X SECONDE PREFACE
empêché , dans le principe , de publier cet ouvrage tel qu'il est aujourd'hui, c'est une raison dont nous livrons l'appréciation à nos lecteurs. Nous savions, par expérience, que le passage d'un livre à un autre s'opère toujours difficilement; beaucoup d'instituteurs tiennent ' à une grammaire , non parce qu'elle est bonne , mais i parce qu'ils la savent par cœur; aussi peut-on dire, avec , raison, qu'en France , on enseigne depuis vingt ans , h dans la plupart des écoles , le français de tel grammai- J rien bien mieux que le français de nos écrivains. Le moyen de porter remède à ce mal , ce n'était pas assurément de publier un livre qui n'eût pu être adopté et suivi sans une longue étude préalable ; la routine eût reculé devant un pareil effort; il a donc fallu tempori-' ser et ne pas brusquement sortir de la voie où la plupart étaient habitués à marcher.
Maintenant qu'on nous a suivi dans notre premier pas de réforme, nous ne pouvons hésiter à en faire un second.
Nous n'avons pas voulu , à l'imitation de tant d'au très, parer le frontispice de notre livre d'un grand nom littéraire; cela nous eût été pourtant facile : Charles Nodier, avec lequel nous avons été en collaboration pour la révision de son Lexique, ne nous eût pas assurément refusé de revoir et de signer au besoin notre travail ; mais nous avons voulu garder tout entière la responsabilité de notre œuvre.
Lettre de M. Taillefkr , inspecteur de V Académie de Paris, adressée à M. Poitbvin, à la suite d'un examen fait chez Madame Closter-Lemaire , directrice de F Institution Daubrée, à Paris.
Monsieur ,
je ne pense pas qu'on puisse faire une application plus heureuse d« la méthode toute particulière dont vous êtes l'auteur, et qui, aujour* I d'hui , est consacrée à la fois par l'adoption universitaire et par les succès qu'elle a obtenus. A la manière facile, claire, exacte et précise dont les questions étaient résolues , nous ne pouvions manquer de reconnaître quels sont les heureux résultats de votre enseignement , qui , en faisant marcher de pair la Théorie et l'Application, les présente sans cesse autant aux yeux du corps qu'à ceux de l'intelligence. Grâce à la lucidité de cette méthode , au choix si varié et si délicat des exemples , à l'ordre parfait qui règne dans votre ouvrage , le travail est tellement simplifié, que les élèves trouvent un charme à cette étude ordinairement fort peu goûtée des jeunes esprits. Avec vous , au contraire, ceux-ci prennent l'habitude d'examiner, de comparer, de se rendre compte , et par conséquent de travailler avec réflexion et avec fruit. Ce sera là le caractère distinctif de vos ouvrages grammatk^aux, et ce qui, chaque jour, en étendra le succès.
Quiconque est préoccupé de la marche avantageuse qu'on appelle le progrès, doit donc applaudir à vos efforts, et féliciter l'Institution Daubréb d'avoir prouvé encore une fois , en adoptant la première vos ouvrages, qu'elle sait apprécier et faire tourner au profit de ser élèves l'excellence des méthodes.
J'éprouve pour ma part une véritable satisfaction en vous adressant l'expression sincère de mon admiration pour votre Cours théohiqu er PRATIQUE nE langue française, ainsi que celle des sentiments de haute estime avec lesquels j'ai l'honneur d'être, etc.