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CHAPITRE VI

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476. Béraiigemoiita. — Quel que soit le soin avec lequel leg postes sont montés et les lignes surveilléesi la transmission télégraphique est quelquefois interrompue par suite d'accidents qui sont inhérents ï la nature même de ce mode de communication.

Les dérangements peuvent être produits sur les lignes, par la rupture ou le mélange des fils conducteurs, par une communication avec la terre qui empêche le courant de se transmettre au delà avec une Intensité suffisante; et dans les postes, par la rupture de quelque fil recouvert, par un mauvais contact, par un accident quelconque aux appareils ou aux piles.

Dès qu'un dérangement se présente, les employés doivent immédiatement en chercher la cause, le réparer s'il a lieu dans les postes, l'analyser s'il existe sur les lignes, prévenir les agents chargés de l'entretien, en leur donnant toutes les indications qui peuventrésulter des expériences faites préalablement et faciliter une prompte réparation, enfin, en cas de besoin, leur prescrire les opérations qu'il y a lieu d'exécuter pour faire de nouvelles expériences.

n7. -^ Notre but, en exammant les différents cas qui peuvent se présenter, est surtout de montrer comment on peut toujours arriver logiquement à déterminer le point précis d'un dérangement. Maisnous placerons d'abord ici quelques remarques destinées aux employés qui ne sont pas habitués à ce genre de recherches.

Lorsqu'on veut reconnaître si un conducteur est en bon état , il faut en général deux expériences , car on doit s'assurer 4* qu'il n'est pas rompu en un point do son parcours ; V qu'il ne

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communique pas avec la terre, auquel cas il se formerait une dérivation du courant qui pourrait ne pas se transmettre avec une intensité suffisante au delà du point où existe la dérivation.

C'est avec le galvanomètre que se font ces expériences. On met le conducteur qu'on veut essayer à l'une de ses extrémités en communication avec Tun des pôles de la pile dont l'autre pôle communique avec la terre ; entre le conducteur et la pile on place le galvanomètre.

On fait isoler en premier lieu l'autre extrémité. S'il se produit un courant, le conducteur doit communiquer avec là terre en un ou plusieurs points; il n'est pas bien isolé. Dans le cas contraire on fait la seconde expérience, en mettant en communication la même extrémité avec la terre. Si l'aiguille du galvanomètre ne dévie pas, il faut en conclure qu'il y a une solution de continuité. Quand l'aiguille dévie, on est certain que le circuit est complet ; mais il peut exister sur le parcours du conducteur quelque mauvais contact occasionné par une couche d'oxyde, entre deux parties juxtaposées , qui offre une grande résistance et diminue l'intensité du courant. On doit alors examiner la déviation de l'aiguille de la boussole afin de voir si l'intensité est égale à celle que doit donner la pile que l'on emploie avec la longueur du conducteur essayé.

Cette augmentation de résistance par suite d'un contact imparfait est extrêmement rare, et il suffît ordinairement de chercher si le conducteur est suffisamment isolé et si le circuit n'est pas rompu.

Lorsque le galvanomètre, au lieu d'être placé entre la pile et le conducteur, se trouve au contraire à l'autre extrémité, les expériences sont un peu différentes.

On met le galvanomètre en communication, d'un côté avec la ligne, et de l'autre avec la terre. Si l'aiguille ne dévie pas, on en conclut que le fil est rompu, ou qu'il communique avec le sol et que la communication est assez bonne pour qu'il ne passe aucun courant au delà. Lorsque l'aiguille dévie, il n'y a pas de solution de continuité, mais il peut se faire qu'une partie du courant se perde par une ou plusieurs dérivations, ou qu'il y ait encore une résistance considérable interposée par suite d'un mauvais contact.

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Il est donc indispensable de s'assurer, par la déviation de Taiguille, si l'intensité du courant est bien celle qu*on doit obtenir quand le conducteur est en bon état.

Lorsqu'on a reconnu que le conducteur est défectueux, on le fractionne et on répèle les expériences sur les différentes parties jusqu'à ce qu'on ait trouvé la cause du dérangement. Les expériences doivent être répétées plusieurs fois, surtout lorsqu'elles ne donnent qn'un résultat négatif, car il peut arriver, lorsqu'on touche, par exemple, un bouton de cuivre avec un fil métallique, que le vernis dont est recouvert le bouton empêche le contact.

Lorsqu'un dérangement se produit, il ne faut pas se borner à examiner les fils qui sont sur les tables de manipulation, mais suivre les conducteurs jusqu'à la sortie des bâtiments. S'il existe en dehors des paratonnerres, il faut les considérer comme faisant partie des postes, et en général pousser les investigations sur la ligne aussi loin que possible.

Toutes les expériences doivent être faites avec le plus grand soin et de plusieurs manières, de façon à se contrôler. C'est seulement lorsqu'on est parfaitement certain que le dérangement existe sur la ligne qu'on doit examiner de quelle nature il peut* être, à quelle dislance il peut se trouver, et faire partir les surveillants chargés de le réparer.

478. — Un poste bien organisé doit contenir : 4® sur le parcours de chacun des fils un galvanomètre sensible, qui puisse indiquer à chaque instant et pendant la transmission elle-même le passage du courant. Ce galvanomètre est ordinairement placé sous les yeux de l'employé, entre le manipulateur et le paratonnerre; â"" une bonne boussole de sinus à aiguille suspendue, ayant 42 ou 45 tours de fils, établie à certaine distance des appareils pour que l'aimantation des électro-aimants ne puisse l'influencer. Cette boussole sert principalement aux expériences exactes sur l'état des lignes, à la recherche des dérangements extérieurs, etc. ; 3"» un galvanomètre très-sensible à aiguille également suspendue, ayant au moins 50 ou 60 tours de fils : il peut être utile pour les expériences délicates comme celles qu'on peut avoir à faire pour

Slft TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE. *

déterminer la bonne communication htoc la terre et pour Fétude des courants naturels ; i<* des bobines de fil métallique recouvert de soie, qui sont souvent utiles pour reconnaître le bon état des piles remplissent le même usage qu'un rhéostat.

11 est également bon d*avoir dans les postes un baromètre, un thermomètre et un hygromètre. L'état atmosphérique agit tellement sur risolement des lignes qu'il est nécessaire d'en tenir compte dans la plupart des expériences qu'on peut être appelé à fah'e«

Dans an poste, on doit toujours connaître le nombre de degrés que donne la boussole de sinus avec un nombre déterminé d'éléments : \° quand la ligne est isolée à l'autre extrémité ce qui indique les pertes de courant ; 2® quand l'extrémité de la ligne est directement en communication avec la terre ; 3*" quand le courant traverse au poste correspondant le récepteur. Dès expériences journalières ou au moins fréquentes doivent être faites pour déterminer ces nombres dans des circonstances atmosphériques diverses; les résultats sont recueillis avec soin pour qu'on puisse les consulter et en tirer des conclusions utiles à la recherche des dérangements extérieurs et à l'entretien des lignes.

E est également utile de savoir, pour chaque appareil, avec quelle intensité de courant il peut fonctionner quand on l'a rendu aussi sensible que possible en détendant le ressort de rappel, et le nombre d^éléments de la pile qui peuvent le faire marcher directement sans l'intermédiaire de conducteur extérieur.

On peut toujours néanmoins, sans le secours de ces instruments et de ces renseignements divers, reconnaître les dérangements qui ont lieu dans les postes. Un simple galvanomètre suffit, et, à la rigueur, les appareils eux-mêmes , qui accusent le passage du courant par une aimantation de l'électro-aimant, peuvent en tenir lieu.

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