‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 384 sur 461 · captivité de St Louis en · texte numérisé non relu

captivité de St Louis en

bien l'auteur, dans un style simple et sans apprêt, sait nous faire éprouver des sentiments conformes à [1 seène déplorable qu’il nous raconte, On ne saurait s'empêcher, en lisant ce récit, de prendre.en pitié les illustres infortunés, de concevoir do l'horreur et du mépris pour les municipaux et de l’admiration |

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jusqu'alors il avait conservé sa cuite

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Une mandé rovêtil a recpri le lieu était c tucuse

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eux. À ici-bas, nelles d Mouror Les p lâtre fu Dieu to couronn tacha à sci: sc Dieu, il frère : ] multitu voix qui ÿ’culent mit D'aut temple ire Selon ]

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ou compaiir à [cents, ses joyeux acun messager du ssant sous cette néme l'âme de nant près de lui; st u creature "il s'envole.

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té de St Louis en

Leçon XXX, LTEXTE A ANALYSER, Laint Donatien et saint Rogatien,

Dès l’an 290, saint Clair apporta le flambeau de la foi aux habitants de Condivincum (aujourd'hui Nantes). Par ses prédications, sa sainteté ot ses miracles, il enleva aux faux dieux us grand nombre d'adorateurs. Parmi ces nouveaux chrétiens, on compta bientôt le jeune Donatien, fils du gouverneur de la ville, Les sublimes vérités de l'Evangile avaient touché son cœur ct lui avaient fait abandonner les séduisantes pratiques d’un culte efféminé pour s'attacher à la croix du Diou des souffrances,

Une conversion si éclatante ne put rester iguorée. Le néophyte fut mandé devant Je pontife des idoles. Il y confossa Jésus-Christ. On le revêtit aussitôt de la robe des martyrs : et, tel qu'un grand peintre no: arcprésenté saint Gervais marchant à la mort. Donatien s’avançuit vers le lieu du supplice, quand son jeune frère Rogatien s'offrit à sa vuo. Il était couronné de fleurs ct 82 rendait au ban uct d'une fête voluptueuse ; il ignorait et la religion nouvelle, et les dangers do son frère.

“Où le traînez-vous ? cria-t-il aux licteurs.

—A la mort, répondirent ces barbares.

—À la gloire ! répliqua le valeureux chrtien. Je vais mourir pour Jésus-Christ. © mon frère! iuc je te plains de ne pas connaître ce Dieu du ciel et de la terre ! lui seul est Dicu ; iln'en est pas d'autre. Ceux que tu adores sont l'ouvrage ce :: main des hommes et périssent comme eux, Mais lo Sauveur, pour icquel je vais souffrir quelques instants ici-bas, est la résurrection et la vie il me donnera dans le ciel d’éter-

nelles déliees. Rogatien, crois a moi, pour que j'expire en paix, Mourons ensemble pour renaître immortels

Les paroles du chrétien eurent une puiss divine : le cœur de l’idolâtre fut touché ; ses yeux s’ouvrirent à la | re d’en haut, I vit un

Dieu tout rayonnant de gloire, du haut du cicl qui lui montrait deux Couronnes ; il s’élança près do Donatien, le serra dans ses bras ct s’attacha à lui. Le martyr, dans sa joie sainte, ne Louvait le presser sur son sci: ses mains (taicent chargées de chaines, et, tout en remerciant Dieu, il se prenait de pitié en contemplant la tendre jeunesse de son frère : la foule aussi était émue. La compassion se glissait dans cette multitude qu’une férocc curiosité avait rassemblée. On entendait des voix qui disaient : ‘‘ À peinc sont-ils sortis de l'enfance que déjà ils eulent mourir ! Que sont donc ces chrétiens pour mépriser ainsi la mort ct les tourments ? ” D'autres ajoutaient : “ Ils adoreront Jupiter : qu'on es rosonduise au temple : s'ils refusent de sacrifier aux dieux iemraorte!s, il séta, temps de l'aire périr Selon le vœu de la foule, les deux chrétiens furent conduitsau temple lsidoles. Ils marchaient l’un à côté de l’autre, u'eins d'innocence e! ‘ésignation, KRogatien était en ore tout paré de fleurs et de bandelettcs : il écoutait les parvles de vie qui sortaient de la bouche de 80» frère et s'afformissait dans la foi. Ils arrivèrent au temple de Janus :

ne

354 MOYENS DÉ FORMER LE stYLP.

là, lo pontifo leur présenta ct la coupe des libations, et l'encens des sacrifices. Le pouplo joignit ses prières aux ordres da grand-prêtre : ce fut en vain. Rogatien jeta au loin le vaso d'or qui lui était offert ct s’écria : ‘* Périsso le qulte des faux dioux ! Ceux que l'on adore ici ne sont que de vaines images ; le vrai Dieu cst celui des ahrétiens, c'est celui de mon frère, c'est lemien. Faites-nous mourir: nous ne sacrificrons qu'À Jésus-Christ, et ce sacrifice sera notre propre sang, Menez-nous à là mort,’”?

