GcRALDi, Bcalommiti, nov
58. GuLoo BiAGi, Un Etéra TOmana (Nuova Antologia, anno XXI, 1886, fasc. XVI, p. 710). Dans sûn testamenc qu'a rfdlgË le notaire Virgillo Grandlnelli et qu'a découvert dsuB ÏArcliivio di Slalo le professeur Corvlaieri, Tullia d'Aragona demande à être enlerrâe sans pompe dans l'église S. Agostioo, à cûté- de sa mère; elle laisse au cbapilre de quoi faire brûler un cierge et dire mensuellement des meeses en son Intention et lègue une partie de ses biens ù ITiùteflae qui l'bébergetil, l'autre à un sien ami. Celani rapporte en entier ce testament. Sa pauvreté n'était pas aussi absolue qu'on s'est plu à le dire, ainsi que le prouve l'inventaire de ses biens que nous avons rapporté en partie plus bas (note 60), à moins que tout cela ne fût saisi, ainsi que quelques passages le pourraient &lre croire.
NlccoLO Franco, Dialoghi piacevoli, Venise, i5.|i, diaL IV, p. 07. Archivio di Slato, Atli del governalors del sec. lïi, entre autres, prol. CCLXXXVII, an. i5g5. Crap, p. 36o, il Lamenta delta Corligiana.
l8o NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.
Quant à la voix, je l'avois angélique,
Et ne se fust nul autre peu vanter,
De savoir mieux le Pétrarque chanter.
dit une courtisane romaine par la bouche de Joachim du Bellay C/eM;e rustiques^ la Vieille Courtisane^ p. 64). On sait que du Bellay passa quelque temps à Rome vers le milieu du xvi* siècle, ce qui donne plus d'intérêt à ce qu'il rapporte des courtisanes romaines. Le récit de la vieille courtisane, surtout, est une source précieuse de renseignements sur le gfenre d'existence et les vicissitudes habituelles des courtisanes.
60. Nous donnons ici un extrait de cet inventaire resté inédit ; il forme un complément intéressant à son testament qu'ont publié MM. Celani et Corvisieri et dont nous avons rapporté les clauses caractéristiques. Cet inventaire se trouve dans YArchivio di Stato, Atti Romaulif A. C, vol. 6298, fol. 97; il est daté du 23 avril
Inventaire des biens de Tullia d'Aragona^ dressé par Horace de Marchiani, tuteur de Célia^ héritière directe de ladite Tullia.
Dans un petit coffret garni de ferrures et scellé par maître Virgile, notaire capitolin, se trouvaient :
Une petite boîte d'argent filé (filigrane) ;
Vingt-deux boutons en or ;
Une frange d'or à la française;
Un collier de perles avec neuf pendants en or;
Un collier de cinquante perles dont neuf grosses orné de diamants faux montés en or;
Une chaîne ou plutôt une ceinture en or à doubles mailles ;
Une autre chaîne à mailles simples ;
LES COURTISANES. — GRANDEUR. l8l
Une paire de boucles d'oreilles formées de deux perles en poire dont la plus grosse entourée d'une résille d'or ;
Deux perles montées ensemble en or, en forme de tortue ;
Deux agrates taillées en forme de vases et formant boucles d'oreilles, chacune ornée d'une perle ;
Deux boucles d'oreilles en or en forme de clochettes, garnies de dix petites perles et de deux grosses ;
Une paire de dormeuses composées d'une grosse perle sertie d'or;
Une capsule en or ayant la forme d'une amande et destinée à contenir du musc ;
Quatre pendants d'oreille en or dont trois brisés et dépouillés;
Quatorze rosaces en or;
Un collier d'étain doré ;
Soixante-quatre perles de différentes grosseurs et trente-trois grenats ;
Quarante-trois écus d'or ;
Un camée monté en or ;
Deux bracelets et une paire de boucles d'oreilles en or ;
Une couronne d'agate de la valeur de quarante-cinq écus d'or qui appartenait comme gage à monseigneur l'évèque de Toulon (Antonio Trivolgi).
Tous ces objets furent vendus. Le collier de perles orné de diamants taux passa entre les mains d'un orfèvre qui le paya quarante écus; l'autre collier avec pendants fut vendu trente écus ; un autre orfèvre fit l'acquisition, moyennant cinquante neuf écus, de dix boutons, de la chaîne d'or à mailles simples et de celle à mailles doubles, de la frange à la française, etc.
Les objets mobiliers que l'on trouva au domicile de Tullia furent vendus en bloc à un marchand de bric-àbrac, pour la faible somme de douze écus et demi.
l82 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.
En voici la liste abrégée :
Une robe de bure noire ;
Une robe de coton noire ;
Une robe à la turque de serge noire ;
Une robe de veuve;
Plusieurs autres robes également noires ;
Un manteau de satin ;
Onze pantalons de coton ;
Une fourrure pour se couvrir la tête ;
Six coiffes blanches ;
Une coiffe de soie rouge ;
Quatorze chemises d'hommes, la plupart assez vieilles ;
Des pièces d'étoffes ;
Six coussins de taffetas violet pour se mettre sur V estomac ;
Douze draps usés en toile commune ;
Six nappes fines ;
Quatre nappes communes ;
Huit serviettes usées ;
Six taies d'oreillers en toile usées;
Six laies neuves;
Deux tabliers ;
Trois essuie-mains, le premier tissé de soie et d'or, le deuxième de soie noire, le troisième en fil blanc ;
Quatre essuie-mains turcs ;
Quatre mouchoirs;
Un tapis turc;
Cinq coussins;
Quatre vieux matelas ;
Un matelas de plume ;
Des chaises en cuir;
Une banquette en bois;
Une table avec ses pieds ;
Un clavecin avec son tabouret;
Un vieux luth cassé avec sa boîte;
Une lampe d'étain;
LES COURTISANES. — GRANDEUR. l83
Des flambeaux d'étain ;
Des chenets avec leur chaîne ;
Trois réchauds ;
Un gril et divers ustensiles de cuisine ;
Un baril de vin ;
Une image de piété ;
Une chaise à porteurs qui servait à TuUia, dit l'inventaire, à aller à la messe et au prêche ;
Une caisse contenant trente-cinq livres italiens ou latins d'espèces très diverses et onze volumes de musique, plus quelques livres dépareillés et en fort mauvaise condition.
Dans un autre inventaire, en date du 8 février 1670, je trouve entre autres objets intéressants des cuirs de Cordoue, des livres, une image sainte et des tableaux représentant des nudités {Archivio di Stato, Atti del notaro Guidotti^ prot. 3638, fol. 61).
61. Veronica Franco était une courtisane vénitienne. On a d'elle des lettres et un assez grand nombre de pièces de vers.
62. liime ddla Signora Titllia d'Aragona^ Venise, 1545. Voyez QuADRio, t. II, p. 235. Autre édition, par Antonio Bulifon, Naples, 1693. Enrico Celani (Bologne, 1891) a également publié les Rimes de la Tullia en les faisant précéder d'une savante préface. Sur la valeur de ces poésies, voyez Celani et Cereseto, Storia délia Poesia in Italia^ Milan, 1857.
63. Ferrai, passim ; lettres de Tullia dans la Nuova Antologia, anno XXI, 1886, p. 696.
64. Je citerai, entre autres, les vers dédiés à Imperia par Maddaleno (voy. note 36).