ET PLOMB
Cuivre, diamètre, 1 millim. 1/2. 180 • à Gutta • percha non vulcanisée,
diamètre, a millim 180 • à
Plomb, diamèire, 3 millim. 1/2. 1,700 • à
Poids total par myriamètre. 2,060 •
Sfr. •
IOfr.50 Ifr.SO
5A0 fr.
Ofr.50
240. — Lorsqu'on veut établir une ligne souterraine, djus le sol une tranchée de 4 mètre de profondeur, au
, on fait fond de
laquelle on dépose les 61s recouverts de gutta^percha entre deux couches de sable de 0^,\0 d'épaisseur environ.
Quelquefois on place les fils dans un tuyau en terre ou en grès, ou dans un conduit en bois.
On établit, de distance en distance, des regards pour faciliter les recherches en cas de dérangement. Ce sont des massifs en maçonnerie traversés par une pièce de bois horizontale autour de laquelle on fait passer les fils pour qu'on puisse les couper quand il est nécessaire.
La gutta-percha s'altère assez promptement; il se produit une sorte de décomposition de là matière organique, et on constate au bout de deux ou trois ans des perles de courant assez considérables pour empêcher la transmission.
En Prusse, presque toutes les lignes avaient été établies dans ce système ; on a dû les remplacer par des lignes ordinaires.
En France, on a construit des lignes souterraines seulement pour la traversée de quelques villes. On a également été forcé de les abandonner.
Les fils recouverts djune enveloppe de plomb n'ont pas donné de meilleurs résultats.
241 . — On ne doit donc plus songer à employer la gutta-percha pour rétablissement des lignes souterraines, et, même en admettant qu'on arrive à lui faire subir une modification qui change ses conditions de durée, il est douteux qu'on renonce aux fils aériens pour les lignes d'une grande étendue.
Les frais de surveillance des lignes aériennes sont couverts par l'économie qui résulte de leur établissement*; on peut, sans autre dépense que celle des fils et des supports, ajouter des conducteurs supplémentaires ; en cas de dérangement, la réparation se fait avec la plus grande facilité et sans aucun frais, tandis que, pour les
1. En admeUant pour chaque section de surveillance une longueur de 50 kilom. et 1,000 fr. pour le traitement d*un surveillant, la dépense annuelle par kilomètre est de 20 fr. Cette soipme correspond à un capital de 400 fr. qui est inférieur en général à la différence de prix de revient entre les lignes aériennes et les lignes souterraines.
lignes souterraineâ, les recherches sont souvent longues et dispendieuses; les courants de retour, qui sont assez intenses sur les fils souterrains, rendent la transmission plus lente et inoins régulière que sur les autres lignes. Une expérience de plusieurs années a, d'ailleurs, suffisamment démontré que les accidents sur les lignes aériennes sont extrêmement rares.
Pour les traversées de villes, les conditions sont un peu différentes. Les conducteurs et leurs supports produisent un vilain effet ; dans les grandes portées, la rupture des fils peut occaaionner de graves accidents; en cas d*émeute, ils attirent naturellement Taltenlion et ne peuvent pas toujours être protégés efficacement. Il y a donc avantage à enterrer les fils, quellq que puisse être la dépense.
242* lÂf/Êktê mm fil de fer et bîtom». — On a fait à Paris, dans le courant de Tannée 4855, un essai de ligne souterraine formée de fils de fer déposés dans un lit de bitume. On pourra, dans quelques années seulement, porter un jugement définitif sur cette nouvelle espèce de ligne.
L'article suivant a été inséré à ce sujet dans les Annales télégraphiques^ par M. Emile Saigey, inspecteur, chargé par M. le Directeur général de la direction des travaux *•
a L'Administration française s'est arrêtée à ridée de tendre les fils de fer dans une tranchée suffisamment profonde, et de couler sur eux à chaud un mastic bitumineux, de façon â former des blocs capables d'acquérir une grande dureté.
« Le mastic de bitume, composé convenablement, est un corps très-isolant. Son prix n'est pas fort élevé. On le travaille maintenant avec une grande perfection.