Alors la foule oublin la pitié, demanda leur mort et les accabla d'ou. trages, Les deux enfants do Dicu ne s'en émurent pas et marchèreit d'un pas fermo vers le lieu du supplice.

C'était à mille pas du temple do Janus (sur les restes duquel s'élève aujourd'hui ln cathédrale ct à l'endroit où l'on voit, sur la route do Paris, deux croix ds bois et deux ormeaux) ; là, les bourreaux s'essayérent à de nouvelles tortures avant de donner la mort aux chrétiens, Quand Donatien vit couler lo sang de son jeune frère, il lui cria : ‘* Ami, aie bon courage : voilà le baptême que tu demandais: le sang du murtyre est un autro baptême qui ouvre la porto des cieux ct donne le bonheur éternel.” Il cxhortait encore Rogatien, que celui-ci avait déjà cessé de vivre. Un instant après, un dernier coup de hache le délivra aussi dela vice; et les deux âmes chrétiennes, comme deux cygnes qui fuient la région des tempêtes, s'envolèrent do la terre vers le ciel qui les attendait, Vicomte WaLsH.—ZLettres vendéennes, 2.—PLAN DE LA COMPOSITION.

L'élève complèlera le plan suivant :

e fS23 [S SL Clair 90 | £ à © [ L° cst dénoncé comme tel; Z À nñn | Le va | RE | 8 © ta au | | JS Lohan 4 . L Rogatien apprend que l’on conduit | -9$é [Donatien au lieu du supplice; 5 2.2 ° 22 | Les paroles de Donatien 5 ST DOonATIEN | 59 5& ] ont une puissance divine. 3e ET 4 = TA lc Lo ST ROGATIEN, DS ? Cependant la foule veut |, E ST? qu'on les conduise Jo =" | au temple de Janus. 4e | {1° La multitude, voyant nos deux héros an U , , L!

o 2 | inébranlables, les accable d'outrages; = 90 | Ê 2 | 30 S 5 5o AT | 1

ns, et l’encens des la grand-prêtre ; ce lui était offert ct ’on adore ici ne sont tiens, c'est celui de ne sacrifierons qu’à . Menez-nous à lu

+ les accabla d'ou.

pas et marchère)t

stes duquel s'élève it, sur l& route de bourreaux s'essayort aux chrétiens, , il lui cria : ‘ Ami, s: le sang du mur- 2x et donne le boncelui-ci avait déjà le hache le délivra 10 deux cygnes qui re vers le ciel qui Lettres vendéennes,

ncé comme tel;

que l'on conduit ieu du supplice;

, nos deux héros ble d’outrages;

ions (V. p. 239).

s\YALYSE, CRITIQUE ET COMPOSITIOX, 355

Conseil: T'irateur n-su peindre avec bonheur le contraste rossortant du sujet. Ainsi, dans un stylo rapide et ferme, il nous représente trôsbien l'héroïsme et la grandeur d'imo des deux jeunes saints et la cruauté, l'insolence de cette population encore puïenne de Condivincum,

D.—(OMPOSITION, Le chef-d'œuvre anonyme, Plan de la Composition.

“visilait, près de Madrid, un couvent de règle fort austère ;

Rubens 4 y remarque un magnifique tableau :

| 16 montre à ses élèves, qui partagent {son admiration.

{ On appelle le prieur pour connaitre l'auteur du chef-d'œuvre,

Gelui-ci dit que “l'artiste n'est plus

de ce monde.” [soit mort ignoré... ;

st plus de ce monde.

