‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 232 sur 461 · MADAME DE SÉVIGNÉ · texte numérisé non relu

MADAME DE SÉVIGNÉ

Restée veuve à 25 ans, Madame de Sévigné se donna tout entière à l'éducation de son fiis et de sa fille. Cette dernière, mariée à un brillant officicr, Monsieur de Grignan, dut s'éloi. gner et suivre son mari en Provence, C'est cet éloignement qui a donné lieu à ce commerce de lettres entre la inère et la lle, source de tant de chefs-d’œuvre,

Les lettres de Madame de Sévigné sont pleines de sensibilité, de naturel et d’enjouement. Elles renferment de précieux détails sur les mœurs de la cour. La répétition sans "esse renouvelée des mêmes sentiments en rend Ja lecture fastidieuse : mais en les quittant, on se promet d'y revenir, et l’on y revient,

Si parfois on est tenté de reprocher à la noble Marquise une trop grande liberté d’allures, trop peu de retenue dans ses peintures, il faut se rappeler qu’elie écrivait pour le foyer domestique, et non pour là publicité,

“ Ce qu'il y a de plus merveilleux, dit M. F. Godefroy, c’est la facilité de cette plume qui trotte avec une si aimable

liberté, el a loujours la bride sur le cou.” * J'écrirais jusqu'à

demain, disait-elle : mes pensées, ma plume, mon encre, tout vole.”

Joseph de Maistre a exprimé en ces termes son jugement sur Madame de Sévigné ct Madame de Grignan: «Si j'avais à choisir, j'épouserais la fille, et puis je partirais pour rvcc. voir les lettres do la mère,”

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