SONNERIES
1 44. — La plupart des stations télégraphiques sont munies de sonneries qui permettent aux correspondants d'appeler l'employé lorsqu'il est à quelque distance du bureau ou de l'éveiller pendant *
la nuit. Leur usage est surtout indispensable dans les postes de chemins de fer desservis souvent par des agents pour lesquels la manipulation des appareils télégraphiques n*e8t qu'un service secondaire.
Les sonneries sont formées d'un mouvement d'horlogerie dont une roue, arrêtée par la palette d*un électro-aimant, devient libre au moment où le courant est envoyé par le poste correspondant, La rotation a lieu pendant un temps plus ou moins long et fait osciller un marteau qui frappe sur un timbre.
4 45. Sonnene ordinaire, — Cette sonnerie, qu'on emploie en France dans les bureaux télégraphiques de l'État, est disposée dans une botte que traverse le marteau et la tige qui porte le timbre.
Les figures 1,2 et 3, planche V, dans lesquelles les mômes lettres désignent les mêmes objets, représentent trois projections verticales dans trois sens différents.
Le mouvement d'horlogerie est compris entre deux plaques de cuivre verticales AB et CD {fig. 3). Le barillet F contient le grand ressort qu'on remonte à Textérieur en tournant l'axe f au moyen d'une clef.
Ce barillet fait tourner les deux axes G et ^ dont le premier correspond, en avant de la plaque AB (fig, 4), à l'excentrique G' formé d'un cercle coupé par deux parallèles , et le second à un cercle h' qui fait mouvoir le bras du levier HI et imprime un mouvement de va-et-vient à la partie inférieure I du marteau IKL mobile autour de K.
Derrière l'autre plaque CD {fig. 2], est l'électro-aimant E dont le ni est atttaché à deux boutons en communication avec deux bornes extérieures; l'une de ces bornes correspond à la ligne par laquelle doit arriver le courant et l'autre à la terre. La palette MM' est mobile autour de M'. Sa tige M'n'm se meut entre deux vis qui limitent sa course. Le ressort de rappel se tend avec la vis n.
Une petite lame PiO'w, tirée de haut en bas par le ressort 00', appuie sur la partie supérieure de la tige de la palette ; elle des* cend quand la palette est attirée par l'électro-aimant.
L'axe P qui traverse les deux plaques est fixé invariablement a
la tige Vi(ytn et au coin P' {fig. 4) ; 1! tourne quand la tige PiO'f^ {fig, î) descend.
L*un des cités du coin P', à l'état de repos, est vertical et ëpptiîe contre le ressort Qq'q,
Le cercle fc', qui tourne avec Texcen trique H, porte Une petite tige r qu'il entraîne en tournant dans le sens indiqué par la flèche, et qui vient buter contre la portion q'q du ressort Qqq' plus largd en q'q qu'en Qq\
Dans la position de la figure, la tige r étant arrêtée, la i*otatiou des axes ^ et G ne peut avoir lieu. Lorsque lé courant arrive par une des bornes extérieures en traversant le fil de Télectro-aiitiant, la palette M'M est attirée, la tige M'n'm s'écarte un peu et la lame PiO'm, descendant sous l'action du ressort O'O, fait tourner un peu l'axe P. Le coin P' s'incline sur la gauche et écarte le ressort qq'Q* La tige r n'est plus arrêtée et la roue h' tourne ainsi que l'excentrique G', dont la partie courbe s'engage sur le ressort Qq'q et le maintient écarté pendant tout le temps qu'il met à faire uu demi-tout". Pendant cette rotation, l'excentrique H met en mouvement le bras du levier HI et le marteau qui vient frapper sur le timbre. Comme 16 éoin revient à sa position verticale, on voit que le ressort, dès qu'il cesse d'être pressé par la partie curviligne de G', arrête de nouveau la tige r et interrompt le mouvement du marteau.
Il reste â indiquer comment le coin revieht â la position verticale. Son axe P porte une tige qu'on voit dans la figure 3 entre la plaque de cuivt'e CD et la grande roue dont l'axe est G. Deux pointes sont fixées aux extrémités d^un diamètre de cette roue, et lorsqu'elle tourne , ces pointes pressent la tige , font tourner l^axe P, qui telève la lame Pio'm et le coin P.
