‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 238 sur 461 · BERNARDIN DE ST-PIERRE · texte numérisé non relu

BERNARDIN DE ST-PIERRE

Bernardin de St-Picrre chercha toute sa vie sa vocation, qu'il ne connut pas, ce qui le rendit malheureux. Il essaya de la Marine, de la vie ecclésiastique, Passa à l'Ecole des Ponts-et-Chaussées, perdit son grade d’officier-ingénieur, se fit professeur de mathématiques, et resta mécontent, Quit. tant son pays, il alla chercher la joie en Russie et en Pologne ; mais la joic fuyait à son approche. Pourtant il était philan.

thrope, et finit par rencontrer vn ami, Jean-Jacques Rous, seau, qui avait, comme lui, beaucoup à se plaindre de la société et surtout de lui-même,

Son livre des Eludes de la Nalure, malgré quelques écarts et des longueurs, mérite d’être cité comme un bon ouvrage, par comparaison avec ce qui se pubiiait à son époque. Au milieu de tous les mensonges dont pullulaient les autres livres, celui-ci, qui respectait la vérité, élait une nouveauté, Il a un autre mérite, celui d’une grande distinction dans lo style, qui est presque toujours harmonieux, abondant ot tendre.

Ses Médilalions sont pleines de charmes; malheureuse. ment, il donne souvent ses rôveries pour des lois de la nature,

Paul ct Virginie est le roman qui l’a immortalisé. On ne peut dire, pourtant, qu'il soit sans péril, ct qu'il respecte ln vérité des situations, souvent forcées, L'élégance ct la douceur du style ne sauraient racheter complétement ces défauts.

Bernardin de St-Picrre réussissait dans le genre desciiptif: ‘ Votre plume, lui a dit Napoléon, est un pinceau.”

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