« On avait déjà antérieurement songé dans Fadministration à isoler loe fils au moyen du bitume. En 4844, une expérience de ce genre fut faite à Gaillon, sur le chemin de for de Rouen. On plaça sous un passage à niveau quatre fils de cuivre encastrés dans du bituae, sur tt&e longueur de dix mètres. Au iQois de décembre
S. K<^ de JalUet et août 1859,
GONSTRUGTÎOJ^ D^ UG^SJi ÉtECTRIQUES. 291
18544 on vérifia cet échantillon : Jes fiU éttaleat parfaitement isolés ; le bloc de bitjuipe avait acquis un telle soUdi^ que la pioche ne pouvait Tentamer.
« Mais il faliailt funtiyfiF i jobjtaatr m a8pi|cieffk9nt convenable des fils dans la maa^ 4u bitume. U était désir4)ie qu'on les plaçât assez près les ubh des iaiitr^ poior m pas employer trop de matière. D'un autre f^, eo \m fiippr^di^yM»!, il y avait à craindre que ces fils, dilaf^S m P0Q»6pi de ia cojulée, m vinssent à se déplacer, à se toucber t^upi t'afiU» et | jtoaeheF la terre. Les fils de Gaillon, qui étaiénlt m Ppivfa, pfur icppséqiieiilt faciles à manier, et qui avaient été plafié^ aor jum très-pttite idogueur, offraient un espacement fort irrégulier.
a Si Ton eût eu affaire à un mastic capable de se figer instantaiiémi^, il ^i9it jBuffî de la cpii)^ par partitif» en laissant glisser ]• loog djji £aisQe|Bi(ii 4a fil9 ime e^[)èce4a r^ileaia. Mak |asofi4iûcatioa 4u biiume dara pli^eiuFp haur^. I^e système du râteau p'éuit 4onc pas praticabla^
ff Des assais fme^ feit# d^f^ Vusim 4o MV» Baudouin fr^es« fabricants de bituma à Itotooi^r Pn cbancba ^ placer la long des ^9 da 4is<#ace an distance, 4e petits gnides an maitièra i^anta, {HWG^^e^ terre ^ita; ils deraiant maintenir la» fila et ne leur pennattre aucun moavameait jnaqu'i pe ^ae le fnaaM^ fût durci, Mais ce$ corps étrangers, que ¥m ampriapnnait dans h bloc, en (comprometlaienit )aa<^idiilé* On tanta d'amployar des gnidas ^i hi* tna^e fabriqués d'avanca ; naais ils se ranaoUissaient aa coiUaot 4«i bitume chaud et manquaient laur efifet.
m Voici enfin l'ingénieuse dispo^on qui fut ado{^ée : les fils l^légraphiques étant tendes en nombre convenable^ on }es arrête I das intervalles assez rapprochés (35 centimètres, par exempit^, an nioyan de peignes en fonteà rainures verticales rrrr (fig. 4 4 %).
Sur une de leurs faees, ces peignes portent des volets oa claveUes VY, nH^>ilas horizontalement autcwr d'une charnière G. On introduit le peigne entre les fils de haut en bas, les volets ouverts ; puis lon ferme cas volets de façon à séparer les rangées lM>rizontales. On dispose ensuite, le long du faisceau, des règles en bois. On a mtà bimi da petites cases ayant la largeur du faisceau et
une longueur de 25 centimètres. On coule alors le bitume chaud, de façon à laisser alternativement une case vide et une case pleine.
On attend que le bitume soit refroidi et durci, puis on retire les peignes de fonte en faisant jouer les volets; il a fallu, pour cela, en les plaçant, tourner de part et d'autre du côté de la case vide la face qui porte les clavettes. Quand les peignes sont enlevés, on a une série de blocs bitumineux de 25 centimètreSf séparés par des intervalles de 25 centimètres également, dans lesquels les fils sont restés à nu et se trouvent régulièrement tendus. On vient alors verser le mastic dans ces intervalles. Le bitume de la première coulée se réchauffe assez aux extrémités de la case pour se souder parfaitement avec la matière chaude ; mais il reste froid au milieu et maintient Tespacement des fils. On obtient de cette façon un bloc homogène dans lequel les fils, sur toute la longueur de leur parcours, conservent avec précision le même écartement.
