‹ Courtisanes et bouffonsChapitre 15 sur 29 · Arétin, Ragionamento del Zopp'ino^ p · texte numérisé non relu

Arétin, Ragionamento del Zopp'ino^ p

BURCKIIARDT, Op. cU.y t. II, p. I48.

66. Ibid., p. 23o. L'opinion qui faisait dériver l'italien de l'araméen par l'intermédiaire de la langue toscane avait été soutenue par Pierfrancesco GiambuUari et combattue par Varchi dans VErcolano.

Les intermédiaires des courtisanes n'étaient pas moins doctes. On en cite qui possédaient à fond la littérature ancienne et moderne; l'un d'eux n'allait jamais sans avoir avec lui un volume des poésies de Pétrarque, ou les madrigaux de Parabosco, ou VArcadie de Sannazaro, ou quelque auteur latin (Garzoni, la Piazza universale^ Venise, 1587, dise. LXXIV, p. 597).

67. Graf, p. 268. GiRALDi, Op. cit.f cite une courtisane à laquelle on ne pouvait adresser la parole qu'après être resté au moins deux mois à attendre son bon plaisir à sa porte et qui faisait à peine aux nouveaux venus la grâce d'une parole adressée en passant. Une autre mettait un coussin auprès d'elle et il fallait lui parler à genoux.

(Ai. Bandello, Novelle, part. III, nov. li.

69. Voyez, sur ces querelles qui nécessitaient souvenl l'inlervenlion du gouverneur de la ville, les Atti del gnvcnutorc di Roma del sec. xvi, protoc. XXXIIl,

cwi, cxxiii, cLxxix, cLxxxix, ce, CCXXXII,

CCXLI,CCLX, CCLXXVII, CCLXXXVI, I (287), .Irchivio di Slato. Dans presque toutes, on trouve des détails intéressants sur les mœurs et les façons de penser des courtisanes romaines ; il ne s'agit, il est vrai, que des courtisanes de bas étage. Quelques-unes sont du plus haut comique; celle, entre autres, où une fille se plaint

LES COURTISANES. — GRANDEUR. l85

qu^on ait, d'une maison voisine, tiré dans son jardin une arquebusade qui a tué son chat et failli tuer sa mère. L'envahissement à main armée d'une maison de courtisane, soit par d'autres femmes, soit par des gralants peu soucieux des formes et peu pécunieux, était chose fréquente; il arriva plusieurs fois que les envahisseurs se donnaient pour des gens de la police et procédaient à des perquisitions on ne saurait plus minutieuses et dont Voltaire donne une idée approximative dans le chapitre xi de Candide. Les peines infligées aux coupables étaient le plus souvent l'amende (les statuts de la ville prévoient le cas et fixent l'amende qui varie, suivant le rang de la personne, de dix à cent livres, liv. II, art. LIV). Il en coûta dix carlins à Antonia pour avoir tiré les cheveux de l'une de ses compagnes ; onze carlins à Gambrinus pour avoir jeté des pierres contie la porte d'une courtisane; vingt ducats à Imperia (non celle dont il a été parlé} pour avoir battu jusqu'au sang Sophia, etc. {Taxas maleficiorum, Regist. I, II, III, Archivio di Stato et Mand. Camer. i5i3-i523 par exemple, fol. 38). Lorsque le gouverneur de Rome était un homme rigide comme Niccolo Bonafede (i5o3-i5o5), les peines devenaient excessives (voyez sa biographie par Leopoldo Monaldi, Pesaro, i832). Plus lard, on devint vraiment féroce : ■ Ceux qui auront peint des cornes sur la maison d'une courtisane, jeté des ordures ou, en quelque façon, insulté à la personne qui y habite, dit une ordonnance en date du 6 mars 162 1, seront condamnés à une amende de deux cents écus, à dix ans de galères et à d'autres châtiments au gré du juge {Collection Casanatense, t. IV).

Sur leur habitude de fréquenter les étuvistes, voyez la comédie de Contile appelée la Pescara, publiée à Milan en i55o, et la poésie de Lasca intitulée / Stufajoli. En 1448, la commune de Lucques autorisa officiel-

l86 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.

lement les courtisanes à fréquenter les maisons des étuvistes (Bandi lucchesi^ p. 387, Salv. Bongi).

Interrogatoire de Camille da Siena {Archivio di Stato, A tu del governatore del sec. xvi, prot. XLVIII).

70. C'est le Tansillo qui leur décocha ce trait. Ce n'étaient pas les femmes seulement qui déguisaient ainsi la vérité. Cobelli, parlant d'un brave magistrat de Forli, homme très rangé et fort honoré, dont le seul tort était peut-être d'avoir une trop belle chevelure, ajoute qu'il la rendait noire ou rousse à volonté (cité par Pasolini, Caterina Sforza^ 1. 1, p. 210, note i).

71. Yriarte, la Vie d'un Patricien à Venise au xvi' siècle^ p. 57. Voyez Giuseppe Tassini, Veronica Franco^ p. 3o.

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