Si le courant a cessé de passer, la palette est revenue à sa position, la lame Pm s'appuie de nouveau sur la partie supêtieut-e de la palette M'n'm et le mouvement est arrêté.
Si, au contraire, le courant passait encore, la tige s'abaisserait de nouveau et le jeu de la sonnerie continuerait.
Ainsi quand on produit une seule émission de coUraht, là sonnerie marché tout le temps que là roue 6 ttiet à faire tin dèmi-tour.
Il existe souvent plusieurs sonneries dans les postes et les eiU:ployés ne sont pas toujours présents quand elles foncticmnent; il importe qu'à leur retour ils puissent connaître de quel côté ils ont été attaqués.
Dans ce but on a placé un disque sur lequel est écrit le mot : répondez. La partie qui porte Tinscription est inclinée, et, lorsque la sonnerie fonctionne, elle se relève vivement et vient se placer en face d'une petite fenêtre percée sur la boîte. Voici le détail de cet appendice :
Ce disque est 6xé à Taxe v au milieu duquel un ressort à boudin vy est attaché. Le ressort vy tend à faire tourner le disque et à relever Tinscription. Le mouvement de cet axe est arrêté parce qu'il porte une pointe u que le ressort recourbé Xx retient. L'axe h est muni d'un petit bras h"t (fig, 2); quand cette roue se met en mouvement, le bras écarte le ressort Xx qui laisse échapper la pointe u , et le disque se rélève rapidement. Il se baisse à l'extérieur avec une petite clef.
446. Sonnerie à tremblenr, — La Sonnerie précédente est assez compliquée et d'un prix élevé. Elle doit être remontée lorsque le ressort a épuisé toute son action, ce qui est un inconvénient quand elle doit être mise entre les mains d'agents inférieurs des Compagnies de chemins de fer, tels que gardes, cantonniers, etc.
Yoici un nouveau système de sonnerie qui, par sa simplicité, présente de grands avantages:
6oit un électro-aimant AB ijig. 01) et une palette CDO, mobile autour du point 0, dont la tige touche alternativement les deux vis m et n.
La tige OD est en communication avec un fil OP, la pointe m avec le fil de l'électro-aimant dont l'autre extrémité arrive en Q.
Lorsqu'on place les deux extrémités P et Q dans un circuit électrique, le courant traverse le fil de l'électro-aimant et la palette CD est attirée. La tige» au même instant, s'écarte do la vis m et rompt le circuit; l'électro-aimant cesse d'être ai mante, et la palette, cédant à l'action du ressort de rappel IH, revient à sa position normale. Le circuit est de nouveau fermé et
TÉLÉGRAPHIE ÊLECTRÎOUË.
le mouvement, ayant encore lieu, il se produit une sério de vibratiouâ V.
ï ig, 91.
Cet appareil se nomme trembleur. L'amplitude des vibrations est extrêmement faible, attendu que le courant passe pendant
1. La palette, par ses vibrations rapides, produit un son dont la hauteur varie avec les dimensions de la lige, la tension du ressort de rappel et l'intensité du courant.
On peut concevoir un instrument de musique formé de plusieurs trembleurs juxlaposC'S, pouvant donner, quand on les fait successivement traverser par le courant, les différentes noies de la gamme.
Un seul trembleur, dont on fait varier à volonté la tension du re£Sort de rappel, peut môme su (Tue pour produire un air.
Cet appareil peut encore servir à déterminer combien de fois le fer doux peut s'aimanter dans un temps donné, car, d'iipits le son produit par la palette, on connaît le nombre de ses vibrations.
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un instant infiniment court autour de réleclro-aimant ; mais si l'on ajoute à la vis m un petit ressort qui presse un peu sur la palette au moment où elle s'écarte de la tige, le mouvement devient beaucoup plus sensible.
La sonnerie (fig, 3, pi. 6) est renfermée dans une botte audessus de laquelle est fixé le timbre T. La palette LN est terminée à la partie supérieure par un petit marteau M. Elle est mobile autour du point K par l'intermédiaire du ressort KL qui récarte de Télectro-aimant AA' et remplace le ressort de rappel*.
