‹ Courses dans les Pyrénées; la montagne et les eauxChapitre 35 sur 40 · LE PIC DU MIDI DE BIGORRE · texte numérisé non relu

LE PIC DU MIDI DE BIGORRE

A six heures du matin, — le rendez-vous était donné au-dessus des dernières maisons de Barèges, — nous nous retrouvâmes. On partit en caravane, les chevaux marchant l'un derrière l'autre, non pas que la route au sortir du village ne fut assez large pour qu'on n'y put avancer trois cavaliers de front, mais la pratique des sentiers étroits do la montagne donne au cheval des Pyrénées l'habitude de cette allure ; on le décide difficilement à en prendre une autre.

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I a connaissance ne tarda point à se faire. Le compagnon qu'un bon hasard nous avait envoyé, était le directeur même de l'Institut de Combrée (Maine-et- Loire), M. l'abbé Levoyer, un de ces ecclésiastiques profondément instruits qui sont l'honneur du clergé français.

Les pierres et les plantes du chemin mirent bien vite M. l'abbé, mon capitaine et notre guide sur le terrain de la science qui leur était commun. Ils parlaient botanique et géologie, et je les écoutais, — trouvant à placer mon mot toutes les fois qu'ils s'arrêtaient pour exprimer leurs sentiments élevés el leur admiration devant la grandeur de la nature qui frappait nos yeux.

La journée, pour moi, dans une pareille société, s'annonçait bien; elle tint encore plus qu'elle ne promettait, et je dois dire que jamais je n'en passai de meilleure en voyage.

Quelle traversée d'ailleurs plus favorable aux idées sérieuses que celle que nous entreprenons. La désolation de Barèges n'est rien. Au profond de cette profonde vallée du Bastan, c'est l'image du désespoir qui vous attend et vous glace. La silhouette des montagnes découvre partout le roc décharné, les pics rongés et les schistes gris épars comme les os dispersés d'un squelette immense depuis longtemps blanchi. Tout atteste une lutte effroyable où l'esprit orgueilleux de ces monts fut vaincu; la mort l'a

saisi dans les convulsions d'une rage impuissante, et tel elle l'a pris, tel elle l'a laissé, pour servir d'épouvantail et mettre sous nos yeux le spectacle du châtiment éternel que Dieu réserve à la créature révoltée qui meurt sans repentir.

A quelque distance de Barèges, on quitte la rive gauche du gave qu'on traverse sur un pont, et l'on poursuit alors le sentier dont l'œil, de l'autre côté, suivait la trace sinueuse sur le flanc des collines fuyantes.

Après une heure de marche, on aperçoit sur la droite, les glaciers de Neou vieille (vieilles neiges), qui s'étagent au fond d'une vallée en perspective.

Les chevaux s'avancent, s'arrêtant de temps en temps et tendant le cou vers les ruisseaux qui coulent au milieu des pierres. Ils interrogent ainsi leur cavalier, et semblent compter sur sa complaisance.

Une heure encore et nous arrivons devant une gorge dont la pente, semée do fleurs d'iris, conduit au plateau que les livres appellent le vestibule du Pic du Midi. A cet endroit, on quitte la corniche du Tourmalet, et l'on fait une première halte.

Le Pic de Bigorre est au-dessus, mais la haute muraille qu'on a devant soi empêche de le voir. Ce n'est qu'après s'être remis en route, en tirant sur la gauche et en grimpant tout de bon, cette fois, que le guide peut satisfaire l'impatience des gens qu'il conduit et leur désigner du doigt, la masse conique du

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Pic. — Les touristes sont un peu comme les enfants : tant qu'ils n'aperçoivent pas le but où ils tondent, ils sont inquiets et multiplient les questions : On est-il? Est-ce encore loin? Y serons-nous bientôt?

— Le voilà, le Pic, messieurs, nous cria le guide, mais nous n'y sommes pas ; tel que vous le voyez, il nous domine encore de mille mètres, et nous n'irons [►oint au sommet sans reprendre haleine. Si le cœur vous en dit, nous ouvrirons le sac aux provisions à la Hourque des Cinq 0*//'*.

La Hourque des Cinq Ours, qui doit sans doute son nom à quelqu'aventure de chasse, est un col étroit ouvert entre la montagne qui nous cachait le pic tout à l'heure, et le cône du Pic proprement dit. A l'endroit de cette échancrure, on est achevai sur deux versants; l'un qui se précipite dans la vallée d'Arises, toute hérisée de rochers en pointes, et l'autre qui descend brusquement dans le lac d'Oncêt, qu'il faut côtoyer pour arriver à la Hourque. Nous avons déjà parlé de ce lac pour dire le plaisir qu'on prend à faire rouler des pierres dans ses eaux glacées. C'est qu'en effet la pente qui le borde et sur laquelle, à 3 ou 400 pieds au-dessus de son niveau, le sentier est coupé, cette pente est rapide. Si le malheur voulait qu'un cheval bronchât sur cette corniche, on peut croire, qu'à moins d'un hasard providentiel, cheval et cavalier s'en iraient, tournoyant «nmmeune boule, s'abîmer à tout jamais dans le lac.