« Telle est la disposition élémentaire d'après laquelle l'administration vient de faire construire dans Paris une ligne d'essai. Les travaux furent commencés à la fin du mois de mars de cette année (4856) et presque constamment gênés par le mauvais temps. Dans le courant de juin et de juillet, l'administration centrale se trouva reliée par la nouvelle ligne avec cinq ou six succursales télégraphiques de l'intérieur de Paris.
« Nous allons entrer dans quelques détails sur les conditions exactes dans lesquelles cette ligne a été construite.
« Les fils sont en fer. Ils ont été choisis d'un fort diamètre, pour
donner un facile écoulement à Télectricité. Ce sont diS fiU de 4 millimètres, les plus gros que Tadministration française emploie pour les lignes qu'elle construit en Tair. Les fils sont galvanisés. Selon toute vraisemblance, le bitume ne peut exercer sur le fer aucune action chimique. Ce fut Tavis de M. Victor Regnault, le savant directeur de la manufacture de Sèvres, qui fut consulté à ce sujet. Mais, en tout cas, la couche de zinc dent le fer est revêtu arrêterait les actions oxydantes, et la grosseur du fil lui assurerait une longue durée, dans l'hypothèse d'une corrosion lente.
« Le mastic de bitume employé est composé de la façon suivante :
« On commence par fabriquer dans l'usine des pains qui contiennent : Roche asphalte de Seyssel ou du val de Travers, réduite en poudre 100 kil.
a Bitume épuré de Bastennes, suivant la richesse de la poudre, de7 à 9 kilogr., soit en moyenne. . ., . 8
408 kîU 4 Ces 4 08 kilog. se réduisent à 4 02 par la cuisson qui dure environ huit heures et se fait dans des chaudières à -palettes tour nantes.
« Ces pains sont apportés sur le travail ; et là on fait sur place un pudding, en prenant :
« Mastic en pains, ci-dessus désigné. ..... 4 00 kil.
a Bitume de Bastennes, rajouté 4
« Gravier bien lavé et bien séché. • 50
4 54 kiL qui se réJuisent, par la cuisson, à 4 47 kilog. Cette cuisson dure environ quatre heures et se fait dans les chaudières habituellement employées pour les travaux des trottoirs.
a La composition définitive en poids du pudding est donc environ :
« Asphalte de Seyssel ou du val de Travers. . . . 58^,75
(c Bitume épuré de Bastennes 7 24
« Gravier liien lavé 34 04
29t TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQCE.
€ DaDS ces proportions, le mastic est assez faible pour se modeler parfaitement sur les fils, et il doTient, par le refroidissement, assez dur pour assurer la solidité de la ligne. Il conserve en même temps assez d*élasticité pour que (es chocs ne le cassent paB facilement.
€ Nous devons ajouter que ce mastic constitue le plus coûteux de tous les puddings bitumineux usités dans les arts. II a paru nécessaire de s*en servir dans nn premier essai. Mais tout fait espérer que Ton pourrait sans inconvénient employer des bitumes de composition inférieure et réduire ainsi notablement, peut-être de moitié, le prix de la matière première.
€ Le gravier introduit dans le pudding doit être fin. Il faut (ai faire subir deux tamisages. L'un pour le débarrasser des grains trop gros : le gravier paàse alors à travers le tamis ^ Tautre pour le débarrasser des particules terreuses : alors, au contraire, le gravier reste sur le tamis. Ces manipulations se font danis Tusine, et le gravier arrive tout préparé en sacs sur les travaux.
t Quand le gravier n'est pas bien purgé de terre, il peift se former dans les chaudières, sous FMAtienoe de la chaleur, des aggrégations de matières qui se brûlent, deviennent charbonneuses et constituent alors un danger pour l'opéraUon, car ces matières peuvent quelquefois conduire Télectricité.
€ Pour que le travail d'établissement se fit sans co^usion, et aussi pour faciliter les recherches que fa ligne nécessitera peutêtre ultérieurement, les fils^ ont été divisés dans une même tranchée en plusieurs conduites juxtaposées. Ces conduites contiennent dix, six ou quatre fils. Lès fils y ont été établis en deux rangées horizontales, afin que les blocs aient une certaine épaisseur.'
a Dans les conduites de dix et de six, Vespacement des fils d*axe en axe et Tespacement des fils extrêmes aux bords des bloca est de 27 millimètres.
