Voir le chapiue
tonnerres fondés sur la propriété que possède Féleclricilé statique de passer entre des pointes rapprochées et de fondre les fils fins qu'elle traverse, tandis que l'électricité produite par les piles ne peut franchir la distance qui sépare deux pointes quelque faible qu'elle soit.
Voici la description de quelques-uns des paratonnerres employés en France.
Le premier {fig. 70], dont on fait usage dans les postes de chemin de fer, comprend une petite planchette en bois MN sur laquelle sont placées deux viroles B et G à 6 ou 7 centimètres de distance. Un fil de fer ou de platine extrêmement fin, fixé à ses deux extrémités dans deux montures en cuivre et placé dans un tube de verre relie ces deux viroles.
La partie supérieure B communique avec la ligne A, la partie inférieure G avec le fil du poste D. Le courant qui vient de la ligne doit traverser le fil fin BG, de sorte que si la décharge électrique est assez forte, ce fil se fond et interrompt la communication entre )a ligne et l'appareil.
En face de la virole supérieure B est une pièce métallique E qui communique avec la terre. Des pointes de cuivre placées en regard permettent à l'électricité accumulée sur le fil de la ligne de passer dans le réservoir commun lorsque le fîl de platine a été fondu.
11 arrive quelquefois que le fil contenu dans le tube de verre, volatilisé par l'effet de la décharge, se précipite contre les parois du tube et forme une sorte de gaine conductrice. L'on supprime souvent ce tube destiné seulement à protéger le fil qu'il contient. Lorsqu'une décharge électrique a fondu le fil, on doit le remplacer pour rétablir la communication.
¥ig. 70.
TtLÊGBAPHTB ÉLEGTftlQtlB.
Cet paratonnerres doivent ôtre autant que poaûble placés en dehors des bureaux pour que la ligne soit complètement séparée de rintérieur du poste après la fusion du fil de platine.
04 . *>«* La disposition suivante offre Tavantage de faire oommuniquer à la terre le fil de la ligne lorsque le fil fin a été fondu. .
Ce paratonnerre consiste en une tige MN {fg. 74) formée de
Appareil
Fig. 7i.
trois parties en cuivre, AC, DG et HB. Les portions extrêmes AC et HB sont séparées par des disques en ivoire GH et CD, de celle du milieu qui porte un renflement EF. Un fil très-fin recouvert de soie est fixé, d'une part, à la partie supérieure M qui se dévisse, et de Vautre par une petite vis à Textrémité inférieure N; il est enroulé sur la tige. Les portions extrêmes BH et AC ne soqt
1NSTRU1IBIIT8 TÈLtGIAPHIQOES.
donc en oommunication que par rintermédîaire de ce fil reoou* vert, celle du milieu ne communique arec lea deux autres que lorsque la soie qui recouvre le fil est enlevée. La lige traverse trois viroles en cuivre P, R et Q. Des vis assurent le contact (to ces viroles aveo les trois portions ÂG, BF et HD. La première P communique aveo le fil de la ligne, la seconde R aveo la terre, et la troisième aveo le fil de Tappa* reiL
Lorsqu'une dédiarge atmosphérique fbnd le fil fin, ou brûle seule* ment la soie qui l'entoure, la ligne se trouve en OOtnmunication avec la terroi Quand tette fusion a eu lieu, on change là tige ou Ton enroule d'autre fil recouvert de soie.
On rsoonnait que les tiges ainsi montées sont en bon état en s'assurant que le courant passe entre les parties extrêmes et ne passe pas de l'une d'elles à celle du milieu.
Le paratonnerre vu de face est représenté dans la figure 72. Le fil de la ligne s^attaehe au bouton L. En U est un commutateur qui permet de faire communiquer ce fil, soit avec la lame N, soit avec la lame XYZ, soit enfin avec la plaque de cuivre W qui est reliée au fil de terre.
Dans le premier cas, le courant de la ligne doit traverser le fil du para* j Appareil tonnerre ; dans le second, il va direc- Fig. 72. tement à l'appareil , et dans le troi-
sième il se rend à la terre.
On doit, toutes les fois qu'un orage est un peu violent, établir
cette dernière communication. Les plaques W et L sont munies de pointes dont le but est le même que celles du paratonnerre décrit précédemment.
