INSTALLATION DES LIGNES
246. — La construction des lignes électriques est en général assez simple.
La première opération consiste à faire planter les poteaux aux places déti'rmiiiées d'avance, en choisissant avec soin les plus gros pour les courbes et pour les points où doivent se trouver les tendeurs. On fait en même temps poser les consoles et les appuis reconnus nécessaires pour la traversée de villes ou de villages.
4 <2 hommes doivent planter environ 60 à 80 poteaux par jour dans le terrain ordinaire.
L'atelier de pose des fils suit à plusieurs jours de distance celui de la plantation ; il se compose, pour un seul fil, de cinq hommes et d'un chef d'atelier.
Le fil et les appareils de suspension étant distribués d'avance, un premier ouvrier déroule le fil en faisant rouler les couronnes sur le sol ; il est muni de deux mâchoires à tordre et fait les torsades de jonction (n*" 498) ; deux ouvriers suffisent pour poser les cloches ou les anneaux et y suspendre le fil. Le quatrième ouvrier place les tractions ; il commence par fixer au poteau le support en porcelaine et le tendeur ; il saisit alors le fil des deux côtés de la traction avec deux petits étaux d'une forme particulière, nommés mâchoires à tendre. Chaque mâchoire (fig. 404) porte ur>e gorge caneléo dans laquello l'ouvrier engage le fil qu'il serre fortement avec ua écrou ; lorsqu'il a arrêté le fil avec ses deux nm-
T£LtoRÀPR(B ÉUGTBIQOB.
choirei, il passe dans les anneaux dont ellea aoiit munies, les deux crochets d*une paire de moufles et tire le cordage de façon
Fig.104.
à rapprocher les deuxétaux. Il peut alors couper le fil et le placer sur les deux treuils du tendeur. Il ne tond que très-peu le fil qui est arrêté d'un seul côté.
Le dernier ouvrier suit à 9 ou 3 kilomètres de distance ; il donne au fil sa tension normale en tournant peu à peu et successivement les deux treuils.
Il reconnaît, d'après la flèche du fil, quand la tension est convenable ; le tendeur doit se trouver en équilibre sur son support si le fil est également tendu des deux côtés.
Un atelier de cinq hommes peut poser 6 à 7 kilomètres de fil par jour.
217. — Quand la ligne doit avoir plusieurs fils on les pose tous simultanément. On place les suspensions alternativement des deux côtés des poteaux, excepté dans les angles très-aigus où il est préférable de les mettre du même côté pour que le fil soit retenu par le poteau^ si un support vient à se briser.
Quant à la distance des fils, elle dépend de leur nombre. On admet pour distance minimum 25 ou 30 centimètres. Les chances de mélange diminuent évidemment avec cette distance.
Sur les chemins de fer, on place les poteaux sur l* bord de la
voie \ la distance entre le fil et les raila doit toujours être au moina de 4"',50. On plaçait primitivement les poteaux à la distance moyenne de 50 mètres ; maintenant, les poteaux étant plus éle« véa dans les lignes droites, on les plante à 75, 80 et même 400 mètrea de distance ; on les rapproche dans les courbes surtout lorsque le fil tend à être entraîné du côté de la voie.
8ur les rouies ordinaires, on place la ligne sur le bord de feçon à gêner le moins possible la circulation en se laissant guider, pour déterminer remplacement des poteaux, par la largeur de la route, le déyeloppement des plantations qui peuvent la border, etc. , etc.
L*écartement adopté dans le principe pour les poteaux était de 75 mètres, et jamais Ton ne s'écartait du tracé de la route. On plaee actuellement les poteaux à 80 et 400 mètres de distance dans les lignes droites, et Ton profite de tous les accidents de terrain qui permettent de diminuer le nombre des supports, en franchissant les vallées par des portées de 4 à 500 mètres.
Pour les traversées de villes et de villages on cherche les points d*appui les plus convenables et les plus résistants, et c*est dans ce choix que réside toute la difficulté d^établissement des lignes électriques.
Il y a deux avantages à diminuer le nombre des points de suspension du fil ; l'un consiste dans Téconomie qui en résulte, et Fautre dans la diminution des peKes de courant qui ont surtout lieu au contact du fil et des isolatours.
248. — Lorsqu'on détermine le tracé d'une ligne, on doit toujours s'assurer que les trois conditions suivantes sont remplies :
4^ Le fil ne doit pouvoir rencontrer sur son parcours aucun obstacle;
2<* La tonsion du fil ne doit jamais dépasser une certaine force à partir de laquelle il peut y avoir danger de rupture. Cette tension est de 90 kilogrammes pour le fil de 4 millimètres ; 60 kilogrammes, pour celui de 3 millimètres et 80 kilogrammes pour le fil non recuit de 3 millimètres ;
3<* Les points d'appui doivent présenter une résistance suffisante.
Nous reviendrons plus loin sur ces trois conditions.
Il fiiut, en ouire, pour les lignes importantes, que les travaux
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d'entretien puissent 8*exécuter facilement; si, par exemple, ta ligne passait au-dessus de profondes vallées, il pourrait arriver que, en cas de rupture du fil, la réparation exigeât plusieurs jours, elle pourrait même devenir impossible dans certaines saisons. Bien que ces accidents soient assez rares, le service pourrait être quelquefois compromis
21 9. — On évite ordinairement de faire passer les fils dans Tintérieur des souterrains.
Lorsqu^il est matériellement impossible de planter des poteaux au-dessus ou de faire un détour pour établir une ligne ordinaire» on fixe, le long des parois, des fils recouverts de gutta-percha en les suspendant à Taide d'anneaux ou de cloches pour les écarter des murs. Quand les dimensions du scùterrain ne permettent pat cet écartement, on suspend simplement les fils au moyen de petits crochets ou bien on les enferme dans une rigole pratiquée dans le pied-droit de la voûte.
Pour traverser les fleuves ou les rivières, quand il n*y a pas de pont fixe et que les fils peuvent être atteints par les mâts des bateaux, au lieu d'exhausser les fils avec des poteaux suffi* samment élevés, ou préfère souvent déposer au fond de l'eau un câble formé par la réunion d'un certain nombre de fils conducteurs recouverts de gutta-percha.
Le prix de revient d'un kilomètre de ligne électrique est tellement variable» qu'il est impossible de faire un devis un peu général.
On admet pour les grandes lignes à deux fils, comme prix moyen, 500 fraucs par kilomètre^ en comprenant dans cette somme l'installation des bureaux» l'achat des appareils et toutes les dépenses accessoires.
220. Flèche des fils, -j- Lorsqu'un fil est suspendu entre deux points fixes , son poids lui fait décrire une courbe qu'on nomme , en mécanique » chaînette {^g, 405). Si Tes deux points d'appui sont à la même hauteur, le point le plus bas de la courbe se trouve à égale distance des doux points de suspension , et l'on nomme flèche du fil la différence do hauteur CD entre le point le plus bas et les points fixes.
C(;t(e flèche e^t d*autant plus faible que le 61 est plus tendu ; elle est à peu près en raison inverse de la tension qunnd elle e^t
très-petite par rapport à la distance des points d'appui. Pour une même tension elle est sensiblement proportionnelle au carré de la distance des supports; ainsi la flèche étant 4 mètre pour une distance de 50 mètres, sera 4 mètres pour une distance de 4 00 mètres, 9 mètres pour 150 mètres, ainsi de suite. Les deux tableaux suivnnis indiquent lesr longueurs , exprimées en mètres , des flèches pour différentes distances entre les points de suspension et diverses tensions des fils *•