DE LA TRAGÉDIE
à 292. La première loi de la tragédie (1), c'est le pathétique
| (2) qui naït d’un intérêt vif et soutenu, auquel se mêlent des 4 sentiments parmi lesquels la {erreur et la pilié dominent : % cet intérêt résuite de la vie de l’homme aux prises avec l’ad-
versité ou avec les passions.
Comme cet intérêt ne saurait exister sans illusion, ni l’illusion sans la vraisemblance, il est nécessaire que la tragédie obéisse à la loi des trois unités (3): unité d'action : tout doit se rapporter à un même fat; unité de lemps: l'action ne à doit pas durer plus que le temps de la représentation, que l’on est convenu de considérer comme pouvant embrasser un jour ; unité de lieu : tout doit se passer dans le même endroit,
en sorte que la scène ne change jamais.
On appelle fable le développemont de l’action tragique ; l'erposilion fait connaitre le sujet; le nœud se forme des in-
} cidents qui s'opposent à l’accomplissement de l’action; le à dénouement résout les difficultés de l'intrigue par une issue à favorable, ou le plus souvent par une catastrophe.
L'exposition doit être claire; lè nœud doit se compliquer toujours de plus en plus; le dénouement, mème le plus inattendu, doit toujours être préparé. L'action tragique s'accomplit ordinairement en cinq actes.
On exige dans les caractères la vérité, la variété, la coueur locale; dans le style, ia dignité et le naturel (4).
(1) Corneille, Racine, Voltaire, (2) Voir No 252 et suiv.
(3) C’est 1à la règle de ce qu’on appelle la tragédie olassique. Les théâtres espagnol, anglais et allemand n’obéissent point à la loi des trois unités,-contre laquelle réclament aussi de bous auteurs français.
(4) Athalie, de Racine, est le chof-d’œuvre de la scène française,
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