‹ Courte histoire du célibat ecclésiastique [microform]Chapitre 23 sur 94 · DE LA PRÉDICATION MANICHÉENNE AU CONCILE DE NICÉE · texte numérisé non relu

DE LA PRÉDICATION MANICHÉENNE AU CONCILE DE NICÉE

A la fin du III® siècle, vers 279-280, une religion nouvelle, le manichéisme, envahit l'empire romain. Elle fut persécutée, tout comme le christianisme, sous l'empereur Dioclétien, et « quand le christianisme devint la religion dominante de l'empire, les manichéens feignirent d'être chrétiens et chrétiens orthodoxes, adoptant le langage et les pratiques de la grande Église et les combinant tant bien que mal avec leurs observances \ »

La théologie manichéenne avait un idéal strictement ascétique. Elle condamnait la procréation. Un nouveau courant d'idées célibataires vint donc renforcer celui qui s'était déjà créé dans l'Église.

Des conciles provinciaux ou régionaux s'occupèrent du célibat dans un sens plus rigoureux ^. Voici les décisions les plus importantes.

1, Duohesne, I, 565.

2. Pour les théoJogiens, la plus ancienne prescription du célibat est le 33^ canon du concile d'Ëlvire Grenade) eu 300. Je ne suis pas gûi de la

Vers 314, le canon 9 d' Ancyre (en Galatie) permit le mariage, même après l'ordination, aux diacres pourvu qu'ils s'en fussent réservé la liberté en se faisant ordonner.

Un peu plus tard, le canon 1 de Néocésarée (dans le Pont), tout en défendant le mariage au prêtre après l'ordination, l'admettait à la communion laïque, tandis qu'il excommuniait et soumettait à la pénitence le prêtre fornicateur ou adultère.

La question du célibat fut posée au premier concile général ou « œcuménique » tenu à Nicée, en 325. L'historien Socrate raconte ainsi ce qui s'y passa :

Paphnuce était évêque d'une ville delaHaute-Tliébaïde... Il avait eu un œil crevé durant la persécution. L'empereur avait une singulière vénération pour lui, le faisait souvent venir dans son palais, et baisait l'œil qu'on lui avait crevé... Des évêques ayant été d'avis de faire une loi nouvelle, pour ordonner que les évêques, les prêtres et les diacres, se séparassent des femmes qu'ils avaient épousées, alors qu'ils n'étaient que laïques, comme on prenait les avis, Paphnuce... dit qu'il ne fallait pas imposer un joug si pesant aux clercs, ni aux prêtres; que le mariage est honorable, et le lit nuptial sans tache; qu'une trop grande sévérité pourrait nuire à l'Église, que tout le monde n'est pas capable d'une

rectitude de leur interprétation, Héfélé, qui adopte l'interprétation théologique, ne peut s'empêcher de remarquer que la rédaction du canon est défectueuse et qu'il semble précisément ordonner ce qu'il veut au contraire prohiber : Placuit in totum prohibere episcopis, presbyieris et diaconibus vd omnibus clericis posiiis in ministerio abstinere se a confugibus suis et non generare filios. « Il est défendu aux ecclésiastiques de s'abstenir de leurs femmes ». Peut-être ce canon dont la lecture est d'ailleurs douteuse, défendait-il de troubler la conscience des ecclésiastiques qui usaient de leur mariage?

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