‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 220 sur 461 · RONSARD (P. DE · texte numérisé non relu

RONSARD (P. DE

Le mérite de Ronsard a été de débarrasser la langue françaisa d'expressions barbares, tout en l’enrichissant d'expressions nouvelles. Son style à de l'éclat, de ja variété et une insupportable affectation d'érudition. |

Boileau l’a jugé en ces termes, peut-être sévères :

Ronsard... par une autre méthode,

Réglant tout, brouillant tout, fit un art À sa mode,

Et toutefois longtemps eut un heureux destin.

Mais sa muse, en français, parlant grec et latin,

Vit dans l’âge suivant, par un retour grotesque,

Tomber de ses grands mots le faste pédantesque, (Art poétique).

On a de lui des madrigaux, des sonnets et une sorte d’épo-

pée, la F'anciade.

MONTAIGNE (MICHER DE).—( 1533-1592),

Dans ses Essais, Montaigne (1) traita les sujets les plus divers. Sa prose n’est point exempte de défauts : quand le mot français lui manque, il a recours au gascon. Il abonde en tours nouveaux, conformes au bon goût et au génie de la langue. Personne n’a mieux que lui connu la valeur des mots, ni mieux su les plaeer pour en montrer toute la foree. Voici comment il a jugé lui-même sa manière : ‘ C’est un parler simple et naïf, tel sur le papicr qu’à la bouche, un parler succulent et nerveux, court et-serr4, non tant délicat et peigné que véhément et brusque, plus difficile qu’ennuyeux, éloigné de l'affectation, déréglé, décousu et hardi.”

Son scepticisme, qui se glisse dans sos œuvres, et pout conduire aux plus funestes conséquences, a valu aux Essais la censtüire de Rome.

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