L'idée ct le sentiment du beau sont dans tous les
hommes, mais plus ou moins affaiblis ou défigurés par l’errour, l'ignorance et les passions.
106, On peut considérer comme belles les œuvres qui ont reçu l’assentiment universel, le Télëmaque, par exemple; et aussi celles qui nous procurent du plaisir dans une contem-
plation prolongée, comme seraient certains chapitres du Génie du Chrislianisme.
8 II.—Du Goût et de la Sensibilité.
107, Le gout est la faculté d'apprécier une œuvre en se fondant sur l’idée et le sentiment du beau.
108. Se former le goût c’est, au fond, s'affranchir de l'ignorance, de l'erreur et des passions.
Deux choses surtout contribuent à cet affranchissement : l’exercice bien réglé des facultés de l’âmo et l'influence de la piété chrétienne : aussi remarque-t-on, tant dans les individus que dans les peuples, que ceux-là ont le goût plus parfait, qui sont plus instruits et plus religicux.