Quand il n'y a aucune chance d'orage, on place le ressort du commutateur U sur la lame XY ; mais si le fil recouvert de soie qui entoure la tige MN est dénudé en certains points, le courant, au lieu de traverser le fil de l'appareil qui offre une grande résistance, se rend directement dans le sol par l'intermédiaire de la virole R. Il faut enlever la tige pour empêcher toute communication de la lame XYZ avec la terre.
On a cherché à éviter cet inconvénient en donnant au paratonnerre la forme suivante qui a été récemment adoptée.
FIg. 73.
92. — Il est formé d'une petite colonne verticale [fig. 73) au bas dé laquelle s'attachent à trois petites bornes en cuivre, enT
le fil de terre, en L le fil de la ligne et en  le fil de l'appareil Labome L communique avecraxeH d*un commutateur à trois branches qu'on fait mouvoir au moyen de la tige K. En plaçant cette tige au-dessus de l'une des trois plaques qui portent les indications avec paratonnerre, terre, sans paratonnerre, les branches du commutateur appuient sur de petites plaques métalliques a, b, c et d. L'axe du commutateur communique seulement avec la branche du milieu; les deux autres, formées d'une seule pièce, étant isolées par un disque d'ivoire. Le fil fin recouvert de soie est placé dans l'intérieur de la petite métallique Z; ses extrémités dénudées sont arrêtées par des vis dans les deux autres petites pièces M et N.
Les communications suivantes sont établies au moyen de fils ou de lames fixées derrière la planchette,
LavecPP'etH . a avec N
b avec M d avec A avec XJU',ZetT.
4* Quand la tige K du paratonnerre est au-dessus de l'inscrip* tion sans paratonnerre , la branche médiane du commutateur appuie sur la plaque d. Le courant arrivant de la ligne au bouton L, traverse la plaque de cuivre garnie de pointes PP, et passe du centre H du commutateur au bouton d d'où il se rend à la borne A et à l'appareil. 2^ Si la tige K est placée au-dessus de l'inscription avec paratonnerre, les trois branches du commutateur se trouvent sur les trois plaques a, b et d. Le courant après avoir traversé la plaque PP', arrive, par l'intermédiaire de la branche du milieu, au point 6 et à la pièce de cuivre M; il traverse le fil du paratonnerre en Z, se rend de N au bouton a, suit les deux branches extrêmes du commutateur et passe de d à la borne A.
Si une décharge électrique fond le petit fil, la ligne se trouve en communication avec la terre par l'intermédiaire de la pièce en cuivre Z dans laquelle il est placé.
3' Dans la troisième position de la tige K, la branche du milieu
102 TÊLÊORAPHIB ÉLECTRIQUE.
a(>puie Bur la plaque ù qui communique avec la terre par Tinter* médiaire de la tige UU' de la plaque Z et de la borne T.
llftTALLATIOlf DES POaTBl.
93. WOê de terra. — Les piles, les récepteurs et les paralon* lierres doivent être, comme nous l'avons vu, en communication avec le réservoir commun.
L'on ne peut apporter trop d'attenUon à cette partie de l'installation d*un bureau télégraphique, car du bon établissement de oette communication dépend la sûreté des transmissionSf surtout pour les postes auxquels plusieurs lignes viennent aboutir. On ne pourrait pas, par exemple , se contenter d'un simple ûl de fer plongé dans une citerne maçonnée.
Le fil de terre doit être terminé par une assez grosse masse métallique placée au fond d'un puits ou dans un courant d^eau.
Lorsque cette condition ne pe|t être remplie, on creuse un trou assez profond dans un terrain humide, et on y dépose la masse de fer qu'on entoure de braise do boulanger.
Les tuyaux en fonte, tels que ceux qui servent pour le gai et les rails de ebemin de fer, qui communiquent sur une grande étendue avec le sol, peuvent être d'un précieux secours; on doit les utiliser chaque fois qu'il est possible de le faire.
