‹ Cours théorique et pratique de télégraphie électriqueChapitre 45 sur 92 · PERTES DE GOURANT LE LONG DES LIGNES · texte numérisé non relu

PERTES DE GOURANT LE LONG DES LIGNES

470. — Les lignes électriques dont les fils sont placés en Tair et fixés à des poteaux au moyen de supports en porcelaine ou en verre, ne sont pas parfaitement isolées et par conséquent le courant n'a pas la môme intensité aux différentes parties du conducteur ; elle va en décroissant d'une manière continue depuis l'extrémité de la ligne qui est en communication avec la pile jusqu'à l'autre.

I^ résultat est le même que si à chaque point du fil il y avait une dérivation d'une Irès^rande résistance. A chacun de ces points le courant se divise en deux parties dont l'une suit le conducteur et l'autre, infiniment faible, passe par I4 dérivation.

Pour apprécier ces pertes de courant, on fait isoler une extrémité de la ligne et on envoie le courant par l'autre en ayant soin de le faire passer par un galvanomètre. Le courant produit est dû seulement aux dérivations et se trouve mesuré par la déviation de l'aiguille du galvanomètre. Le nombre de ces dérivations est d'autant plus grand et par suite le courant est d'autant plus intense que la ligne est plus longue , de sorte qu'il faut toujours tenir compte de la longueur pour laquelle on mesure les pertes.

Ces dérivations résultent du contact de l'atmosphère qui est toujours un peu conductrice quand elle est humide, et surtout de la présence de la couche d'eau qui reste après la pluie sur les poteaux et les supports en porcelaine. Elles dépendent donc du temps et sont extrêmement variables môme dans le courant d'une même journée ; ainsi le matin elles peuvent être assez considérables et disparaître dès que la chaleur sèche les poteaux.

L'intensité du courant à l'extrémité de la ligne est seulement

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une fractioQ de son intensité au point de départ et cette fraction est d'autant plus faible que la longueur de la ligne est plus grande et que les pertes sont plus considérables.

Pour pouvoir communiquer on est souvent obligé d'augmenter le nombre des éléments de la pile ; il peut môme exister une certaine limite à partir de laquelle il soit impossible d'obtenir une intensité suffisante pour faire fonctionner les appareils. On est alors obligé de fractionner la ligne , soit en transmettant les dépêches à des postes intermédiaires, soit en y disposant des relais.

474. •— La plus grande distance à laquelle on peut correspondre varie donc beaucoup avec l'isolement des lignes, et l'on comprend combien il est important qu'il soit aussi parfait que possible. La forme des appareils qui servent à suspendre les fils et leur état de propreté influent beaucoup sur les pertes de courant. Cette partie du service télégraphique est regardée avec raison comme une des plus importantes.

On peut admettre qu'avec les récepteurs employés actuellement, la transmission ne peut avoir lieu à une distance supérieure à 200 kilomètres, si les pertes seules le long de la ligne donnent pour la même distance un courant de 40 à 42 degrés mesuré avec une boussole de sinus ayant douze tours de fils, la pile étant composée de 20 éléments Daniell.

Les premiers appareils employés en France pour suspendre les fils donnaient lieu à des pertes de courant très-considérables; dès que le temps était un peu humide, il était impossible de transmettre à des distances supérieures à 400 ou 450 kilomètres. Ils ont été remplacés par d'autres qui ont donné des résultats beaucoup plus satisfaisants [voir le 7® chapitre].

Avec ces nouvelles suspensions, lorsque le temps est sec, on peut regarder les pertes cotnme à peu près nulles ; quand il fait très-humide, elles ne dépassent jamais 5 à 6 degrés pour une longueur de 200 kilomètres.

472. — Dans les stations télégraphiques, en fait ordinairement des expériences journalières sur l'état des lignes. Voici comment se font ces opérations qu'on nomme prendre les déviations :

Deux postes  et B étant aux extrémités d'une ligne, le poàte A envoie pendant deux minutes un courant produit par un nombre déterminé d'éléments en le faisant j)asser par sa boussole : pendant la première minute au poste B on isole le fil et pendant la seconde on le met en communication avec la terre par 1 intermédiaire de la boussole. On note les déviations de Taiguille y ce qui fournit trois nombres a, 6 et c.

