A Damiron, 19 juillet
lXTKODir.TION XVII
qui exalte, une éloquence de tribune qui terrasse, un langage d'imagination qui éblouit, et surtout de beaux élans qui enlèvent et commandent les bons cœurs. C'est, pour aïnsi dire, le Diderot de nos jours, si ce n'était pas un outrage de donner le nom d'un ennemi de Dieu à celui qui le fait si bien sentir et le prêche si noblement. Vous le verrez, mon ami, nous le verrons ensemble, nous le jugerons, nous l'admirerons, nous l'aimerons : mais nous tâcherons de ne pas le croire sur parole. Je ne sais si je me trompe. Mais voici le jugement que je porte de lui: C'est une mine intarissable qu'il faut exploiter. Cousin fera plus de bien par ses amis et ses élèves que par luimême, si ses amis et ses élèves ne jurent pas dans sa parole. 11 jette les vérités à pleines mains, mais il les jette pêle-mêle. Souvent aussi il se place au milieu des nuages; de vifs éclairs partent du ténébreux séjour. Mais enlin, ce ne sont que des éclairs. Il ne faut pas les prendre pour le grand jour. Armezvous du flambeau de la méditation; faites