Dans quelques cas on est obligé d'établir cette communicatioii à une asseï grande distance de la station, on ne doit jamais reou* 1er devant cet obstacle pour s'assurer d'une bonne communioa* Uon*
On pose, en général, par mesure de précaution, deux fils de terre complètement indépendants qu'on réunit à l'entrée du poste»
Le fil de terre reçoit les décharges électriques causées par lei orages; il est convenable d'employer du fil de fer d'un diamètre assez gros, pour éviter toute chance de rupture ou de fusion*
On forme souvent un faisceau de plusieurs fils de fer de trois ou quatre millimètres de diamètre qui vient aboutir à une plaque
INaXRUMBNTS TÉLfiaiAPHIQVES.
lOS
de cuivre ou de xinc derrière les paraioonerres d'où partent les bifurcations pour les piles et les appareils,
9L Pofîtâoiif relalÎTei des italîoBi* — Un poste situé à Textré* mité d'une ligne ne peut présenter aucune difficulté d'installation. Le fil de la ligne est invariablement relié au paratonnerre d'où le oourant se rend au manipulateur, au récepteur et à la terre. Lea fila de pile, au nombre de trois ou quatre, aboutissent à un oom* mutateur au moyen duquel on peut prendre, swvant les besoins, des nombres différents d'éléments»
Dans les postes intermédiaires, on affecte ordinairement un appareil spécial pour chaque direotioo. Quand les deux postes voisins doivent communiquer entre eux, au lieu de recevoir la dépêche de l'un des côtés pour la transmettre à l'autre, on les fait correspondre dii^tement, oe qui peut s'effectuer de diverses manières*
95* Chmamttioaiioa 4îrMi«< ^- Si la distance des deux pestes correspondants n'est pas trop considérable, on les établit, sur la
Fig. 7»»
demande de l'un d'eux» en communication directe au moyen de deux commutateurs B et B' (fig. 74).
10/i TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE.
Le fil conducteur de la ligne A est attaché au bouton a du commutateur B, et celui de la ligne A' au bouton a' du commutateur B'. Les boutons c et c' communiquent aux manipulateurs du poste, et les boutons d et d' sont reliés directement.
Lorsque les ressorts des commutateurs appuient sur les lames c et c\ le poste intermédiaire reçoit dans ses deux appareils les transmissions de A et de A' ; quand au contraire les ressorts sont sur d et d', le courant venant de A passe par a, d, d' a', et se rend en A' sans traverser les appareils.
Le poste intermédiaire étant hors du circuit, les deux correspondants ne peuvent l'avertir lorsque leur transmission est achevée ; ils doivent, en demandant la communication directe, indiquer le temps présumé qui leur est nécessaire.
On peut donner aux postes extrêmes la faculté d'appeler, à un instant quelconque, Fattention du poste intermédiaire en plaçant dans le circuit un appareil qui ne puisse marcher que si le courant passe dans un sens déterminé (n"* 70). Tant que les deux postes sont occupés, cet appareil reste immobile ; à la fin du travail, Tun d'eux change le sens du courant, et le poste intermédiaire averti reprend la position normale.
Les deux postes extrêmes doivent» pendant qu'ils sont ainsi en communication, disposer leurs piles de telle sorte que le courant qu'ils envoient sur la ligne ait le même sens et ne puisse faire marcher l'appareil du poste intermédiaire.
96. Oommumoation par tranflatîon. — - Nous aVOns VU (n^ 73 et 74] comment elle peut s'établir, soit avec un relais spécial, soit avec deux appareils ordinaires disposés à cet effet.
Deux commutateurs semblables à ceux de la figure 74 servent à établir cette communication. Au poste intermédiaire on peut suivre les transmissions qui ont lieu entre les deux postes correspondants et répondre quand on s'entend appeler, en convenant d'un signe à l'avance.
97. CommaBîoatîon simultanée. —Lorsqu'un poste veut transmettre en même temps à plusieurs stations de la même ligne, chacune de ces stations forme une dérivation de la ligne principale (n" 86) au moyen de deux commutateurs B et B' {fig. 75).
Les boutons â! et c sont réunis, ainsi que les boutons c' et d. Lorsque les deux ressorts sont sur c et c', le poste est à Tétat nor-
Fig. 75.
mal, quand le ressort de B appuie sur c et celui de B' sur d\ le courant venant de A se divise en c en deux parties dont Tune traverse l'appareil M, et l'autre se rend en A' par cd'a'.
Si, au poste intermédiaire, on envoie le courant à l'aide du manipulateur M, le courant se divise en c et suit les deux routes coA etcd'a'A'.
Quand le ressort de B est sur d et le ressort de B' sur c, l'appareil M' sert au travail à la place de l'appareil M.