= | Rubens s'etonno qu'un tel auteur e et le Rubens 4 se nomme lui-même au 5 prieur, père prieur,

artists

{ laisse paraitre une émo- | tion subite ; est vivement sollicité de faire connaitre l’auteur:

résiste à la tentation de le nommer, f Rubens insiste pour connaitre le nom de cet ar- Liste. [mort, mais ‘qu'il s'est fait religieux.” | Le père dit que celuidonton s’enquicrtn'est pas demande qu'il sorte de son couvent :

Rubens dit que d'rmortalité lui est due, répond que Dieu n'appelle pas ce religieux à vivre dans le monde :

( Le moine À ajoute que l'immortalité n’est rien en présence del'éternité ; [tretien.

| abaisse son capuchon et rompt l'en- { Rubens f sont vivement émus ; etses < sortent du couvent ct retournent | élèves à Madrid rêveurs ci silencieux.

remercie Dieu de l'avoir rendu fort he | contre la tentation ; L'alets; prieur [ane ses pinceaux et Ses cho-

Le moine LE CHEr- D'ŒUVRE ANONYME,

Cet art

Denoùment du dialogue ŒY" aus

CESR NAT EEE EE MIS eue eme ee oc UE ste estdansun cloitre. L’

les lance dans la rivière qui baigne les murs du monastère,

, Conseils: En faisant parler alternativement Rubens et le prieur,

l'élève 6vitera les propositions de liaison commo &{ dit, il répondit, il

outa, ete. Il aura foin que l'intérêt aille toujours croissant, Qu'il

montre bien, d’une part, les sollicitations de plus en plus pressantes du

Brand peintre et de ses élèves afin de coanaitro l’auteur du tableau, et

d'autre part les violents efforts du religieux pour n6 pas révéler 10 nom de cet auteur.

Autres sujets : 1. Vie séculière ; 2. Ctat religieux: 3. vocation sucer. dotale,

Lecon XXXI.

ΗTEXTE À ANALYSEN.

Mort de Louis X VII.

La nuit vint, nuit Suprême, que les règlements condamnaient encore le prince à passer dans la solitude, côte à côto avec la souffrance, sa vieille compagne ; mais cette fois, du moins, avec ln mort à son chevet...

Lo lendemain, 8 juin, quand le médecin se fut retiré, Gomin remplaca Lasne dans la chambre du Dauphin, il s’assit auprès de son lit ot ne lui parla point, de peur de le fatisuer,

Le prinec n'entamait jamais Ja conversation, ct par conséquent il no dit rien non plus: mais il arrêta sur son gardien un œil profondément mélancolique. ‘Que jo suis malheureux 4: vous voir souffrir comme cela! Jui dit Gomin.—Consolez-vous, lui dit : enfant, je ne souffrirai pas toujours.” (lomin se mit à genoux pour êtro plus près de lui. L'enfant lui prit Ja main ct la porta à ses lèvres, Le cœur religieux de Gomin so fondit en une prière ardente, une de ces prières que la douleur arrache à l’homme, ct que l'amour cuvoie à Dicu. L'enfant no quitta pas la main fidèle qui lui restait: il éleva un regard vers le ciel, pendant que Gomin priait pour lui.

Vous écoutcrez sans doute avec émotion les dernières paroles du mourant. Ceux qui recueillirent son dernicr soufle me les ont rapportées, et je viens fidèlement les inscrire dans lo martyrologe royal,

Somin, voyant l'enfant calme, muet, immobile, lui dit : “J'espère que vous ne souffrez pas dans co moment ?...—Oh1! si, je souffre encore, mais beaucoup moins : 1a musique est si belle ! ”

Or on ne faisait aucune musique, nidans la tour, ni dans les environs: aucun bruit du dehors n'arrivait, en co moment, à cette chambre où le jeune martyr s'éteignait. Gomin, étonné, lui dit : ‘ De quel côté entendez-vous cette musique ?—De 1à-haut.—Y n-t-il longtemps ?— ,)cpuis que vous êtes à genoux. Est-ce que vous n'avez pas entendu ? Ecoutez! Ecoutez !”?

Et l'enfant souleva, Par un mouvement nerveux, sa main défaillante, en ouvrant ses grands yeux illuminés par l’extase. Son pauvre gardien, ne voulant pas détruire cette douce et suprême illusion, se prit à écouver aussi avec le pieux désir d'entendre ce qui ne pouvait être entendu,

Après quelques instants d'attention, l'enfant tressaillit de nouveau ; ses yeux étincelèrent, ct il s'écrin dans un transport indicible : ‘* Au milieu de toutes les voix, j'ai reconnu celle do ma mire!”

Co nom tombé des lèvres de l'orphelin semblait lui enlever toute douleur. Son regard s'éclaira de cc rayonnement serein que donne la certitude de la délivrance où de la victoire. Captivé parun spectacle invisible, l'oreille ouverte au bruit lointain d’un de ces concerts auc l'oreille humaine n'a pas cntendus, il seutait éclors dans sa jeune âmo toute une existence nouvelle, Un instant après, l'éclat de co regard s'était

fteint, suivait tion n° distrai min lu gardier de nou Lasn mais n une fin d'un œi demant “ Crois:

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