DE 6 FILS
DtftFILS.
3 fr. 80
2 fr. 65
^2 fr. 59
6 fr. 65
4 fr. 77
4 fr. 42
« Ces prix, établis pour une ligne d'essai, seraient sans doute notablement réduits si l'on opérait sur une grande échelle. Nous avons dit, d'ailleurs, qu'il y aurait peut-être lieu d'employer des puddings bitumineux d'un prix moins élevé. »
LIGNES SOCS-MARUiES.
243. — Le premier essai de télégraphe sous-marin fut exécuté entre l'Angleterre et la France, le 38 août 4850. Un fil de cuivre, recouvert d'une enveloppe de gutta-percha, de 6 millimètres 4/2 d'épaisseur, devait être posé entre Douvres et le cap Grinez. Le fil, enroulé sur un grand tambour, fut placé sur un navire, et l'opération s'effectua avec un plein succès pendant la traversée, qui dura 8 ou 9 heures. A mesure que le navire avançait, le fil, en se déroulant, était entraîné au fond d# l'eau par des poids de plomb de 8 à 40 kilogrammes qu'on attachait tous les 400 mètres environ. Le bâtiment arriva au cap Grinez à huit heures du soir, et quelques signaux furent échangés entre les deux rives. Malheureusement, peu d'instants après, le fil fut brisé contre les rochers qui avoisinent la côte, et l'opération dut être recommencée dans de nouvelles conditions.
La rupture du premier fil ayant démontré la nécessité d'entourer les fils conducteurs d'une enveloppetrès-résistante , capable de les protéger contre les chocs des galets et des ancres, on construisit, en Angleterre, un câble formé de quatre fils de cuivro de 4 millimètre t/2 de diamètre, entourés chacun de deux couches de gutta-percha ayant ensemble 2 mil-
• limètres d'épaisseur. Ces quatre fils furent séparés les uns des autres et enveloppés avec de l'étoupe goudronnée; pour former l'enveloppe extérieure, on en- Fig. 114. j.^y|j^ gjj hélice dix fils de fer galvanisés de 4 millimètres de diamètre (fig, 144).
On obtint ainsi un immense câble assez souple pour pouvoir
8'eiirouler sur un grand tambour et dont la longueur fut calculée sur la distance à parcourir; il pesait 475 tonnes. Ce câble fut placé sur un bâtiment à vapeur qui, parti du cap Southerland (à 6 kilomètres de Douvres), le 26 septembre 4851 , arriva le jour même, en vue du cap Sangatte (à 5 kilomètres de Calais].
Pendant la traversée, le câble se déroulait et s*étendait en vertu de son propre poids au fond de la mer, dont la profondeur ne dépasse pas 75 mètres entre ces deux points.
Le navire, entraîné par un vent contraire, ne put suivre la ligne droite, et le câble, s*étant trouvé trop court, on dut abandonner l'extrémité à un kilomètre de la côte française. On ajouta provisoirement un simple fil recouvert de gutta-percba ; c*est seulement deux mois après qu'on put achever définitivement le travail, qui revint â environ 280,000 francs.
Ce câble a été plusieurs fois atteint par les ancres de navire, mais il a résisté jusqu'à présent, et a pu fonctionner presque sans interruption.
Depuis cette époque, d'autres câbles sous-marins ont été posés; ils sont construits de la même manière et ne varient que par le nombre desjils conducteurs et les dimensions des fils qui forment l'enveloppe extérieure.
Les principaux sont les suivants :
De Douvres à Ostende 412 kilomètres*
De la Spezzia au cap Corse 4 45 —
De l'Ile de Corse à la Sardaigne. . . i 49 —
244. — La fabrication des câbles sous-marins cobstitue, en Angleterre, une industrie toute spéciale.
On enroule les fils conducteurs, recouverts préalablement do gutla-percha, sur des cylindres rangés autour d'un centre commun. Les fils de fer sont placés sur d'autres cylindres disposés comme les premiers, mais qui sont animés d'un mouvement de rotation horizontale autour du centre, en mémo temps (ju'lls tournent sur leur axe quand les fils se déroulent.
Tous les fils passent par un anneau central d'où le câble, tiré par la partie supérieure, sort tout préparé.
On préserve la gutta-percha de tout contact avec les fils de fer
en interposant de l'étoupe ou de la toile goudronnée, pour empêcher la déformation des fils conducteurs et augmenter Tisolément.
Les câbles doivent, autant que possible, être d*une seule pièce, les raoeordemenis des différents bouts dé fit étant faits pendant la fabrication. Quand on est obligé de réunir deux câbles différents, on fixe solidement les enveloppes o^térieures par de fortes plates-bandes'en fer.
Afin de diminuer le poids des câbles, on rend souvent l'enveloppe extérieure moins épaisse au milieu qu'aux extrémités destinées à se trouver près des côtes.
245. — L'établissement des lignes sous-marines n'a pas toujours réussi. Quelques câbles^ dont la pose s'est efiecluée dans de bonnes conditions, ont été rompus au bout de peu de temps ^
Pour d'autres, la pose n'a pu se faire complètement, et l'on a dû abandonner toute la partie du câble immergée sans espoir de la retrouver pour l'employer de nouveau*.
L'immersion du câble est, en effet, la partie la plus difficile et la plus délicate de l'opération.
Le câble, disposé en rouleau sur le navire, passe sur un grand tambour autour duquel il fait plusieurs tours, glisse sur l'avant et tourne ensuite sur une roue placée à l'arrière d'où il tombe au fond de l'eau. On fait communiquer l'extrémité avec un appareil télégraphique, et pendant tout le temps que dure le travail on peut correspondre avec le point de départ et s'assurer de l'état de la partie plongée.
Tant que la profondeur reste à peu près la même, le mouvement des tambours se règle avec des freins, et le déroulement du câble s'opère facilement; mais il existe des vallées sous-marines très-profondes, et, le câble tirant avec une force égale au poids de la partie suspendue , si le changement de niveau est subit, entraîne avec une effrayante rapidité la portion qui reste sur le navire ; les freins sont alors impuissants pour arrêter le mouve-
1. Le premier câble posé entre TAngleterre et Tlrlande ; cJul de Varna à Balada va, etc.
^. On a échoué deux fois dans la pose du câble entre la Sardaigne et TÂlgérie.
30& TÊLÉGEAPOiE ÊLECTEIQUE.
ment, et l*oa est obligé d*abaodooner Topération pour sauver le Tiis-^au. Il faut joindre à cette cause d*insuccès la chaDce de tempête ou de gros temps qui peut faire dévier le bâtiment.
Avec des freins assez puissants pour résister à Fentraînement, on pourrait atteindre les so^nmets voisins de deux montagnes soosmarines, et si la profondeur était telle que le câble ne pût reposer au fond de la mer, il décrirait entre ces deux points fixes ukie courbe analogue à celle d*un fil librement suspendu dans Tair.
La distance des deux points entre lesquels le câble peut être arrêté, a une limite, car il pourrait arriver que la tension lût supérieure à la résistance du câble, qui romprait en vertu de son propre poids.
On sera sans doute obligé, dans beaucoup de cas, de modifier la composition des câbles sous-marins et de diminuer leur poids au dépens de leur solidité, en remplaçant les fils de fer extérieurs par des cordes de chanvre, ou seulement leur densité en les entourant d*une substance plus légère ^ue Teau.