« Uéloignemcnt est plus grand dans les conduites de quatre, ilnxqoelles il importait de donner une section relativement un peu Usrie afin qu'elles offrissent une résistance suffisante. Dans ces dernières, Tespacement des fils d*axe en axe, dans le sens horizontal, est de 4 centimètres, l'espacement dans le sens vertical, de
3 centimètres ; les 61s sont distants du bord inférieur de I centimètres, et des trois autres bords de 3 centimètres. On a reconnu, en effet, par expérience, que, pour éviter de petites communications intérieures entre les 61s, il est surtout avantageux d'augmenter Tintervalle horizontal et la distancé au bord inférieur.
« A chaque nature de conduite correspond naturellement une espèce particulière de peignes. On peut se les représenter facile- Boent d*après l'appareil unique de la Ggure 1 \ 2, qui est destiné à une conduite de dix fils.
« Gela posé, voici comment se fait le travail :
a On place au fond de la tranchée une couche de sable fîn et sec.
a  l'origine de Topération, on attache les fils à un point fixe quelconque, par exemple à une fiche fortement enfoncée en terre. Mais dans le courant du travail , ils se trouvent fixés naturellement par la partie qui est déjà encastrée dans le bitume.
« On les tend alors un à un sur une longueur de 60 à 80 mètres, de la façon suivante. Au point où on veut les arrêter est une planchette {fig. 443) en bois de chêne, carrée et do la largeur de la tranchée. Elle est fortement élrésillonnée.
fl»:?;:^^
« Cette planchette est munie de crochets ccc dans lesquels on engage par l'anneau a de petites mâchoires ou étaux à gorges m. (Voir fig AOi.)
« En arrière de la planchette on établit solidement une fiche de fer B, à laquelle on attache une paire de moufles dd,A cetle paire de moufles est fixée une mâchoire m' qui tient dans sa gorge le fil fffq\ie l'on veut tendre. On tire alors sur la corde des moufles, et quand le fil a la tension convenable , on l'engage dans la gorge longitudinale de la mâchoire m et on serre l'écrou.
a Tous les fils viennent ainsi successivement s*at tacher à la planchette P. La ûgure 4^3 n'en représente qu'un seul.
« Les bottes de fil employées n'ont guère que 200 mètres de longueur. Il est donc nécessaire de réunir souvent les fiU bout à bout. On le fait ainsi qu'il suit. Les extrémités des deux fils sont aplaties au marteau, sur une petite enclume, puis limées en biseau sur une longueur de 5 centimètres environ. On les rapproche alors et on les maintient l'un contre l'autre au moyen de quelques spires d'un petit Gl de fer. On les mouille avec un pinceau imbibé d'esprit de sel (chlorhydrate d'ammoniaque) dans lequel on a fait dissoudre du zinc. On verse alors sur les Gis de fer de l'étain fondu. L'étain s'interpose entre les deux bouts et les soude parfaitement. On détache ensuite les spires du petit Gl, et on entoure la soudure d'une ligature longue et serrée d'un autre petit 61 de fer galvanisé. De petits renflements ménagés par la lime, aux bxtréroités des deux biseaux, assujettisient le système et empêchent tout glissement quand la ligature est faite. Voici les raisons de cette maniera d'opérer. Si Ton se contente de ligaturer sans souder préalablement, le bitume chaud s'insinue entre les parties métalliques simplement rapprochées, et obstrue les contacts. Si, au contraire, on soude après avoir ligaturé, l'étain s'introduit bien à travers le petit Gl pour réunifies deux biseaux^ mais on peut craindre qu'il ne reste autour du Gl mince un excès d'étain. Ce mét»l fond dans le bitume chaud. Il pourrait donc en résulter, d'un Gl à l'autre, des communications métalliques. Les deux dangers que nous venons de signaler sont évités dans le système qui a été employé. Pour plus de précautions, on entourait encore les soudures de craie ou blanc d'Espagne (carbonate de chaux] ; cette substance réfractaire s'opposait à toute fusion de l'étain.