Ce mode de transmission ne peut s'effectuer que si le fil recouvert des bobines des appareils récepteurs présente une grande résistance.
98.— Dans certains cas, il est préférable de mettre complètement dans le circuit un des appareils de la station intermédiaire. Le courant , arrivant de l'un des postes correspondants, traverse le récepteur et se rend à l'autre poste au lieu d'aller à la terre.
Avec un seul appareil, le poste intermédiaire peut correspondre successivement des deux côtés. Parmi les dispositions qu'on peut adopter, la suivante [^g, 76) nous paraît la plus simple. . -
byGooglej
TÉLÉGRAPHU £LBGTRIQUE*
R est le récepteur, M et M' deux manipukteura, B et B' deux commutateurs.
Terr»
Flg. 70.
Le courant qui arrive de Â' suit le fil d'V, la tige Wm! du ma« nipiilateur M', traverse le récepteur R qu'il fait fonctionner, la tige mh du manipulateur M et passe sur le fil aA.
Au poste intermédiaire que nous considérons, on envoie le courant i la station A avec le manipulateur M» en mettant la tige de ce manipulateur suivant An, et avec la station A' avec le mani« pulateur M'.
Si le poste A veut transmettre une dépêche au poste intermé^ diaire, il est inutile que son courant aille à la station A' ; on place dans ce cas le ressort du commutateur B' sur le contact 6' pouf faire aller le courant à la terre après qu'il a traversé le récep* teurR.
On peut, entre deux bureaux, placer aittsi plusieurs appareila
INSTRUMEirrS TÊLÊGBAraïQUES. 107
dans le drcoit, mais il faut remarquer que le courant trayersant plusieurs bobines qui offrent une grande résistance, son intensité est notablement diminuée. Si la longueur totale de la ligne est de 300 kilomètres, et si quatre appareils sont dans le circuit , en adodettant que le fil qui entoure les électro-ainmnts, ait pour chaque récepteur une résistance de 200 kilomètres, la résistance totale sera de 4400 kilomètres. On voit que dans de telles conditions il faudra un très-grand nombre d'éléments de pile pour obtenir une intensité sufl^nte.
On ne peut, pour cette raison, placer dans le circuit un grand nombre d'appareils, bien qu'on puisse, jusqu'à un certain point, diminuer la résistance du fil qui entoure Télectro-aimant dans les divers récepteurs.
99. — Lorque phisiemrs lignes aboutissent i un mémo bureaUf on peut, à ce poste, établir chacun des correspondants en communication de diverses manières avec tous les autres. Il est toujours aisé d'obtenir toutes les combinaisons possibles avec un nombre sufi&sant de commutateurs. Toutefois, afin d'éviter les grandes complications dans l'installation, on ne doit disposer à titre définitif que les modes de communication qui servent le plus habituellement, sauf à se servir, dans les cas particuliers qui peuvent se présenter, de fils provisoires qu'on enlève dès qu'ils ont servi.
400. Arrangement des fils dans les postes. —Le nombre de fils que contient un poste est souvent très-considérable. Il en résulterait une confusion nuisible au service s'ils n'étaient disposés avec le plus grand ordre et séparés de façon à ne pouvoir se toucher, car tout contact entre eux peut donner lieu à un dérangement.
On se sert ordinairement de fils recouverts de gutta-percha qu'on place dans des rainures ou mieux encore qu'on fixe en les tendant contre des taquets en bois pour les écarter des murailles.
Au bout d'un certain temps, la gutta-percha s'écaille et il est prudent de changer les fils , principalement sur les tables de manipulation où il est impossible d'éviter les croisements.
Comme dans les recherches de dérangement, on a souvent
besoin d'isoler les lignes à rentrée des postes, il est convenable
d'arrêter tous les fils venant de Textérieur au moyen de bornes en cuivre {fig. 77) fixées sur une planchette. On peutalorsaisémentexécuter toutes les opérations nécessaires pour ces expériences dont Tétude fera l'objet du sixième chapitre.
Il est impossible de donner une régie générale pour l'installation d'un poste ; on doit , dans chaque cas particulier, se laisser guider
par la forme de la pièce destinée au bureau , par la nature des
appareils employés, par le nombre de fils et les diverses fonctions
qu'ils doivent remplir.
Fig. 77.