17. CÉDILLE. La cédille (^) est un signe euphonique qu'on place sous la lettre ç avant les voyelles a, o, u, pour en adoucir le son : il exauça , façon, reçu.
§ 18. Tbémà. Le tréma est un signe formé de deux points ('), qu'on met sur les voyelles e, i, w, pour les détacher d'une autre voyelle: poëte, naifySaiU, ciguë, qu'on prononce po-^^e, na-ïf, Sa-ûl. cigu-ê.
§ 19. Tbait d'union. Ce signe (-), appelé trait cTunion, sert à lier les mots qui, n'exprimant qu'une seule idée , ne doivent -former qu'une seule expression : ver-àsoie, chef-d'œuvre , sur-le-champ.
§ 20. PARTIES DU DISCOURS. Les différentes espèces de mots qui entrent dans le discours sont au nombre de dix, savoir :
Le nom ou substantif; V article; V adjectif ; le pronom-, ie verbe; le participe; ï adverbe; la préposition; \di conjonction ; V interjection.
On peut les diviser en deux grandes classes : les mots variables, et les mots invariables :
Les mots variables, c'est-à-dire, ceux dont ia finale ou terminaison varie, sont :
Le nom, V article ^ ï adjectif, le pronom, le verbe et le participe.
Les mots invariables, c'est-à-dire, ceux qui ne subissent aucun changement dans leur orthographe , sont : -
TJ adverbe, là préposition , la conjonction et V'interjectîon.
§ 21. PHRASES. On donne le nom. àephrase à un assemblage de mots formant un sens complet :
Le Jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur. (Racine.)
Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. (Montesquieu.)
[l n'y a pour l'homme que trois événements^ naît7'e , vivre et mourir: il ne se sent pas naître; il souffre à mourir; il oublie de vivre. (La Bruyère.)
Voilà trois phrases : leur étendue est proportionnée à l'entier développement du sens et à rinteHigence complète de la peusée.
§ 22. PROPOSITIONS. Les parties dont une phrase se compose sont nommées propositions.
îi y a dans une phrase autant de propositions qu'il y a de verbes à un mode autre que V infinitif.
La calomnie est toujours l'arme des envieux (Ségur.)
La paresse ou l'inconstance des hommes leur fait perdre le fruit des meilleurs commencements; ils se LAISSENT souvent devancer par d'autres qui sont partis après eux , mais qui marchent lentement et constamment. (La Bruyère.)
Des deux phrases qui précèdent , la première est formés iJ'wne seide proposition ; et la seconde de quatre.