« Quand les Gis sont tendus, on glisse sous le faisceau un lit de gros papiers. Ce papier est destiné à rendre plus unie la surface intérieure du bitume. On place alors les peignes, ainsi qu'il a été dit plus haut, de 25 en 25 centimètres.
« Le long du faisceau on établit les règles de bois qui forment parois latérales. Quand plusieurs conduites sont mises dans la même tranchée, Vfie même règle en sépare deux. Les règles ont
été préalablement habillées d'une chemise de gros papier pour qu'elles ne puissent adhérer aii bitume. Elles ont 2 mètres de longueur, 3 centimètres d'épaisseur ; leur hauteur est de 4 centimètres. Elles sont un peu évidées dans le sons de la hauteur, c'est-à-dire plus épaisses en haut qu'en bas, pour pouvoir être re* tirées plus facilement. Vers leurs extrémités, elles sont percées verticalement de petits trous. De minces traverses en bois horizontales, munies de chevilles verticales, viennent s'engager dans ces trous et maintiennent ainsi l'espacement des parois.
«( Les choses ainsi disposées, on commence à verser le bitume danS'les cases de première coulée.
« Dans les essais primitifs , afin de se ménager le pouvoir de surveiller les fils, on introduisait le bitume en plusieurs couches qui refroidissaient successivement : une couché jusqu'au niveau du lit inférieur des fils, une couche |usqu*au niveau du lit supérieur, une légère couche encore au-dessus do ce dernier lit. Mais les couches se soudaient mal l'une à Tautre ; à cause de leur peu d'épaisseur, le bitume froid n'était pas suffisamment réchauffé. De plus les fils se trouvant chaque fois placés à la surface de refroidissement, des dépôts d'humidité et de poussière, légèrement conductrice, pouvaient venir s'interposer entre eux. Ces inconvénients se manifestèrent dans les premiers essais par de légères dérivations qui se produisaient d'un fil à l'autre dans le sens horizontal; tandis que verticalement l'isolement était absolu. Le mal disparut dès que l'on commença à couler le bitume à pleine case. C'est donc de cette dernière façon que se fait maintenant le travail. Pendant le refroidissement, on surveille les fils dans la masse iquide au moyen d'un crochet qui permet de les sentir et de les redresser, s'il y a lieu.
« Deux heures environ après la première coulée, on enlève les peignes, et immédiatement on fait la coulée dans les cases restées vides, sans attendre que les surfaces verticales du bitume puissent être salies de poussière.
« On attend deux heures encore; puis on fait à la partie supérieure des blocs une légère coulée générale pour perfectionner tous les raccordements.
298 TÉLÉGRAPHIE ÉLEGTRIQUF.
« Au bout de deux nouvelles heures de refroidissement, on enlève les règles de bois en en déchirant le papier ; on tamise de la terre fine pour remplir les intervalles laissés par les règles et on commence à remblayer la tranchée.
« Les tranchées ont en'moyenne 4 <n,30 de profondeur. Leur largeur, qui est de 0",75 quand on n*a qu'un bloc à y placer, est portée à 0^,90 environ quand on a trois blocs à conduire. Il est utile que la profondeur soif assez^rande; le bitume^ ne doit pas être exposé à se fendiller par les ébranlements que les voitures impriment au sol. Dans certaines circonstances, il n*a pas été possible d'atteindre la profondeur normale. Des voûtes d'égouts, des maçonneries n'ont pas permis de descendre au-dessous de iO à 50 centimètres. Des précautions spéciales ont été prises alors. Audessus des blocs on établissait une couche de sable de 2 centimètres ; puis on coulait une couche de bitume de 3 centimètres environ d'épaisseur sur toute la largeur de la tranchée et sur tout l'espace où la ligne était exhaussée.