Un autre ressort ID appuie sur la tige pendant un instant, quand la palette est attirée par Télectro-aimant. Le point fixe I du ressort ID est relié à la borne extérieure B et le point K, par rintermédiaire du fil de Télectro-aimant, à la borne C.
Le jeu de la sonnerie se produit comme nous Tavons indiqué plus haut. Pendant tout le temps que le courant vient de la ligne, le marteau frappe une série continue de coups sur le timbre* Il produit une sorte de roulement qui dure tant que la borne B est en communication avec la pile»
On peut se servir de cet instrument pour suivre les dépêches, d'après l'alphabet de l'appareil Morse ; car, suivant la longueur du roulement , on distingue aisément les points et les traits.
La force avec laquelle le marteau frappe sur le timbre dépend de l'attraction que Télectro-aimant exerce sur la palette, elle augmente donc avec l'intensité du courant.
447. Relais de sonnerie. Dans les postes auxquels plusieurs lignes viennent aboutir, il faut une sonnerie spéciale pour chaque direction, afin qu'on puisse reconnaître le correspondant qui veut transmettre une dépèche.
Une seule sonnerie suffit si l'on place sur le parcours de chacun des fils un relais semblable à celui de l'appareil Morse. Tous ces relais, munis d'un appendice qui indique celui qui a été traversé par le courant, ferment le circuit d'une pile locale et font marcher la même sonnerie.
1. C'est M. Hiraud qui a construit tes premiÈret loimeries à trembleur.
Ce relais {fig. i, pi. 6) comprend un éleclro-aimant  et une paletle qui , à l'état de repos, touche la ^is n et quand elle est attirée vient toucher la vis m. m correspond au pôle de la pile locale et la palette à l'autre pôle par Tintermédiaire de réleciro-aimant de la sonnerie.
Quand le courant, venant de la ligne, traverse Félectro-aimant A, la palette attirée fait passer le courant de la pile locale dans la sonnerie et, au même instant, dégage la tige ab qui se relève sous l'action du ressort d.
Tous les relais peuvent être disposés dans une même botte pour occuper moins de place* Une seule pile locale étant nécessaire, toutes les vis telles que m communiquent entre elles ainsi que toutes les palettes. Au-dessus de chacun d'eux on inscrit le nom de la station à laquelle il correspond.
Pour les sonneries à trembleur, on doit aussi se Servir de relais parce qu'elles exigent un développement de force magnétique assez considérable pour produire un bruit suffisant.
i 48. — Tels senties principaux appareils télégraphiques qui ont été employés jusqu'à ce jour en France. Nous ferons connaître dans le dernier chapitre plusieurs autres systèmes ingénieux sans doute, mais que le besoin d'uniformité a dû faire rejeter, leur supériorité est contestable.
L'appareil anglais à aiguille n'a servi que pour les communications entre l'Angleterre et la France dans les premières années qui ont suivi l'établissement du télégraphe sous-marin de Calais à Douvres.
L'appareil à signaux subsiste encore sur quelques lignes, mais il est peu à peu remplacé par l'appareil Morse qui est adopté en principe. Le récepteur électro-chimique de M. Pouget, qui n'en est qu une modification, ne peut être considéré comme faisant exception.
Les Compagnies de chemins de fer ont conservé l'appareil à cadran plus commode pour leur service, et dans tous les bureaux télégraphiques, placés sur le parcours des lignes ferrées, on a établi des appareils à cadran pour correspondre avec les gares au moyen d*un ûl spécial*
Dans un certain nombre de postes interiïiédiaircs, on a disposé de petits relais qui servent à la translation lorsque des circonstances locales ou Tétat hygrométrique de l'atmosphère s'opposent à une transmission directe.
Quant aux sonneries, elles servent non-seulement dans les postes des chemins de fer, mais encore dans les bureaux de TÉtat qui sont ouverts pendant la nuit. Dans la plupart des autres stations, une sonnerie placée dans la chambre dû chef de service permet de rappeler dans des cas urgents. Toug^les soirs on met cetlo sonnerie en commanication avec la ligne.
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