BUFFON (LECLERC, CONTE DE
Buffon entreprit de tracer le tableau général de la nature, dont il était épris, Son œuvre cst immense, Il lui a fallu recucillir une prodigieuse quantité d'informations, et l’on ne doit pas s'étonner qu'il n'ait pu les Contrôler toutes. Dans l'état où était alors la science, il lui était difficile d’être mieux renscigné. Il a, du reste, voulu Peindre plutôt qu’enseigner, De !} son dédain pour les classifications.
On s'accorde universellement à regarder les écrits de Buffon comme le plus beau modèle de la noblesse et de l’har. monic du style, On reconnait aussi qu'il décrit avec une admirable fidélité les mœurs et les traits Caractéristiques des animaux, Ila, comme nous l’insinuons plus haut, une foule d'opinions hasardées Ou cCrronées,
Dans son Discours sur le Slyle, Buffon dit qu'il ne faut songer à habiller ct à colorer ses idées qu'après les avoir coordonnées : il montre bien que, pour lui, le soin de Ja
forme était l'objet d’un travail particulier. C’est pour cela que son style est gi harmonieux; mais si l'on obtient ainsi l'élégance, on perd la Chaleur qui jaillit du premier jet,
On doit regretter qu'un si bon peintre de la nature ait si peu adoré l’Auteur de la nature.