« La profondeur de la tranchée a encore un avantage. Elle met la ligne à Tabri des variations de température. La théorie indiquait, en effet, que le bitume et le fer auraient pu ge dilater inégalement et que des fendillements en seraient résultés.
a Le voisinage des conduites d'eau, celui des conduites de gaz ont été évités. Les fuites d'eau pourraient, dans le cas où les blocs seraient fendillés, occasionner des pertes ou des contacts humides. Les produits ammoniacaux, dont le gaz n'est jamais débarrassé, pourraient à la longue, décomposer les mastics, surtout si ceux-ci n'étaient pas parfaitement purs et contenaient des principes azotés. Chaque fois donc que la ligne n'a pu passer assez loin d'un gros tpyau d'eau ou d'un gros tuyau de gaz, l'épaisseur des blocs a été augmentée et une application de bitume a été faite, comme nous venons de l'indiquer, entre la conduite télégraphique et le tuyau. « A cause des différents obstacles que l'on a rencontrés, il a été souvent nécessaire de racheter des différences de niveau. On y arrivait sans difficulté spéciale, en donnant aux blocs, sur une longueur suffisante, une pente de 1/15 et en espaçant les peignes seulement de 15 centimètres. Quand on était obligé d'adopter une
CONSTRUCTION DES UdNES ÉLECTRIQUES. 299
peiite plus forte, il fallait qu'un homme, armé d*une palette de bols, ramenât sans cesse le bitume dans chaque case, de bas en haut, jusqu'à ce que la masse eût atteint, par le refroidissement, une consistance suffisante. Il a souvent été préférable, quand la différence de niveau n'était pas trop grande, de faire directement une montée verticale entre quatre planches, par couches successives, et en s'aidant d'un peigne pour maintenir les fils.
< Les tournants sont faits à angle droit, au moyen d'un peigne spécial qui se place à 45° entre l'ancienne et la nouvelle direction. Dans ce peigne, les rainures, au lieu d'être perpendiculaires aux faces, sont inclinées sur elles à 45'', de sorte que leur espacement estimé suivant ces faces est égal à celui des autres peipes multiplié par \J%. De cette façon les fils conservent dftfts les tournants la même distance que dans les lignes droites.
« 11 eût été avantageux, sans doute, d'établir de distance en distance, le long de la nouvelle ligne, des regards, c'est-à-dire des appareils où les fils pussent être facilement coupés pour la recherche des dérangements. Mais on s'en est abstenu, parce que aucun type convenable n'a été trouvé pour ces appareils.
« Pour être utile, le regard a besoin d'être accusé extérieurement, sans quoi les repères qui l'indiquent disparaissent, et il se perd. Le but serait Rempli par une plaque de fonte semblable à celle des égouts, encastrée dans un châssis de bois et supportée par une maçonnerie de briques* Mais la boîte du regard a besoin d'être facilement abordable. Il faut donc qu'il n'y ait presque rien d'interposé entre elle et la plaque de fonte extérieure. Déplus, la boîte doit être ouverte facilement et les fils doivent pouvoir y être coupés en un instant. De ces conditions naissent mille dangers pour la ligne ; l'isolement devient incertain ; en employant des commutateurs ou de contacts à vis et à pression pour obtenir une interruption facile, on compromet la continuité métallique.
a On a donc provisoirement construit une ligne continue et sans * interrupteurs. Un seul regard a été ménagé pour les principaux fils, en déviant la ligne à travers un bâtiment public. Mais rien n'empêchera, dès qu'un système convenable aura été trouvé, do construire des regards après coup.
soo
TÊLÉGBAPHIE ÉLECTRIQUE.
< En attendant qu'ils soient établis, il n'y aura^ d'ailleurs, aucune difficulté à couper les fils en un point donné, quand cela sera nécessaire pour la recherche des dérangements. En plaçant du bitume chaud autour du bloc, on ramollit ce dernier de façon à pouvoir le tailler avec un couteau. On dénude ainsi les fils et on peut les couper. Les soudures et le raccordement du bitume se font ensuite aisément.
« Nous terminerons cet article en indiquant les prix auxquels, dans la ligne d'essai, sont revenus, par mètre courant, les conduites de dix, de six et de quatre fils. Nous laissons seulement de côté la dépense des tranchées.
Mastic bitumineux employé à 44 fr. 50 les 400 kilog.
Transport à pied-d'œuvre de la matière et de l'équipement^ 5 % de la matière employée
Ck)mbusUble, 44 •/• de la matière employée. . . .
Fil de fer de 0'»,004 de diamètre à fr. 76 le mètre .
Sable
Papier et iîlous. ....
Main-d'oeuvre
Outillage
GONDUITBS 1
DflOnLS.