‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 424 sur 461 · réponse à la lettre précédente · texte numérisé non relu

réponse à la lettre précédente

un débiteur, lettre de reproches.

Legon LXIII.

TEXTE À ANALYSER

Lettre de Marie Sruarr à Elisabeth.

Quoique je doive mourir par un arrêt signé de votre main, ne pensez pas que je meure votre ennemie, Je suis d’une religion qui m’apprend à supporter tous ies maux du monde, comme la vôtre vous permet de les faire impunément. Bien que je sois condamnée comme criminelle, je n’en suis pas moins innocente. Je ne serai point décapitée pour avoir voulu vous ravir la vic, mais pour avoir porté une couronne après laquelle vous soupiriez. La foi qui fit prier saint Paul pour Néron, me fait aussi prier pour vous. Mon supplice, que vous regardez comme ignominieux, mettra le comble à ma gloire. Ne croyez pas m'avoir immolée impunément : souvenez-vous qu’un jour vous serez jugée, ainsi que moi. Loin de souhaiter de me voir vengée, quoique cette vengeance fût juste, je m’estimerais, au contraire, infiniment heureuse, si la mort temporelle que je vais suuffrir vous conduisait au chemin de cette autro vie qui doit durer autant que l'éternité.

Adieu, Madame, songez qu’une Couronne est un bien fort dangereux, puisqu'il a fait perdre la vie à votre cousine,

L'élève complèlera le plan suivant :

Jo

3° mon supplice fera ma gloire, car je LETTRE D'ADIEUX. À 4e [meurs innocente ; üe To

Conseils : Dans son ensemble, cette lettre-discours est bien pensée et

bien écrite: tout est à sa place ct y arrive heureusement. Lo style, d’un ton un pou haut, est simple et plein d'énergie: il reproduit pure faitement les impressions do la reine dans ce moment solennel et

suprême. On trouve des pensées lugubres, mais il en fallait pour exciter les remords dans un cœur aussi coupable que celui d’Elisai th, D'ailleurs on sent que la résignation religieuse est souveraine dans le cœur de Marie Stuart. Il y a des antithèses et des rapprochements que l’élève doit apprécier.

9,—COMPOSITION

Lettre à un ami pour lui raconter un incendie, Pian de la Composilion.

( Heure avancée ; cris, tocsin ; Los foule effarée ; — dlrconstances., se pour combattre 1 incendie ; emme qui se montre à l’une des fenêtres avec son enfant ; INCENDIE, anxiété de la loul?, f Dévoucment d'un ouvrier ; dangers qu’il court ; Un acte | sas ( , : les malheureux sont sauvés :

de dévouement. | modestie de l’ouvrier ; .Secours aux incendiés.

Conseils : Pour bien faire dans cette composition, il faut s’inspirer de beaucoup de sentiment. Le style doit être sombre ct mélancolique, Les petits tableaux seront vifs ct précis, c'est le moyen de bien rendre le trouble et l'agitation des incendiés. Ce qui a trait à la situaiion déchirante de cette femme qui va périr avec son jeune enfant doit par-

ticulièrement être rendu avec unc sensibilité toute cowpatissante, ‘à

Autres sujets: 1. Demande de remboursement ; 2, lettre à une con-

naissance pour lui recommander un étudiant ; 3. lettre d’un père à son lils, relativement à ses dépenses.

Leçon LXIV, l.—TEXTE À ANALYSER.

La MÈRE de saint Chrysostome à son fils.

