‹ Course en voiturinChapitre 5 sur 19 · X.A GRANDS CHAX.EUR. — HISTOIHE BU PUTZ- B.ARO · texte numérisé non relu

X.A GRANDS CHAX.EUR. — HISTOIHE BU PUTZ- B.ARO

Mon compagnon de voyage, don Asdrubal, venait tous les matins m'éveillera sept heures, pour courir le pays avant le moment de la chaleur. Malgré son origine évidemment africaine, je l'aimais à cause de son caractère naïf et bon. Je lui savais gré d'ailleurs de son enthousiasme pour la France. Il ne me parlait qu'en français, dont il savait à peine quelques mots, et je lui répondais en italien, ee

qui composait une conversation assez comique. Le seul défaut de cet excellent garçon était une indiscrétion imperturbable et un manque de tact qui en faisait une espèce d'enfant terrible. Il n'y avait sur ma table ni lettres, ni album de voyage, ni papiers, dont il ne s'empressât de prendre connaissance, me demandant des explications et des commentaires sur les passages qu'il n'entendait pas, et avec tant de simplicité que je n'avais pas le courage de lui reprocher sa curiosité.

Un jour nous cheminions ensemble dans les rues; je suis abordé par un artiste chauve que j'avais vu la veille à l'académie de peinture. L'étranger ôte son chapeau, et don Asdrubal , apercevant un crâne privé de cheveux, saisit l'occasion de s'instruire en augmentant son vocabulaire français d'un mot nouveau. Il se penche vers l'inconnu en souriant, lui montre du doigt son front nu, et dit avec un air bienveillant :

— Monsieur, comment se dit ealvo en français?

— Chauve, monsieuT, répond l'artiste, et goffo se dit lourdaud.

Puis il remet son chapeau et s'en va, laissant Asdrubal étonné de cette brusquerie et moi fort mécontent. A quatre pas de là, nous passons devant l'atelier de M. Thorvvaldsen. Sans me demander la permission, le Carthaginois tire le cordon de la sonnette,

— Que faites-vous? lui dis-je. On n'entre pas ainsi chez un sculpteur sans le connaître. 11 nous faudrait au moins une recommandation,

— Bah ! s'écrie Asdrubal ; je lui dirai que je viens du fond de la Sicile pour admirer ses ouvrages, et il n'osera pas me renvoyer.

— Eh bien ! essayons ; votre innocence nous servira peut-être.

Un praticien, le ciseau à la main, ouvre la porte et nous apprend que M. Thorwaldsen estenDanemarck, mais qu'on peut visiter l'atelier. Je me rassure , et nous entrons. On nous montre une statue de lord Byron ; un Christ destiné au fronton de la cathédrale de

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