Ce passage est périlleux, et les plus aguerris ne sont pas sans y retrouver un peu de cette émotion qu'inspire le sentiment du danger et qui rend si vives les premières impressions causées par la montagne.

Le lacd'Oncet, d'ailleurs, est situé de telle façon, que de tous les points du Pic, on en voit le miroir sous ses pieds. Dans l'ascension, les gradins intermédiaires disparaissent sur la pente, qui paraît alors perpendiculaire à l'œil; l'illusion devienl même si complète que, le bras étendu, on jurerait qu'on a la main au-dessus du vide, et qu'une pierre ainsi lâchée, tomberait tout droit sur la surface du gouffre profond. On pense en même temps qu'il ne faudrait qu'un écart de côté pour vous faire suivre le même chemin ; cette idée rend attentif et prudent.

Un souvenir touchant se rattache à ce lieu de la flourque des Cinq Ours. C'est là que mourut, en 1741, à l'âge de 70 ans, M. Plantade, astronome célèbre, à côté de son quart de cercle. Il descendait du haut du Pic où il avait été faire ses dernières observations. Il s'assit, déclarant qu'il ne pouvait aller plus loin, et ferma les veux. Pour un savant, cela pourrait s'appeler mourirau champ d'honneur.

En 1852, on eut l'idée d'élever une espèce d'hôtellerie en cet endroit. Le nombre est grand des personnes qui, tous les ans. vont voir lever le soleil au

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sommet du Pic. La spéculation comptait là-dessus. D'ordinaire ces expéditions se font la nuit. Le- caravanes partent de Bigorre ou de Barèges entre dix et onze heures du soir, de manière à gagner la plate-forme du Pic avant le jour. Ce sont de longues heures d'une marche pénible dans l'obscurité. Dorénavant on aurait diminué cette fatigue, rendueplus sensible encore par le froid piquant des nuits, eu venant dîner, se reposer et même coucher a l'hôtellerie. Le lendemain on se serait levé juste à temps pourarriver surle Pic au moment intéressant, et l'on aurait encore trouvé, en descendant, un déjeûner -en i devant un bon feu. Ce n'était pas mal imaginé. Le bâtiment fut construit, et il y eut une belle fête a laquelle tout Bigorre, tout Barèges et tous les lieux avoisinants furent conviés ; on y vint de Cauterets et même de Luchon. Jamais la Hourque des Cinq Ours n'avait vu pareille réunion. On y dansa, on y but à la prospérité de l'établissement ; mais l'avalanche, oubliée au baptême, comme la mauvaise fée des contes, se vengea, l'hiver suivant, de l'impolitesse. Elle se laissa cheoir sur le toit de l'hôtellerie. Au printemps, le propriétaire a retrouvé sa maison aplatie. Nous dûmes déjeûner sur ses décombres. On songe, nous a-t-on dit, à la reconstruire un peu plus haut, mais cette fois, en comptant avec l'avalanche, c'est-à-dire en l'élevant contre le rocher, à l'abri de ses atteintes.

OOD COURSES DANS LBS PYRENEES.

De la Hourque au sommet du Pic, la vallée de Barèges a soin d'entretenir un lacet qui permet aux chevaux d'arriver jusqu'à la pointe. Cette commodité rend l'ascension facile pour tout le monde, mais elle ôte de son charme aux aventureux. 11 n'y a plus, pour leur gloire, le triomphe de la difficulté vaincue, qui est bien quelque chose, et l'orgueil d'être allé où l'on ne va guère, qui est bien plus encore.

Quoi qu'il en soit, nous voici au sommet du Pic du Midi de Bigorre. J'ai dit plus haut, en parlant du Pic du Ger, quel spectacle saisissant l'œil est appelé à contempler sur les points élevés des Pyrénées. Nous le retrouvons ici plus complet encore s'il est possible.

Nous connaissons maintenant la plupart de ces sommets qui se présentaient à nous, la première fois, comme les flots sans nom d'une mer pétrifiée. A cette heure, chaque crête réveille un souvenir, et nous suivons, comme sur un plan en relief, la route que nous avons parcourue depuis le Pic d'Ossau, au pied du quel nous avons recueilli les récits du chasseur d'ours, jusqu'au Pic de Bigorre où nous sommes.