Mon fils, Dieu n’a pas voulu que je jouisse longtemps de la vertu de votre père. Sa mort, qui suivit-de près les douleurs que j'avais endurées pour vous mettre au monde, vous rendic orphelin, et me laissa veuve

pis lon

plus té peines peuver Il n’y:

où se Y gon pèt tion, d de son de ses mauva jures di ievée d Quan que c’e moins :

dépens c'est ur qu’il co m'ont orages « me suis avec soi Mais cesse, e fidèle d lorsque et les m Jene tenu av j'ai dim quiestt ai conse to toecc dépense je que j obligatic grâce: 1 plaie qui mort; p espérer ( Quand v vous aur voyages, en empê sence, et vous l’in mère qui

est bien pensée ct sement. Lo sivlo,

il reproduit pure ment solennel et à fallait pour exci.

celui d’Hlisabcth, souveraine dans le s rapprochements

ncendie.

tire l'incendie:

tre à l’une des n enfant ;

| ouvrier ;

rl;

ont Sauvés ; rier ;

idiés.

faut s’inspirer do ct mélancolique, n de bien rendre tit à la situation e enfant doit parnpatissante.

lettre à une cone d’un père à son

fils.

ps de la vertu de > j'avais endurées me laissa vouve

vus tôt qu’il n’eût été utile à l’un et à l’autre, J'ai eouffert toutes les peines et toutes les incommodités du veuvage, lesquelles, certes, ne peuvent étre comprises par les personnes qui ne les ont point éprouvées. Iln’y a point de discours qui puisse représenter lo trouble et l'orage où se voit une jeune femme qui ne vient que de sortir de la maison de gon père, qui ne sait point les affaires, et qui, étant plongée dans l’affiction, doit prendre de nouveaux soins, dont la faiblesse de son âge et celle de son sexe sont peu capables, Il faut qu’elle supvlée à la négligence de ses serviteurs, et se garde de Jour malice : qu’elle se défende des mauvais desscins de ses proches; qu’elle souffre constamment les injures des partisans, et l’insolence et la barbarie qu’ils exercent dans la icvée des impôts.

Quand un père en mourant laisse des enfants, si c’est une fille, je sais que c’est beaucoup de peine et de soin pour une veuve: Ce soin néanmoins est supportable, en ce qu’il n’est pas mêlé de crainte ni de dépense. Mais si c’est un fils, l'éducation en est bien plus difficile, et c’est un sujet continuel d’appréhensions et de soins, sans parler do ce qu’il coûte pour le faire bien instruiro. Tous ces maux pourtant ne m'ont point portée à me remarier. Je suis demeurée ferme parmi ces orages et ces tempêtes; et, me confiant surtout en la grâce de Dieu, je me suis résolue de souffrir tous ces troubles que le veuvage apporte avec soi. :

Mais ma seule consolation dans ces misères a été de vous voir sans cesse, et de contempler dans votre visage l’image vivante et le portrait fidèle de mon mari mort : consolation qui a commencé dès votre enfance, lorsque vous ne saviez pas envie parler, qui est le temps où les pères et les mères reçoivent plus de plaisirs do leurs enfants.

Je ne vous ai point aussi donné sujet do dire que, à la vérité, j'ai soutenu avec courage Jes maux de ma condition présente, mais aussi que j'ai diminué le bien de votre père pour me tirer de ces incommodités, qui est un m:lheur que je sais arriver souvent aux pupilles ; car je vous ai conservé tout ce qu’il vous a. laissé, quoique je n’aie rien épargné de to t co qui vous a été nécessaire pour votre éducation. J’ai pris ces dépenses sur mon bien, et sur ce que j'ai eu de mon père en mariage : x que je ne vous dis pas, mon fils, dans la vue de vous reprocher les obligations que vous m'avez, Pour tout cela je ne vous demande qu’une grâce: ne me rendez pas veuve une seconde fois. Ne rouvrez pas une plaie qui commençait à se fermer. Attendez au moins le jour de ma mort; peut-être n'est-il pas éloigné. Ceux qui sont jeunes peuvent espérer de vieillir ; mais, à mon âge, je n’ai plus quo la mort à attendre. Quand vous m’aurez ensevelie dans le tombeau de votre père, et que vous aurez réuni mes 08 à ses cendres, entreprenez alors d’aussi longs voyages, ct naviguez sur telle mer que vous voudrez, personne ne vous en empêchera. Mais, pendant que je respire encore, supportez ma présence, et ne vous ennuyez point do vivre avec moi. N'attirez pas sur vous l’indignation de Diou, on causant nne douleur si sensibie à une mère qui ne l’a point méritée.