Pendant deux autres minutes, le posté B envoie le courant et le poste  fait les mêmes opérations. On a trois nouveaux nombres, a', 6'etc'.

a et a' représentent Les pertes, & et c les intensités au commencement et à l'extrémité de la ligne lorsque A envoie le courant^ 6^ et c' ces mêmes résultats lorsque B envoie le courant. Les nombres a et a', b et 6', c et c' ne sont pas ordinairement égaux, parce que la force des deux piles n'est pas toujours la même et que les pertes de courant peuvent être différentes aux divers points de la ligne. Ces nombres recueillis sur des registres destinés à cet usage peuvent être fort utiles pour la recherche des dérangements extérieurs.

Quand la déviation qui mesure les pertes dépasse la limite ordinaire, on en conclut qu'en certains points de la ligne il existe dos dérivations particulières et on en fait la recherche comme nous l'avons indiqué plus haut.

INFLtJENGB RfiCiPBOQUE Dl» FIU DIFFÉRENTS D'UNB MEME U6NC.

473. —On peut observer sur chacun des fils d'une ligne électrique les différents phénomènes que nous venons d'étudier, mais leur voisinage sur une grande étendue produit, en outre, quelques effets particuliers.

Lorsque les poteaux sont très-humides et que les corps étrangers, tels que les toiles d'araignée, les débris Organiques, etc., ne sont pas enlevés avec soin , il s'établit, entre les deux fils, une faible communication qui constitue ce qu'on nomme un mélange. Une païUe du courant passe d'un ai sur Tautre*

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Pour mesurer Tinfluence de ce mélange, on fait isoler les deux fils à l'extrémité de la ligne, on envoie le courant par un des fils et on met l'autre en communication avec la terre par Tintermédiaire du galvanomètre. La déviation de Taiguille est produite uniquement par Télectricilé qui passe d'un fil sur l'autre. Elle est toujours très-faible et peut être considérée comme absolument nulle quand le temps est sec. Après de grandes pluies, ce mélange peut quelquefois troubler la transmission parce que les courants qui vont tantôt dans un sens et tantôt dans l'autre , en s'ajoutantou se neutralisant, produisent des différences d'intensités qui nuisent à la marche des appareils. Il est parfois nécessaire d'isoler un des deux fils pour pouvoir transmettre régulièrement par l'autre.

La communication entre les deux fils provient souvent d'une cause accidentelle telle qu'un mélange véritable causé par le vent.

On peut généralement regarder, dans ce cas, le contact comme parfait, et le courant envoyé par l'un des fils se divise en trois parties dont la première suit le même fil et les autres suivent le second dans les deux directions.

On reconnaît facilement quand ce dérangement a lieu , parce qu'alors le courant revient par l'autre fil avec une grande intensité faire marcher les appareils. La transmission ne peut continuer qu'à la condition qu'un des deux fils soit isolé aux deux extrémités.

On peut déterminer approximativement le point où a lieu le mélange par une méthode analogue à celle qu'on emploie pour les dérivations.

On fait isoler au poste correspondant les deux fils et l'on envoie le courant par l'un d'eux en mettant l'autre en communication avec la terre par l'intermédiaire d'une boussole. D'après la déviation de l'aiguille on connaît la résistance qui se compose uniquement des portions des deux fils depuis le poste où se fait l'expérience jusqu'au mélange. Il suffit donc de prendre la moitié de cette résistance pour avoir la distance à laquelle les fils sont mélangés. Pour arriver plus exactement au lieu du dérangement

quand il n'est pas visible à Textérieur, on fait isoler en différents points l'un des fils, et on répète la même expérience. Toutes les fois que le courant continue à passer, on est certain que le mélange a lieu entre le poste d*où Ton envoie le courant et le point où Ton a fait couper la ligne. Quand le courant ne passe pas le mélange a lieu au delà.

474. — Uinduction produite sur un fil, au moment où dans l'un des fils voisins on envoie et on interrompt le courant, est extrêmement faible ; elle n'a pas d'influence sur la transmission télégraphique, néanmoins on a pu la constater dans quelques expériences particulières.

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