Ce spectacle est magique ; on n'y regrette qu'une chose, c'est que le Pic ne soit point placé sur le milieu de la chaîne, afin de dominer à la fois les deux versants, la plaine de France (M la plaine d'Espagne. Mais au contraire de certaines montagnes,

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des montagues de la Corse, par exemple, ou les sommets élevés se trouvent sur la chaîne principale, dans les Pyrénées, les hautes cimes du système se trouvent sur les contreforts ; ce qui fait que de quelque point élevé que l'on soit, au midi ou au nord, l'horizon est toujours borné par une muraille grise. Les livres de science mentionnent cette configuration comme étant digne de remarque.

Mais prenons notre Pic pyrénéen tel qu'il es! : nous pouvons nous en contenter. Son point culminant n'a pas une surface de plus de trois mètres carrés. C'est un schiste aride sur lequel le botaniste trouve encore à glaner. Il en rapporte, chose étonnante, certaines plantes de la Suède, et certaines autres de l'Espagne. Comment se rencontrent-elles là? Comment poussent enfin, sur ce terrain qui ne connaît guère la terre végétale, les marguerites des champs qu'on y rencontre, ces jolies fleurs pleines de charmants souvenirs et qu'on aime tant à cueillir.

Les montagnards ont élevé, sur cette pointe, une pyramide de pierres superposées. Une sorte de guérite est ménagée dans chacune de ses quatre faces.

On y asseoit, à l'abri du vent, les petites dames courageuses qui viennent attendre le lever du soleil. C'est là que s'était blottie, la nuit qui précéda notre ascension, Mme la marquise de*** que son enthousiasme pour les scènes de la nature avait amené là afin de voir successivement le coucher du soleil.

le lever de la lune alors en son plein, et le lever du soleil. Il faut un triple courage pour affronter cette triple jouissance. Les nuits, sur cette hauteur, empruntent aux neiges amoncelées dans les premières crevasses, sous vos pieds, un froid glacial. — Le vent y souffle aussi d'une violence extrême. 11 obéit à des courants qui varient et changent de zone, qui tantôt balaient la cime du Pic, et tantôt s'abaissent pour y laisser régner un calme parfait. Mais alors ils s'engagent dans les gorges inférieures, comme celle d'Arises que nous devons prendre à la Hourque. pour descendre à Bigorre, — et l'on ne peut se faire une idée de leur furie.

Nous ne filmes pas plus tôt dans cette étroite vallée qu'il fallut mettre pied à terre, et conduire les chevaux par la bride; on eut été infailliblement enlevé de la selle et précipité sur les rochers.

— Pour ce vent-là, disait Charlet, nous ne pesons point une once, nous sommes une plume ; assurez bien vos pas, et tenez la bride des chevaux d'une main ferme.

M. l'abbé Levoyer, prudemment, prit son tricorne sous son bras libre, et resta coiffé d'une calotte. Que n'en ai-je fait autant ! — 0 mon pauvre chapeau de paille, vous seriez alors revenu avec moi, et je vous aurais donné vos invalides au-dessus de mon trophée de cannes, de chapelets, de montres solaires et autres reliques pyrénéennes!

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Que le lecteur nie pardonne l'expression, sans doute intempestive de ces regrets. C'était un vieux serviteur: il avait été tressé sur les bords de la mer, il venait «le Saint-Valery-sur-Somme; il avait vu les brumes du nord, essuyé la poussière du centre de la France, et protégé mon Iront contre le soleil du midi. Il était agréable au porter, il était beau à l'œil, et même appétissant, je puis le dire, car il avait failli être mangé par un âne, un jour, à Cauterets, qu'il reposait sur une fenêtre près de laquelle on avait attaché ce sensuel baudet. — Etait-il écrit qull n'était échappé à ce péril que pour subir une tatastrophe prochaine?

Je le tenais bien cependant. — Mais ce qu'on tient le mieux, nous échappe encore, disent les sages. Il vint une rafale, et je fus décoiffé. — Non, après l'éclair, on ne vit jamais rien de plus rapide que ce chapeau. Il eut un premier vol de cent mètres, toucha le rocher, courut sur une pente de neige, eut un second vol, puis s'abattit quelque part; ce fut l'affaire de la main tournée, on le vit, on ne le vit plus ; hélas, on ne le revit jamais ! — Tout le monde rit à la vue de cet escamotage, et je ris moi-même... 0 mon chapeau, croyez-le bien, c'était du bout des lèvres. Je tenais à vous, et de cœur, plus que je n'en avais l'air. Mais vous le savez, il sied à l'homme de montrer un superbe détachement des choses de ee monde. C'esl ainsi qu'on se fait un caractère quand

ou n'en a pas; on se ment à soi-même. Kst-ce que les autres y sont pris?

Enfin, on le chercha, le fugitif, quelque temps, et tout en marchant. Puis, au sortir de la gorge hérissée d'Arises, on déclara qu'il servirait, un jour ou l'autre, aux pâtres de la montagne, maisqu'il étaitdésormais perdu pour nous. Il fallut fouiller dans le sac de nuit, et remplacer le chapeau par un bonnet grec.