L'élève complèlera le plan suivant :

[Jean s'it sur les conseils de Basil Son ini ter vivre dans la solitude :

sa ru LenCus0 en termes propres à l'émou- Liste voir à rester auprès d'elle, LL Lo DE ST JEAN :

« e 90 CEnvs0sTOur | de ie Aer veuve, | 3 À SON FILS. RUE “Eh [é . * o Autres raisons qu’elle donne à Jean À pour le retenir, ke {5

3,— ANALYSE LITTÉRAIRE.—Répondre aux questions (V. p. 289). 4.—CRITIQUE.

Conseils: L'élève remarquera qu’il y a dans ce discours comme une espèce de plaidoyer, mais un plaidoyer sans fracas, doux, insinuant et conduit avec une éloquence sans cesso croissante, comme les affections

’un cœur maternel. Aussi, voyez quels artifices oratoires sont mis en jou ! Quel choix dans les arguments et quelle adresse à les employer | Quelle habile réfutation surtout |

D.— COMPOSITION

Le duc de Roma à ses soldats.

Plan de la Composilion.

Nous avons passé des lieux presque inaccessibles ;

nt l’armée impériale est devant nous;

siluation. les Grisons (1) sont derrière, prêts à

HARANGUE tomber sur nous si nous sommes DU DUC défaits ; [ments.

DE Ronan les Valtelins ont les mêmes senti- A SES { La retraite est im oossible :

SOLDATS. | nn. la victoire est notre seul refuge ; ue les armées du roi triomphent partout :

pour nous, immortalisons ce petit vul ‘on par notre valeur,

. Conseils : Dans uno haranguc militaire, il n’est pas nécessairo de faire entrer toutes les parties du discours. Le général entre tou! te

(1) Les Grisons avaient accueilli tes Franenis cnmme des lihésatours : œius ic duc de Rohan se défiait avec raiso leur fidélité,

guito Des 1 inspir

.: Aut à es;

Ren:

Louis, milieu des co:

la nati les int.

vironn et de p temps | etque] liante «

à térêt di

soit, ca prestige peut pl non-seu Je vo tière ; ; la rec parle à regrette des inet portée € plus, c'e sa seule lo juger:

T1 sait b grande « Louis ne Nous n’:

que le ju nous ou voulons Louis. e

aurons d

seils de Basi] a Solitude :

pres à l'émou.

Jean | [l ( ans (V.p. 289).

ours comme une )JuX, insinuant ct me les affections )ires sont mis en à les employer |

lieux presque

evant nous; rrière, prêts à nous sommes [ments.

mêmes senti- 0; refuge ; hent partout ; s ce petit val

s nécessairo de | entre tou! de

loe Hih£entonurs :

té.

suito en matière, et dès le débat il doit captiver l'âme de ses soldats, Des mcts ardents et vifs comme le sentiment de l'honneur peut en inspirer, C'est à peu près tout ce quo demandent ces proclamations.

. Autres sujets: 1. Discours de Mathatias à son armée, 2, de Montculuw à ses soldats, 3, do Salaborry à ses voltigeurs.

Leçon LXV.

Î.—TEXTÉ À ANALYSER,

Exorde du plaidoyer pour Louis XVI.

Représentants de Ja nation, il est donc enfin arrivé ce moment où Louis, accusé au nom du peuple français, peut se faire entendre au milieu de ce peuple Ini-môme ! I] est arrivé, co moment où, entouré des conseils que l'humanité et la loi lui ont donnés, il peut présenter à la nation une défense que son cœur avoue, ct développer devant elles les intentions qui l'ont toujours animé! Déjà lo calme même qui m’environne m’avertit que le jour de la justice a succédé aux jour: de colèro et de prévention, que cet acte solennel n'est point une forme, que le temps de la liberté est aussi celui de l'inpartialité que la loi commande, et que l'homme, quel qu’il soit, qui se trouve réduit à la condition humiliante d'accusé, est toujours sûr d’appeler sur lui et l'attention et l’intérêt de ceux mêmes qui les poursuivent. Je dis l’homme quel qu'il soit, car Louis n’est plus en effet qu’un homme. Il n’exerce plus de prestige ; il ne peut plus rien ; il ne peut plus inspirer de crainte ;ilno peut plus offrir d'espérance : c'est donc lo moment où vous lui devez non-seulement le plus de justice, mais, j'oserai le dire, le plus de faveur,

Je voudrais pouve:: être entendu, dans ce moment, de la France entière ; ,e voudrais que :ette enceinte pût s’agrandir tout à coup pour

la recevoir ! Je sais qu’en parlant aux représentants de la nation, je parle à la nation elle-mêr> ; mais il est permis sans doute à Louis de

regretter qu’une multit:. le immense de citoyens aient reçu l'impression des inculpations dont il est l'objet et qu’ils ne soient pas aujourd’hui à portée d'apprécier les réponses détruisent. Ce qui lui importe le plus, c’est de prouver qu’il r’est po conpablo ; c’est là son seul vœu, sa seule pensée. Louis sait bien que l'Eurepe attend avec inquiétude lo jugement que vous allez rendre, mais il ne s’occupe que de la France. Il sait bien que la postérité recucillera un jour toutes les pièces de cetto grande discussion qui s’est élevée entre une nation et un hommo:; mais Louis ne songe qu’à ses contemporains, il n’aspire qu’à les détrompor. Nous n’aspirons non plus, nous-mêmc, qu'à le défendre ; nous ne voulons que le justifier. Nous oublions, comme lui, | Europe qui nous écoute

nous oublions la postérité, dont l'opinion déjà se prépare. Nous ne

voulons voir que le moment actu nous ne sommes occupé que da Louis, et nous croirons avoir rempii toute notre tâche quund uous

aurons démontré qu’il est innocent.

De Sèze.

418 MOYENS DI MONMEN LE STFLE,

L'élève complèlera le plan suivant :

Voici 1° [ venu pour | 2e

Louis AT l° que la justice a suce.

, ejà 1e ES A es le jour de la Dé j dé à la colère ct à {à

Exonpre justice, |'"Opergo!s Lo, [prévention ; DE LL

DE Size. Sos 2° En parlant aux représentants

pions | la nation, Je parle à la nation vlc.

dti mème, il est vrai ; : :

AUimente l° que de citoyens il faudrait

12 détromper sur les fausses

müis, inculpations dirigées con.

a. [tre Louis :

3° 3.—ANALYSE LITTÉRAIRE.--Répondre aux questions (V, p.289, 4.—-CRITIQUE.

Conseils : Malgré la situation difficile de l’oriteur, on remarque dans cet exorde uno grande justesse d'idées et une parfaite propriété d'expressions. Jcs prégautions oratoires y sont girdées avec un talent

admirable. Sur ce point, ce morceau mérite d'être considéré comme modèle. La diction cst pure, et le style, simple, souple, fuci'e.

d,—COMPOSITION.

Le cardinal Ximenès, aux troupes espagnoles.

Plan de la Composilion.

Vous n'avez nul besoin d'être animés par des discours avant le combat É

si cela était, je laisserais ces soins aux vaillunts capitaines qui vous commandent :

mais dans une expédition où il s'agit de la cause de Dicu, j'ai cru devoir vous adresser la parole. [des Maures ;

MES ra eV Exorde. annee ercmansrancrns

je m'exposerai moi-même le premier au

Discours ; { Vous vous plaignez souvent du ravage DE ÈS fées de vous qu'on attend la délivrance XIMENÈS 5 = des enfants retenus en servitude par AUX | | les infidèles ; [injustices.

TROUPES & 4 — (voilà le moment de venger toutes ces FSPAGNOLES, | & | = f La victoire vous couvrira de gloire aux

= 2 yeux de toutes les nations ;

Page 1