Nous entrions en ce moment dans une région plus calme. Le vent avait cessé de souffler. Les croupes de la vallée, sans arbres encore, montraient une petite végétation disposée par lignes horizontales comme les rides des sables de l'Océan à marée basse. La neige qui fond par couches successives, produit cet effet. En se retirant, elle marque, ainsi que les vagues de la mer, chacun de ses pas en arrière. Les pentes étaient délivrées de ce blanc manteau des hivers, à peine s'il en restait quelques lambeaux déclarés au profond de la vallée, près du gave dont le bruit nous arrivait comme un murmure grave cl continu.

Déjà nous demandions si Grip était encore distant. Grip dont les truites sont renommées, et nous marchions d'un pas allongé.

Avant d'atteindre Grip, il nous fallait traverser le bassin de Tramesaigues, et faire ensuite, sur une route mieux tracée, une bonne lieue de chemin. Vous arrivâmes ;i Tramesaigues.

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Aux abords, le gave que nous dominions tout à l'heure, se resserre, s'encaisse ei s'échappe en cascades. C'est là. au niveau d'un petit pont, que les rampes de VEscalette, ainsi se nomment les derniers degrés du Tourmalet, conduisent les voyageurs qui, n'ayant point médite l'ascension du Pic, ont poursuivi, devant eux, la route de Barèges. Nous revoyons des arbres, nous entendons de nouveau des «hauts d'oiseaux, et c'est une sensation charmante, que ce retour aux paysages animés et gracieux.

Le bassin de Tramesaigues est habité par une colonie de pasteurs. Une vingtaine de cabanes, entourées d'un petit enclos couvert pour abriter les troupeaux, — ont été posées sans ordre les unes à côté des autres. A première vue, elles offrent la disposition d'un village de jouets d'enfants, rangé par la main inexpérimentée d'un architecte de trois ans. Ces maisons, pourtant, sont des demeures véritables; leur loyer, sans doute, n'est pas aussi cher que ceux de la chaussée d'An tin , mais leur location, m'a -t -on dit. n'est pas moins recherchée.

Le gave qui baigne les cabanes de Tramesaigues. et que nous venons de voir se précipiter en cascade, se nomme VAdour du Pic. Il se jette, à quelque distance, dans P Adour véritable qui sort du Tourmalet, et dont nous suivons désormais le cours jusqu'à (irip et jusqu'à Bigorre.

11 n'y a rien à dire de Grip ; il est fort découvert, ce qui permet de l'appeler Grip-Soleil; on y dîne paiement lorsqu'on est en bonne compagnie, mais on en repart sans regret. D'ailleurs la route est belle; on esta peu près à trois lieues de Bigorre. nous n'avons plus qu'à nous laisser aller, comme un paysan revenant de la foire, au trot de son bidet. — et bientôt nous y serons.

Voilà le village de Sainte-Marie. Ici nous pouvons nous retourner pour dire adieu aux sommets élevés et même à la montagne. La vallée de Campan se dessine. Vallée trop vantée; gracieuse il est vrai, mais sans grandeur et sans caractère. Elle est loin de la vallée d'Argelès qui n'a cependant pas son renom. Mais la vallée d'Argelès, il faut le dire, est la plus magnifique de toutes celles des Pyrénées.

Des prairies bordées de haies vives, des petits vergers normands développés sur la pente, arrosés d'innombrables filets d'eau courante, et des cimes bien boisées, voilà le côté gauche de la vallée de Campan. C'est un joli coup-d'œil, et rien de plus. A droite, on voit des montagnes arides qui n'ont que la poésie d'un mur mal crépi. Kl les recèlent pourtant, dans leurs flancs, les plus beaux marbres de la contrée.

Tous ces monts, tous i -es coteaux s'en Vont, Rabaissant toujours, pour aller mourir un peu après Bigorre. car au-delà de cette ville, p'esl la plaine.

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Nous traversons le village de Campan, puis celui de Baudéan, où nous ue prendrons que le temps

de lire sur la façade de la maison qui vit naître Larrey, cette phrase du testament de l'empereur Napoléon ÏM :

Larrey est l'homme le plus vertueux que f aie connu.

Le .joui s'obscurcit, les nuées s'amoneèlent sur le Pie du Midi, de sourdes rumeurs se prolongent dans les vallées, les flancs du nuage palpitent, l'éclair en sort, le tonnerre gronde, l'orage éclate.

La nuit noire est venue; c'est à la lueur des éclairs, à travers la pluie qui tombe par torrents, que nous faisons notre entrée à Bagnères de Bigorre. On ne voit, ou plutôt on n'entend dans les rue.s que des canards qui paraissent contents. Nous ne pouvons rien dire de plus, aujourd'hui, de la ville et de ses habitants.

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